‹ Manuel bibliqueChapitre 330 sur 476 · ART. I. — INTR. AUX PROPHÉTIES D'ISATE · texte numérisé non relu

ART. I. — INTR. AUX PROPHÉTIES D'ISATE

Ils publient les louanges de Jéhovah.

Les troupeaux de Cédar se réunissent,

Les béliers de Nabaïotli sont à ton service,

Ils montent sur mon autel, victimes agréables;

Je remplis de gloire la maison (où habite) ma majestiîî.

Quels sont ceux qui volent comme des nuées,

Comme des colombes à leurs colombiers?

Ce sont les îles (l'Europe) qui espèrent en moi;

Les vaisseaux de Tharsis, les premiers,

Apportent à tes enfants, des régions lointaines,

Leur or et leur argent,

A cause du nom de Jéhovah, ton Dieu,

Da Saint d'Israël, qui te glorifie. Etc. (1) Js., lx, 1-9.

'S'' Une partie des qualités du style d'isaïe subsiste encore dans les versions, mais ce n*est qu'en lisant ses prophéties dans l'original qu'on peut reconnaître à quel degré de perfection atteint l'écrivain. 11 manie sa langue maternelle avec une facilité sans égale. Elle devient flexible entre ses mains comme une cire molle. Il a toujours à son service le mot qui rend le mieux son idée; dans sa phrase, rien n'est à ajouter, rien à retrancher, l'expression est en rapport parfait avec la pensée. Cette justesse, cette élégance et cette grâce s'évanouissent dans une traduction; on a encore la fleur, mais elle est fanée, elle a perdu la vivacité de son coloris, sa fraîcheur et son parfum (2). On perd aussi, en faisant passer les oracles du prophète d'une langue dans une autre, un grand nombre d'allusions, d'assonnances, de jeux de mots qui étaient très estimés des Hébreux et qu'Isaïe a prodigués, pour répondre au goût de ses compatriotes et faire ainsi mieux pénétrer dans leur esprit les vérités qu'il leur prêchait (3).

(1) On cite partout comme modèle de style lyrique le chant incomparable sur la rume de Babylone, xui-xiv, traduit en vers français pat Racine le fils. Indiquons aussi comme morceaux lyriques particulièrement remarquables, xxi, xxiii, xxxv; le chaut en l'honneur de Jéhovah, XXV ; le cantique du ch. xxvi. Les ch. xu et xxv contiennent do véritables psaumes, comme le ch. xxvi.

(2) « De Isaia sciendum, dit très bien S. Jérôme, quod in sermone 8U0 disertus sit : quippe ut vir nobilis et urbanœ eloquentiae, nec habens quidquam in eloquio rusticitatis admixtum. Unde accidit ut prai caeteris florem sermonis efus translatio non potuerit conservare. » Prxf. in Is., t. xxviii, col. 771.

(3) Les prophéties ne pouvaient guère se répandre que de vive voix

488 cnAP. II. — isAiE. [OU]

Cependant, tel qu'il nous reste dans la Vulgate, il est encore rempli de beautés de premier ordre.

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