‹ Manuel complet de botanique, ou principes de botanique elementaire, ... Par M. Boitard. Ouvrage orné de planchesChapitre 7 sur 167 · ANIMAUX. PLANTES · texte numérisé non relu

ANIMAUX. PLANTES

sent les parois d'un long séve se promène dans les tube intestinal , abreuvent longs tubes qui forment le les tissus organiques , et végétal , en abreuve toutes s'élaborent au contact de les parties, et se porte dans l'air qui s'introduit par des les feuilles ou à la superficie^ stigmates on pores respira- des autres organes , où ,/ se toires placés le long du trouvant en contact avec corps. l'air et la lumière au moyen

. des pores dont un végétal est criblé , elle se combine> et s'identifie avec la substance de la plante.

D'autres animaux, parmi Beaucoup de plantes sont les zoopbytes, ne se nour- absolument dans le même rissent que par une absorp- cas, par exemple, les tretion des fluides, qui s'opère m elle s.

par toute leur surface.

Nous ne pousserons pas plus loin cette comparaison que d'ailleurs nous serons obligé de reprendre dans noire physiologie végétale. Nous la terminerons par le rapprochement de deux êtres, un polype gélatineux qui est bien évidemment un animal , et une tremelle gélatineuse qui est bien évidemment une plante, quoiqu'il n'y ait aucune différence descriptible entre les deux, hors un nrouvement cdntractif qui appartient au premier, et dont la seconde n'est pas susceptible. Si on nous demande sur quoi nous fondons notre jugement, nous dirons que c'est en raisonnant sur les analogies. Nous savons que la plus grande partie des animaux est douée de mouvement, nous voyons remuer ce polype , notre hésitation cesse et nous concluons que c'est un anima), parce que d'ailleurs ses formes ne se rapprochent pas plus de celles d'une plante que de celles de certains autres polypes chez lesquels les signes de l'animalité sont plus évidens. Mais si cet être eût eu une organi-

INTRODUCTION. I l

sation différente, s'il eut études feuilles, des fleurs munies de toutes leurs parties, le mouvement eût été beaucoup plus « sensible f et nous aurions dit c'est une plante, une sensitive, parce que nous aurions aperçu un plus grand nombre d'analogies entre cet être et les autres acacies, qu'entre lui çt aucune espèce d'animal.

II çst donc inutile de cbercher une définition exacte qui caractérise le règne végétal et qui le sépare net du règne animal, puisqu'il est impossible d'en trouver une rigoureuse. Nous nods contenterons de celle-ci : une plante est un être qui a un plus grand nombre^d'analogies avec les autres végétaux: non douteux , qu'avec les êtres évidemment doués de l'animalité»

* Mais les animaux sentent et les plantes ne sentent pas, diront quelques personnes, et pourquoi ne pas s'en tenir à cette définition donnée par Linnée et si souvent répétée par les auteurs qui sont venus après lui ? Lorsque je fis les premiers pas dans l'étude de la botanique, je fus sédujt comme eux par cette idée du plus célèbre des naturalistes. Cependant je voulus me rendre compte de cette sensibilité , et lorsque je vis les fleurs de rue, d'épine-vinette, d'opuntia , de dionée , etc. , les rameaux et les tiges de la sensitive et de beaucoup' d'autres plantes, en donner des signes non équivoques, qu'il est impossible aujourd'hui d'expliquer par les seules lois de la mécanique; lorsque j'eus vu le mouvement des folioles de l'hédysarum gyrans , la contraction des tiges d'euphorbe lorsqu'elles sont blessées, quand je connus le sommeil des feuilles et des corolles , etc. , etc. , je demandai aux auteurs ce qu'ils appellent sensibilité dans les animaux.

Tous , ou à peu près , disent qu'elle consiste dans la conscience de son existence r et par conséquent dans le mouvement volontaire; que tout le reste est irritabilité ou contractilité. Sans trop comprendre

l'Z PRINCIPES DE BOTANIQUE.

ce qu'ils appellent la êortscience de son existence > je leur demanderai encore sur quoi ils se fondent pour la trouver dans l'éponge , tandis qu'ils ne la voient pas dans la sensitive , et ils me répondront qu'ils la croient dans l'une et la nient dans l'autre parce qu'ils en jugent par analogie , ce qui revient à ma définition.

La Botanique ou phytologie ( Phjrtologic* , bota* nica, botanice), sera l'étude des phénomènes appartenais aux végétaux , le res kerbaria de Linnée , et nous reconnaîtrons les êtres que doit comprendre cette étude , non pas comme le disent De Candolle , Duméril , Mirbel , Richard et d'autres , parce qu'ils n'ont pas le mouvement volontaire , mais simplement par l'analogie. "

Pour qu'il y ait un mouvement volontaire dans un être, il faut qu'il y ait volonté : la volonté ne 4 peut être qu'une, par conséquent ^elle ne peut émaner que d'un organe seul , ayant, sous ce rapport , une espèce de domination sur les autres auxquels il doit ordonner. Cet organe est ce que les naturalistes nomment un centre commun. L'homme, les mammifères, les oiseaux, les reptiles , les poissons, en ont un, siège de la volonté , et qui parait être le cerveau; dans* les animaux moins parfaits, les insectes , les araignées , les crustacées , on reconnaît évidemment un centre commun. Je veux même qu'abandonnant le système des nerfs, on le reconnaisse encore , sous le rapport de la volonté , dans un appareil d'organes quelconques , dont les ramifications.aboutissent toutes à une même partie, ne fut-ce que des organes digestifs : on ne me niera pas que plusieurs zoophytes en manquent absolument ; ces animaux Sauraient donc pas de volonté , et par conséquent pas plus de mouvement volontaire que la sensitive ; leurs mouveiftens ne seraient pas des preuves de sensibilité , mais seulement d'irritabilité ou de contractilité. Aussi jo

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pense que les naturalistes (î) qui croyaient voir une classe d'êtres organisés et vivans placés entre les animaux et les végétaux, étaient assez fondés en raison s'ils y eussent placé les êtres que nous regardons aujourd'hui comme des animaux manquant de centre commun , par exemple les éponges, lesdiatomes, les oscillatoires, à côté d'autres êtres que nous hésitons à reconnaître pour des plantes, par exemple les nostochs , les conferves et les ulves, que Réaumur, Girod Chantranset Vaucher regardent comme des animaux, et d'autres naturalistes comme des plantes, (i) *

Quoi qu'il en soit, on peut analyser ainsi les phé-' nomènes qui constituent l'étude tout entière de la botanique :

i°. Les végétaux étant des êtres distincts, on les étudie pour les reconnaître d'avec les autres êtres : de là la phytotechnie ou l'art de les décrire et de les classer. Pour les décrire il faut connaître le nom

(i) Danbenron, Munchaosen, etc.

(a) « Les végétaux sont dépourvus de mouvement « volontaire; mais quelques uns cependant exécutent

■ une sorte de locomotion ou de déplacement bien « sensible. ... Si la raison se refuse à admettre dans les «végétaux nue sensibilité active et voloutaire qui les «rende susceptibles de sentiment, l'expérience dé- « montre chaque jour que, loin d'être des êtres pure- « ment passifs, ils exécutent, sous l'inllueuce de cer- « taines causes, des mouvemens remarquables que l'on « doit attribuer à l'irritabilité. Qni ne connaît le pbé- « nomène de la sensitive, les mouvemens des folioles

■ de Yhedysarum gyraris, et ie tant d'antres^végétaox? « L'irritabilité organique nous parait seule propre à « expliquer les singuliers phénomènes qu'ils présen- « tent. p Lorsque Richard parle ainsi , i) ne paraît pas très convaincu lui-même de la justesse de la définition qu'il adopte comme les autres.

ries organes et les épithètes que l'on emploie pour peindre à l'esprit leurs formes extérieures ; tel est le but que l'on se propose dans la glossologie on terminologie, ( glossblogia , terminologia y La phytographie (photographia) est l'art d'employer les épithètes fournies par la glossologie, avec choix et dans l'ordre le plus rigoureux pour faire une bonne description. La taxonomie ou taxologie (taxonomia, taxologia) apprendra la manière de classer les végétaux pour faciliter la recherche des individus, et alors elle établira une méthode artificielle , ou de les classer dans l'ordre de leurs analogies entre eux et entre les autres étre3, et alors elle établira un système naturel. La botanique descriptive , ou la description de toutes les espèces de plantes, et la synonymie botanique, ou Connaissance des noms que chaque espèce porte et a portés , seront 1 l'application résultant de la glossologie , de la photographie et de la taxonomie^.

2°. Les végétaux connus et classés, doivent encore être étudiés sous le rapport de leur organisation en tant qu'on les considère comme des êtres vivans , d'où résulte la physique végétale ou botanique organique. Cette branche importante de la science renferme Vorgano graphie pu anatomie végétale ( organographia) , étude de la structure des organes ; Ja physiologie végétale (physiolâgia'vegetalis), ou étude des principes de l'économie végétale, ainsi que de l'usage et du jeu des différens organes ; on peut envisager la physiologie sous trois principaux points de vue : i°. phénomènes que présentent les végétaux dans leur développement; a°. phénomènes qu'ils présentent dans les fonctions de la reproduction! ; 3°. phénomènes que Ton remarque après leur mort. La physique des plantes renferme en outre la phytothérosie (phytotherosia) , qui a pour objet là connaissance des altérations des végétaux, et qui se divise en pathologie végétale, ou examen

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des maladies des plantes , et en nosologie végétale, ou classification et nomenclature des maladies des plantes. Enfin , la physique des végétaux renferme encore 3a géographie botanique , ou examen (1rs causes physiques qui , modifiées par la Rture particulière des êtres, déterminent chacun d'eux à vivre dans un lieu déterminé.

3°. On doit encore étudier les plantes considérées d'après les rapports qu'elles ont avec l'homme et les animaux , et cette étude prend le nom de botanique appliquée , renfermant la botanique médicale y la botanique agricole, dans laquelle l'histoire naturelle des fourrages, 'des plantes céréales et économiques devra jouer un grand rôle; la botanique industrielle , historique , littéraire, etc.

Toutes ces branches de la botanique ont entre elles de nombreux rapports , réagissent les unes sur les autres, et se prêtent un mutuel secours; ainsi l'homme qui voudra devenir ce cm'on appelle un profond botaniste devra les étudier toutes et les envisager sous leurs rapports les plus philosophiques. Mais notre intention étant de faire un oupÉage élémentaire, nous n'avons dû embrasser <Jue ce qui compose la botanique proprement di^, c'est-à-dire la glossologie, la photographie, la taxonomie, l'organographie, la physiologie et la phytothérosie. Nous ne nous étendrons beaucoup que sur les parties les plus élémentaires, et nous terminerons par une histoire des systèmes et des méthodes de classification, ou plutôt par une histoire de la botanique depuis Aristote jusqu'à ce jour.

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GLOSSOLOGIE (Glossologia).

DE LA PLANTE (Planta),

ÊtIe organisé, vivant, que Ton croit insensible, et que Ton reconnaît à son plus grand nombre d'analogies avec les végétaux non douteux, qu'avec les êtres évidemment pourvus de l'animalité.

Nous allons rapidement esquisser toutes les parties qui composent une plante, avant d'entrer dans des détails sur ces parties elles-mêmes , et ' pour faire plus facilement comprendre la suite de cet ouvrage aux personnes qui font les premiers pas dans la science.

La graine est un œuf végétal renfermant l*embryon d'une plante toujours semblable dans son développement à l'individu qui Ta produit. Lorsqu'une graine germe, on voit paraître, dans le baricot, pat exemple, deux premières feuilles n'ayant aucun rapport "de forme avec celles qui les suivront : ce sont les cotylédons ; entre ceux-ci se trouvent placées la radicule, ou preijjtter rudiment de la racine, et la plumule,o\i premierTudi ment des autres parties du végétal.

fois grêle, berbacée, rampante ou grimpante, etc. Cette tige est souvent munie de boutons ou gemmes, qui renferment des feuilles, des fleurs ou des branches non encore développées. Plus tard la tige se ramifie en émettant des branches , celles-ci d'autres Branches et des rameaux , ces derniers des ramilles.

Toutes ces ramiûcations , ainsi que les racines , sont ordinairement recouvertes d'une enveloppe que l'on appelle écorce, composée, i°. d'un épi?

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