‹ Manuel chronometrique, ou precis de ce qui concerne le temps, ses divisions, ses mesures, leurs usages, etc. PublieChapitre 24 sur 37 · INSTITUT NATIONAL · texte numérisé non relu

INSTITUT NATIONAL

Le secrétaire perpétuel pour les sciences mathématiques , certifie que ce qui suit est extrait des registres de l’Académie des sciences, séance du 14 février 1789.

Nous avons examiné , par prdre de l'Académie , etc.

Cette machine prés< nte quatre fa’ces, qui portent quatre cadrans : le prt mier indique le temps vrai et le temps œoven , avec un quantième annuel, par cinq aiguilles conent. iques, réglées par un pendule composé et un échappement à vibrations libres , tel qu’on remploie dans les horloges marines. -

Le moteur est un ressort qui fait 10 tours 1/2 , et dont un quart de tour seulement se développe ; il est remonté tous les quarts-d’heure par un grand ressort , dont les inégalités ne peuvent influer sur le mouvement. Un remontoir de cette espèce a autant d’uniformité qu’un poids même pourrait en avoir, et l’on n’a pas l’inconvénient des cordons. Le barillet est fait de manière que le ressort ne puisse jamais se développer au-delà d’un quart de tour, que le remontoir ne puisse le reployer que de cetté quantité, et que, les chevilles d’arrêt venant même à casser, il n’en puisse résulter aucun dérangement pour la mesure du temps. Celte méthode sera utile pour de petites horloges astronomiques propres à transporter en voyage, et même pour de grandes horloges qui ont beaucoup de fonctions à remplir, etc.

Le second cadran présente un planisphère terrestre, où&l’on voit à chàque instant l’heure qu’il , est dans les principaux lieux de la tefre. Douze petits cadrans qui environnent la terre, ont chacun une aiguille ;^les douze aiguilles sont toujours parallèles , en sorte que l’on voit l’heure qu’il est à chaque pays auquel répond, le cadran que l’on examine, et le progrès des heures en suivant les

longitudes. Cette méthode est la plus commode -qu’on pût imaginer pour les amateurs de géographie.

Le troisième cadran est destiné pour la lune et pour les éclipses. La construction en est aussi savante qu'ingénieuse. Le soleil, la lune et la ligne des nœuds tournent ensemble tous les jours; mais chaque jour la lune s’éloigne du soleil, et le soleil du nœud de la lune, de la quantité exacte qui doit produire les phases et les éclipses. M. Janvier a combiné ces mouvemens avec tant de sagacité, qu’il a reconnu et corrigé l’erreur des astronomes qui donnaient 48 45 ", 7 pour le retardement diurne de la lune. 11 l’a fait, avec raison, de 5 o' 28", 33 , parce que ce n’est pas à raidi que le retardement de la lune doit se compter , c’est à l’heure de son passage ; et tel est aussi le retardement du flux et du reflux de la mer, que M. Janvier représente pour les principaux ports de la terre, dans une autre machine qu’il exécute pour le^oi’. Il est singulier que dans les tables des marées et dans les livres faits sur cette matière, on n’ait pas aperçu que le retardement de la lune en vingt-quatre heures n’est pas le retardement des marées, parce que la lune ne passe que 28 fois en 2^ jours, et qu’au bout de 28 passages il faut qu’il y ait 28 jours 28 heures 38 minutes i 3 secondes d’éroulées pour que les 26' 47* qui manquent, et que la lune fait en i 3 heures 1 1% produisent 29 jours 12 heures 44', qui font la révolution synodique de la lune. Cette considération n’a point échappé à M. Janvier , et nous devons cette justice à l’intelligence dont il a donné des preuves dans toutes les parties de sa machine. Il a reconnu , par exemple , qu’une roue de a 35 dents , et un

pignon de 1 9 , suffisaient pour donner, jusqu'à. 3a précision des secondes, la différence de 10 jours 21 heures o' 12" qu'il y a entre l’année solaire et l’année lunaire de douze mois synodiques , suivant les derniers calculs de la plus parfaite astronomie.

La latitude de la lune y est représentée par un cercle excentrique qui la fait passer au-dessus et au-dessous du soleil , et qui désigne les éclipses du moins pour les conjonctions moyennes. Mais M. Janvier se propose d’en faire une où il représentera les inégalités de la lune , le changement d’excentricité et le mouvement de l’apogée (1). Les phases de la lune se voient également sur le petit globe qui la représente.

Le quatrième cadran contient les jours de la semaine : l’aiguille ne fait qu’un demi-tour Ct revient sur elle-même tous les sept jours , pour laisser voir toujours droites de très-jolies figures en émail qui représentent les jours, ou les planètes. Les trois ressorts sont remontés par*ün seul carré caché au centre de ce cadran : ces petites attentions sont produites par des mécanismes qui ont encore leur mérite.

La sphère mouvante est placée au-dessus du grand carré de l’horloge ; elle est renfermée dans un globe de verre : on y voit toutes les planètes, même celle de Herschel, qui se trouve, pour la première fois, dans une machine de ce genre, etc.

Enfin cette machine, la plus complète que nous connaissions, est encore remarquable par la beauté

(t) Elle a été exposée an Louvre en 1801 , et l’on en voit les détails de construction dans* l'HistoÎTe de la Mesure du temps, tom. 2,pag. 207 — 241.

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des émaux , etc. , qui l’accompagnent; mais c’est par la composition , les calculs et le mécanisme, <jue nous la croyons digne de l’approbation et des éloges de l’Académie. *

Fait à Paris , dans l’assemblée de l’Académie royale des sciences, le 1 4 février 1789.

Signé Legentil , tr Roy, Cassini.

de Lalande , rapporteur.

Certifié conforme à l’original, à Paris, le 17 juillet 1807.

Le secrétaire perpétuel , signé Delambbe.

ARTICLE VI

Première Pendule a équation par les causes qui la produisent , par A. Janvier ,

Approuvée par la classe des sciences physiques et mathématiques de V Institut, dans la séance du 3 1 janvier 1800.

Cette machine présente deux cadrans concentriques ( Jig . 8), mobiles autour du même axe; l’un indique le temps moyen, l’autre le temps vrai : pour les mettre en mouvement, il y a deux roues mues par deux pignons placés suf le même axe; et qui les font tourner en une année moyenne.

L’une de ces roues A {Jig- 9. ) est parallèle aux cadrans ( ou l’équateur de la sphère céleste ) : c’est elle qui conduit le cadran du temps moyen, auquel elle communique <*ne vitesse angulaire de 5 g' 8'',3 par jour. Le point midi de ce cadran avancera de la même quantité que le soleil fictif moyen que l’on suppose parcourir l’équateqr céleste.

L’aiguille de ce ce cadran mobile est portée par un axe qui tourne avec la vitesse de la révolution diurne de la terre. A chacune des révolutions de l’axe, l’aiguille se trouvera 3 ' 56 " en retard, à cause du mouvement propre du cadran. Ces deux mouvemcns combinés donneut une idée exacte de la manière dont se compose le jour moyen astronomique-

La seconde des deux roues li (Jtg. 9) fait mouvoir le cadran du temps vrai : elle est inclinée de a 3 ° 28 1 à la première. Dan» son mouvement, qui ne peut être qu’uniforme , elle entraîne , au moyen d’un arc de cercle, un canon qui lui est excentrique, et auquel par conséquent elle donne un mouvement inégal à raison de cette excentricité ( 3375 parties du rayon à 3 * 8° 54 ' en 1800) (1). Mais ce canon est lui-même incliné de a 3 ° 28' a l’axe de la roue qui le meut : ainsi son mouvement se modifie encoxe à raison de cette inclinaison; et le cadran qu’il conduit a , dans sa révolution, les deux inégalités qui produisent la différence entre le temps vrai et le temps moyen.

Celle des inégalités qui vient de la réduction de l’écliptique à l’équateur peut-être représentée avec toute la perfection que l’on voudra; cela ne dépend que de l’adresse de l’artiste : il suffit qu’il parvienne à incliner ses roues de manière quelles fassent un angle égal à l’obliquité de l’écliptique.

Il n’en est pas tout-à-fait de même de l’autre inégalité. Il est aisé de voir que le moyen employé par l’artiste revient à l’idée des anciens astronomes, qui faisaient tourner le soleil dans un cercle dont la terre

(i),Le mouvement de l’apogée étant de par année,

on a pour i 8 ax 3 S 9 ° tg',i5.

n’otcupait pas le centre. Or cette hypothèse ne représente pas exactement la marche du soleil, qui se meut sur la circonférence d’une ellipse. Pour déterminer l’erreur, M. Delambre a réduit en série l’équation du centre que fournit l’ancienne hypothèse; et, la comparant à la série qui exprime l’équation elliptique, il a trouvé qu’en négligeant les cubes de l’excentricité, ce qui est ici permis, la différence entre les deux séries est de — 3/4 c 1 sin. 2 anom., ou en temps — 2 " g sin. (double anomalie moyenne). C’est à cela que se réduit l’erreur nécessaire de la méthode, et cette erreur aura lieu dans les oclans. Il est très-douteux que par les moyens connus on puisse arriver à une telle précision ; mais , en supposant qu’on le pût, il faut considérer que dans ces méthodes il y a une autre source d’erreur bien plus sensible. Toutes les pendules connues donnent l’équation pour les 365 jours de l’année commune ; ainsi l’cquation revient toujours la meme à jour pareil: cela serait bien si l’année était de 365 jours juste; mais, à cause des 5 heures 48' 48" , qui s’accumulent pendant 3 ans de suite avant de produire un jour entier, il arrive que la pendule donne à midi l’équation qui avait réellement lieu a 6 heures ou à minuit; ce qui peut produire une erreur de i5 à 20 secondes.

La méthode de M. Janvier n’est pas sujette à cette erreur puisqu’il l’a fondée sur une période astronomique. Son idée, en la supposant parfaitement exécutée, lui donnera , à 3 secondes près, la précision de ces tables composées de l’équation du temps, qui ont ponr argument la longitude du soleil que l’on trouve dans les livres, et entre antres dans les tables de Mayer, éditions de Londres et de Berlin. Ces

tables supposent l’apogée immobile, et l'excentricité invariable aussi bien que l’obliquité. L’erreur de ces suppositions peut en produire une de quatre secondes vers 3 et 9 signes de longitude au bout de cent ans; mais cet inconvénient est inévitable, et l’on ne pourrait y remédier qu’en donnant aux machines une complication.que l’objet ne mérite pas, etc. , ( Voy. la Connaiss. des temps de Van XII , pag. .426 et suiv.)

Rouage de celte machine.

La deuxième roue du mouvement conduit l’aiguille des heures, qui fait un tour en un jour sidéral, et 366 tours pour une année de 365 jours : c’est sur cette unité de vitesse que le rouage est calculé.

Révolution annuelle en temps sidéral.

Pignons, 3009= 7. 7. 41. 366 ,. 5/l . 49 , 4 y, g » Rones... 735782 6i . 74 - i 63 . ,idér*l,

— nne année tropique de 365y. 5 A - 48' 48 ”-

Pour une année de 365 /• 5 A - 48 ' 55", adoptée par quelques astronomes on aurait :

Pig. 8729.= 7. 29. 43 .

R.. 3196935. =io 5 .i 53 .i 99 -

Nota. Cette machine d’un genre absolument neuf et plus exact que tout ce qui a été fait jusqu’ici, est la seule qui existe ; c’est un modèle posé depuis vingt ans devant la génération présente , sans que l’auteur ait eu besoin de brevet pour s’assurer l’honneur d’une invention qui est véritablement sienne. De nos jours, dans quelque genre d’industrie que ce soit, les hommes éclairés, ceux qui voient

ce qu’ils regardent, savent très-bien qne cet auxiliaire porte essentiellement le cachet du charlatanisme , et ne constitue pas toujours de Légitimes-inve Meurs.

La pendule à temps sidéral et temps moyen , réunis et réglés par l’ingénieux système de M. Pecqueur, chef des ateliers du Conservatoire des arts et métiers, a- 1- elle besoin d’être accompagnée d’une Patente d'invention pour appartenir à son véritable auteur? N’est-il pas plus que douteux que cette machine ait été bien comprise, même par le#personnes de l’art qui se croient les Juges-nés de leurs contemporains?

J’ai entendu discourir des artistes de tous les ordres autour de cette pendule durant son exposition au Louvre (en 1819) et j’en ai recueilli la conviction intime que F. Berthoud avait raison de dire, à l’occasion de M*** dont on vantait la main . d’œuvre: ce ne sont pas les mains qui nous manquent, ce sont les têtes.

ARTICLE VIL

Réflexions sur la recherche du mouvement perpétuel.

Le mouvement perpétuel est une ancienne chimère assez célèbre dans la mécanique; mais on a fait beaucoup de découvertes réelles en courant après cette chimère.

Nous voyons des personnes qui ne connaissent pas les premiers élémens des mathématiques , se vanter d’avoir trouvé la quadrature du cercle, la trisection de l’angle, etc; de même dans l’horlogerie ce sont, pour l’ordinaire, des jeunes gens ou des personnes qui n’ont aucune connaissance des lois du mouvement et de la mécanique, qui cherchent

le mouvement perpétuel mécanique ; c’est aussi plutôt une insulte qu’un éloge de dire de quelqu un qu’i/ cherche le mouvement perpétuel. L’inntihte des efforts que l’on a faits jusqu’ici pour le trouver , donne une idée peu favorable de ceux qui s’en occupent. J’ai cru que quelques remarques sur la vanité de leurs prétentions pourraient leur être utiles et

seraient favorablement reçues.

On entend par mouvement perpétuel un mouvement qui se conserve et se renouvelle continuellement

delui-même sans le secours d’aucune cause ex térieure, ou une communication non interrompue du meme degré de mouvement qui passe d’une partie de matière à l'autre, soit dans un cercle, soit dans une courbe rentrante en elle-même de sorte que le meme mouvement revienne au premier moteur sans avoir été altéré. ( Encyclopédie , au mot perpétuel).

Parmi toutes les propriétés de la matière et du mouvement nous n’en connaissons aucune qui puisse

être le principe d’un tel effet.

On convient que l’action et la réaction doivent être égales, et qu’un corps qui donne du mouvement à un autre doit perdre ce qu’il en communique. Or dans l’état présent des choses, la résistance de l’air , les frottemens doivent retarder sans cesse e

mouvement. .

Ainsi, pour qu’un mouvement quelconque put

subsister toujours, il faudrait ou qu’il lût continuellement entretenu par une cause extérieure, et te

ne serait plus alors ce qu’on entend par le mouvement perpétuel ; ou que toute résis tance fut anéantie, ce qui est physiquement impossible. Par une autre loi de la nature, les changemens qui arrivent « ans le mouvement des corps sont toujours proportionnels

à la force motrice qui leur est imprimée, et sont dans la même direction que cette force; ainsi une machine ne peut recevoir un plus grand mouvement que celui qui réside dans la force motrice qui lui a été imprimée. Or, sur la terre que nous habitons , tous les mouvcmens se font dans un fluide résistant, et par conséquent ils doivent nécessairement être retardés; donc le milieu doit absorber une partie considérable du mouvement.

Le frottement doit diminuer peu à peu la force communiquée à la machine , de sorte que le mouvement perpétuel ne saurait avoir lieu, à moins que la force communiquée ne soit beaucoup plus grande que la force génératrice, et qu’elle ne compense la diminution que toutes les autres y produisent; mais comme rien ne donne ce qu’il n’a pas, la force génératrice ne peut donner à la machine on mouvement plus grand que celui qu’elle a elle-même. Ainsi toute la question du mouvement perpétuel , en ce cas, se réduit à trouver un' poids plus pesant que lui même, ou une force élastique plus grande qu’ellemême : proposition qui est absurde.

Ce qui trompe les personnes peu versées dans la mécanique, c’est que, par le moyen du levier, une force quelconque en peut toujours surmonter une supérieure ; mais elles ne font pas attention que dans ce cas même la dépense du côté de la moindre force est supérieure à l’effet qu’elle produit; que si, par exemple , un poids d’une livre en élève un de deux livres à un pouce, il descend nécessairement de plus de deux pouces.

Une puissance de dix livres étant donc mue, ou tendant à se mouvoir avec dix fois plus de vitesse qu’une puissance de 100 livres, peut faire équilibre

à cette dernière puissance ; et on en peut dire autant de tous les produits égaux à ioo livres : enfin, le produit de part et d’autre doit toujours être de ioo, de quelque manière qu’on s’y prenne. Si on diminue -la masse, il faut augmenter la vitesse en même raison.

Ceux qui cherchent le mouvement perpétuel excluent des forces qui doivent le produire, non seutiraent l’air et l’eau , mais encore tous les autres agens naturels qn’on y pourrait employer. Ainsi ils ne regardent pas comme mouvement perpétuel celui qui serait produit par les vicissitudes de l’atmosphère (t) , ou par celles du chaud et du froid : ils se bornent à deux agens, la force d’inerlie et la pesanteur, et ils réduisent la question à savoir si l’on peut prolonger la vitesse du mouvement, ou par le premier de ces moyens , c’est-à-dire en transmettant le mouvement par les chocs d’un corps à un autre ; ou par le second, en faisant remonter des corps par la descente d’autres corps qui ensuite remonteront eux -mêmes pendant que les autres descendront. Dans ce second cas il est démontré que la somme des corps, multipliés chacun par la hauteur d’où il peut descendre, est égale à la somme de ces mêmes

(i) L’abbé Hantefeuille en proposa un de ce genre en 1678. Lepante, et pins anciennement Leplat , ont construits des inouvemens perpétuels par le seconrs de l’air ( Traité éTHorl. de f.cpautc , a e partie, cbap. vu, Recueil des Machines de l’Acad. , lom. vu, pag. 401.

On lit dauslc Journal Encyclopédique , août 1775, a* vol., la description d’une pendule de Kratzenstein , de l'Académie des sciences de Pétersbourg, qui se remonte elle-même par l’alternative du froid et du chand.

Oigi

corps multipliés chacun par la hauteur où il ponrra monter. Il faudrait donc, pour parvenir au mouvement perpétuel par ce moyen , que les corps qui tombent et s’élèvent conservassent absolument tout le mouvement que la pesanteur peut leur donner, et n’en perdissent rien par le frottement ou par la résistance de l’air, ce qui est impossible.

Si l’on veut employer la force d’inertie, on remarquera que le mouvement se perd dans le choc des corps durs; et que, si les corps sont élastiques, la force vive à la vérité se conserve; mais, outre qu'il n’y a pas de corps parfaitement élastiques , il faut encore faire abstraction ici des frottemens et de la résistance *tle l’air ; d’où l’on conclut qu’on ne peut espérer de trouver le mouvement perpétuel par la force d’inertie non plus que par la pesanteur, et qu’ainsi ce mouvement est impossible.

On démontre également combien ceux-là se trompent, qui croient pouvoir procurer un mouvement perpétuel purement mécanique à la même roue, en employant plusieurs principes de forces centrales, tels que la pesanteur, l’attraction de l’aimant et celle des corps électriques ; car chacune de ces forces agissant également à des distances égales de son centre , et ne pouvant donner au système de la roue qu’une force résultante dirigée par son appui, ce système doit nécessairement demeurer immobile. ( Camus , tom. IV , pag. *53 ).

L’Académie des sciences prit, en 1775 , la résolution de ne plus examiner aucune machine annoncée comme un mouvement perpétuel, et cette savante compagnie crut devoir rendre compte des motifs qui l’avaient déterminée , dans son histoire de la même année , pag. 65.

Digiti

La conslrurtion d’un mouvement perpétuel , dit l’historié», est absolument impossible, quand même le frottement, la résistance du milieu, ne détruiraient point à la longue l’effet de la force motrice. Cette force ne peut produire qu’un effet égal à sa cause; si donc on veut que l’effet d’une force finie dure toujours, il faut que cet effet soit infiniment petit dans un temps fini. En faisant abstraction du frottement et de la résistance, un corps à qui on à une fois imprimé un mouvement, le conserverait toujours; mais c’est en n’agissant point sur d’autre» corps; et le seol mouvement perpétuel possible, dans cette hypothèse , qui d’ailleurs ne peut pas avoir lieu daus la nature, serait absolfiment inutile à l’objet que se proposent les constructeurs de mouvemens perj»étuels. Ce genre de recherches a l’inconvénient d elrecoùteux; il a ruiné plus d’une famille; et souvent des mécaniciens, qui eussent pu rendre de grands services, y ont consumé leur fortune; leur temps et leur génie. Tout attachement opiniâtre à une opinion démontrée fausse, s’il s’y joint une occupation perpétuelle du même objet, une impatience violente de la contradiction, est sans doute une véritable folie.

Nous allons néanmoins faire connaître deux tentatives de mouvement perpétuel, pafcequ’elles peuvent donner une idée de l’illusion que se sont faite quelques personnes sur ce sujet.

La fig. io représente une roue garnie , à distances égales dans sa circonférence, de leviers portant chacun un poids à son extrémité, et qui sont mobiles sur uuc broche polie , de sorte que dans un sens ils puissent se coucher sur la circonférence ; et du. côté opposé, étant entraînés par le poids qui esta

leur extrémité ; ils soient contraints à se ranger dans la direction du rayon prolongé. Cela supposé, on voit que la roue tournant dans le sens a b c , les poids A, B, C, s’écartent du centre; et conséquemment, agissant avec plus de force, entraîneront la roue de ce côté: et comme, à mesure qu’elle tournera, un nouveau levier se développera, il s’ensuit, disaiton, que la roue continuera sans cesse de marcher dans le même sens. Mais malgré l’apparence séduisante de ce raisonnement , l’expérience a fait voir que la machine ne marchait pas; et l’on peut en effet démontrer qu’il y a une position où le centre de gravité de tous ces poids étant dans 1 1 verticale menée parle point de suspension, elle doit s’arrêter.

Il en est de même de celle-ci , qui semblerait aussi devoir marcher sans cesse: Soit une roue (Jf 'g. n) dont chaque rayon A B renferme un petit canal , par lequel il y a communicatiou entre les deux coffrets CD faits en forme de soufflet, dont l’un C est à l’extrémité du rayon, et l’autre D est plus près du centre ; le couvercle de ces soufflets #st chargé d’un poids.

Cela supposé, on voit que d’un côté, par exemple C, les soufflets les plus éloignés du centre doivent s’ouvrir et les plus proches se fermer.

Ayant versé une liqueur dans chaque rayon autant qu’il en faut pour remplir la capacité do son canal et l’un des soufflets, il est évident que du côté C la liqueur se trouvera à l’extrémité, savoir dans lea Soufflets qui sont ouverts, et que de l’autre côté elle * sera dans les soufflets qui sont proche le centre. Par conséquent une moitié de 1% roue sera plus pesante r ainsi cette roue devrait avoir un mouvement perpétuel.

Il serait assez difficile de montrer en quoi pèche ce raisonnement ; mais quiconque connaîtra les vrais principes de la mécanique, n’hésilera pas à parier cent contre un que là machine, étant exécutée, ne marchera pas.

En voilà trop sur cette chimère de la me'canique : nous souhaitons qu’aucun de nos lecteurs ne donne dans le travers malheureux d’une pareille recherche.

Justification de la qualité de concitoyen.

( Voyez la Dédicace ).

Parmi les jouissances éphémères de cette espèce de gloriole dont je fts enivré, dès mon enfance, pour quelques succès obtenus sans -efforts par les inspirations et l’assemblage extraordinaire des plus rares dons de la nature, aucune ne ine fut plus sensible que l’accueil des magistrats de Besançon, en 1770. Apnés avoir traversé un demi-siècle de peines, je me rappelle encore avec joie l’apparition inopinée de ce vieillard à cheveux blancs (M. de Menoux) qui vint, au nont du conseil dont il était l’organe, présenter au jeune homme de 18 ans qui fixait alors l’attention publique, des lettres de citoyen d’autant plus honorables que leur concession était libre et désintéressée, et d’autant plus chères à son cœur qu’elles étaient expédiées au nom de son père!... Que de motifs pour transcrire ici la forme de cet acte !... C’est un reste de vanité, je le sens bien , et je dirai comme Montaigne : De m’en défaire, je ne puis , sans me défaire moi-même. Nous en sommes tous confis , tant les uns que les autres. Mais

ceux qui le sentent en ont un peu meilleur compte. Encore ne sais-je ? (Essais, liv. III, ch. ix).

Lettres de citoyen de Besançon.

Nous vicomte Mayeur, lieutenant-géçéral de police , éclievins et conseillers assesseurs de la Cité royale de Besançon , savoir faisons que le S r Claude Étienne Janvier , bourgeois de St.-Claude , tendant à être admis au nombre des citoyens de cette Cité , et suffisamment informés de ses bonnes vie et mœurs , de ses franchises et liberté , et de la profession qu’il fait de la religion catholique, apostolique et romaine, par le rapport de MM. les commissaires : à ces causes, nous avons reçu et admis , recevons et admettons le dit S r Janvier au nombre des citoyens de la Cité, pour jouir lui et les siens nés et «à naître en légitime mariage, des droits, franchises, prérogatives et immunités attaches à cette qualité ; et tous les droits lui ont été remis soit en considération de ses talens dans la mécanique, soit par l’apport à ceux du S r Antide Janvier son fils , résidant depuis quelque temps en cette Cité, oîx il a donné des preuves d’une capacité au-dessus de son âge dans plusieurs ouvrages de mécanique et d’horlogerie, soit encore pour les engager à fixer leur demeure en cette Cité. En témoignage de quoi nous avons fait expédier les présentes par le S r Jean- François Brcssand,

- avocat en parlement, secrétaire de la dite Cité, et sous le sceau d’icelle. Donné au Conseil le lundi sept mai mil sept cent soixante-dix.

Par ordonnance ,

. Signé BnESSAxn.

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