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Ce qu'étaient les Jnges d'Jsraël

Jusqu'à l'établissement de la monarchie, les Hébreux vécurent sous le régime patriarcal, c'est-à-dire indépendants les uns des autres, sans autre chef ordinaire que les chefs de famille et les chefs de tribu, et sans autre lien commun que la religion. Les personnages que nous appelons juges, en hébreu, schôfetim^ n'étaient pas des magistrats politiques, placés à la tête du gouvernement et chargés d^administrer les douze tribus; ils n'étaient pas même ordinairement destinés, avant Héli et Samuel, à rendre la justice^ quoique le nom que nous

(i) Procop. Gaz., Comm. in Jud., t. Lxxxvii, pars i, col. 1042.

(2) Voir le détail de ces exemples dans la Bible de Vence, Préface sur le livre des Juges, 1768, t. m, p. 500-502, ou Migae, Cursus cornplelus Scrwluras Suax^ t. viii, col. 1151)-I1 U).

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ieur avons donné paraisse indiquer cette fonction; leur mission était militaire et consistait à affranchir le peuple de l'op- (•ression de ses ennemis, quand, puni pour ses péchés, il taisait pénitence et obtenait de Dieu son pardon. Lorsque Israël se convertissait, le Seigneur suscitait un juge, c'est-àdire un hbérateur et un sauveur, Jud., ii, 16, 48; m, 9, etc., qui se mettait à la tête, non pas de toutes les tribus, mais de celles qui étaient opprimées, et les affranchissait de la serviude(l}.

453. — K'e et lie sections : les deux premiers juges : Othoniel et

Aod, iii.

i° Othoniel, le premier juge, était de la tribu de Juda et fils de Cénez, frère cadet de Caleb. Il affranchit Israël de la tyrannie de Chusan Rasathaïm, roi de Syrie, que nous ne connaissons que par l'Écriture. Jos., xv, 16-19; Jud., i, 11-15; m, 8-11 ; I Par., IV, 13.

2° Aod, le second juge, délivra les tribus du sud de la Palestine de la servitude des Moabites en tuant Églou, roi de Moab, Jud., m, 12-30; iv, 1. L'action de cet Israélite, faisant périr l'oppresseur de son peuple après avoir demandé à lui parler en secret, a été souvent blâmée avec sévérité; mais l** si l'acte est répréhensible en lui-même, il ne l'est pas quand on tient compte des circonstances, des temps et des lieux, ainsi que des intentions. On loue Mucius Scévola se dévouant pour délivrer Rome de Porsenna qui en fait le siège. Aod montret-il moins de courage et d'intrépidité? — 2° Des exploits de ce genre n'étaient pas regardés comme criminels dans l'antiquité, et en particulier en Orient; on les admirait au contraire et on était loin de les considérer comme une violation du droit des gens. — 3^^ Remarquons d'ailleurs que l'Écriture ne fait nulle part l'éloge delà conduite d' Aod; elle se borne à raconter ce qu'il a fait. Cf. n° 412, 3°.

(1) Pour les détails et les développements, ainsi que pour la biographie de chacun des juges, voir La Bible et les découvertes modernes, t. m, 5e édit., p. 205-408.

5i CllAP. II. — LES JUGES ET RIJTH. [454]

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