Le miracle du cadran d'Ézéchîas
Pendant la maladie d'Ézéchîas, Isaïe, pour lui donner un signe de la guérison miraculeuse qu'il lui annonçait , fît rétrograder, sur la demande du roi , un cadran solaire de dix lignes, Is., xxxviii, 8. Ce miracle a donné lieu à des difficultés sur lesquelles il est nécessaire de dire quelques mots. « On doit recourir, pour expliquer ce miracle, aux mêmes hypothèses que nous avons proposées à l'occasion du miracle de Josué, n° 428, car les deux faits présentent une grande analogie. 11 y a cependant entre eux une différence qull convient de bien remarquer. Dans le cas de Josué, c'est le soleil même que la lettre du texte nous présente comme arrêté dans sa marche, ce qui suggère l'idée d'une perturbation importante dont les conséquences s'étendraient à toute la terre. Dans le cas présent , les textes nous parlent surtout de la rétrogradation de l'ombre sur le cadran, et si le soleil est une fois nommé, Is., xxxviii, 8, il paraît considéré moins en luimême que dans l'effet produit par sa lumière sur le cadran. C'est là un phénomène très particulier, étroitement localisé et qui n'intéresse pas les lois générales de l'astronomie. Do là résulte que la dérogation aux lois de la nature est moindre et plus facile à exphquer. Il n*est donc pas nécessaire d'admettre qu'il y ait eu réellement une rétrogradation du soleil dans sa marche diurne. Sans doute cela n'est pas impossible; mais rien ne le donne à croire, et toutes choses s'ex-
pliquent plus facilement et plus naturellement d'une autre manière. — Il suffit d'admettre un phénomène local se ré* duisant au déplacement momentané d'une omhre portée. Cela cuppose une déviation miraculeuse des rayons lumineux qui éclairent le cadran, et cette déviation se peut expliquer, comme pour le miracle de Josué, n"» 428, soit par une action directe de la puissance divine sur la propagation des rayons, soit par l'interposition de corps réfracteurs ou réflecteurs dont la nature demeure indéterminée. Quoi de difficile en tout cela, quand Dieu daigne mettre la main à l'œuvre? Lui est-il plus difficile de dévier un rayon de lumière que de retenir le cours d'un fleuve ou de guérir subitement une maladie? Et est-il nécessaire que le mécanisme de l'effet produit nous soit entièrement connu pour que nous croyions , sur bonnes preuves, à la possibilité et à la vérité de l'interveution divine? » (M. Boisbourdin.)
§ II. — Seconde partie d'Isaie, xL-itvr,
SubdiYision. — « Sajet. — style. — Excellence. — Analyse des Tiûgt'Sepl discours qu'elle contient.