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CHAPITRE II

MARCHE A SUIYRE POUR l'eXAMEN d'uN CALCUL

Nous avons étudié séparément les diverses substances qui peuvent constituer un calcul, et indiqué pour chacune les caractères, la recherche et le dosage. Mais il n'arrive pour ainsi dire jamais qu'une concrétion ou un calcul soit constitué par une substance unique. A part celle qui forme la base, qui donne sou nom au calcul, il y a toujours des éléments que l'on rencontre constamment, de Veau, des matières grasses, du mucus coagule, de Yalbumine, des. acides et pigments biliaires, des matières extractives, des sels solubles de l'urine, qui à un certain moment se trouvent englobés, puis protégés contre une dissolution ultérieure.

Pour déterminer la nature de concrétions ou de calculs, on commence par les diviser en deux grands groupes :

1° Ceux qui sont constitués par des substances organiques et qui ne laissent pas de résidu à l'incinération ;

2° Ceux qui sont formés par des substances minérales.

Jamais, d'après ce que nous avons dit, un calcul ne rentre exclusivement dans un de ces deux groupes ; ceux de nature organique laissent toujours un résidu plus ou moins considérable lorsqu'on les incinère , de même que ceux qui sont constitués par des substances minérales noir-

cissent toujours et perdent de leur poids à l'incinération.

Nous allons passer successivement ces deux groupes en revue, en faisant connaître les moyens de séparation; pour doser chaque élément, il suffira d'appliquer le procédé indiqué cà chacun d'eux dans le cours de cet ouvrage.

\° Calculs ne laissant pas ou laissant un résidu insignifiant à l'incinération. — Ces calculs peuvent renfermer : do Vacide urique, de Vurate d'ammoniaque, de la xanthine, de la cystine, de la fibrine, des matières grasses et des détritus organiques.

De tous ces corps, celui qu'on rencontre le plus fréquemment est Vacide urique et Vurate d'ammoniaque.

On commencera par les rechercher tout d'abord, en faisant la réaction de la murexide (voir page 84), cette réaction étant commune à l'acide urique et à l'urate d'ammoniaque ; il faut ensuite les différencier et les séparer. Pour cela, on traite par l'eau bouillante le calcul pulvérisé, on dissout ainsi une assez forte proportion d'urate d'ammoniaque et très peu d'acide urique.

Par refroidissement, l'urate d'ammoniaque se précipite; ■on le sépare par décantation, et, en le traitant par delà lessive de soude, on en dégage l'ammoniaque, qu'il est facile ■de caractériser (voir JJrate d'ammoniaque, page 81). Les calculs d'acide urique sont assez communs ; ils sont durs el colorés en jaune ou rouge brun; ceux d'urate d'ammoniaque sont blanchâtres et plus mous.

Si l'on n'obtient pas la réaction de la murexide, le calcul renferme de la cystine ou de la xanthine.

On en prend alors un nouveau fragment, on l'arrose avec de l'acide azotique , et on dessèche ; le résidu devient jaunâtre, puis se colore en rouge orangé si on le touche avec une goutte de dissolution concentrée de potasse ou de soude (il n'y a pas eu de coloration avec l'ammoniaque). Le calcul est constitué par de la xanthine (voir page 103).

Si l'on n'obtient pas la réaction dont nons venons de parler, le calcul ne peut plus être formé que par de la cystine. Pour l'extraire, on pulvérise le calcul et on le traite par l'ammoniaque, qui dissout la cystine et l'abandonne par évaporation ; on la caractérise comme nous avons indiqué page 104.

Si, pendant la calcination, le calcul dégage une odeur de corne brûlée, cela indique qu'il renferme des matières azotées ; ce ne peut être que de la fibriiie ; cette fibrine est dissoute par la potasse caustique , puis précipitée par l'acide acétique. Un grand excès de cet acide redissout le précipité.

Très souvent aussi , on rencontre des matières colorantes du sang ; on les caractérise par l'examen spectroscopique.

Les calculs peuvent aussi renfermer des pigments et des acides biliaires, de la cholestérine ; nous avons indiqué pages 193 el suivantes comment on peut extraire ces substances par les dissolvants neutres et les caractériser. Pour la cholestérine, voir page 223.

2» Le calcul laisse un résidu à l'incinération. — a. La matière primitive donnait la réaction de la murexide avec V acide azotique. — Le calcul est alors constitué par de Vu7xite de potasse, soude, chaux ou magnésie. Si le résidu de la calcination est soluble dans l'eau, alcalin au tournesol et fait effervescence avec les acides, il est formé par du carbonate de potasse ou de soude; si en le chauffant au chalumeau il colore la flamme en jaune, il contient de la soude ; s'il ne colore pas la flamme et qu'après saturation par un acide il donne un précipité jaune avec le chlorure de platine, il renferme de la potasse.

Si le résidu est insoluble dans l'eau, très peu alcalin, infusible au chalumeau, il est constitué par du carbonate de chaux ou de magnésie (une petite quantité est devenue caustique si l'on a fortement calciné).

On le dissout dans un peu d'acide acétique et on ajoute de Voxalate d'ammoniaque ; on obtient un précipité blanc : c'est qu'il y a de la chaux ; si l'on n'obtient pas de précipité, c'est qu'il y a seulement de la magnésie: on la précipite à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien.

S'il y a tout à la fois de la chaux et de la magnésie, on peut les séparer et les doser comme nous avons indiqué pages 136 et suivantes.

Toutes les fois que ces quatre bases, soude, potasse, chaux et, magnésie, sont combinées à l'acide urique, le calcul primitif ne fait pas effervescence avec les acides, mais le fait après calcination, puisque les urates passent à l'état de carbonates.

b. La matière primitive ne donne pas la réaction de la murexide. — Le calcul peut alors être formé par dn phosphate de chaux, de magnésie, du phosphate ammoniaco-magnésien, de Voxalate de chaux, des carbonates de chaux et de magnésie.

S'il fait effervescence par le contact d'un acide, c'est qu'il renferme du carbonate de chaux ou de magnésie. On peut caractériser ces bases et doser Vacide carbonique.

Si le calcul primitif ne fait pas effervescence avec les acides et qu'il le fasse après calcination, c'est qu'il renferme de Voxalate de chaux. On a dès lors recours au mode d'examen que nous avons indiqué page 230. On caractérise l'acide oxalique par décomposition au moyen de l'acide sulfurique, et la chaux séparément. Un calcul d'oxalate de chaux est très souvent mélangé d'acide urique ou d'urates. Dans ce cas, la matière primitive ne fait effervescence avec un acide qu'après calcination; mais, en plus, elle donne la réaction de la murexide. Si le calcul ne renferme que do l'oxalate de chaux, il sera entièrement soluble dans l'acide chlorhydrique. — On traite cette dissolution par l'ammoniaque ; le précipité est formé par l'oxalate de chaux et les phosphates que le calcul pouvait contenir; en le traitant

par l'acide acétique , on les dissout, et l'oxalatc de chaux reste seul.

Si enfin le calcul ne fait efei^escence avec les acides ni avant ni après la calcination, il ne peut renfermer que des phosphates de chaux, de magnésie, ou ammoniaco-magnésien.

Si on le traite par une solution étendue de soude caustique et qu'il dégage de l'ammoniaque, si en outre il est fusible et donne par refroidissement une sorte d'émail blanclicàtre, il est constitué par du phosphate ammoniacomagnésien. Dans tous les cas, il faut comme contrôle constater la présence de V acide phosphoriqite (page 124) et de la magnésie. On peut aussi avoir recours à l'examen microscopique. Pour cela, on dissout un fragment du calcul dans l'acide acétique, on précipite par l'ammoniaque et on examine les cristaux déposés.

Si le calcul, tout en ne dégageant pas d'ammoniaque par l'action des alcalis caustiques, est fusible au chalumeau et contient de la chaux, il est formé par du phosphate bibasique de chaux (page 226) ; si enfm le calcul est infusible au chalumeau, soluble dans les acides et qu'il renferme de la chaux, de la magnésie et de l'acide phosphorique, il est constitué par du phosphate tribasique de chaux et de magnésie.

Très souvent, il est mélangé de carbonates des mêmes bases; on le reconnait facilement, parce qu'il fait effervescence avec les acides. Pour séparer les phosphates, on dissout le calcul dans Vacide chlorhijdrique, puis on neutralise par Vammoniaque : les phosphates seuls sont précipités; le chlorure de calcium provenant du carbonate de chaux reste dans la liqueur , et on caractérise la chaux par l'oxalate d'ammoniaque ; s'il reste de la magnésie dans la solution, on la précipite ensuite sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.

Telle est la marche cà suivre pour caractériser les divers éléments d'un calcul; nous la résumons dans un tableau.

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