‹ Manuel bibliqueChapitre 5 sur 476 · Auteur du livre de Josué · texte numérisé non relu

Auteur du livre de Josué

1° On ne sait point d'une manière certaine quel est l'auteur du livre de Josué; mais la tradition juive ^ consignée dansleTalmud et acceptée par un grand nombre de critiques, en attribue la composition à Josué lui-même, à l'exception du récit de sa mort et de celle d'Éléazar, 29-33. Elle s'appuie sur le jl'. 26 du ch. xxiv : Scripsit omnia verba hœc in volumine legis Domini. On a voulu restreindre le sens de ce passage à ses dernières exhortations, xxui-xxiv, mais il est bien plus naturel de l'entendre du livre entier. 11 y avait une

de Dotre livre par un grand nombre de changements et d'additions : Chronicon Samaritanum arabice conscripium^ cui litulus est Liber Josuœ, edidil, latine vertit Joh. Juynboll, in-4", Liège, 1848.

(1) Commentateurs catholiques : Origône, Eclecta in Jesum Nave ; Homiiise in Librum Jesu Nave, t. xii, col. 819 et 825; S. Éphrem, In Josuey Opéra Syriaca, t. i, p. 292-307; Théodoret de Cyr, Quxst. in Josuam, t. Lxxx, col. 457-480; S. Augustin, Loculiones in Heptateuc/mm, I. VI, t. XXXIV, col. 537-542; Quœstiones in Heptateuchum, 1. VI, ibid., col. 775-792; Procope de Gaza, Comment, in Josue, t. Lxxxvn, pars I, col. 991-1042; S. Isidore de Séville, In Josue, t. lxxxiii, col. 371-380; V. Bède, Quxstiones super Jesu Nave librum, t. xciii, col. kVl-iiâ^; Maes ou Masius, Josue imperatoris historia illustrata atque explicata; « optimis in libros Veteris Testamenti commentariis adnumerandus est, » dit Rosenmûller ; Migne, Cursus completus Scripturœ Sacras, t. vu et VIII ; Ariae Montani Liber de optimo imperio, in-4o, Anvers, 1583; N. Serarii, Commentarius in librum Josue, 2 in-lbl., Mayence, 1609- 1610; Paris, 1610; J. Bonfrère, Josua, Judices et Ruth, in-fol., Paris, 1631; Clair, Le livre de Josué, in-8o, 1877 (Bible de M. Lethielleux). — Nous n'indiquons pas les commentaires complets de la Bible, comme ceux de Cornélius a Lapide, Calmet, Ménochius, etc.

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grande ulilité à flxer par écrit, pour Tavenir, la distribution du territoire faite entre les diverses tribus, et l'on aurait lieu d'être surpris, si le conquérant de la terre de Ghanaan n'avait pas rempli un devoir qui semblait faire partie de sa mission.

2° Divers indices trahissent d'ailleurs une haute antiquitéet confirment ainsi, plus ou moins directement, la tradition ancienne. •— Tel est r l'emploi en trois endroits, iv, 23; v, 1, G, delà première personne dans le texte original (I). —2" Bethléem patrie de David, n'est pas nommée parmi les villes de la tribu de Juda, et elle aurait été certainement mentionnée, si ce livre avait été composé pendant la vie de ce prince ou après sa mort. — 3° Le ch. xv, 63, dit formellement que le Jébuséen habitait encore à Jérusalem; l'auteur écrivait par conséquent avant la huitième année de David, date à laquelle ce monarque s'empara de Sion, 11 Reg., v, 5-7 (2). — 4° Le livre des Juges, comme nous le verrons plus loin, n** 447, a été écrit vers l'époque de l'établissement de la royauté en Israël; or, on ne peut pas admettre que le livre de Josué, qui relie ce livre au Pentateuque, ne fût pas alors déjà composé. — 5"* Sidon y est désignée, xr, 8, comme la grande ville; cette expression prouve quelle est la haute antiquité de cette histoire, car Sidon fut ruinée par les Philistins, du temps des Juges, en i209 (3). Tyr acquit dès lors la prépondérance et mérita seule le titre de grande ville. — 6"* La manière dont l'auteur du livre raconte incidemment l'histoire de Josué, avec le ton que peut y mettre seul un acteur ou au moins un témoin oculaire, semble indiquer la main de Josué lui-

(1) L'auteur , dit à la première personne, dans le texte hébreu, iv, 23 et V, 1 : lil^y, 'obrénou, « le passer de nous. » La Vulgate a traduit V, 1, donec transirent, nu lieu de donec transiremus. L'hébreu a aussi nobis, V, 6, là ou la Vulgate traduit eis.

{2) Cf. aussi Jûs., xvi, 10; Jud., i, 29 et III Reg., ix, 16, qui prouvent que Josué a écrit avant l'époque de Salomon, puisque c'est alors seulement que Gazer cessa d'appartenir aux ChauaDéens et devint ville Israélite. — Les Septante et l'ancienne Italique ont ajouté, Jos., xvi, 10, au sujet de Gazer : Bedit cam in dotem Pharao fUix sux. Voir S. Augustin, Qiiœst. in Hept., 1. VI, t. xxxiv, col. 784-7So.

(3) Fr. Lenormant, Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, t. m, p. 51.

même. — 7° Dans son dernier discours, xxiv, nous voyons combien il était profondément pénétré de Tidce qu'Israël était loin encore d'avoir atteint le but auquel Dieu l'appelait, et la façon dont il parle nous fait sentir que l'orateur et l'écrivain qui nous rapportent ce discours sont le môme personnage. — 8° On ne rencontre dans tout le livre de Josué aucun mot d'éloge de ce saint patriarche ; ce n'est que dans le passage du dernier chapitre, qui raconte sa mort et qui a été ajouté, qu'on le qualifie de « serviteur de Dieu, » xxiv, 29; or, il n'est pas croyable que si l'auteur était postérieur à Josué, il n'eut pas dit un seul mot en l'honneur d'un si grand personnage. Cf. Eccli., XLVi, i-12; où Josué reçoit les plus grands éloges (1).

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