‹ Manuel bibliqueChapitre 47 sur 476 · m» section : Débora et Barac, iv-v · texte numérisé non relu

m» section : Débora et Barac, iv-v

1° Débora et Barac affranchirent les tribus du nord de la Palestine de la servitude de Jabin, roi d'Azor, en taillant en pièces l'armée chananéenne, commandée par Sisara. Le général vaincu se réfugia dans latente d'Haber le Cinéen, où il fut bien accueilli d'abord par Jahel, femme d'Haber, son allié, mais tué ensuite par elle, pendait qu'il dormait. — On a reproché à Jahel d'avoir commis une trahison et à l'Écriture d'avoir glorifié son action. Mais « il n'est pas aussi clair qu'on le suppose que [son acte], même en le considérant dans toutes ses circonstances fût illicite. — 1° La mort de Sisara était] uste, puisque c'était un ennemi déclaré du peuple juif, dont Jahel faisait partie. Or, d'après les lois de la guerre, il est permis de tuer un ennemi, même en fuite; et il est certain que si cette femme eût plongé un poignard dans le sein de Sisara lorsqu'il entrait dans sa maison, on ne trouverait rien à reprendre dans sa conduite... Sisara ne dut-il pas s'imputer à lui-même d'avoir pr.is refuge dans une famille qui faisait partie du peuple avec qui il était en guerre? — 2° En vain dirait-on que Jahel a indignement trompé Sisara en lui disant de se retirer dans sa tente sans aucune crainte; car ne se peut-il pas que Jahel ait parlé d'abord par un premier mouvement de compassion envers Sisara, et qu'elle eût effectivement l'intention de le cacher dans sa maison, mais qu'ensuite, venant à réfléchir que Sisara était l'ennemi de son peuple et que son devoir était de le livrer à la mort, elle ait pris la résolution de lui ôter la vie?... « Elle mérita ainsi des éloges, dit Jahn, non point » comme ayant fait une action sainte, mais comme ayant » montré un grand courage et un grand amour pour sa patrie.» — 3*' Ajoutez à cela que le droit de guerre de ces temps-là, la conduite qu'avaient pu tenir les Ghananéens en de semblables rencontres, pouvaient bien légitimer aux yeux de cette femme tout ce que nous regarderions aujourd'hui comme une lâche trahison (1).» — 4*^ Enfin il ne faut pas oublier que ces

(1) Glaire, Introduction aux Uores de f Ancien et du Nouveau Testa-

f^vénements se sout passés avant que Jésus-Christ eût apporté !ii monde une morale plus parfaite et des sentiments plus délicats.

S*» De même qu'ils ont regardé les juges» sauveurs de leur peuple, comme des figures de Notre-Seigneur (1), « les Pères ont vu en Débora la synagogue qui fut la première à prendre les armes contre le royaume du démon; mais la victoire complète sur cet ennemi du genre humain était réservée à Jahel, lemme étrangère incorporée au peuple de Dieu, comme ua rameau d'ohvier sauvage enté sur l'olivier franc. La victoire complète sur le démon était réservée à l'Éghse des Gentils, qui, armée de la croix de Jésus-Christ, a abattu le démon et a détruit son royaume (2). »

3° Après la mort de Sisara, Débora chanta la victoire d'Israël dans un cantique d'une belle et forte poésie; c'est un des monuments littéraires les plus remarquables de l'antiquité, mais ce qui le caractédse surtout, c'es;. que la prophétesse le consacre à la louange d'i Dieu des combats qui a vaincu par Israël, et non à la glorification des vaiuqueurs : les chefs et les soldats ne paraissent qu'au second plan ; cest Dieu qui tient la première place (3).

ment, 3^ édit., 1862, t. m, p. 117-158. Cf. Bergier, Dictionnaire de théologie, art. Jahel.

(1) S. É[)brem, dans son Coaimenlaire sur les Juges, ne fait que montrer comment ces personnages sont la figure de Notre-Seigueur, Opeva syriaca, 1. 1, p. 408 sq. Le V. Bède dit que les Juges succèdent à Josué comme les Apôtres à Jésus-Christ, mais il montre aussi dans la plupart des Juges uue figure de Jésus-Christ, Qusest. super lib. Jud.^ t. cxii, col. 423 sq. Voir également S. Patère, De testimoniis in librum Judicum, t. LXXlx, col. "iSb-TOO.

(2) Martini, Vecchio Testumento, note sur Jud., iv, 21. — Cf. Origène, In librum Judicum Hom. V, nos 5.3^ t. xil, col. 972-973.

(3) Cet admirable cantique se compose de trois parties, chacune de ois strophes : 1. Introduction, v, 2-8; 1° Adresse du poème, 2-3;

Puissance de Jéhovah, gage de victoire pour les Hébreux fidèles, 3* Malheurs d'Israël avant Débora, 6-8. — II. Préparatifs du comt, 9-17; 1° Nouvelle adresse à tous ceux qui doivent chanter et bénir hovah, 9-12; 2» Énumération des combattants, 12-15c ; 3" Reproche3 aux tribus qui n'ont pas secouru leurs frères, 15^ -17. — 111. Tableau du combat et de ses suites, 18-31 ; 1» Descriptiou de la bataille, l8-2-^ ; 2" MiiléùicUoa de Méroi, béaé JlcUoa de Jaheî, 23-27 , 3» inquiétude et

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