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Forme littéraire des prophéties d'Isaïe

Le livre dTsaïe renferme, outre les titres (Is., i, 1; ii, 1, etc.), quelques récits historiques et des oracles prophétiques. Les récits servent d'introduction aux oracles, Is., vi, 1-9; vu, 1-4, 10-12; VIII, 1-4: xiv, 28; ou bien racontent des événements importants qui ont donné lieu à quelques prophéties particulières : le siège d'Azot , par le tartan ou général de Sargon, roi d'Assyrie, xx; l'histoire de Sennachérib, xxxvi-xxxvii, 1-22, 36-38; la maladie d'Ézéchias, xxxviii, 1-8, 21-22, et l'ambassade deMérodach-Baladan, xxxix (1). Les récits sont écrits en prose ordinaire (2); les oracles sont tous sous forme poétique (3) et caractérisés par le parallélisme. Avec un

parmi le peuple, à une époque où la multiplication des copies d'un écrit était très difficile et très coûteuse. Les jeux de mots, qu'on retient aisément, servaient à graver les oracles prophétiques dans la mémoire de ceux qui les entendaient. Comment auraient-ils pu oublier des phrases comme celle-ci, lorsqu'Isaïe ranimait leur confiance, au moment où Rasin, roi de Syrie, et Phacée, roi d'Israël, menaçaient Jérusalem : 'im /d' tha'amînou kî lô' thê'âmênou, si non credideritis non permanebitis, Is., vu, 9? Cf. viii, 8, Emmanuel, nom propre, et viii, 10, quia nobiscum Deus, en hébreu ki'immanou-el\ viii, 14, miqdâsch et môgésck; ix, 4, se'ôn sô'en^ etc.

(1) Les ch. xxxvi-xxxvii sont reproduits dans IV Reg., xviii, 13, xix, et les ch. xxxviii et xxxix, en partie, IV Reg., xx. -

(2) Ces récits sont des modèles de style narratif. Voir vu, 1-4. Quelle simplicité et en même temps quelle vie et quel mouvement!

(3) Y compris xxxvii, 23-35 et xxxviii, 9-20. Robert Lowth est le premier qui ait mis ce fait en lumière, en 1778, dans son Isaiah, a new translation. Voir Preliminary Dissertation, t. i, p. Il sq., édit. de 1822. 11 a conservé, en traduisant le prophète, le parallélisme qui caractérise ses oracles, et il a été suivi depuis dans cette voie par Gesenius, Commentar ûber den Jesaia, et bien d'autres. Lowth, dans sa Dissertation préliminaire, cite comme exemples de parallélisme synonymigue, Is., Lxv, 6-7; Liv, 4; Li, 7-8; xlvi, 3; lv, 3; Lxv, 21-22; xxxvi b-6; XLi, 28; ix, 20; i, 3; XLix, 4; xlvi, 7; xliv, 26; xxx, 16; l, 10 comme exemples de parallélisme antithétique, Is., liv, 10; ix, 10, et de parallélisme synthétique, Is., lviii, 5-8; L, 5-6; li, 19; xv, 3. En vérifiant ces passages choisis, on pourra se rendre plus facilement compte de la forme poétique employée nar Isaïe. Lowth donne aussi plusieurs

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peu d'attention, on peut voir le parallélisme à travers la traduction de la Vulgate :

2. Audite, cœli, etauribus percipc, terra, Quoniam Dominus locutus est :

Filios enutrivi et exaltavi ;

Ipsi autem spreverunt me.

3. Coguovit bos possessorem suum, Et asious praesepe domiuisui; Israël autem me non cognovit

Et populus meus non intellexit, etc. Is., r, 2-3.

Le parallélisme est, d'ordinaire, synthétique, r, S^-G*^, quelquefois synonymique, i, 3; rarement antithétique, i, 2'-*'.

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