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MATIÈRES MINÉRALES

Mélallo'ules.

Arsenic. — On ne peut retrouver l'arsenic dans l'urine qu'en faisant une véritable recherche toxicologique.

Le procédé le plus pratique consiste à évaporer une certaine quantité d'urine, celle de vingt-quatre à quarante-huit heures, de manière à la réduire eu consistance sirupeuse ; ou y ajoute alors 1/10 d'acide azotique, et on continue l'évaporation jusqu'à consistance pâteuse. On laisse alors refroidir ; on ajoute un excès de potasse caustique pure, on dessèche et l'on fait ensuite déflagrer par petites portions dans un creuset de porcelaine; il doit rester des cendres blanches.

Si l'on opère sur une petite quantité d'urine, on peut l'évaporer en consistance sirupeuse, ajouter alors de l'azotate de potasse bien pur et faire déflagrer.

Dans tous les cas, après refroidissement, on arrose le résidu avec de l'acide sulfurique, et l'on chauffe tant qu'il se dégage des vapeurs nitreuses ; on dissout ensuite dans l'eau, et la solution ainsi obtenue est introduite dans l'appareil de Marsh.

On peut encore détrtiire la matière organique au moyen de l'acide chlorhydrique et du chlorate de potasse : on

concentre l'urine, on y ajoute I/o de son volume d'acide chlorliydrique pur, puis on porte à l'ébuUition, et on projette de temps à autre du chlorate de potasse par pincées d-e 0 gr. 30 au plus cà la fois. Lorsque le liquide est devenu incolore, on filtre, et la solution est prête à être introduite dans Tappareil de Marsh.

Bromures. — Si l'urine renferme une forte proportion de bromure, on peut la . verser dans un tube à essai avec quelques centimètres cubes de benzine ou de sulfure de carbone, puis ajouter soit de l'eau chlorée, soit de l'acide azotique nitreux et agiter. Le brome mis en liberté se dissout dans le sulfure de carbone et le colore.

Mais ce procédé ne réussit que si la quantité de bromure est assez considérable ; le plus souvent, il est nécessaire d'évaporer l'urine à siccité, d'ajouter au résidu un peu de potasse ou de soude caustique et de chauffer jusqu'au rouge sombre pour détruire la matière organique ; on dissout dans l'eau le résidU' alcalin, et cette solution est d'abord neutralisée avec de l'acide azotique; quand il ne se dégage plus de gaz (et cette précaution est indispensable pour éviter les projections d'acide), on l'introduit dans un tube à essai avec du sulfure de carbone et un excès d'acide azotique niircux ; on agite, et le sulfure de carbone s'empare du brome mis en liberté et se colore en jaune orangé.

carbonates. — Pour Constater dans l'urine la présence d'un carbonate alcalin, il suffit de la concentrer convenablement, puis d'y verser un acide pour observer un dégagement d'acide carbonique. On peut caractériser ce gaz en faisant l'opération dans un matras muni d'un petit tube à dégagement et en faisant barboter ce gaz dans l'eau de chaux.

On peut enfin précipiter l'urine par l'eau de baryte additionnée de chlorure de baryum ; le précipité produit renferme l'acide carbonique à l'état de carbonate ; on le

Sépare , on le Javo et ou en dégage l'acide carbonique en le traitant par l'acide chlorliydrique.

Chlorate de potasse. — On constate facilement la présence du chlorate de potasse dans l'urine au moyen du procédé suivant : on colore lurine avec quelques gouttes de sulfate d'indigo, puis on ajoute un peu ([\icide sulfunque et enfin un peu de solution d'acide sulfureux ou d'un sulfite alcalin; s'il y a du chlorate, le mélange se décolore par suite de la mise en liberté du chlore.

On peut doser le chlorate en ajoutant à l'urine une dissolution de nitrate d'argent tant qu'il se produit un précipité.

Les chlorures, carbonates, phosphates, sulfates sont ainsi éliminés à l'état de sels d'argent insolubles. Le chlorate d'argent reste dans la liqueur avec l'excès de nitrate ; ou filtre, puis on enlève l'excès d'argent, en même temps qu'on transforme le chlorate d'argent en chlorate alcalin, en traitant par du carbonate de soude ou de potasse très pur. On filtre, on évapore à siccité, puis on chauffe au rouge sombre; on transforme ainsi le chlorate en chlorure, et l'on dose comme il a été indiqué page 110. ^ Chlorures. — Les chlorures existent normalement dans l'urine ; si donc on veut rechercher la proportion de chlorure provenant d'une administration de ces sels, il faudra commencer par déterminer la moyenne d'élimination normale du sujet; cette observation s'applique à toutes les substances qui existent dans l'urine normale.

Iode et iodures. — L'iode passe très rapidement dans l'urine, et on le décèle avec la plus grande facilité; s'il est administré en nature, on le retrouve à l'état d'iodurc alcalin.

Pour constater la présence d'un iodure dans l'urine, on ajoute à ce liquide un peu d'empois d'amidon, puis quelques gouttes d'acide azotique nitreux. L'iode ainsi mis eu liberté donne avec l'amidon la coloration bleue caracléris-

tique. 11 faut éviter d'ajouter un excès d'acide azotique, car on détruirait la coloration bleue. Au lieu d'acide azotique nitreux, on peut employer de Veau chlorée, ou Mjpochloiite alcalin, du perchlorure de fer.

Au lieu d'employer l'empois d'amidon pour déceler l'iode mis en liberté par un des moyens que nous venons d'indiquer, on peut agiter le liquide avec du chloroforme, de la benzine, du sulfure de carbone; ces dissolvants se colorent en violet.

S'il n'existait que des traces d'iodure, il faudrait opérer comme nous avons indiqué pour le brome, c'est-à-dire calciner avec de la potasse caustique le résidu de l'évaporation de l'urine.

Phosphates. — Leur recherche et leur mode de dosage ont été indiqués page 126. Gomme ils font partie des éléments normaux de l'urine, il faut dans un dosage tenir compte de l'observation que nous avons faite en parlant des chlomres.

Soufre, sulfates, sulfures. — Le soufre absorbé est oxydé dans féconomie et éliminé cà l'état de sulfate; il en est de même pour les sulfures ; les sulfates ingérés sont éliminés en nature. Nous avons vu page 119 que tout le soufre contenu dans l'urine n'y existe pas à l'état de sulfate ; on le rencontre comme partie constituante de composés organiques (cystine) ; tout le soufre absorbé peut donc ne pas être éliminé à l'état de sulfate, de même qu'une portion des sulfates absorbés peut être réduite; si donc on veut se rendre compte de la quantité de soufre absorbé, il faut doser non pas seulement l'acide sulfurique mais le soufre total (voir page 119). '

L'acide sulfurique existant normalement dans l'urine il faut, dans un dosage, connaitre d'abord la proportion de ce corps éliminé normalement. Il résulte de mes expériences qu'on retrouve dans l'urine à Vétat d'acide sulfurique U,'6 0/0 de l'acide sulfurique absorbé sous forme de

sulfate de magnésie et 25 0/0 lorsque le soufre est absorbé en nature.

Métaux.

Bismuth. — Le bismuth est éliminé en faible quantité par l'urine à la suite de l'ingestion du sous- nitrate de bismuth; cette éhmination se prolonge quelques jours après que l'on a cessé d'administrer ce médicament. Pour le rechercher, il faut, après avoir évaporé l'urine en consistance sirupeuse, détruire la matière organique par l'action de l'acide chlorhydrique et du chlorate de potasse. On précipite ensuite le bismuth par un courant d'hydrogène sulfuré. Le sulfure ainsi produit est dissous dans l'acide azotique, et cette solution sert à constater les caractères du métal, qui sont les suivants : précipité noir par l'hydrogène sulfuré, précipité jaune par le chromate de potasse, précipité blanc par la potasse et la soude, insoluble dans un excès de ces réactifs, ce qui le distingue de plomb.

Cuivre. — Les sels de cuivre sont parfois administrés comme médicaments (sulfate de cuivre ammoniacal), et, si leur usage est longtemps prolongé, on peut retrouver ce métal dans l'urine.

On détruit la matière organique par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potasse, on précipite le cuivre par l'hydrogène sulfuré, et le sulfure de cuivre produit est dissous dans l'acide chlorhydrique étendu. Si le cuivre est très peu abondant, il faut faire cette précipitation par l'acide sulfhydrique dans un flacon qui peut être bouché. Quand le liquide est bien saturé de ce gaz, boucher et laisser déposer vingt-quatre heures. Ou bien on évapore l'urine à siccité, on calcine le résidu avec de l'acide sulfuriquc, el le charbon ainsi obtenu est épuisé par l'eau bouillante .aiguisée d'acide azotique.

De toute façon, la solution cuprique est caractérisée par

la coloration bleue qu'y développe l'ammoniaque, par le précipité brun rougeàtre produit par le ferrocyanure de potassium, et par le dépôt rougeàtre de cuivre métallique dont se recouvre une lame de fer plongée dans cette solution.

Fer. — Le fer existe normalement dans l'urine ; mais ou le trouve en quantité plus considérable pendant et à la suite d'un traitement ferrugineux. On le recherche comme nous avons indiqué page 143.

Ferrocyanure. — Le ferrocyanure de potassium s'élimine en nature par l'urine. Pour constater sa présence, il suffit d'acidifier l'urine avec de l'acide chlorhydrique, puis d'y verser quelques gouttes de perchlorure de fer; il se fait immédiatement du bleu de Prusse. Le ferricyanure s'élimine de même, mais à l'état de ferrocyanure ; il subit donc une réduction dans l'économie.

Magnésie. — Lorsqu'on ingère soit de la magnésie, soil un sel de magnésie, la proportion de cette substance augmente dans l'urine. Pour la recherche et le dosage, voir page 140. On retrouve dans l'urine 4,5 0/0 de la magnésie prise à l'état de sulfate et 8,5 0/0 si elle a été absorbée à l'état d'oxyde (Yvon).

Mercure. — Le mercure est éliminé par les urines lorsqu'il est administré à l'intérieur ou même appliqué en friction. On détruit la matière organique par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potasse, ou mieux, comme l'a conseillé M. Personne pour le lait, en y faisant passer un courant de chlore ; on filtre et on enlève l'excès de chlore par un courant d'acide sulfureux. Dans le liquide filtré et placé dans un fiacon qu'on peut boucher, on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré imqii'k saturation; on bouche et on laisse reposer jusqu'à ce que le précipité de sulfure de mercure soit bien réuni au fond du vase. On décante, on jette sur un filtre, et on dessèche ce précipité.

On prend alors un tube de verre fort, fermé par un bout ;

on y introduit d'abord un pou de cliaux vive, puis le précipité de suH'ure de mercure, encore de la chaux, un peu d'amiante, et on étire le tube à la lampe. On cliaufl'e ensuite le tube ; on commence par la colonne de chaux, puis on chauffe l'endroit où se trouve le sulfure : ce dernier est décomposé, et le mercure, revivifié, va se condenser dans la partie étirée et froide du tube, sous forme de petits globules brillants, facilement visibles à la loupe. On peut, comme contrôle, séparer cette partie du tube et y faire pénétrer des vapeurs d'iode. Il se fait du bi-iodure do mercure rouge à froid et devenant jaune si on le chauffe.

Pour isoler le mercure, on peut encore, au lieu de le précipiter par l'hydrogène sulfuré, introduire dans le liquide une pile de Smithson, formée par une petite lame d'or enroulée autour d'une petite baguette d'étain. Le mercure

se dépose sur l'or et le blanchit. On peut isoler et caractériser ce mercure de la manière suivante : La feuille d'or est séparée de l'élaln et placée dans un

Fig. 37. — Appareil Danger et Flandin.

petit tube de verre fermé par im bout. On étire ensuite ce tube à la lampe, de façon à enfermer l'or dans une espèce d'ampoule ; puis on chaufl'e : le mercure se volatilise et va se condenser dans la partie étirée ; on peut le transformer ensuite en iodure de mercure.

Si la quantité de mercure était très petite, on pourrait se servir de l'appareil de MM. Flandin et Danger. L'urine, préalablement traitée par l'acide chlorbydrique et le chlorate, est placée dans le ballon (flg. 37) et vient passer goutte il goutte sur une feuille d'or placée dans le tube d'écoulement et qui est en communication avec le pôle négatif d'une pile. De cette manière, tout le mercure enfermé dans l'urine se dépose sur cette feuille.

Plomb. — Le plomb s'emmagasine facilement dans l'économie et est éliminé en petite quantité par l'urine; on peut avoir à rechercher sa présence dans l'urine des saturnins. Il est alors nécessaire de détruire les matières organiques. Le procédé que nous avons conseillé jusqu'ici, c'est-à-dire la destruction par l'acide chlorbydrique et le chlorate de potasse, ne peut être appliqué ici, car le chlorure de plomb est insoluble et ne reste en dissolution que dans les liqueurs très chaudes. Il faudrait donc filtrer bouillant. Il est préférable d'évaporer l'urine en consistance très sirupeuse, de laisser refroidir et d'ajouter alors au résidu un quart de son poids d'acide sulfurique pur. Puis on continue l'évaporation, et l'on chaufle jusqu'à ce que le charbon soit devenu sec et pulvérulent. On reconnaît que ce charbon sulfurique est terminé lorsque, eu en projetant une parcelle dans l'eau, il ne colore plus sensiblement ce liquide. On laisse alors refroidir, on pulvérise finement le charbon et on le fait bouillir à plusieurs reprises avec de l'eau aiguisée d'acide azotique en changeant l'eau à chaque fois, et on filtre.

Dans le liquide filtré, on caractérise le plomb par un courant d'hydrogène sulfuré qui donne un précipité noir;

l'acido sulfiu ique ou un sulfate solublc donne un précipité blanc de sulfate de plomb; l'iodurc de potassium, un précipité jaune; le chromate de potasse, un précipité jaune; les alcalis caustiques, un précipité blanc, soliible excès, ce qui le diiïérencie du bismuth.

Zinc. — Les sels de zinc sont peu employés, sauf l'oxyde et le valérianate : l'élimination de ce métal se fait par l'urine, et assez lentement; on en trouve encore douze à quinze jours après l'administration du valérianate.

On détruit la matière organique de l'urine au moyen de l'acide chlorhydrique et du chlorate de potasse: on fdtre, et dans le liquide fdtré on fait passer un courant d'iiydrogèue sulfuré qui précipite les métaux étrangers. Le zinc reste en solution; on fdtre, et on ajoute alors assez d'acétate de soude pour former, avec l'acide chlorhydrique libre, du chlorure de sodium; par contre, Vacide acétique devient libre, et, en présence de cet acide, le sulfure de zinc peut se précipiter; au besoin, on ajoute quelques gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque. Le sulfure de zinc est ensuite séparé par le fdtre, après repos suffisant, puis dissous dans l'acide sulfurique étendu.

Les sels de zinc sont caractérisés par l'absence de précipité avec l'hydrogène sulfuré (sauf l'acétate de zinc); le suifhydrate d'ammoniaque donne un précipité blanc, le ferrocyanure de potassium un précipité blanc, le ferricyanure un précipité jaune, tapotasse caustique un précipité blanc, soluble excès.

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