‹ Manuel complet de botanique, ou principes de botanique elementaire, ... Par M. Boitard. Ouvrage orné de planchesChapitre 37 sur 167 · GERMINATION · texte numérisé non relu

GERMINATION

4e nouveau , et le périsperme cesse d'être farineux pour "passer à l'état- de sucre soluble dans l'eau. La nature agit ici comme le chimiste qui oxide une fécule avec l'acide sulfurique pour en faire du sucre , seulement les moyens sont différent.

| Ce sucre , ou plutôt cette liqueur sucrée renfermée dans les cotylédons s'en échappe par des vaisseaux qui la portent au blastème , ou si l'on aime mieux au rudiment de la plante, le pénètre, le stimule et lui donne la vie ou plutôt le réveille. Dèê ce moment tous les phénomènes de la germination annoncent une fermentation spiritueuse , et la graine ne peut pourrir qu'autant qu'une surabondance d'eau viendrait arrêter cette première évolution.

embryon dans cet état prend le nom de plantule. Il est composé de deux parties, le caudex ascendant , rudiment de la plumule, et le caudex descendant, rudiment de la radicule. Quelle est la ]oi qui détermine constamment la radicule à s'enfoncer dans la terre et la plumule à en sortir? c'est un de ces secrets de la nature que l'intelligence des hommes n'a pas encore pu dévoiler.

t Tant que la radicule n'a pas assez de force pour nourrir la plantule , les cotylédons fournissent à l'une et à l'autre la nourriture nécessaire à leur premier développement ; mais bientôt la pelite racine se divise , pousse des ramifications munies de suçoirs , et devient capable de tirer de J'J^umidité de la terre (et non pas de la terre), Jes sucs alimentaires qui s'assimileront à la substance de la plante et lui feront changer de nature, cat^, înucilagineuse qu'elle était , elle deviendra ligneuse ou dure quoiqu 'herbacée. Les cotylédons épujsèB^t devenus inutiles se dessèchent et tom-

ÏHKAr ce - n'est pas seulement les nouveaux

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sucs nourriciers qui opéreront ce changement remarquable. La plumulè se trouvant hors de terre est en contact avec la lumière. Alors les phénomènes changent absolument. La fermentation spiritueuse s'arrête parce que le gaz acide et l'eau se décomposent et ne fournissent plus de matière sucrée; le carbone , jusque-là rejeté, se combine avec les élémens de l'eau et avec ceux contenus dans l'eau et circulant avec elle dans le tissu vasculaire; il en résulte la formation des substances ligneuses, résineuses, huileuses , etc. , enlin de tous les sucs propres. Les phénomènes de la végétation commencent dans cet instant et continuent les mêmes jusqu'à la mort du végétal.

•f Tels sont les effets de la lumière, sans que l'on ait pu deviner par quelles lois chimiques elle agit sur les végétaux ; ce qu'il y a de bien certain , c'est que les plantes ne doivent qu'à elle la solidité de leurs tissus , la coloration de leurs parties , et leurs sucs propres. Toute plante croissant dans les ténèbres sera privée de ces trois choses, et sera,

Î)ar conséquent, ce que l'on appelle étiolée. Si le ecteur a suivi avec attention l'enchaînement de ces divers phénomènes , il concevra aisément pourquoi la lumière nuit à la germination tandis qu'elle est indispensable à la végétation : en effet, l'embryon pour germer a besoin d'être dans un état de mollesse, et il ne peut acquérir cet état qu'en se dépouillant de son carbone dont l'oxigène s'empare pour former de l'acide carbonique ; un des effets de la lumière est de décomposer le gaz acide carbonique, d'expulser l'oxigène, et de fixer le carbone, d'où résulte l'endurcissement des parties qui rend la germination impossible , et qui , an contraire, est indispensable à la végétation.

f Toutes les graines germent selon les lois physiques que nous venons d'expliquer, mais toutes ne suivent pas les mêmes évolutions, et chacune,

GERMINATION . ï ^ g

sous ce rapport, présente en particulier des phé^ nomènes qui méritent d'être étudiés. Nous allons en citer un exemple. L'embryon du manglier , arbre qui croit dans les marais des pays chauds, germe pendant que le fruit est encore sur l'arbre. La radicule perce l'enveloppe du fruit et s'allonge de sept à huit pouces du côté de la terre; alors la plantule qui ne tient au fruit que par son cotylédon se détache de celui-ci, tombe, et dans sa chute implante verticalement sa radicule dans la vase où elle ne tarde pas à émettre des racines.

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