Excellence du contenu de la seconde partie
Relativement à son contenu, la seconde partie d'Isaïe est également incomparable. Elle commence par une prophétie, XL, 3-A, qui met dans la bouche de S. Jean-Baptiste le sujet de sa prédication (1) ; elle se termine par la prophétie de la création d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre, comme la dernière page de l'Apocalypse qui, dans le Nouveau Testament lui-même, n'a pu aller au delà ; au milieu, lu, 13-liii, elle annonce les souffrances et la gloire de Jésus -Christ avec autant de clarté que si le prophète avait assisté à sa mort ai. pied de la croix et avait été témoin de sa résurrection. Ainsi, en commençant, il se place aux premières années du Non- ^ veau Testament, comme les Évangélistes eux-mêmes ; il dé- f dit ensuite la mort et la résurrection de Jésus- Christ, comme si c'étaiet des faits accomplis et avec la même clarté que S. Paul dans ses Épîtres ; enfin, sortant de ce monde, il pénètre dans le ciel, comme l'Apocalypse de S. Jean, de sorte que, sans sortir des barrières où l'enferme l'Ancien Testament, il réunit, dans sa seule personne, l'évangéliste, l'apôtre et l'è crivain apocalyptique. Les souffrances du Messie, qu'annoncent plusieurs psaumes de David, sont ici prédites plus expressément encore. Dans Isaïe, il ne nous apparaît plus seu-, lement comme roi et fils de David; c'est le serviteur de Dieu, de Jéhovah, qui est tout à la fois roi et pontife, parce que, persécuté à mort par les siens, il s'immole volontairement, et Dieu le récompense de son sacrifice en le glorifiant et le rendant le sauveur de son peuple et des Gentils. Isaïe a légué à Israël ses sublimes discours pour qu'ils pussent le consoler au miUeu de la captivité de Babylone. On les a comparés aux derniers discours que prononça Moïse dans la plaine de Moab et qui nous ont été conservés dans le Deutéronome; bien mieux encore, aux discours de Notre Seigneur, après la Cène, que nous lisons dans TÉvangile de S. Jean. Par leur élévation, leur profondeur, ils comptent en effet
(I) Elle s'ouvre, par conséquent, de la même manière que l'Évangib de S. Marc, i, 3.