ART. II. — ANAL. ET DOCT. DE L*ECCLÉSIASTIQUE
v^erbes de Salomon ; elle renferme, sous une forme généralement sentencieuse et proverbiale, une foule de règles de conduite et de maximes morales pour tous les états et pour toutes les conditions ; elle énumère la série des vertus, en relève l'importance, exhorte à leur pratique, expose de même la série des passions et des péchés dominants parmi les hommes, et cherche à en éloigner en en montrant les conséquences. Elle abonde aussi en avis relatifs à la conduite des affaires domestiques et civiles, exhorte à la sérénité d'esprit, au contentement habituel de son sort, donne des règles de prudence à suivre dans le commerce des supérieurs et des grands. Elle vante surtout les avantages de la sagesse, invite à sa recherche, montre son origine, dit qu'elle est née de la bouche du Très-Haut, qu'elle remplit l'étendue des cieux et la profondeur de l'abîme, qu'elle habite parmi les nations et répand ses enseignements au loin comme les rayons de l'aurore. Cf. xv et xxiv (1). »
885. — Enseignements dogmatiques contenus dans l'Ecclésiastique. La première partie est un traité presque complet de dogme. — 1° L'auteur nous fait connaître Dieu et ses attributs, V, 4-9; XVI, 7-14; 16-17; xxiii, 25-29; cf. dans la seconde partie, xlii-xlhi; sa providence, xvi, 26-29; la création, xviii, 1-6(2); la prédestination ou l'inégale répartition des dons de Dieu aux hommes, xxxiii, 7-14; l'état d'innocence de l'homme avant sa chute et son élévation à l'ordre surnaturel, XVII, 2-11; sa liberté, xv, 14-22; xxx[, 10; la nécessité et Futilité des tentations, ii, 1-13; iv, 18-22; l'efficacité de la prière, xxxv, 17-22 ; le mérite et le démérite^ xxxi, 9-10; la rétribution des bonnes ou des mauvaises œuvres après la mort, i, 13, 19; xi, 28; xvi, 15, etc. ~ 2** Les espérances messianiques se font jour d'une manière
(l)Welte, Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, t. vu, p. 53-54.
(2)Eceli.,XVni, 1 : Quivivitin œtemum, creavit omnia simul : « Graece : communiter, pariter, aeque omnia, ac sine ipso factum est nihil. Dem solus justificabitur : solus irreprehensus in operibus suis, cujus cornparalioua omuJA ^«umunda sunt, » Bossuet, hoc loco, p. 459.
4b2 CHAP. viii. — l'ecclésiastique. [886]
générale dans le tableau de la restauration future d'Israël, XXXVI ; cf. XLViTi, 40 (1). — 3° La seconde partie, lt, 14., contient un passage important sur la pluralité des personnes divines : Jnvocavi Dominum patrem Domini mei. Ces paroles impliquent si évidemment la distinction du Père et du Fils que Grotius était porté à croire, mais à tort, qu'elles étaient interpolées (2). — 4° On a voulu y voir également , sans motif, des traces de l'influence des doctrines qui dominaient à Alexandrie. L'auteur, comme nous l'avons vu, écrivait en Palestine et avant que les idées helléniques, dont on aperçoit quelques vestiges dans le livre de la Sagesse, 11° 868, y fussent connues.