ART. II. — ANAL. ET DOCT. DU LIV. DES PROVERBES
lusophe qui égale le fils de David. Aucun d'entre eux n'a eu le regard assez pénétrant pour découvrir le vrai principe de la vertu et poser comme base de la sagesse le premier verset de notre livre (l) :
Timor Domini principlum Bapienti».
aucun d*entre eux n*a pu complètement éviter toute erreur : s'ils ont vu que le bien est le juste milieu entre deux excès, ils n'ont pas su se tenir dans le droit chemin; de tous il faut retrancher des points répréhensibles en dogme et en morale; Salomon seul n'erre jamais, parce que c'est Dieu qui parle par sa bouche. Epictète, le plus grand cependant des moralistes païens, n'avait trouvé qu'une morale négative, dépourvue de tout principe d'action : Sustine et abstine. Les autres philosophes stoïciens n'avaient su non plus enseigner qu'une r.îsignation au-dessus des forces humaines, consistant à se faire illusion sur la nature de la souffrance, ou bien une. vague reconnaissance pour les bontés du ciel; ils n'avaient jamais pensé à nous inviter, comme l'Esprit Saint par la bouche de Salomon, à faire de la pensée de Dieu une douce occupation du cœur, une sorte de refuge et de lieu de repos. Si les Proverbes ne font pas encore briller le plein jour de l'Évangile, ils en sont du moins l'aurore : Dieu nous y apparaît comme un père, jusque dans ses châtiments :
Quem diligit Dominus, corripit,
Et quasi pater in filio complacet sibi. m, 12.
(i) Ce verset i, 7, est le premier du livre, à la suite de la préface, n" 827
398 cfîAP. V. — l'êcclêsiaste. [843J