ART. I. — OSÉE
porte qu'il était originaire de la ville, d'ailleurs inconnue, de Bélémoth, dans la tribu d'Issachar, et que c'est là qu'il mourut (1). On place son tombeau en différents lieux (2).
• 10G6. — Époque où vivait Osée.
1» Osée est le premier des petits prophètes dans la Vulgate. Cette place lui est donnée probablement à cause do rétendue de sa prophétie, qui est plus considérable que celle des autres petits prophètes. Ce n'est certainement pas en raison de l'ordre chronologique : car, sans parler des petits prophètes plus anciens dont les écrits ne sont pas datés, Amos, qui n'occupe que le troisième rang, lui est antérieur, comme il résulte de l'inscription de son livre, i, i , dans laquelle nous apprenons qu'il florissait du temps d'Ozias.
2° Osée fut contemporain d'Isaïe. 11 prophétisa , après la ruine de la maison d'Achab, i, 4, sous Jéroboam II, qui fut le troisième successeur de Jéhu, i, 1, contre Israël, quoiqu'il parle à l'occasion de Juda. Il a sans cesse présent devant les yeux le crime de la famille de Jéhu, qui, après avoir exterminé la maison d'Achab, en a perpétué l'idolâtrie et continue à faire adorer les veaux d'or. Le mot « encore un peu, » adhuc modicunij 1, 4, indique, d'après presque tous les interprètes, qu'Osée écrivit dans les dernières années du règne de Jéroboam. Ce roi occupa le trône 41 ans, de 825 à 784 av. J.-G. Osée écrivait donc avant l'an 784. La détermination de cette date est importante pour constater le caractère surnaturel de ses prédictions : il annonce à l'avance la ruine de la maison de Jéhu, qui n'eut lieu qu'en 782, et celle du royaume d'Israël, qui ne s'accomplit qu'en 721. Du temps de Jéroboam II, le royaume d'Israël avait atteint son plus haut de-
(1) Pseudo-Épiphaae, De viU's Prophetarum, c. xi, t. XLiii, col. 406 ; Pseudo-Dorothée, Chronicon pascale, t. xcii, col. 363 ; S. Éphrem, In Oseam, Opéra Syi^iaca, t. il, p. 234.
(2) Le caractère prophétique du livre d'Osée nous est attesté par le Nouveau Testament, qui Ta plusieurs fois cilé : Os., vi, 6, et Malt., ix, 13; XII, 7; Os., X, 8, et Luc, xxiii, 30; Apoc, vi, 16; Os., xr, 1, et Matth., Il, 15; Os., i, 10; il, 23, et Roui., ix, 25-26; I Pet., ii, 10; Os., Yi, 3, et I Cor., xv, 4; Os., xiv, 3, et lleb., xiii, 15.
gré de gloire. C'est au moment où il jetait le plus d'éclat que Dieu en révéla la fin prochaine.
• 1067. - style d'Osée.
S. Jérôme a caractérisé le style d'Osée en disant de lui : « Commaticus est et quasi per sententias loquens (1). » Go jugement est très juste. Profondément pénétré des iniquités de son peuple, Osée s'exprime par phrases coupées et brisées ; les propositions ne sont pas reliées entre elles, les images se précipitent et s'accumulent ; son langage ressemble à un torrent impétueux. Le prophète a cependant un cœur brûlant d'amour pour ses frères et plein de confiance en la bonté et la miséricorde de Dieu : ce contraste entre l'indignation que lui causent les péchés d'Israël, et l'espérance que lui donne l'affection paternelle de Dieu pour les enfants de Jacob, est la source des plus grandes beautés de son livre. Rien déplus tendre que la manière dont le Seigneur parle de son peuple, VI, 3-4 (voir aussi m, 5; xiv, 6, 9); rien de plus énergique que sa réprobation du péché, v, 14; xiii, 8. — Le premier et
(1) s. Jérôme, Prxf. in 12 Prophetas, t. xxxviii, col. 1015. — « On peut affirpier à bon droit, dit Ewald, Die Propheten des alten Bandes^ 2« édit., 1867, t. i, p. 178, qu'Osée et Joël sont, parmi les plus ancien» prophètes, les deux plus grands poètes, chacun à sa manière. Osée a une imagination vive et riche; son langage est plein d'éûergie et aussi de tendresse et de chaleur, malgré quelques images fortes, fruits de sa hardiesse et de son originalité poétiques et témoins de la simplicité de mœurs de son temps. Tout en lui est original,... remarquable par la force de la pensée et la beauté de l'expression. » Ewald remarque, p. 174, comme une singularité du style d'Osée, qu'on ne trouve point dans l'original une seule particule interrogative. Les interrogations elles-mêmes sont rares dans ces quatorze chapitres, vi, 4; viii, 5; ix, 5. 14; XI, 8; xiii, 10; xiv, 9, 10. Eichhorn, Einleitung, sect. 655, a fait du style d'Osée la description suivante, dans laquelle il cherche à l'imiter : « Son langage est comme une guirlande tressée des ûeurs les plus diverses; les images sont accumulées les unes sur les autres, les comparaisons supplantées parles comparaisons, les métaphores entrelacées dans les métaphores. Il cueille une fleur et la jette aussitôt pour en cueillir une autre. Comme une abeille, il vole de fleur en fleur pour cueillir le miel de toutes. Il en résulte que ses figures sont des chaînes de perles. Parfois il approche de l'allégorie, parfois il tombe dans l'obscurité. » Cf. V, 9; VI, 3; vil, 8; xiiu 3, 7, 8.