De l'auteur de la Sagesse
i° Dans les Bibles grecques, elle porte le titre de a Sagesse de Salomon. » Le nom de ce roi ne se lit pas dans la Vulgate, et avec raison, car ce livre est l'œuvre d'un inconnu, non du fils de David. 11 a été attribué à Salomon, parce que celui qui l'a composé, usant de fiction, s'exprime comme s'il était le fils de David, vii-ix. De là l'inscription qu'on lit en tête des Septante et l'erreur d'un certain nombre de Pères qui ont pris ce langage au pied delà lettre (5), mais S. Jérôme et S. Augustin
(H Voir Tischeodorf, Vêtus Testamentum grxce, 6« édit., 1880; Deaoc, TheBook of Wisdom, p. 39-42, et le texte grec, p. 45-109.
(2) S. Jérôme, Priif. in libros Salomonis juxta lxx, t. xxix, col. 404, nous l'apprend lui-même quand il dit ; « In eo libro qui a pierisque Sapientia Satomonis inscribitur,... calamo temperavi; tantummodo [protojcanoûicas Scripturas vobis emendare desiderans. »
(3) Il y a quelques additions dans le texte latin, i, 15; ii, 8, 17; vi, 1, 23; VIII, 11; IX, 19; xi, 5, etc. — Les mots de la langue populaire y sont en grand nombre, exterminium, refrigerium^ nimietas, subitatio, assistrix, doctrix, immemoratio , inejfugibilis, insimulatus, mansuetare, improperare, impossibilis^ immittere, partibus pour partim^ providentiœ au pluriel, etc.
(4) Cf. Lowth, De sacra poesi Hebrxorum, Prael. xxiv, 1763, p. 321-
(o) Clément d'Alexandrie, Strom., 1. vi, c. xi, t. ix, col. 315; Terlullien, De pr^escript., c. vu, t. ii, col. 2ù\Adv. Valent. , c. u, t. Il, col.
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ont observé avec raison qu'il n'avait pas été écrit par l'auteur des Proverbes et qu'il était bien moins ancien. C'est ce que prouvent : i^ la langue originale qui est le grec alexandfin ; 2* les connaissances de l'écrivain, qui a vécu hors de la Palestine et fait des allusions aux sectes grecques ainsi qu'aux mœurs et aux habitudes helléniques (1); 3° les citations des Septante qu'on y rencontre (2); 4° les allusions historiques à nue époque autre que celle de Salomon, comme le portrait des épicuriens, ii, 4-6, 8; la peinture des arts, xv, 4, etc.
2° Du temps de S. Jérôme, plusieurs attribuaient le livre de la Sagesse à Philon (3), mais c'est à tort, car la doctrine du livre inspiré est sur plusieurs points en contradiction formelle avec les opinions contenues dans les écrits certains du philosophe juif. Ainsi 4° nous lisons Sap., ii, 24 : Invidiaautem diaboli mors intromt in orbem terrarum, passage dans lequel le serpent qui séduisit Eve est formellement confondu avec le démon. Philon, au contraire, n'admet pas l'existence d'un principe mauvais dans le monde et considère le serpent comme le symbole du plaisir. — 2° La description de l'origine de l'idolâtrie dans la Sagesse, xii-xiii, et dans Philon, est complètement différente. — 3» L'auteur de la Sagesse, VIII, 19, enseigne avec raison que, dans la vie présente, l'âme des bons est unie à leur corps comme celle des méchants ; Philon, par une singularité bizarre, ne fait occuper les corps que par les âmes disposées au péché ; celles qui sont bonnes aident Ja divinité dans l'administration des affaires humaines (4), etc. — Il n'a donc pas écrit une œuvre où se
544; s. Hippolyte, édit. Lagarde, p. 6b; S. Cyprien, Ep. de exfiort. martyrum, xii, t. iv, col. 673, etc.
(1) Sap., VII, 17-20; viii, 8; ii,2; xiii, 1-15; xiv, 14. Cf. Grimm, Das Buch der Weisheit, p. 19.
(2) Sap., VI, 7 (Vulg., 8); xi, 4; xii, 8; xvi, 22; xix, 21 (Vulg., 20); les paroles d'Isaïe, m, 10, placées dans la bouche des sceptiques , Sap., II, 12, ne sont pas conformes à l'original hébreu, mais à la traduction grecque de ce prophète; il en est de même des mots d'isaïe, XLIV, 20, qu'on lit Sap., xv, 10.
(3) • Nonnnlli scriptorum veterum, dit-il, Prxf. in libros Salomonis t. xxviii, col. 1242, hune esse Judaei Philonis affirmant. »
(4) Sap., II, 24 et Philon. De mundi opificw, Opéra, éd. Maugey, 1. 1,