‹ Manuel bibliqueChapitre 356 sur 476 · Style de la seconde partie d'Isaïe · texte numérisé non relu

Style de la seconde partie d'Isaïe

a Relativement au langage, il n'y a rien de plus achevé, de plus lumineux dans tout l'Ancien Testament que cette trilogie de discours d'Isaïe. Dans les ch. i-xxxix, le langage du prophète est généralement plus concis, plus lapidaire, plus plastique, quoique déjà, là aussi, son style sache prendre toutes sortes de couleurs. Mais ici, xl-lxvi, où il n'est plus sur le terrain du présent, où, au contraire, il est ravi dans un lointain avenir comme dans sa patrie, le langage lui-même prend en quelque sorte le caractère de l'idéal et je ne sais quoi d'éthéré ; il est devenu semblable à un large fleuve, aux eaux brillantes et limpides, qui nous transporte comme dans l'éternité, sur ses flots majestueux et en même temps doux et clairs. Dans deux passages seulement, il est dur, trouble, lourd, c'est lui et lvi, 9-lvii , 11'. Le premier reflète le sentiment de la tristesse, le second celui de la colère. Partout, du reste, se manifeste l'influence du sujet traité et des sentiments qu'il produit. Dans lxiii, 7, le prophète prend le ton du TefiUa (ou de la prière) liturgique ; dans LXIII, 19^-lxiv, 4, la tristesse entrave le cours de sa parole ; dans lxiv, 5, comme dans Jérémie, m, 25, on entend le ton du Viddui (la confession) liturgique (2). » Cf. n° 914, 5".

(1) E. Schmutz, Le serviteur de Jéhovah^ d'après Isaïe, xl-lxvi, p. 3-4.

(2) Delilzsch, Der Prophet Jesaia, p. 384.

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