‹ Manuel complet de botanique, ou principes de botanique elementaire, ... Par M. Boitard. Ouvrage orné de planchesChapitre 45 sur 167 · ORGANES DE LA FRUCTIFICATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA FRUCTIFICATION

Le fruit ou ovaire fécondé, ayant atteint son dernier degré de développement , se compose du péricarpe et de la graine,

Du Péricarpe.

* On appelle ainsi l'enveloppe des graines formée par les parois de l'ovaire. Autrefois on croyait qu'il pouvait y avoir des graines nues , c est-à-dire sans péricarpe ; mais on a reconnu qu'il existe dans toutes, seulement il est quelquefois si mince qu'à peine peut-on le distinguer : par exemple , dans les labiées.

* Bans tous les fruhs, le péricarpe est composé , J°« ue l'épicarpe, ejnearpium , membrane mince

I 7 a ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

(|uV forme l'enveloppe la ])lus extérieure d'un fruit ; a 0 , de l'endocarpe , endocarpium , membrane intérieure qui revêt Ja cavité séminifère; 3°. enfin, du sarcocarpe, sarcocarpus, partie parenchymateuse (!t charnue qui se trouve interposée entre l'épicarpe et l'endocarpe.

* C'est dans le sarcocarpe que circulent tous les vaisseaux chargés de porter de la nourriture au fruit, et s'il paraît manquer dans quelques espèces, c'est qu'il s'est desséché.

* Dans les fruits à plusieurs loges, les cloisons qui les séparent consistent en un prolongement de l'endocarpe dans l'intérieur de la cavité péricarpienne, en deux lames adossées l'une à l'autre et réunies par un autre prolongement plus on moins mince du sarcocarpe.

* Puisque le péricarpe est l'organe nourricier de la graine, il a fallu nécessairement qu'il communiquât avec elle par un point de sa surface , et ce point est ce qu'on appelle le hile ou cicatricule , ou ombilic , h il us , liilum , cicatricula , umbilicus , fenestra.

* Le corps charnu au moyen duquel les graine» sont attachées au péricarpe, porte le nom de placenta, placentaire, tropnosperme, placenta , placentarium , tropkospermium. Lorsque le placenta se prolonge d'une manière manifeste, on appelle ce prolongement funicule, podosperme, cordon ombilical , funiailus , podospermium , funicuius umbilicalis.

* L'arille, arllus , est une enveloppe accessoire, formée par un prolongement du funicule qui entoure la graine , mais n'a aucune adhérence avec elle.

De la Graine, t

¥ La graine est cette parlée du fruit renfermée dans le péricarpe, mais qui n'est pas lui : ainsi,

ORGANES DE L.A FRUCTIFICATIONv 1 y3

dans une pêche, par exemple, nous la trouverons renfermée dans un noyau osseux , dont la partie ligneuse est formée par l'endurcissement de l'endocarpe et d'une partie du sarcocarpe. Dans un haricot, nous la trouverons renfermée dans une gousse. Dans quelques autres plantes, elle est si intimement unie au péricarpe, qu'il est difficile de les distinguer l'un de l'autre.

* On trouve dans la graine deux parties principales; l'épisperme, episperma, et l'amande, amygdala,

* Uépisperme est le tégument propre de la graine ; c'est une espèce de sac sans valve ni suture , quelquefois composé de deux membranes appliquées l'une 6ur l'autre, le plus souvent simple, lorsqu'il y a deux membranes, l'extérieure, souvent coriace ou crustacée , prend le nom de Jorique , lorica ( testa de Goèrtner ). La seconde est le tegmen, tegmen (qu'il ne faut 1 pas confondre avec le tegmen de Beauvois, ce naturaliste donnant ce nom à l'épisperme entier des graminées). Mirbel, n'adoptant pas l'épisperme de* Richard, nomme tegmen l'enveloppe appliquée immédiatement sur l'amande , soit qu'on la trouve seule, soit qu'on la trouve recouverte d'une lorique. , .

t C'est sur l'épisperme que le hile est toujours placé ; ce dernier est pe/cé , vers sa partie centrale, d'une ouverture fort petite, nommée raicropyle, micropjjria , livrant passage aux vaisseaux du funicule qui doivent nourrir la graine.

* Ces vaisseaux se prolongent quelquefois dans l'épaisseur des tuniques avant de se ramifier ; ils forment une ligne saillante , à laquelle on donne le nom de prostype funiculaire ou vasiduicte, prostypum , vasiductus. Dans ce prostype , on distingué la raphe, rapha , partie qui part immédiatement du hile, et a souvent l'apparence d'an

174 OROANOGRAPHIJi ET PHYSIOLOGIE.

ou de plusieurs filets en relief; la chalaze, chalaza, extrémité plus ou inoins épaissie et dilatée de la raphe.

* Lorsqu'on remarque à la surface d'une graine un renflement en forme de calotte , situé à une distance quelconque du hile , et qui se détache et livre passage à l'embryon lors de la germination , on nomme ce renflement embryotége ou

>ercule.

* Uamande est toute la partie d'une graine contenue dans l'épisperme. Elle se compose quelquefois de l'embryon seul ; d'autres fois, de l'embryon et du périsperme.

* Le périsperme ou endosperme de Richard , albumen de Goërtner, perispermum, endospermum t albumen 9 est une partie accessoire , placée à côté de l'embryon, et n'ayant avec lui aucune continuité de vaisseaux ou de tissu. C'est un tissu cellulaire 'dont les mailles sont remplies d'une fécule amilacée ou d'un mucilage épais, insoluble dans l'eau avant la germination, mais qui le devient dans cette circonstance , et paraît serjir de nourriture à l'embryon lors de son premier développement.

* Uembryon à lui seul constitue la graine. Partout où il est il y a graine, quand même toutes les autres parties manqueraient , ce qui arrive très rarement ; partout où il manque, il n'y a pas de graine , quand même toutes les autres parties de la fructification pourraient s'y rencontrer. ( Voyez. pag. 17 , 21 et suivantes. )

DE LA VIE DES VÉGÉTAUX

La vie, dans les végétaux comme dans les animaux, consiste tout entière dans cette force qui les fait résister pendant plus ou moins longtemps aux lois des affinités chimiques et de la

DE LA VIE DES VEGETAUX. Ïf5

pesanteur. Les causes de cette résistance sont encore inconnues.

Les phénomènes générau»de la vie consistent,

i°. dans l'irritabilité, a°. dans la nutrition, 3°. dans

la propagation.

De P Irritabilité et de ta Nutrition. '

C'est par la nutrition qu'un végétal se développe , croît , acquiert Ses dimensions et les conserve pendant tout le cours de son existence. Les phénomènes qui s'y rattachent sont l'irritabilité , l'absorption, la circulation , la déperdition.

L'irritabilité des plantes est la cause de la contraction et du mouvement.

Si on coupe la tige d'une plante laiteuse", ï'un euphorbe, par exemple, on voit aussitôt la plaie se couvrir de suc propre. Si cet écoulement n'avait lieu que sur la coupe de la partie de la tige qui part des racines , on pourrait croire que c'est la circulation qui agit; et, en supposant qu'on pût expliquer la circulation sans le secours de la contraction , on dirait que les sucs continuent à suivre leur marche. Mais la plaie de la partie supérieure de la plante se couvre de même des sucs propres , et ils n'en coulent pas moins , soit que 1 on tienne la plaie en bas , soit qu'on renverse le rameau , et que l'on tienne la plaie en haut; ce qui prouve que les fluides obéissent à une autre loi que celle de la pesanteur. Or, nulle autre cause probable que la contraction ne peut expliquer ce phénomène.

Il est à remarquer que la contraction des végétaux est absolument analogue à celle des animaux ; les stimulans qui agissent sur les uns agissent sur les autres, et une hémorrhagie peut ^tre arrêtée dans les uns comme dans les autres, au moyen des mêmes astringens. - * - Xa contraction est la cause première du mou-

I76 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

Yement spontané des plantes, soit que ce mouvement 6oit occasionné par une cause extérieure et accidentelle , comme dans la sensitive , soit qu'il résulte d'une cause intérieure et inconnue, comme dans les étamiues de la parnassie et les folioles oVi^djsarnm gyrans.

La jgiSjfôve est de toutes les plantes celle qui t jéfèië .plus étudiée sous le rapport du mouveraentv^JVous allons rapporter le résultat de plusiem^SEservations singulières faites par des naturalistes habiles. Un simple contact, une secousse, la chaleur y le froid, une goutte de liqueur acide ou alcaline, enfin tous les agens chimiques, ont imejÉijiion plus ou moins prononcée sur elle. Dation plus grand degré d'irritation, les folioles s'appliquent les unes sur les autres par leur face supérieure, et le pétiole commun s'abaisse le long de la tige; mais, si l'on ne touche la plante que légèrement, l'irritabilité se manifeste avec moins d'énergie. « Si l'on touche légèrement l'une « des folioles , dit Mirbel , cette foliole seule s'é- « branle et tourne sur son pétiole particulier; si « l'attouchement a été un peu plus fort , i'irri- « tation se communique à la foliole opposée , et « les deux folioles se joignent sans que les autres « éprouvent aucun changement dans leur situa- « tion. Si l'on gratte avec la pointe d'une aiguille « une tache blanchâtre qu'on observe à la base des « folioles, çelles-çi s'ébranlent tout à coup et bien «^his vivement que si la pointe de l'aiguille eût « été portée dans tout autre endroit. QuoiflO! *** -nées, les feuilles ont encore des moûVéïiltens «très marqués, parce que les articulations *ie * s'altèrent pas aussi promptemettt 4|ttè :lf reste « du tissu, et qu'elles «ont évidemment le siège « de l'irritabilité. Le temps nédéssaire'â Une feuille « pour se rétablir varie suivant la" vigueur de la «plante, l'heure du jour, la saison ët les çic~

DE LA VIE DES VÉGÈTAtïX* I 77

« constances atmosphériques. L'ordre dans lequel

« les différentes parties se rétablissent varie pa-

« reillement. Si l'on coupe avec des ciseaux, même

« sans occasionner de secousse, la moitié d'une

«foliole de la dernière ou de l'avant - dernière

« paire, presque aussitôt la foliole mutilée, et f

« celle qui lui est opposée, se rapprochent ; l'in-

« sfant d'après , le mouvement a lieu dans les fo-

« lioles voisines , et continue de se communiquer,

« paire par paire, jusqu'à ce que toute la feuille

« soit repliée. Souvent encore , après douze ou

«quinze secondes, le pétiole commun s'abaisse,

m et les folioles se rapprochent ; mais alors l'ir-

« ritabilité , au lieu de se communiquer du som-

« met de la feuille à sa base , se communique de

« la base au sommet. L'acide nitrique, la vapeur >

« du soufre enflammé, l'ammoniaque, le feu ap-

« pliqué par le moyen d'une lentille de verre, >

« l'étincelle électrique , produisent des effets ana-

«< logues. Une chaleur trop forte , la privation

« de l'air, la submersion dans l'eau, ralentissent

« ces mouvemens en altérant la vigueur de la f

« plante. Le balancement d'une voiture fait d'à-

« bord fermer les feuilles; mais quand elles sont,

« pour ainsi dire , accoutumées à ce mouvement ,

« elles se rouvrent et ne se ferment plus. •

La dionée attrape - mouche offre un autre genre d'irritabilité peut-être plus singulier en- /' eore. Ses feuilles sont composées de deux lobes réunis par une charnière qui règne le long de la ligne médiane. Si un insecte touche la surface supérieure de ces lobes, ils se rapprochent , saisissent l'animal, et ne le lâchent que lorsqu'il est mort percé par les aiguillons dont les feuilles sont hérissées.

Les rossolis à feuilles rondes et à longues feuilles , dont les fleurs blanches se font remarquer dans les marais de Meudon et de Montmorency, ont leurs

178 ORGANOGKAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

feuilles munies de longues soies sur leurs bords. Si un insecte 6e pose sur leur limbe , elles se contractent et se ferment à la manière d'une bourse de jetons.

Les étamines de l'épine-vinette , de la rue, et de quelques autres plantes sont tellement irritables, que si on les touche à la base avec la pointe d'une épingle, elles se rapprochent brusquemeut du pistil.

Quelquefois la contraction se manifeste dans les plantes sans que l'on puisse attribuer ce phénomène à une cause extérieure. Les feuilles de Vhedysarum gyrans , plante du Bengale, sont composées de trois folioles comme celles du trèfle ; la foliole terminale est très grande et les deux latérales très petites. Ces deux dernières s'élèvent et s'abaissent continuellement en tournant sur leurs charnières par un mouvement de torsion , et ce mouvement est tellement rapidequ'on peut compter jusqu'à cinquante oscillations par minute. La foliole du milieu se tient immobile et dans une position horizontale pendant le jour; mais lorsque la nuit s'approche , elle se couche sur la tige et reste dans cette attitude jusqu'au jour. Les deux autres petites feuilles n'en continuent pas moins leurs oscillations.

L'extrémité des feuilles des nepenthes , figure un vase muni de son couvercle Qvojr.pl. II,jîg. 3a). Le vase se remplit d'une liqueur qui suinte de ses parois, et le couvercle tantôt s'ouvre, tantôt se ferme, selon que le temps se met au beau ou à la pluie.

Beaucoup de végétaux offrent un phénomène fort singulier, auquel Linnée a donné le nom de sommeil des feuilles. Quand la nuit approche , les folioles de V acacia s'abaissent et restent pendantes vers la terre jusqu'au A oint du jour; alors elles s'étendent horizontalement, puis elles se redres-

BK tA. VIE DES VEGETAUX. 1 7g

sent à mesure que le soleil «on te sur l'horizon , et enfin , vers le milieu du jour, elles sont redressées vers le ciel. Le phénomène se passe d'une manière absolument contraire dans les feuilles du baguenaudier ; ses feuilles s'élèvent aussitôt que la nuit a remplacé le jour.

Pendant l'obscurité, le pétiole principal des feuilles de Pacaeie pudique s'incline sur la tige , les pétioles secondaires se rapprochent , et les folioles s'appliquent les unes sur les autres comme les tuiles d'un toit, en dirigeant leurs pointes vers le ciel.

Aux approches de la nuit , les folioles de la casse <îu Maryland s'abaissent en tournant sur leur articulation, de manière que les folioles de chaque paire s'appliquent l'une sur l'autre , non par la lace inférieure , mais par la supérieure.

Un grand nombre de plantes , principalement dans la famille des légumineuses, contractent leurs feuilles pendant la nuit, qe différentes manières.

On a cru que le sommeil des plantes devait être attribué à la lumière agissant d'une manière mécanique sur leurs organes , mais les expériences du célèbre De Candolle ont prouvé qu'il n en était rien. Il plaça plusieurs plantes dans un lieu sombre ou nulle lumière du jour ne pouvait pénétrer. Il les éclaira fortement au moyen de flambeaux et il en obtint ce résultat : quelques unes se trompèrent sur les heures du jour : elles ouvrirent leurs folioles pendant la nuit et les fermèrent pendant que le soleil était sur l'horizon; d'autres persistèrent dans leurs habitudes, veillèrent et sommeillèrent à leurs heures accoutumées.

Quelques fleurs ouvrent et ferment leurs corolles dans de certaines circonstances. Les unes sont hygrométriques et se ferment à l'approche de la pluie ; par exemple le souci des vignes et tes sonchus ; d'autres épanouissent leur co-

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