‹ Manuel complet de botanique, ou principes de botanique elementaire, ... Par M. Boitard. Ouvrage orné de planchesChapitre 3 sur 167 · PRINCIPES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX

INTRODUCTION

Tous les corps qui existent dans la nature ont été divisés en deux grandes classes , ceux organiques et ceux inorganiques.

Les premiers sont composés de parties , ou molécules , qui agissent réciproquement les unes sur les autres , et concourent toutes également à l'entretien de la vie.

Les seconds sont composés de molécules qui n'ont entre elles que des rapports d'adhésion, qui ne forment point un tout commun , et qui peuvent' être séparées en fragraens, tous de même nature. Ils n'augmentent que par de nouvelles molécules qui s'attachent aux premières , et ne se détruisent que lorsqu'elles, se séparent ou se dispersent.

On a ensuite sous-divisé ces deux classes en trois coupes différentes; la classe des corps inorganiques , considérée sous le rapport de l'étude, a pris le nom de geonomic , renfermant la géographie physifue , la météorologie, la minéralogie , V oryctologie , la géologie, etc.

\ u Lp classe des corps organiques a fourni à l'étude deux grandes divisions : la zoologie, ou histoire

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des animaux, et la botanique, ou histoire des végétaux.

Il était assez facile de tracer une limite précise entre les corps bruts et ceux organisés , mais il n'en était pas de même pour déterminer exactement les caractères qui séparent les animaux d'avec les plantes, Linnée a dit : Lapides* crescunt; vegetabilia crescunt et <vivunt; animalia crescunt , vivunt, et scnsiunt.

. De Candolle définit ainsi un végétal : « être organisé « et vivant, dépourvu desentiment et de mouvement « volontaire. » Duméril donne une définition un peu plus rigoureuse : « On appelle végétal ou plante « ( vegetabile, planta ) , un être vivant , sans organe «des sens et sans mouvement volontaire, qui se «nourrit et se développe par ifne succiorKou ab- « sorption exercée à l'extérieur, et qui n'a jamais «de cavité digestive. » Aristote , frappé de ce dernier caractère, avait appelé les plantes des animaux retournés , et Boërbaave s'en tenait à cette définit ion , sans réfléchir sans doute que beaucoup de polypes peuvent se retourner comme un gant, rester dans cet état, et par conséquent absorber les molécules nutritives par la surface externe et interne de leur corps; d'ailleurs on connaît beaucoup de zoophytes chez lesquels le canal intestinal manque

•absolument et qui ne se nourrissent que par imbibition.

Au premier aspect il semblerait facile de trouver cette limite invariable que tant de grands hommes ont cherchée sans pouvoir la découvrir; mais lorsqu'on y réfléchit mûrement, on arrive à douter même de son existence , et l'on pourrait croire sans absurdité que les animaux et les végétaux ne sont 1|ue les deux parties d'une même chaîne ; qu'il n'existe réellement que deux classes dans la nature, les êtres bruts et les êjtres organisés.

« Ces deux grandes classes , dit De Candolle , ou, . « comme on a coutume de le dire, ces deux règnes •*

INTRODUCTION. 3

« -(les animaux et les végétaux) ont entre eux des « rapports si intimes , qu'ils semblent formés sur « un plan analogue ; les uns et les autres sont comu posés de parties, les unes agissantes , les autres « élaborées; les unes plus ou moins solides, les « autres généralement liquides : dans les deux rè- « gnes on remarque, tant que la vie dure, une tenir dance énergique pour résister à la putréfaction; « dans les deux règnes on trouve des composés par- « ticuliers que la synthèse chimique ne sait imiter: « dans l'un et l'autre règne, les matières qui doi- « vent servir à la nutrition passent , avant d'en « être susceptibles, par une série de phénomènes « analogues; dans tous les deux on distingue des « sécrétions et des excrétions variées : dans les « deux règnes , les lois de la reproduction offrent « une similitude frappante ; dans tous deux , les « individus nés d'un être quelconque lui ressem- « blent dans toutes les parties essentielles , et la « réunion de tous ces individus qu'on peut suppo- « ser originairement sortis d'un seul être, constitue « une espèce. »

Le seul moyen que nous ayons pour juger, c'est de comparer : or, pour bien connaître ce que l'on appelle les plantes , nous allons les comparer méthodiquement aux animaux.

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