SIXIÈME PARTIE
Des Moyens de connaître , de gouverner et de régler les Pendules et les Montres.
ARTICLE PREMIER
Remarques sur le choix des Montres.
Comme il y a de bonnes et de mauvaises montres, dit Sully, il y a aussi des moyens de distinguer les unes des autres. C’est faute de les connaître qu’une infinité de personnes , qui aiment les productions de l’borlogerie, sont trompées par laut de courtiers, de marchands, et même d’horlogers ardens à se prévaloir de l’ignorance et de la crédulité du public.
Le premier avis qu’on peut leur donner, c’est de ne point prendre de montres offertes à bas prix, qui portent le nom des maîtres les plus renommés.
Quand un maître vend à bas prix une montre de son nom , c’est encore un fort indice qu’elle est mal faite; car il n’y a pas d’apparence que les bons ouvriers , toujours en petit nombre , travaillent pour ceux qui ne voudraient ni ne pourraient payer à moitié leurs ouvrages.
Je ne conseillerai pas non plus à quelqu'un qui dans une montre fait particulièrement cas de la régularité , d’en prendre une qui aille plus de trente heures. Il n’est pas difficile d’en construire qui marchent huit ou quinze jours , un mois , plus ou moins, sans être remontées : quelques roues de plus suffisent pour cela , mais de les faire aller bien, c’est ce qui n’arrive presque jamais. L’expérience ne le prouve que trop, et la théorie le démontre.
En effet, dans une montre qui va huit jours, par exemple, outre que les frottements, les résistances de l’huile, etc., toutes causes variables, sont multipliées, il y a environ sept fois moins de force pour vaincre les résistances , en commençant depuis la roue du centre et finissant au balancier.
Or, la grosseur actuelle des montres est telle, que r leur moteur n’est pas trop fort pour les soustraire aux variations que les différentes fluidités de l’huile et sa coagulation tendent à produire, surtout l’hiver dans les gelées, etc.
Pour éviter de telles erreurs, on prétendrait en vain faire le diamètre des pivots proportionnel au peu de force, car les molécules du métal ont une certaine grosseur; il en faut un certain nombre pour qu’un pivot puisse être bien fait, et ce nombre n’est pas trop grand dans les pivots des derniers mobiles d’une montre ordinaire.
La partie qu’il faut examiner avec le plus d’attention dans une montre, c’est l’échappement. On en compte plus de cinquante (i) ; mais celui dont l’usage est le plus général , s’appelle échappement h roue
(i) En i75y. Depuis cetie époqr.e, plusieurs artistes ce-
de rencontre. On le voit dans presque toutes les montres, et j’en ai fait la description dans la 4 e partie, art. n, pag. 76.
Il y en a un second que l’on doit à Graham , qui est aussi fort usité. On le nomme échappement a cylindre, pareequ’il est formé par un demi-cylindre dont l’axe du balancier occupe le centre.
Dans le premier échappement, la roue de rencontre, perpendiculaire aux platines, agit continuellement, par la pointe de ses dents, sur les palettes de la verge, et par conséquent sur le balancier, soit pour en accélérer, soit pour en retarder la vitesse ; et il y a un petit recul à chaque vibration , qui le fait nommer échappement à recul.
Dans le second, la roue parallèle aux platines n’agit par les courbes ou plans inclinés de ses dents , sur les bords du cylindre , que pour accélérer le mouvement du balancier, et non pour le retarder, si ce n’est par les frottemens. Elle a toujours un mouvement progressif, excepté que chaque vibration est suivie d’un petit repos qui vient de l’appui des dents sur la circonférence intérieure ou extérieure du cylindre , après qu’elles en ont écarté les bords par leurs plans inclinés : pour cette raison, l’échappement à cylindre est aussi nommé échappement à repos.
On sent bien que dans l'un et l’autre cas les parties frottantes doivent être aussi dures, aussi
lèbres , tant en France qn’eu Angleterre, ont imaginé divers échappeiuens libres, c'est-à-dire où le régulateur ac-bèvc librement ses oscillations après avoir reçn l'impulsion de la force motrice.
C itt)
libres et aussi polies qu’il est possible. Voici les attentions que les habiles horlogers apportent dans chacune de ces constructions.
Dans l’échappement à roue de rencontre ils ont soin :
i° Que le plan de chaque palette prolongé passe par le centre de l’axe du balancier;
a 0 Que l’angle formé par ces palettes soit de g 5 degrés et même de ioo;
3 ° Que la roue soit fort légère, aussi grande qu’il est possible , le devant des dents incliné de manière à former un angle de i 5 à 20 degrés avec l’axe de son pignon , et cet axe bien perpendiculaire à celui du balancier; ^
4° Que la chute, c’est-à-dire l’espace parcouru par les dents de la roue , lorsque son action passe d’une palette sur l’autre, ne soit pas plus considérable que le jeu de l’échappement ne l’exige;
5 ° Que la levée, c’est-à-dire l’arc que la roue fait parcourir au balancier sans aucun recul, et en écartant simplement les palettes, soit d’environ 40 degrés ;
Enfin, que la montre marchant par sa seule force motrice, et sans ressort spiral, retarde de 33 minutes par heure.
Dans l’échappement à cylindre , les mêmes artistes ont attention :
i° Que la roue soit aussi légère qu’il est possible , que ses pointes passent par l’axe du balancier, et que ses courbes ou plans inclinés procurent une levée de 3 o à 40 degrés ou environ , ce qui doit varier selon les différentes forces motrices, et par d’autres circonstances;
■2° Qu’après avoir écarté les bords du cylindre,
elles tombent sur la circonférence extérieure, mais qu’elles y soient alors aussi peu engagées qu’il est possible ;
3 ° Que leur chute, tant sur une circonférence que sur l’autre, soit aussi petite que faire se peut; qu’ainsi les dents soient de la grandeur du diamètre intérieur du cylindre à très-peu près , et écartées l’une de l’autre de son diamètre extérieur , et un peu plus ;
4° Que le balancier ait une consistance raisonnable, mais qu’il ne soit pas trop petit, parce qu’alors toute sa puissance ne venant que de sa masse , il devient trop lourd , ce qui augmente le frottement des pivots et les variations qui naissent des différantes positions;
5 ° Que les barettes soient disposées de manière que l’air y apporte aussi peu de résistance qu’il est. possible , etc.
A l’égard du nombre de vibrations que doit faire le balancier dans une heure, c’est une chose sur laquelle l'expcrience doit être notre guide. En général, je pense que ce nombre doit aller de 16,200 à 17,000. C’est ce dernier que Graham employait le plus ordinairement dans ses montres, en quoi il paraît avoir été suivi par son successeur. Lorsque les vibrations sont trop multipliées, le rouage est moins parfait, le balancier devient trop faible, la résistance de l’air y influe davantage. Quand, au contraire, les vibrations ne sont pas en assez grand nombre , lorsque le balancier en fait beaucoup moins de 16,200 par heure, alors le spiral devient trop faible eu égard à la masse du balancier, les frottements de ses pivots produisent de grandes variations, les erreurs qui naissent des différentes positions augmentent, etc.
Voici maintenant les propriétés et les défauts des deux constructions. Le premier, je veux dire l'échappement à recul, a une roue plus facile à exécuter et plus nombrée , ce qui rend le rouage plus parfait à cet égard. Il porte un balancier pins fort, fournit une règle certaine pour sa pesanteur, peut marcher sans huile, est peu susceptible d’inégalité par les différens frottements qui peuvent arriver dans les trous des pivots du régulateur, etc., est moins sujet aux variations dépendantes du froid et dn chaud , est plus connu de tous les horlogers , et par conséquent peut être plus facilement raccommodé. Il rend la montre moins chère, etc.; mais il cause beaucoup plus d’usure que le cylindre dans toutes les parties du rouage.
Le cylindre a d’ailleurs un avantage que l’échappement ordinaire n’a pas : c’est que la roue communique son action dans le milieu à peu près de l’axe du balancier. Il n’exige point de roue de champ , etc.
Toutes ces choses font que les horlogers les plus habiles sont fort partagés sur le choix de ces échappent eus.
Les uns allèguent en faveur du premier toutes les propriétés dont nous venons de parler , et la grande quantité de montres faites par les plus habiles gens, sur ce principe, qui, pour la plupart, ont contenté ceux qui les ont acquises, l.es partisans du dernier font valoir sa propriété inestimable de compenser les inégalités de la force motrice, du rouage (i), l’autorité de Graham, etc.
(i) I. échappement à Cylindre ne compense point les inégalités de la force motrice. Il n'existe pas un seul artiste
Si l’on demande mon avis à cet égard , je dirai franchement ce que vingt-cinq années d’expérience et de réflexion m’ont appris. J’ai vu des montres de l’une et l’autre construction aller aussi parfaitement qu’il soit possible de l’imaginer, et j’en ai observé d’autres qui, quoique bien faites, ne répondaient pas à beaucoup près à ce qu’on en devait attendre. Pour conclure, voulez-vous, dirai-je à celui qui veut faire l’acquisition d’une montre , qu’elle soit à secondes? Vous embarrassez-vous peu de ce qu’elle coûtera ? Celui dont vous voulez la tenir est-il réellement d’une habileté reconnue? Comptez-vous demeurer dans la capitale ou y avoir des correspondances ? Prenez une montre à cylindre (x). Ne désirez- vous , au contraire, qu’une montre simple ou à répétition, marquant les minutes, qui soit parfaitement solide, qu’il ne faille pas nettoyer souvent, que l’on puisse bien raccommoder partout, et qui ne soit pas d’un prix trop considérable ? Choisissez une montre à échappement ordinaix’e.
Lorsqu’on aura suivi le peu de conseils que je viens de donner, on pourra faire les expériences suivantes, pour juger en deux ou trois jours de la bonté d’une montre : qu’elle avance ou qu’elle retarde, peu importe, on pourra la régler par le cadran d’avance et retard ; mais on observera sur une bonne pendule, si elle marche également dans
éclairé qui soutienne une semblable proposition. Les expériences de Berthoud sont décisives. ( Essai sur l’Hurl. toni. n , chap. 3 1 et 3‘i.)
(x) T)e nos jours à échappement lihre.
les différentes positions, c’est-à-drre à plat et pendue en la voyant marcher 12 heures sur chacune de ces positions.
En second lieu, on examinera sa marche pendant 24 heures , observant si elle est régulière , c’est-àdire si la fusée a la courbe demandée par les différentes forces du ressort.
On examinera encore si le mouvement du balan cier n’a point un air gêné; si les vibrations sont bien égales. On écoutera à l’oreille si elle ne fait pas trop de bruit, ce qui dénote beaucoup de chute dans l’échappement; s’il n’y a pas quelque frottement ou battement extraordinaires, etc.
Mais sur tout, à moins que vous ne vous soyez adressé à quelque artiste d’une réputation supérieure, ne prenez point de montre qui contienne des nouveautés essentielles , qu’elles n’aient eu préalablement quelques suffrages respectables. En effet, quel fonds peut on faire sur le bien qu’un homme débite de lui et de ses ouvrages ! Cet homme est-il infaillible? Ne peut-il pas être le premier abusé? Que dis-je! ne sait-on pas que, dans tous les états, les moins capables, les plus mésestimés, les charlatans enfin, sont les plus ardens à vanter et prôner leur prétendu mérite.
Voilà les principaux avis qu’on puisse donner à celui qui veut faire choix d’une montre. Malgré ces attentions, il pourrait bien encore être trompé: ainsi le meilleur moyen c’est de s’adresser aux horlogers qui ont une réputation faite d’honneur et d’habileté; car, si à l'ouvrage on connaît l’ouvrier, à l’ouvrier on peut juger de l'ouvrage.
ARTICLE II
Extrait d'un petit écrit de Julien lk Roy, sur le deffré de justesse qu’on doit attendre d’une Montre.
Un homme de lettres comparait une femme trèsbelle, mais plus estimable encore par son caractère, à une montre dont la boîte était extrêmement enrichie. Il leur appliquait cette devise à l’une et à l’autre : pretiosior ab intas , mon plus grand prix vient du dedans.
Pour suivre cette ingénieuse comparaison , si une montre u’est que belle, si elle est quinteuse et inégale , loin de contribuer à la satisfaction de celui qui la possède, elle en fait au contraire le tourment. Mais s’il est à souhaiter pour celui qui fait usage d’une montre, qu’elle soit bonne, il ne l’est pas moins pour celui qui l’a faite, qu’il sache bien la gouverner.
Il ne faut pas d’abord exigpr d’elle une pins grande exactitude que sa nature ne le permet. Quelque parfaite qu’elle puisse être , elle n’ira pas longtemps, sans que le hasard y ait part, aussi régulièrement qu’une bonne pendule. En effet, celle-ci est toujours dans une situation fixe , dans nn air qui ne change que par degrés; souvent, au contraire, une montre passe habituellement du gousset où elle est agitée et où l’air est chaud , à un clou où elle est en repos dans une situation toute différente' quelquefois exposée an froid , même à la gelée qui augmente l’élasticité des ressorts, coagule l’huile, etc. Enfin cette petite machine , composée de tant de pièces, compte tous les jours quatre cent mille oscilla-
tions de balancier; elle est par conséquent sujette à des frottements continuels et à l'usure de toutes les parties en mouvement.
(ies causes réunies font qu’en général on doit regarder une montre comme assez bien réglée , lorsqu’elle n’avance ou ne retarde que d’une minute on vingt-quatre heures. Cependant cette variation donnerait en sept jours près d’un demi-quart d’heure d’erreur: je ne sais rien de mieux pour la corriger que de la remettre à l'heure , par l’aiguillé des minutes, une fois par semaine, sur nne horloge ou pendule dont la justesse soit connue.
Les diverses horloges publiques que l’on doit à MM. Lepaute, oncle et neveux, ont été construites avec beaucoup d’intelligence et exécutées avec une grande perfection. Celle de l’Hôtel de ville marche souvent plus de six mois sans s’écarter de l’heure vraie du soleil ; elle sert journellement de méridien à presque tous les citoyens de la commune de Paris; et même beaucoup d’horlogers, qui n’ont pas de s bonnes pendules à secondes ou à équation, s’en servent pour régler leurs montres, et remettre à l’heure vraie les différentes pendules ou horloges confiées à leurs soins.
ARTICLE III
De l'usage du Cadran (d'avance et retard .)
Pour le bien concevoir, il faut pouvoir se rendre raison de l’effet que l’on produit , en tournant la petite aiguille qui est dessus. Pour cela, il est bon de remarquer d’abord que le balancier, aidé du ressort spiral, est précisément dans le cas d’mie corde d’instrument, puisque l’un et l’autre sont des masses
faisant dis vibrations par le secours de la force élastique. Or, que fait-on, quand on veut accroître le nombre des vibrations d’une corde dans un certain temps? On la raccourcit, parce que la durée des vibrations d’une corde est toujours dans le rapport de sa longueur. Pour augmenter le nombre des vibrations du balancier dans un certain temps, c’esta-dirc pour accélérer le mouvement d’une montre, il faut donc raccourcir le ressort spiral; et au contraire pour la faire retarder, la vitesse du mouvement des roues , et par conséquent des aiguilles, étant toujours relative à la durée des vibrations du balancier.
Or, c’est ce qui se fait en tournant la petite aiguille de rosette. Au moyen d’une roue qui est dessous, on fait mouvoir un râteau qui porte une queue, où sont ajustées deux petites chevilles, entre lesquelles la lame du spiral passe, et qui fixent sa longueur.
Voici les attentions qu’il est bon d’apporter dans cette opération. Si pendant plusieurs jours on s’aperçoit que sa montre retarde, pour l’avancer il faudra tourner l’aiguille de gauche à droite, c’està-dire, dans le sens où l’on ferait mouvoir l’aiguille des minutes sur le cadran, pour l’avancer; daus celui où l’on tournerait la main pour faire avancer un écrou, une vis; dans celui enfin où les nombres vont en augmentant sur le cadran; ensuite on remettra la montre à l’heure sur la pendule. On opérera dans le sens contraire , si la montre avance; et l’on continuera la même chose dans l’un et 1 autre cas, jusqu’à ce quelle soit entièrement réglée.
Je ferai observer en passant, qu’il faut tourner l’aiguille d’avance et retard, ainsi que celle des
minutes, en mettant la clef sur le carré que l’on voit au-dessus de ces aiguilles ; qu’on ne doit jamais les faire mouvoir avec le doigt, surtout celle des minutes, parce qu’on 'court risque alors de la fausser, de la faire frotter au cadran ou au cristal , de déranger son accord avec l’aiguille des heures, de salir le cadran , etc.
Plusieurs montres n’ont point d’aiguilles sur le petit cadran d’avance et retard; c’est le cadran meme qui tourne. Telles sont les montres anglaises ou à l’anglaise, qui à la circonférence du cadran ont une flèche, ou petite pointe servant d 'index, pour montrer de combien on fait tourner ce cadran : l’opération est la même que s’il y avait une aiguille ; ainsi , pour faire avancer la montre , on tournera le petit cadran , comme on aurait tourné l’aiguille, c’est-à-dire de l’épaisseur d’un millimètre à chaque fois, tournant moins à mesure que l’erreur diminue. Par l’article premier, la montre sera réglée lorsqu’elle ne s’écartera de la pendule qu’on a choisie pour la comparer, que d’une minute en 24 heures.
On ne doit point tourner l’aiguille du petit cadran d’une montre sans être certain de son erreur. Si, par exemple, ayant été bien pendant trois mois, cette montre se trouvait dérangée de plusieurs minutes par quelque exercice violent qu’on aurait fait, il suffirait de la remettre à l’heure; car une montre ne peut aller juste, étant fort agitée.
ARTICLE IV
De quelques précautions à prendre en portant ou posant sa Montre.
Il est bon qu’un homme porte sa montre dans un
gousset peu profond ; qu’une femme ait une chaîne courte à la sienne, pour éviter la trop grande agitation.
On doit aussi suspehdre sa montre de manière qu’elle soit fixe, et qu’elle ne puisse acquérir de mouvement, ni faire de vibration, par l’action du balancier, comme cela arrive quelquefois : car, en ce cas, le mouvement communiqué à la montre diminuant la vitesse du balancier, elle retarde nécessairement.
Le cadran d’une montre portée dans le gousset doit être tourné en dehors du corps , parce qu’une montre bien faite est réglée sur le plat (i), situation où elle se trouve dans le gousset d’un homme assis. Lorsqu’on la quitte on doit la suspendre à un clou, parce que sa pesanteur l’y tient toujours dans la même direction, et qu’alors le balancier est situé avantageusement pour la justesse et la durée de la montre, qui est alors pins en sûreté, et dont la boîte est moins en danger d’étre rayée.
Il est impossible de tenir toujours sa montre dans une ijiéme température; mais, autant qu’on le peut, il faut l’y conserver, afin que l’huile ait toujours la même fluidité. Il faut aussi la remonter à la même heure, afin de prévenir l’effet des petites inégalités qui pourraient se trouver dans la fusce.
Première remarque.
J’ai dit ci-devant qu’en général une montre était bien réglée, quand elle n’avançait ou ne retardait que d’une minute en u/* heures. Cependant, si elle
i'i) fille doit l'êlre dan» toutes les positîous.
est médiocre , on doit être content si l’erreur n'excède pas deux ou trois minutes. Il n’eu est pas de même d’une bonne, sur tout lorsqu’elle a été nettoyée nouvellement: en ce cas, elle pourrait bien aller à une demie ou un quart de minute près par jour dans l’été; mais en hiver, il faudrait lui passer la minute , et peut-être plus dans les fortes gelées. On s’approche alors d’un grand feu, dont l'action l’échauffe; on la quitte ensuite, on l’accroche dans un lieu froid: ces vicissitudes ne peuvent qu’altérer sa justesse.
DEUXIÈME REMARQUE
Ceux qui conduisent les horloges publiques, les remettent avec le soleil à leur volonté, les uns tous les dix ou douze jours, les autres de quinze en quinze, ou de mois en mois. Ce défaut de concert cause une partie de l’intervalle qu’on remarque souvent entre la même heure qu’elles sonnent.
De là on peut tirer cette conséquence, que si une montre a suivi une horloge publique plusieurs jours de suite, et qu’après cela elle se trouve en différence de quelques minutes, il faut considérer si l’horloge qu’elle a suivie n’a point été remise avec le soleil.
N. B. Les horloges publiques de Lepaute » lès seules que l’on puisse prendre pour objet de comparaison, suivent le temps vrai par la nature de leur construction , et ne peuvent exposer à de semblables erreurs, en Tenant compte de la variation du soleil dans l’intervalle des observations.