DE LA PLANTE
derme ou cuticule^ première enveloppe mince, sèche, transparente; a°. du tissu cellulaire ou parenchyme , substance tendre, spongieuse, pulpeuse, remplissant une espèce de réseau à mailles plus ou moins serrées affectant diverses formes ; 3°. des couches corticales , faisceaux de lames fibreuses , appliquées ks unes sur les autres, lesquelles, vues au microscope, paraissent entièrement criblées de cellules remplies d'une substance gélatineuse : ces lames forment la plu%grande épaisseur de l'écorce; 4<>. du liber , portion comprise entre les couches corticales et l'aubier, composé d'un réseau vasculaire, dont les aréoles allongées sont remplies par du tissu cellulaire. Il se renouvelle chaque année.
Sous Pécorce on trouve Y aubier ou faux-bois , qui n'est rien autre chose que le liber ehdnrci ; vient ensuite le bois proprement dit ; puis Y étui médullaire 9 cavité dans laquelle la moelle est contenue. • ■ •
Les feuilles se composent souvent de deux parties ; du limbe, expansion ordinairement plane constituant proprement la feuille , et du pétiole ou petite* queue qui sert dé support au limbe.
La fleur est l'appareil complet ou incomplet des organes de la génération : elle se compose des organes de la fécondation , de leurs enveloppes , et quelquefois d'antres parties accessoires dont on connaît peu ou point les fonctions.
Les organes de la fécondation sont les étamines et les pistils. Prenons un lis, par* exemple : nous voyons au milieu de la fleur une espèce de petite colonne s'élevant perpendiculairement ; c'est le pistil ou organe femelle. Le base de cette petite colonne, ou pistil, est souvent renflée; on appelle ce renflement , ovaire , et il renferme les rudimens des graines qui se développeront quand la fécondation sera opérée. Le sommet du pistil /st terminé par une partie renflée, et un peu trian-
> S GLOSSOLOGIE. *
gulaire dans Je lis , c'est le stigmate ; enfin , le filament allongé et formant la longueur de la co-
stigmate et l'ovaire porte le nom
de style.
Autour du pistil nous voyons six filets terminés chacun par une petite téte jaunâtre ; ce sont les étamines ou organes mâles. Les petites têtes oblongues sont des anthères, espèce de sacs membraneux qui s'ouvrent à l'époque de la fécondationy pour laisser échapper la poussière prolifique et jaune que l'on nomme pollen! 1
Les organes de la fécondation sont ordinairement entourés par des enveloppes qui , prises ensemble, sont le périanthe. Examinons une rose : nous trouverons d'abord une première enveloppe formée par des espèces de feuilles arrondies , délicates , colorées du rose le plus agréable; ce sont les pétales si on les considère chacune en particulier : prises toutes ensemble , leur réunion forme ce que l'on appelle la corolle. Quand la corolle est composée, comme dans la rose, de plusieurs pétales, on dit qu'elle est polypétale ; si, au contraire, elle n'est formée que d'un seul, comme dans le liseron et la campanule, elle est monopétale. Audessous de cette première enveloppe, on en trouve une seconde, aussi composée de petites feuilles, maisvertes et de la même substance que les autres feuilles de la plante : cette enveloppe est le calice. et les petites feuilles les folioles.
Une fleur p«it avoir une enveloppe seule, comme le lis ; dans ce cas, si elle est d'une autre couleur que le reste de la plante on l'appelle corolle; et si elle est verte comme les feuilles, on la nomme calice. Cependant les botanistes ne se sont jamais bien entendus là-dessus. Plusieurs la nomment calice, qu'elle soit colorée ou non :
rt 1 ? 8 Ianonimem cal ' ce dans une plante , corolle dans une autre, quoique verte ou colorée,
• DE IiA PLANTE. l 9
el cela sans être fondés en raison. M. De Candolle, pour éviter toute équivoque , l'appelle périgone ; d'autres botanistes , qui nomment périanthes les enveloppes de la fécondation, proposent de nommer une enveloppe unique périanthe simple, et le calice et la corolle pris ensemble, périanthe double.
Toutes les fleurs n'ont pas des enveloppes semblables à celles dont nous venons de parler. Par exemple , celles de l'arum ou gouet sont entourées d'une feuille, tantôt verte, tantôt colorée, roulée autour comme un cornet de papier, et portant le nom de spathe. *
D'autres fois un grand nombre de petites fleurs sont posées sur un réceptacle commun, nomm^disque ou phorantc par plusieurs botanistes ; ces fleurs s'appellent fleurons , lorsqu'elles ont la forme d'un entonnoir ; quand elles s'allongent d'un côté en forme de pétale, on les npmme demi-fleurons. L'enveloppe générale, composée de petites feuilles vertes souvent appliquées les unes sur les autres , et entourant le disque , est le calice commun ou mvolucre.
Quand une fleur a étamines et pistils dans le même périanthe, on la dit hermaphrodite ou monocline;* si elle n'a que des étamines, elle est mâle ; si elle n'a que des pistils , elle es', femelle. Souvent on voit sur le même végétal des fleurs mâles et des fleurs femelles , comme, par exemple, dans le melon ; la plante , dans ce cas , est monoïque ou androgyne. Si, comme dans le chanvre , un individu ne porte que des fleurs mâles et un autre seulement des fleurs femelles , la plante est dioïque., Enûn, quand un même individu porte des fleurs hermaphrodites et des fleurs unisexu elles, on le dit polygame.
On ne trouve pas des fleurs sur tous les végétaux , par exemple, dans le champignon : on a donné à ceux qui en manquent le nom d'agames.
20 GliOSSOLOGlE. •
Ceux chez lesquels on reconnaît aisément lea organes de la fructification, mais dont les gelés sont douteux ou difficiles à distinguer, se nomment chrjptogames. Enfin , ceux qui , comme Je lis, la rose et la campanule, ont dep ^fxesbien évidens, sont dits phénogames ou phanérogames.
Lorsque la fécondation est opérée y l'ovaire se gonfle, prend en peu de temps son développe- ? ment , et devient le fruit. Quand^es semences sont nues, elles constituent «le fruit à elles seules; mais quand elles sont enveloppées dans une partie quelconque, c'est l'appareil entier *de la fructification qui retient lé nom de fruit, et les semences prennent alors celui de graines.
On voit quelquefois dans les fleurs une partie qu'on ne peut rapporter à aucune de celles que nous venons de nommer : tantôt c'est une glande, une écaille , dés poils ou des filamens, affectant des formes plus ou moins singulières : on leur donne, assez improprement, le nom de nectaires.
Les fleurs et les fruits sont ordinairement portés sur un petit pied, nommé pédoncule quand il part directement de la tige , et pédiceUe lorsqu'il n'est qu'une ramification d'un principal pédoncule. Dans plusieurs plantes, et particulièrement dans celles nommées omùelli/ères , les pédoncules partent assez ordinairement d'une enveloppe foliacée, nommée in polucre, et mieux collerette. Quand la collerette se trouve placée à la base des pédoncules , oh la dit universelle; si elle est à la base des pédicelles, elle est partielle.
Il existe dans les plantes des parties accessoires qui doivent être étudiées ; ce sont les bractées ou Jcuilles florales, petites feuilles naissant avec les fleurs ,et différant toujours des autres feuilles par . la forme ou par la couleur ; les stipules, petites ex-
Î>ansions foliacées qui accompagnent les feuilles ; es vrilles ou cirres , filets simples ou rameux qui
GERMINATION, ai
se roulent autour des corps étrangers pour soutenir les tiges qui en sont munies ; les aiguillons
Ïûquans, qui ne tiennent qu'à l'écorce du végétal; es épines, qui sont acérées, ligneuses, et sont un prolongement delà partie ligneuse du végétal; les glandes, organes particuliers des sécrétions ; enfin , les poils.
GERMINATION (Geminatio* Plantulatio).
On nomme ainsi l'acte par lequel une graine parfaite se réveille et , par son développement , donne naissance à une nouvelle plante. L'époque de la germination dure jusqu'à ce que les cotylédons soient desséchés.
Si une graine se trouve dans line circonstance favorable à # sa germination , l'embryon de plante qu'elle renferme *e gonfle, crève, sépare ou déchire ses enveloppes , et prend le nom de plantule, plantula, dès le moment où il commence à végéter.
Aussitôt que l'embryon sort de ses enveloppes , on doit déjà considérer , selon Richard , s'il est macropode , macropodius , ou à radicule très grosse et renflée en tête; uiacrocépjialéV macrocephalus , ayant les cotylédons renflés en un corps plus gros que le reste; endorhize t cndorhizlts r lorsque les radicelles naissent de la base de l'embryon ou en perçant l'épiderme; exorhize, exorhizyj , à radicelles toutes développées dans l'embryon et ne faisant que s'allonger à la germination ; synorhize , synorliizus , à radicule un peu soudée avec le périsperme.
Quand l'embryon est développé , il se compose, selon Mirbel, du blastème, blastema, et des cotylédons. Le blastème est l'embryon tout entier si l'on en excepte les cotylédons ;* il comprend donc le collet, la plumule et la radicule.
22 GLOSSOLOGIE.
§. I. pbs cotyledous (Cdtyledones) .
(Lobes séminaux, feuilles séminales , synon.)
Lés cotylédons (pl. I, fig. i,aa) sont ces feuilles charnues, arrondies, ne ressemblant point aux autres feuilles qui les suivront, et que Ton voit paraître les premières lorsque l'on fait germer , par exemple , un haricot. ^
La chose la plus essentielle à observer dans les cotylédons, c'est leur absence ou leur présence. Lorsqu'une graine ne développe point de cotylédons par la germination , on dit qu'elle est acotvlédone, acotyledonea si elle en développe un, elle est nionocotylédone, monocotyledonea ; si elle en a deux , dicotylédone, dicotyledonca ; si elle en a plus de deux , elle est polycotylédone , polycotyledonca.
On étudie ensuite 1°. leur consistante; 2°. leur surface; 3°. leur grandeur; 4°. leur disposition propre et relative ; 5°. leur forme ; 6°. leur contour; 70. enfin leur^insertion.
10. Consistance, Lfe peuvent être charnus, carnosœ, épais et suç^Rens; foliacés , foliaceœ, minces et quelquefois î^mé&JÊ m me des feuilles.
a 0 . Surface. I^Roi^Ronctués J punctatœ i chargés Je points traj^prens ; nervés, nervatœ, avec nervures; innej^K , enerviœ , sans nervures*
3o. GnuiiÊm\ Grands, magnœ ; moyens , médiocres; pciltjjparvœ ; très petits, parmlœ ; longs, longœ\ courts , brèves ; accourcis , abreviatœ; larges , latœ; étroits , angustœ; épais , crassœ.
4°. Disposition. Ils sont latéraux, latérales , d'un seul côté; opposés, oppositœ , attachés à la même hauteur, mais sur deux points opposés; verticillés, verticillatœ , au nombre de trois au moins, naissant à la même hauteur autour d'un axe commun ; contigus, configure, appliqués l'un contre l'autre par leur face interne; divergens, divergentes, «'écartant l'un de l'autre par leur sommet ; réflé-»
OER MJ NATION. 2 3 chis , reflexœ, recourbant leur sommet près du collet de la radicule, et dans ce cas ils peuvent être réfléchis par leurs faces ; a faciebus reflexœ , quand ils présentent la face à la radicule , ou réfléchis par les côtés; a lateribus reflexœ , lorsqu'ils lui présentent les côtés ; circinés , wrcinatœ, roulés en spirale du haut en bas; convolutés, convolutœ , roulés en spirale dans leut longueur; mutuellement équitans, se invicem inquitantes : la moitié de l'un .plié dans sa longueur, reçoit dans son pli la moitié de l'autre plié de la même manière ; condupliqués , conduplicatœ, appliqués face à face , et pliés en deux dans leur longueur; plissés, plicatœ, plissés comme un éventail fermé; chiffonnés, contournés , corrug+œ , contortuplicatœ , plissés et pliés irrégulièrement comme une étoffe froissée ; fenêtrés , pertusœ , percés de grands trous; entre-greffés , coalitœ, réunis après la maturité , et ne formant qu'une seule masse. '
5°. Forme. Semblables , similes , de même forme et grandeur; dissemblables, dissimiles, quand tous n'ont pas la même forme ou la même grandeur ; allongés, elongatœ^u moins deux fois et demie plus longs que larges ; linéaires, lincares , aplatis , longs , étroits, à côtés à peu près parallèles; semi-cylindriques, semicylindrici, allongés , convexes sur une face, plans de l'autre; falqué» ou en faux, falcatœ , allongés, courbés sur un côté comme la lame d'une faux ; lancéolés, lanceolatœ, en forme de fer de lance ; cordiformes , cordiformes , en forme de cœur ; réniformes, reniformes , en forme de rein : elliptiques, ellipticœ, ovales , d'un tiers environ plus longs que larges; ovales, ovales, ayant la forme d'un œuf, mais abstraction faite de l'épaisseur; orbiculaires , orbicùlarcs, subrotundœ , plus ou moins arrondis.
6°. Contour. Les cotylédons peuvent être entiers, mtegrœ , quand leurs bords sont sans dents/, ni lobes,™* sinuosités ; lobés , ïobatœ, divisés profondé-
34 OIX>SSQLOGIE.
ment en deux ou plusieurs lobes : on dit alors quïls sont bilobés , bilobatœ; trilobés , trilobatœ etc. ; pmnatifides , p'mnatifidœ , allongés et divisés en plusieurs lobes sur les côtés.
70. Insertion. On dit les -cotylédons pétioles, jwtiolatœ, quand ils se resserrent à la base en manière de pétiole ; sessiles , sessiks, sans pétiole ; articulés , articulatœ, resserrés à leur base, comme articulés ; confluens', confluentes , confondus ensemble à leur base; peltés , peltatœ, en forme de bouclier, attachés à l'embryon par leur face.
Toutes ces affections des cotylédons peuvent se trouver et se rendre par les mêmes termes dans les feuilles caractéristiques.
Quand les cotylédons restent cacbés sous terre pendant la germination , comme par exemple dans les graminées , on les dit hypogés , hypogeœ ; si , au contraire, ils se montrent hors de terre, lis sont épigés , epigcœ.
§. IL ou collet (Cotlum).
On donne ce nom à cette partie, souvent peu distincte, de laplantule,qui se trouve placée entre les deux cotytédons et entre la,plumule et la radicule (pl. J 9 fig. i.^Ona proposé d en tirer quelques caractères, mais comme il est souvent à peine visible dans une graine avant*on développement , la botanique descriptive ne s'en est jamais occupée.
§. III. DB Là PLtJMULB (Plumula).
C'est la partie de l'embryon <jui s'élève au-dessus des cotylédons, et qui est destinée à former dans la nouvelle plante toutes les parties qui s élèvent en sens opposé aux racines (pl. l*fig- 1 » e )* ^ n y observe la tigelle , tigella , cauUculus (pl. I,fig.* *), et la gemmule , gemmula ( pl. I,fig.n,b).
La tigelle^raanque quelquefois, alors la gemmule