Samson, XV, 20; xYi
Si l'on ajoute à ce total de 410 ans la durée de la judica- |ure d'Héli, c'est-à-dire 40 ans, I Reg., iv, 18 (sans tenir
►mpte de Samuel), on a pour la durée de la période des [uges la somme de 450 ans (2). Ce chiffre est trop consi-
(1) Aucun chiffre n'est donné pour la judicature de Saragar.
(2) Ce chiffre est celui que nous lisons, Act.. xiii, 20, dans le discours le S. Paul à Autioche de Pisidie, et qu'il donne comme approximatif : « quasi post quadringentos et quinquaginta annos. » Mais la Vulgate ne le rapporte pas aux Juges. « Ce verset, dit M. l'abbé Crampon, se lit de deux manières, et, par suite, offre deux sens différents : loLachmann adopte la leçon des manuscrits d'Alexandrie, du Vatican et du Siuaï, suivie par la Vulgate, la plupart des versions anciennes, S. Jean
48 CnAP. II. — LES JUGES ET RUTn. [440]
rable. Nous lisons, III Reg., vi, 1, que depuis l'Exode jusqu'au commencement de la construction du temple de Jérusalem, la quatrième année du rè;:^ne de Salomon, on comptait seulement 480 ans. Or, d'Héli à la quatrième année de Salomon, il y a 84 ans, même en ne tenant point compte de l'intervalle entre Héli et Saûl :
Chrysostoine, etc.. Quel est, dans ce cas, le \io'mt de àé\)SiVl {terminus a quo) des 450 ans écoulés jusqu'au partage du pays de ChaDaau? La naissance d'isaac^ le premier héritier de la promesse (cf. Gen., xxi, 2). On compte, en effet, de la naissance d'Isaac à celle de Jacob, 60 ans; de la naissance de Jacob à l'entrée en Egypte, 130 ans; 215 ans pour le séjour des Hébreux en Egypte (Gai., m, 17), et 47 depuis la sortie d'Egypte jusqu'au partage de la Terre Sainte, en tout 452 ans. On objecte avec raison que le point de départ qui sert de base à ce calcul est arbitraire et nullement indiqué par S. Paul. Aussi 2» Tiscbendorf et la plupart des interprètes modernes regardent la leçon suivie par la Yulgate comme une correction fort ancienne, destinée à faire disparaître une difficulté de chronologie (Cf. Ill Reg., vi, 1); selon eux, et c'est le sentiment auquel nous inclinons, S. Paul a voulu, par le chiffre de 450 ans, marquer la durée de la période des Juges. La véritable leçon du f. 20 serait donc celle que Veditio recepta a. consacrée depuis longtemps, savoir : Et post fixe, quasi per 450 annos dédit jiidices, etc.; « Ensuite, pendant 450 ans environ, il leur donna des juges, » etc. Il est vrai que cette donnée chronologique ne s'accorde pas avec un passage du nie livre des Rois, vi, 1, où l'intervalle qui sépare la sortie d'Egypte de la construction du temple de Salomon n'est évalué qu'à 480 ans (440 dans les Septante), chiffre que MM. de Rougé et Lenormant voudraient abaisser encore pour des raisons tirées du synchronisme avec les annales de l'Egypte. Ces contradictions prouvent combien il est difficile d'établir une chronologie certaine de la Bible. Josèphe lui-même, rapporteur fidèle des traditions de la synagogue, a jusqu'à trois manières opposées de compter la durée de la période des Juges; mais l'une d'elles s'accorde exactement avec celle de S. Paul, Ântiq., Ylll, m, 1. On peut donc admettre que ce dernier a tout simplement [donné comme Josèphe] le chiffre de 450 ans [suivant une tradition de la synagogue]. Parlant à des Juifs, il devait, pour une question de date, se conformer aux traditions qui avaient cours parmi eux. » Les Actes des Apôtres, 1872, p. 244-245. — Quoique l'opinion commune des exégètes contemporains entende les 450 ans de la durée de lajudicature, il nous semble qu'on doit plutôt l'entendre des 400 ans dont parle la Genèse, xv, 13, et que S. Etienne rappelle, Act., vu, 6, plus les 40 ans du séjour dans le désert et les 7 de la conquête de la Palestine par Josué, ce qui donne, quasi, environ 450 ans. Le chiffre de S. Paul est aiasi exact, et il est d'ailleurs tout naturel que le chiffre de 400 ans, mentionné dans la Genèse, lui revienne à la mémoire.
f ii'J] ART. I. — INTRODOCTION AU LIVRE DE6 JUGES. 4-0
Saul : 40 ans, d'après Ad., xni, 21; Josôphe, Ajit., VI, xiv, 9. David : 40 ans^ Il Re^., v, 4.
Salonioa : 4 ans, 111 Keg , vi, l.
Au temps qui a suivi les Juges, il faut ajouter celui qui les a précédés, depuis l'Exode jusqu'à Othoniel, c'est-à-dire, 65 aus, sans compter la période qui a séparé la mort de Josué de la victoire d'Othoniel :
Séjour dans le désert : 40 Josué, selon Josèphe, Ant., V^ r, 29 : 25
Aiusi, même en négligeant les deux chiffres inconnus de la durée de la judicature de Samuel (1), avant l'avènement de Saûl, et de l'intervalle qui s'est écoulé entre Josué et Otbouiel, et en prenant pour Josué le plus bas chiffre, qui est celui de Josèphe, nous avons encore plus de cent ans en trop , 599 au lieu de 480.
11 n'y a qu'un moyen de résoudre la difficulté, c'est d'admettre, ce qu'indique déjà d'ailleurs une étude attentive du texte, que plusieurs juges ont été contemporains ("2). Mais comment déterminer quels sont ceux qui ont vécu en même temps? On ne peut le faire que par conjecture. Nous lisons, Jud., XI, 26, que depuis la quarantième année de l'Exode jusqu'à Jepbté, il s'était écoulé 300 ans. Les données numériques de l'auteur sacré, depuis l'invasion de Ghusan Rasatbaïm jusqu'à Jephté, donnent un total de 301 ans. Pour mettre ce chiffre d'accord avec Jud., xi, 26, il suffit donc que, parmi les prédécesseurs de Jephté, il y eu ait eu deux ou plusieurs qui
(1) La durée de la vie et de la judicature de Samuel n'est donnée nulle part dans la Sainte Ëcrilure. Cf. I Reg., vu, 15; xxviir, 3.
(2) Voir surtout Jud., m, 31 et iv, 1-2; x, 1 etxiii, 1. — On a contesté rautbenticité de 111 Reg., vi, 1. C'est ce qu'a fait Kennicott, qui s'appuie sur ce qu'Origèae, en citant le reste du y. 1, n'a pas rapporté la date. On allègue aussi que Josèphe n'aurait point donné le chilTre de 592 ans pour cette même période, si on avait lu, de son temps, le nombre 480 dans le livre des Rois. On regarde cepeudaut à peu près universellement III Reg., vi, 1, comme authentique.