CHAPITRE III
marche a suivre pour déterminer la nature d'un calcul
"On calcine un fragment du calcul sur une lame de platine.
Œl ne laisse pas de résidu ou un résidu insi- ) ^ gnifîant. j
M noircit à peine et ne brûle pas , ou laisse g un résidu assez abondant.
Le calcul est entièrement composé de substances organiques.
.Le calcul primitif est arrosé avec de Vacide azotique; on évapore, puis on ajoute de l'ammoniaque.
.11 se développe une coloration pourpre qui passe au violet par l'action de la potasse.
La matiè- j ne dégage reprimi- \ rien.
tive,trai- < dégage de téeparla 1 l'ammo potasse, ( niaque.
Jl ne se produit rien ; mais la potasse donne une coloration rouge.
11 ne se produit aucune coloration, ni par la potasse ni par l'ammoniaque; le calcul primitif est soluble dans l'ammoniaque, qui à l'évaporation abandonne des cristaux.
Pendant la calcination, il s'est dégagé une odeur de corne brûlée; le calcul se dissout dans la potasse et est précipité par l'acide acétique.
Acide urique (p. 84).
Urate d'ammoniaque (p. 81).
Xanihine (p. 104).
Cystine (p. 221).
Fibrine (p. 245).
Le calcul, trituré avec de l'eau, la colore en ^,
brun rouge, et ce liquide, examiné au spec- ( ^ , 243).
troscope, donne le spectre d'absorption de l
rUèffloglobine. ' Le calcul primitif, traité par l'éther, cède à ce
dissolvant une substance qui par évapora-
tion se dépose en lamelles nacrées.
Le calcul, traité par le chloroforme, colore ce
liquide en jaune orangé, et ce chloroforme,
traité par l'acide azotique nitreux, donne la
réaction de Gmelin.
On peut alors procéder à la recherclie des divers pigments el
acides biliaires. ....
Si le calcul laisse à l'incinération une partie minei'ale, on 1 examine
à son tour suivant B.
Chulcslérine (p. 223)-
Pigments biliaires (p..
B. — Le calcul primitif, traité par l'acide azotique et l'ammoniaque; donnait la réaction de la murexide. C'est un uraic.
Le résidu, traité par l'eau :
Neutralisé par un acide, il \ donne un précipité jaune ; par { le chlorure de platine. j Colore en jaune la flamme j du chalumeau. j 11 donne un précipité blanc \ ■ e. )
Se dissout, lui communique une réaction alcaline.
Ne se dissout pas, est peu ou pas alcalin, dissous dans l'acide acétique.
par l'oxalate d'ammoniaque.
Il ne donne pas de précipité par l'oxalate d'ammoniaque ; mais, traité par le chlorhydrate d'ammoniaque, le phosphate de soude et l'ammoniaque, il donne un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien.
Potasse (p. 141).
Solide (p. 142).
Chaux (p. 13.5).
Magnésie (p. 135).
C. — Le calcul primitif ne donne pas la réaction de la murexide.
Le calcul primitif est traité par un acide.
Carbonate de chaux. On caractérise par les I réactions (p.. 13.5).
Il fait eiïervescence. \ Q^rhonale de magnésie. On caractérise par les réactions (p. 135).
Il ne fait pas efferves- l cence; \ on le cal- ) cine et \ on le I traite de f nouveau par un acide. \
/ Il fait effervescence. — Omlale de chaux (p. 230).
Cette marche suppose évidemment que le calcul est constitué par une seule substance; or il n'en est jamais ainsi. Pour faire une analyse qualitative et quantitative de tous les éléments d'un calcul, il sera nécessaire de répéter pour ainsi dire autant de fois cette marche qu'on voudra rechercher d'éléments; on les passera ainsi successivement tous en revue. Il est évident qu'avec un peu d'habitude on arrive à simplifier et k faire d'une pierre deux coups. Pour faire une analyse complète, on commencera par pulvériser une portion du calcul et à le placer à l'étuve jusqu'à ce qu'il ne perde plus de son poids; on détermine ainsi la proportion d'eau. Une portion sera incinérée, et le poids du résidu fera connaître la proportion d'éléments organiques et d'éléments minéraux.
On traitera ensuite par l'eau bouillante tant qu'il se dissout quelque chose ; on enlèvera ainsi l'acide urique et les urates ; on peut concentrer, si le volume du liquide est considérable, et par refroidissement l'acide urique se dépose; on le pèse; en ajoutant ensuite dans les eaux mères un excès d'acide chlorhydrique, on décompose les urates, et l'on pèse l'acide urique qui en provient. Très souvent, on dose en bloc tout Yacide urique, en précipitant de suite l'eau de lavage par l'acide chlorhydrique. Les eaux mères
retiennent les bases combinées aux urates ; on peut les doser.
Si le calcul renferme de Vui^ate d'ammoniaque, on peut doser directement l'ammoniaque par le procédé de Shlœsing; mais il faut pour cela qu'il n'y ait pas de phosphate ammoniaco -magnésien.
Le résidu, insoluble dans l'eau bouillante, est traité par l'acide acétique, qui dissout les phosphates et carbonates et laisse indissous l'oxalate de chaux.
On peut sur une nouvelle prise d'essai doser l'acide carbonique.
La solution acétique contient l'acide phosphorique, la chaux et la magnésie. On dose ces divers éléments, en suivant les procédés indiqués. Par le calcul, on peut ensuite répartir l'acide phosphorique entre la chaux et la magnésie. Le résidu, insoluble dans l'acide acétique, est constitué par de l'oxalate de chaux. On le dissout dans l'acide chlorhydrique, puis on le précipite par l'ammoniaque.
Gomme contrôle, on pourra, sur une partie du calcul primitif qu'on aura dissous dans l'acide chlorhydrique, doser la chaux et la magnésie totale , et comparer si le poids de la chaux ainsi traité est sensiblement égal à calcul trouvé dans les dosages séparés.
Autre mode d'essai : dans cette dissolution chlorhydrique, on ajoute un excès d'ammoniaque ; on précipite les phosphates de chaux et de magnésie et l'oxalate calcaire; la chaux provenant de la dissolution des urates ou des carbonates reste en dissolution ; ces différents dosages servent à faire le partage des bases entre les acides.
On pourra aussi traiter le calcul primitif par Vacide acétique. On dissout les phosphates et carbonates ; l'oxalate et l'acide urique restent dans le résidu (les urates ont été décomposés; leurs bases passent dans la solution) ; ce résidu mixte d'acide urique et (l'oxalate calcaire est traité par
l'acide clilorhydriqiie étendu, qui dissout seulement ce dernier et qu'on précipite ensuite par l'ammoniaque; l'acide vu'ique est ensuite dissous dans une lessive alcaline faible pour le séparer des substances organiques, puis précipité par l'acide chlorhydrique, lavé, desséché et pesé; ces opérations permettent donc de doser Vacide urique et Yoxalate de chaux. La solution acétique contient les phosphates et les bases provenant des urates et des carbonates ; on les dose comme nous avons indiqué. Tant qu'ai]i dosage des éléments organiques, cystine, xun-
Fig. 36. — Urosoope de trousse.
thine, cholestérine, il faut, après qu'on a constaté leur présence, les isoler et les doser séparément, comme nous avons indiqué à chacune de ces substances.
Désireux de vulgariser le plus possible les examens d'urine, j'ai fait construire par MM. Collin et un petit instrument auquel j'ai donné le nom (ïiiroscope de trousse (fig. 36) et qui renferme tout ce qui est nécessaire pour l'examen sommaire d'une urine au lit du malade. Le volume de cet instrument est le môme que celui d'un portenitrate.
II se compose d'un étui métallique divisé en deux compartiments et fermé de chaque côté par un écrou à vis : l'un de ces écrous est terminé par une pince en acier quf permet de saisir le tube de verre dans lequel on chauffera l'urine (au-dessus de la flamme d'une bougie ou d'une allumette) ; l'autre est constitué par un petit microscope Santhope qui donne un grossissement de 25 à 30 diamètres ; on place ce microscope entre les mors de la pince de façon à pouvoir le manier facilement. Les compartiments renferment : un tube de verre de rechange, un tube plein de pastilles de potasse caustique et un petit étui contenant du papier de tournesol bleu et rouge.
Cet instrument renferme donc ce qui est nécessaire :
l- Pour déterminer la réaction de l'urine;
2° Pour rechercher l'albumine ;
3° Pour rechercher le sucre;
4° Pour examiner les sédiments.
YVO.X,