‹ Manuel complet de botanique, ou principes de botanique elementaire, ... Par M. Boitard. Ouvrage orné de planchesChapitre 40 sur 167 · HAMEAUX · texte numérisé non relu

HAMEAUX

* Les boutons 6ont le berceau qui renferme les rudimens des feuilles, des fleurs et des branches, n'attendant, pour se développer, que le retour du cambiwn qui les a formés Tannée précédente en perçant l'enveloppe corticale. Ils naissent ordinairement aux aisselles des feuilles, sur un rayon médullaire, à moins qu'un accident

DES BOUT.) DES liRANC. ET DES RAM. 1 6 l

n*ait fait dévier le cambium dans un autre endroit , et dans ce cas leur étui médullaire, au lieu de correspondre avec celui de la tige , se trouve posé sur la couche d'aubier formée à la même époque qu'eux : il est par conséquent séparé de la moelle du tronc par toutes les couches concentriques ligneuses , de même que celui d'une branche qui a été greffée en écusson.

f La nature , pour garantir le gemme des intempéries des saisons jusqu'au moment marqué pour son développement , l'a entouré d'écaillés sèches et scarieuses , d'une substance laineuse, ou d'un enduit glutineux , qui le défendent contre le froid et l'humidité. On trouve ces enveloppes sur toutes les plantes dans les pays où l'hiver a quelque rigueur : elles manquent à la plus grande partie des végétaux qui croissent dans les climats chauds.

* Lorsqu'un bouton est développé il devient ce qu'on appelle un bourgeon, dont la forme varie selon l'espèce d'arbre : il est plat dans les erythroxilons , triangulaire dans le laurier-rose , et quadrangulaire dans le peuplier de Virginie, à cinq angles dans le pécher, et cylindrique dans le plus grand nombre des plantes. Tous prennent cette dernière forme en vieillissant. Une fois développé et devenu ligneux , un bourgeon prend le nom ae branche ou de rameau, et sa contexture est absolument la même que celle des tiges.

"j" Un phénomène très remarquable, c'est que toutes les jeunes tiges des végétaux ont une tendance singulière à se porter du côté de la lumière. Si on place une plante dans un lieu obscur, faiblement éclairé par une seule ouverture, les rameaux tendront tous de ce côté et s'allongeront outre mesure. Mustel a fait à ce sujet une expérience qui prouve combien ce penchant est irrésistible dans les végétaux. Il fixa sur une planche horizontale une planche verticale percée de trous

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à différentes hauteurs. Il mit sur la planche horizontale un pot dans lequel était planté un jasmin des Açores dans une place telle , que la planche verticale lui masquait la lumière. La tige se dirigea vers le trou le plus voisin et passa de l'autre côté. Il retourna tout l'appareil de manière que l'extrémité de la tige se retrouva dans l'ombre ; elle gagna le second trou et repassa de l'autre côté ; il la changea encore de position et continua cette manœuvre jusqu'à ce qu'elle ait passé dans tous Jes trous.

j" Plusieurs physiologistes ont cité ce phénomène pour prouver une espèce d'instinct dans les plantes, mais ce témoignage n'est pas d'un grand poids , parce qu'on explique très facilement cela par les lois connues de la physique végétale. Nous avons dit à l'article de la germination que la lumière agissait sur les plantes en décomposant l'acide carbonique et en fixant le carbone , ce qui donne aux parties la solidité : si par conséquent le côté de la plante tourné vers les rayons de lumière se durcit par la fixation du carbone , sa croissance sera plus lente, et l'autre côté en s'allongeant davantage le fera nécessairement courber.

jfc On a dit qu'il existe une telle relation entre les racines et les branches d'un arbre , que si l'on coupe quelques branches les racines correspondantes en souffrent, et 'vice 'versa. Le fait est que lorsqu'on altère un organe essentiel d'un végétal tout le Teste de l'individu en souffre; mais, quant à cette prétendue correspondance de branche à racine et de racine à branche, l'expérience m'a prouvé cent fois que c'est tine véritable chimère.

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