‹ Manuel bibliqueChapitre 273 sur 476 · ART. II. — ANALYSE DE L*ECCLÉSIASTE · texte numérisé non relu

ART. II. — ANALYSE DE L*ECCLÉSIASTE

2* Salomon fait de Tétat des âmes après la mort une peinture plutôt négative que positive, ix, 5. Il en est de même, sur ce point, de la plupart des livres historiques et prophétiques de l'Ancien Testament (1). a Si Ton voulait assimiler la position des Hébreux en ce qui regarde celte question, à celle que nous occupons, nous chrétiens, dit M. l'abbé Motais, on tomberait dans une erreur profonde. L'état des âmes séparées nous est parfaitement connu, et si ce point, pour nous parfaitement éclairci par les décisions de l'Église et les travaux théologiques de dix-huit siècles, conserve encore quelques ombres, ce ne sont plus que des ombres légères et transparentes, qui doivent nécessairement envelopper un avenir révélé par la foi. Les Juifs n'ont point connu ces clartés, ils n'avaient point entendu le Christ leur parler des tourments de la géhenne, Matth., x, 28; xviu, 9, etc., et S. Paul de la vision intuitive, I Cor., xiii, 12, et de la transfiguration des corps, I Cor., xv, 42-44. Leur théologie était forcément, sur bien des points et particulièrement sur celui-ci, une théologie obscure, à peine de demi-jour, comme leur culte était celui de la figure et des symboles... a Les Hébreux, dit Lowth, » de même que le reste des hommes, étaient dans une igno- » rance entière sur le mode d'existence des âmes après leur n séparation du corps, sur le lieu qu'elles habitent, sur leur )) forme et sur leur état. » La révélation mosaïque, continue M. Motais, n'avait point éclairé ces ténèbres; et comme la pensée humaine est incapable de faire le jour sur ces mystères, comme il n'est donné à aucun mortel de comprendre ni même d'atteindre par ses conjectures un sujet si grave et si imposant, il résulte de là que la vie de l'âme devait, pour l'antiquité juive, être enveloppée d'ombres épaisses. Cette ignorance, qui ne pouvait certes raisonnablement engendrer le doute sur le fend de la croyance, nous voulons dire sur la réaUté d'une autre vie, de ses châtiments et de ses récompenses, était cependant bien faite pour laisser la nature et lo mode de cette rémunération incertains, puisque Dieu n'avait

(1) Voir le flip, Le livre de Job, p. 224. — Cf. n» 650, 2»,

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