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AUT. I. — INTROD. AUX PROPHÉTIES D'ÉZÉGHIEL

dotale (1). Onze ans avant la ruine de Jérusalem, en 598 av. J.-C, il fut transporté par Nabiichodonosor à Babylone avec le roi Jéchonias, les grands du royaume et un certain nombre de prêtres (2). Il se fixa à Tell-Abib (3), sur les bords du fleuve Chobar, au milieu d'une colonie de Juifs, déportés comme lui, I, 4; m, 45; là il se maria et eut une maison à lui, iir, 21; VIII, 4; xxiv, 48. La cinquième année de sa captivité, 593 av. J.-C, il fut appelé de Dieu au ministère prophétique, et il l'exerça au moins vingt- deux ans, puisque la prophétie XXIX, 47, est datée de la vingt-septième année de sa captivité, 571 av. J.-G. Une antique tradition rapporte qu'il fut mis à mort par un prince de son peuple à qui il reprochait son idolâtrie, et qu'il fut enseveli dans le tombeau de Sem et d'Arphaxad (4). Il mourut sur la terre étrangère, avant la conquête de Babylone par Gyrus. Ce prophète vécut ainsi pendant les plus mauvais jours de Thistoire de Juda; déporté, il apprit eu exil les détails lamentables de la ruine de Jérusalem et du temple, et il ne vit point briller le jour de la délivrance, plus malheureux que Jérémie, laissé par les Chaldéens dans sa patrie pour en pleurer les désastres, et que Daniel, qui contribua auprès du vainqueur de Babylone à mettre un terme à la captivité.

Mais l'énergie et la forte trempe de son caractère, qui avaient leur racine dans sa foi, lui firent supporter avec patience et courage les épreuves de la captivité. Profondé-

(1) Ez., I, 3. D'après une interprétation ancienne d'Ez., i, 1, il était né l'an 624 avant J.-G. Plusieurs interprètes prennent Vin trigesimo anno comme désignant l'âge du prophète ; la paraphrase chaldéenne, S. Jérôme, etc., entendaient par là trente ans depuis la découverte de l'exemplaire original du Deutéronome par Helcias ; aujourd'hui la plupart supposent qu'il s'agit de la 30» année de l'ère de Nabopolassar, père de Nabuchodonosor, laquelle commença l'an 623 avant J.-G. Voir G. Ra^vlinson, Herodotus, t. i, p. 508.

(2) Ez., i, 2; XL, 1; IV Reg., xxiv, 12-16; Jer., xxix, 1.

(3) Ez., III, 15. La Vulgate a rendu Tell-Abib par Acervus novat^m p'ugum. Localité d'ailleurs inconnue.

(4) Sur les traditions concernant Ézéchiel, on peut voir S. Épiphane, De vitis prophetarum, ix, t. XLiii, col. 402-403; S. Isid. Ilisp., De ortu et obitu Patrum, xxxix, 75, t. LXXXiil. col. 143.

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ment attaché a la religion de ses pères, iv, 13-14; xx, 11-13: XXII, 8; viiî-xi; xl-xlviii, etc. ; rempli des sentiments du plus ardent patriotisme, c'était bien le prophète qu'il fallait pour soutenir ses frères emmenés avec lui en captivité; aussi allaient-ils chercher auprès de lui et dans sa maison les consolations dont ils avaient besoin , viii , 1; xi , 25; xiv, 1; xx, 1. etc. « In œdibus suis, ut in schola quadam publica, con^ ventus instituebat, ihique coram frequenti concione divinam interpretabatur voluntatem, oratione facunda (1). » Jamais il ne se conduit comme un homme ordinaire ; il se comporte toujours, il pense, il sent, il agit, comme un prophète soutenu par le bras de Dieu et plein d'une force surnaturelle. Gf. XXIV, 15-18.

1024. — Style d'Ézéchiel.

Le style d'Ézéchiel se distingue dans l'original par un grand nombre de mots et de formes qui lui sont propres (2). 11 s'efforce d'imiter le langage du Pentateuque; mais vivant au milieu d'un peuple étranger qui parle l'avaraéen, il emprunte beaucoup à cette langue. Le trait le plus caractéristique du genre du prophète, c'est sa prédilection pour les symboles. Non seulement ils sont très nombreux dans ses écrits, mais il les expose et les développe plus longuement et avec plus de détails qu'aucun autre écrivain inspiré. De plus, un grand nombre de ses images sont nouvelles et empruntées au milieu

(1) VitriDga, De Synaqoga Veteri, Frankère, 1696, t. i, p. 332.

(2) Les mot8 hébreux particuliers à Ézéchiel sont indiqués parZunz, Die guttesdienstliche Vortrûge der Juden, 1832, p. 159; Keil, Lehrbuch der historisch-kritischen Einleitung in die Schriften des alten Testamen tes, 1873, p. 296. — Quant aux locutions qui n'ont pas disparu dans la traduction, les principales sont le titre par lequel est interpellé le prophète : Fili hominis, ii, 1, 3, 6, 8; m, 1, 3, 4, etc.; la désignation d'Israël sous le nom de domus exasperans, ii, 5, 6 (7), 8 ; m, 9, 26, 27 ; xin, 2,3, 9; xvii, 12; xxiv, 3; cf. xliv, 6; les formules : scie7it quia ego Dominus, v, 13; vi, 10, 14; vu, 27; xii, 15, etc.; scie7it quia prophela fuerit in medio eorum, ii, 5; xxxiii, 33; fada est super eum manus Domini, I, 3 ; m, 22 ; xxxvii, 1 ; xl, 1 ; cf. viii, 1 ; pones, couvertes ou ohfirmabis fa.ciem tuam, iv, 3, 7 ; vi, 2; xiii, 17; xxi, 2, 7; xxv, 2; xxviii 21, etc.; vivo ego, dicit Dominus Deus, v, 11; xiv, 16, 18, 20; xvi, 48 xvii, 16; XVIII, 3; xx, 31, 33; xxxiii, 11; xxxv, 11, etc.

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dans lequel il vivait, ainsi que nous le verrons plus loin. C'est principalement de là que provient robscurité de son langage. « Ezechiel, dit S. Jérôme, principia et finem tantis habet obscuritatibus involuta, ut apud Hebraeos istae parles cum exordio Genesis ante annos triginta non legantur. » Mais si son langage est peu clair, la faute en est beaucoup plus à notre ignorance qu'à sa manière de parler; les images qui lui étaient familières, ainsi qu'à ceux qui vivaient avec lui en captivité, nous sont inconnues, et par suite fort peu intelligibles. c< En soi, sa prose est toujours simple et sang recherche;... mais ses vers perdent beaucoup dans les traductions,... le lecteur... y trouvera de la sublimité, de la tendresse, une beauté et une mélodie qui lui sont tout à fait propres (1). » Tl n'a pas, du reste, l'éclat d'Isaïe, mais il surpasse en élégance Jérémie. Sermo ejus nec satis disertuSy nec admodum rusticus est, sed ex utroque medio temperatus^ dit S. Jérôme dans sa Préface in Ezech. Une qualité précieuse de son livre, au point de vue littéraire, c'est qu'il se distingue par une grande variété (2).

(1) Voir Ez., XIX, xxviii, xxxii. Sutherland Black, Encydopsedia Britannica, t. Yiii^ 1878, p. 830. — Tous les critiques sont à peu près unanimes à reconnaître qu'Ézéchiel était un poète supérieur. « Incœteris, dit Lowlh, a plerisque vatibus fortasse superatus, sed in eo génère ad quod unice videtur a natura comparatus, nimirum vi, impetu, pondère, granditate, nemo ex omni scriptorum numéro eum unquam aequavit. » De sacra poesi Hebrœorum, édit. Michaelis, 1770, p. 431.

(2; Il contient des visions, viii-xi; xxvii ; xl; des actions symboliques, III, 25; IV; V; des similitudes, xii; xv, xxxiii, xxxiv; des paraboles, xvii; des proverbes, xii, 22; xviii, 2; des poèmes lyriques, VIT, 5-27 ; xix; des allégories, xxui; xxiv; des prophéties directes et expresses, vi; vu; xi; xiv; xvi; xx-xxii. « Tanta ubertate et figurarum variatione floret, ut unus omnes prophetici sermonis numéros ac modos explevisse, jure suo sit dicendus. >» Carpzow, Introductio ad Hbros Veteris Testamenti, t. m, p. 211. S. Grégoire de Neizianze appelle Ezechiel éTtpoçïjiôiv 6ay[xajtwTaTo; xal C»4'^)>6TaTO(;, et ô tûv |jLeYâ).u)v ÈTioTr- Tr,; xai iÇYiYWi; txyffnripttûv, Orat. XXV, 14, et II, 64, t. XXXV, col. 1217 et 473. S. Jérôme ne fait que traduire la pensée du saint docteur, qu'il regardait comme son maître dans les lettres sacrées, quaud il appelle Ézéchiel : Oceanus Scriptwarum mysteriorumque Dei laLyriîUhus. Comnu m tzecA., 1. xiv, init., t. xxv, col. 448.

580 cuAP. IV. — ÉzÊcniEL. [1026]

4025. —Authenticité des prophéties d'Ézéchiel.

L'aullienlicité des prophéties d'Ézéchiel u a jamais été sérieusement contestée.

ARTICLE II

Analyse et explioation des prophéties d'ÉzéchioI.

1026. — Division générale des prophéties d'Ézéchiel.

V Les prophéties d'Ézéchiel forment un tout bien ordonné. Elles se partagent en deux parties très distinctes : la première, i-xxxii, antérieure à la prise de Jérusalem, a pour objet les jugements de Dieu contre son peuple et les peuples étrangers ; et la seconde, xxxiii-xlviii, postérieure à la ruine de Jérusalem et du temple, l'accomplissement des promesses messianiques faites à Israël.

2° La destruction de la capitale de la Judée est donc le point central de tout le livre. Avant la catastrophe, le but d'Ézéchiel est d'exciter au repentir de leurs fautes ceux qui vivent dans une fausse sécurité, de les prémunir contre la confiance aveugle qu'ils mettent dans les secours de l'Egypte, XVII, 15-17 ; cf. Jer., xxxyii, 6, car elle ne pourra les sauver des mains des Babyloniens, et de les assurer que le siège de la cité sainte est proche et leur malheur inévitable. Après ce terrible événement, il s'occupe surtout de consoler les captifs par la promesse de la déhvrance future et du retour dans la patrie; il les encourage en même temps par l'assurance des bénédictions messianiques.

S'^Tous les oracles d'Ézéchiel sont disposés par ordre chronologique, excepté ceux qui concernent les nations étrangères, xxv-xxxii. Ces derniers sont rangés d'après la nature des sujets; ils portent leur date, et elle montre qu'ils appartiennent à la première partie du livre, non à la seconde. Ils ont été la plupart composés dans l'intervalle qui sépare l'annonce du siège de Jérusalem, xxiv, 2, et l'arrivée de la nouvelle de la prise de celte villej, xxxiii, 21. — On admet généralement que les prophéties d'Ézéchiel ont été

[I0i7j ART. II. — A.NxVL. ET EXPL. DES PROPD. d'ÉZÉCH. 581

rangées dans leur ordre actuel par leur auteur luimême (1).

1027. — Vocation du prophète Ézécbiel, i-iii, 21.

i° Le livre d'Ézéchiel s'ouvre par le récit de sa vocation au ministère prophétique; ce récit en forme comme Tintroduction.

2° Les trois premiers grands prophètes reçurent chacun leur mission dans une vision qui en marque le caractère spécial, Is., vi; Jer., i; Éz., i-iii, 21. Éloigné du temple et de la cité sainte , Ézéchiel vit en exil , près du fleuve Ghobar, en Ghaldée, i, 3 (2). Là se trouvaient une partie des Juifs qui avaient été déportés en même temps que le roi Jéchonias, par Nabuchodonosor, lors de son second siège contre Jérusalem, IV Reg., xxiv, ll-d6. Le but que s'était proposé la Providence, en condamnant son peuple à la captivité, avait été, non pas de l'abandonner, mais de le convertir et de le purifier. Elle suscita donc un prophète destiné à rappeler aux captifs que le Dieu de leurs pères ne les délaisserait point, mais qu'il tiendrait fidèlement toutes

(1) Commentateurs catholiques : Origène, fn Ezechielem homilise, t. XIII, col. 663-767 (et dans les œuvres de S. Jérôme, t. xxv, col. 691- 786); Selecta in Ezechielem, t. xiii, col, 767-826; Théodoret de Cyr, In Ezechielis prophetiam interpretatio , t. Lxxxi, col. 807-1255; S. Éphrem, In Ezechielem explanatio. Opéra Syriaca, t. il, p. 165-202; S. Jérôme, Commentariorum in Ezechielem libri XIV, t. xxv, col. 15-490; Maldo- Dat, /n Ezechielem Commentarium, dans Migne, Cursus completus SoHpturse Sacrx, t. xix; Prado et Villalpand, S. J., In Ezechielem explanationes et apparatus urbis ac templi Hierosoly mitant, 3 iD-f°, Rome, 1596; Trochon, Ezéchiel, 1880 (dans la Bible de M. Lethielleux); etc.

(2) 11 est assez difficile de savoir au juste quel est ce fleuve Chobar, n33, Kebâr. Ce n'est pas le Chaboras, '^^2^iKhâbor, de Gozan, qui se jette dans le Tigre, IV Reg., xvii, 6, puisque ce nom est écrit différemment; c'est, d'après la plupart des anciens interprètes, le Khabour actuel, le 'Aêoppa; de Strabon, xvi, 748; le Xaêcopa; de Ptolémée, v, 8, 13, qui arrose la haute xMésopotamie et se jette dans l'Euphrate; il est cependant plus vraisemblable que ce nom désigoe ici un des canaux do l'Euphrate, dans les environs de Babylone, parce que le texte ajoute, I, 3, in terra Chaldceorum, désignation qu'on ne peut appliquer au Khabour, qui coule au nord de Babylone, tandis que la Chaldée était aituée au sud de cette ville.

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les promesses qu'il leur avait faites, et enverrait un jour à leurs enfants le libérateur qu'il leur avait annoncé.

3° Aux enfants de Jacob, transplantés sur une terre étrangère, Dieu fait parler par son prophète un nouveau langage. C'est en hébreu qu'il s'adresse encore aux captifs; mais les images dont il va se servir sont empruntées en grand nombre au spectacle nouveau qu'ils ont sous les yeux, aux monuments de l'art assyro-chaldéen en particulier.

i*» Dieu se révèle à son prophète sous une forme humaine assez semblable à celle par laquelle les Assyro-Chaldéens représentaient le Dieu suprême. Il était porté sur ce qu'on a appelé improprement char, d'où le nom de merkâbâh ou vision du char que les rabbins donnent à cette théophanie ou manifestation divine. Des anges, d'une forme extraordinaire (1), apparaissent à Ézécbiel, comme les ministres des volontés du Seigneur. Il les décrit, i, 5-14, comme des animaux symboliques, sans les désigner par un nom particulier; il apprit plus tard, x, 20, qu'ils s'appelaient chérubins. On a découvert ces dernières années, dans les ruines des palais de TAssyrie, des animaux sculptés qui portent précisément le même nom et ressemblent d une manière frappante aux animaux décrits par le prophète, ce qui nous permet de mieux comprendre aujourd'hui ce passage, au sujet duquel S. Jérôme écrivait. In Ezech., i : In cujus interprétations omnes synagogae Judaeorum mutx sunt, ultra hominem esse dicentium de hoc, c'est-à-dire, des chérubins. Les chérubins avaient la forme de quatre animaux distincts (2). Ils avaient un corps

(1) Un savant exégète catholique allemand, M. Bisping, nie que les Chérubins fussent des anges et les regarde comme « la représentation idéale de toutes les créatures vivantes ; » mais la tradition catholique est unanime à voir en eux de vrais ministres de Dieu, des anges véritables. Knabenbauer, Stimmen aus Maria-Laach, septembre 1879, p. 280; Zschokke, Théologie der Propheten, p. 252. La forme corporelle sous laquelle Ézéchiel les voit et nous les dépeint est incontestablement symbolique, puisque les anges sont de purs esprits, mais les chérubins n'en sont pas moins des êtres réels. Cf. dans La Bible et les découvertes modernes, la « Vision des chérubins, » t. iv, p. 354-409.

(2) Ils n'avaient pas quatre visages différents, comme on l'explique d^ordinaire; mais, par leur ensemble, ils représeolaient quatre ani-

[4027] ART. II. — ANAL. ET EXPL. DES PROPn. d'ÉZÉCH. 583

de lion à droite et un corps de taureau à gauche, avec des pieds droits, i, 7; une figure d'homme et des ailes d'aigle; (^f. I et X. Ils se regardaient deux à deux, face à face, comme dans les palais royaux et les temples, et ils produisaient ainsi l'impression que décrit le prophète : Non revertebantur cum incederent y sed unumquodque ante facîem suam gradiebatur, I, 9, 12. En réunissant en eux les caractères des quatre rois de la création animée, ils nous apparaissent comme l'emblème de toutes les qualités physiques et morales.

K** Dieu, en appelant Ézéchiel à être son prophète, c'est-àdire l'interpiète de ses volontés auprès de son peuple, se manifeste donc à lui, comme il Tavait fait à Moïse dans le buisson ardent, Ex., m, n** 367; à Isaïe, Is., vi, n» 923, en lui dévoilant sa nature et sa grandeur. A Moïse, il avait révélé son essence ; à Isaïe, sa sainteté ; à Ézéchiel , il révèle sa puissance.

6° Le premier chapitre raconte à grands traits la manifestation de Dieu à son prophète; les ch. ii-iii, i-22, expliquent plus en détail quelle sera la mission d'Ézéchiel et le rôle qu'il devra remplir : a Fili hominis, mitto ego te ad fîlios Israël... Ne timeas eos... quoniam increduli et subversores sunt tecum,... loqueris verba mea ad eos, ii, 3-7. » Il lui fait manger un livre dans lequel est contenue sa parole, afin que le prophète puisse en nourrir ses frères après s'en être nourri ui-même, ii, 8-9; m, 1-3. Les contradictions, qui sont toujours réservées au ministre de Dieu, m, 7; cf. Matth., x, 24-26, ne lui manqueront pas, mais le Seigneur le rendra plus fort que le diamant, m, 8-9 (1). La scène de la vocation

maux distincts. Le mot hébreu pantm, que la Vulgate traduit par faciès, ne signifie pas seulement visage, mfiis SlUssï apparence, forme extérieure. C'est dans ce dernier sens que paraît l'avoir compris S. Jean dans l'Apocalypse, iv, 6-7; c'est ainsi que l'a expliqué avec raison Prado dans son grand commentaire In Ezechielem explanaticnes, 3 infol., Rome, 1596-1604. — On sait que les quatre animaux d'Ézéchiel sont regardés comme les symboles des quatre évangélistes, et on ne leur a jamais attribué comme tels qu'un seul visage.

(1) Tout ce que Dieu dit à Ézéchiel, comme à ses autres prophètes, au moment de leur vocation, s'applique parfaitement aux prêtres de k loi nouvelle, nui doivent être les interprètes de la volonté de Dieu

58 i CHAP. IV. — ÉZÉGUIEL. . [1059]

d'Ézéchiel se termine d'une manière saisissante par les actions de grâces que les chérubins rendent à Dieu , qui vient de se choisir un prophète : « Audivi post me vocem commohonis magnae : Benedîcta glotia Domini de loco suo. Et vocem alarum animalium percutientium alteram ad alteram , » etc. Kz., m, 12-13. Après une sorte de retraite de sept jours, qui était prescrite aux grands-prêtres pour leur consécration, Ex., XXIX, 30; Lev., viii, 33, Ézéchiel devient comme la sentinelle de son peuple, responsable du mal qu'il n'aura pas empêché ou du bien qu'il n'aura pas fait faire, quand il l'aurait pu. 7" Les deux idées principales qui sont l'objet du livre entier des prophéties d'Ézéchiel se trouvent déjà dans le récit de son inauguration prophétique : le peuple est puni, parce qu'il a été infidèle à son Dieu ; celle pensée est développée dans les ch. iii-xxxii; Dieu n'en tiendra pas moins ses promesses en scellant son alliance par la venue du Messie, c'est ce qui est exposé, xxxiii-XLViii.

§ I. — Première partie : Prophéties sur le peuple de Dieu

ET SUR LES PEUPLES ÉTRANGERS, III, 22-XïXll.

1028. — Division de la première partie.

La première partie se partage en deux sections très distinctes : 1° Prophéties sur Jérusalem et sur Israël, m, 22- XXIV ; 2® prophéties contre les peuples étrangers, xxy-xxxii.

l""* Section : Prophéties sur Jérusalem et sur Israël, xii,22-xxiv.

1029. — Subdivision de la première section.

La première section, contenant les prophéties contre Jérusalem et contre Israël, peut se subdiviser en sept groupes : — 1" Prophétie symboUque du siège de Jérusalem et des malheurs de ses habitants, m, 22-v. — 2° Châtiment de la terre d'Israël coupable d'idolâtrie, vi. — 3° Ruine d'Israël, vu. — 4° Vision de la ruine de Jérusalem, dans une seconde théophanie, viii-xi. — 5° Groupes d'oracles non datés qui com-

auprès des hommes. Celui qui a le soin des âmes doit méditer particulièrement les paroles d'Ézôchiol, m, 17-21.

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