‹ Manuel complet de l'amateur de rosesChapitre 15 sur 69 · P ESPÈCE · texte numérisé non relu

P ESPÈCE

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les caractères les plus trancUaus sur lesquels nou3 les a, dus établit».

jaune capucine

5 e tribu, des pimpineUifotuv, l’autre dans leur 8 e tribu, des rubiginosœ.

Nous appuierons d’abord notre opinion sur celle du plus grand des botanistes, sur celle de Linnée ; nous l’appuierons encore sur celle de Berler, Gérard, Rai, et encçre sur celle de Brotero, savant auteur d’une flore du Portugal (t), publiée en 1801 ; puis nous discuterons.

i° Une espèce doit avoir un type croissant à l’état sauvage dans quelque partie de la terre ; sans cette condition rigoureuse, un individu quelconque n’est qu’une variété façonnée par une longue domesticité ou par la culture. Or^ on n’a jamais vu le rosa sutpliurea que dans des jardins, et son type sauvage est aussi inconnu que le pays qu’il pourrait habiter.

2 0 Une espèce a toujours reçu de la nature la faculté de se reproduire par des graines , et le rosa sulpliurea n’en produit pas. Du moins je n’en ai jamais vu que cinq recueillies par M. Hardy, après plusieurs années de recherches; cet habile cultivateur de roses les a semées, et je n’ai pas appris qu’il en ait obtenu des résultats.

3 ° Les espèces sont toujours à fleurs simples, car le doublement de la corolle est un signe certain d’altération produit par une surabondance de sève qui se porte aux étamines et aux styles, et les métamorphose en pétales-. Cette aU tération ne peut produire qu’une variété, sans quoi il faudrait établir quinze ou dix-huit cents espèces dans les genres rosier, dahlia, œillet, camellia, etc., etc.

Il faut donc que la rose jaune double de nos jardins ait nn type au moins dans nos jardins, et ce type est la rose -jaune simple , qui se trouve également à l’état sauvage dans l’Orient et dans le midi de la France.

Comme on le voit, si le simple bon sens indique que nous devons chercher le type du rosa sulpliurca dans nos jardins, fl nous indique aussi qu’il faut le chercher dans les roses qui °ut le plus d’analogie avec lui.

Mais ces analogies, les prendrons-nous dans le faciès général de l’arbrisseau, dans la couleur physiologique de sa fleur, ou dans des caractères légers et éphémères, comme nous l’avons prouvé au chapitre de l’imporlafice des carac.tàres spécifiques , page 78; c’est ce qui nous reste à discuter , et pour cela nous allons donner textuellement les ca-

(i) Phjlologia lusilanica select». ; Olisponi, 1S01.

ractères distinctifs imposés par Lindley aux deux tribus dans lesquelles il place nos deux rosiers.

PimpineHifoliœ. Rubtginosœ.

Soyeux; aiguillons serrés, Aiguillons inégaux, quelpresqu’égaux, ouinermes (i). quefois sétiformes , rarement (ou peut-être jamais) nuis (2).

On voit que, quant aux aiguillons, le caractère est insuffisant, car il n'existe aucune différence entre des aiguillons presqu’égaux ou inégaux , eùtre des aiguillons sétiformes et des soies.Le lutea a dessoiesà la base des rameaux et des jets, comme le Siilphurca, seulement elles sont moins abondantes et ne paraissent guère que sur les rameaux les plus vigoureux.

Point de bractées, ou très .

rarement des bractées;

Folioles ovales ou oblon-

Folioles ovales ou oblongues, glanduleuses, à dents divergentes.

Le lutea on eglanleria n’a pas de bractées, quoiqu’il n’en soit pas fait mention dans les caractères de sa tribu.

Tous deux ont les folioles ovales ou oblongues ; il ne reste donc plus que le caractère si variable des glandes, mais il a d’autant moins d’importance qu’on retrouve des glandes sur quelques autres parties du sulphurca, et entre autres sur le tube de son calice.

Sépales persistantes, con-j Sépales persistantes,

niventes. I

Ce caractère convient également à tous deux.

Disque presque nul. I Disque épaissi. Rejets ar-

jqués.

Le sulphurea doit naturellement avoir le disque plus oblitéré que le lulca, par la raison que ses fleurs sont très doubles, en cela il suit la loi ordinaire et générale. ^

A présent que le lecteur a pu apprécier les caractères qui ont fait placer ces rosiers dans deux tribus differentes, nous

(1) Setigeræ ; arrais confertis , subconformibus ; vcl inermes ; ebracteat*

(rarissime bracteatse) foliola ovata , vel oblonga; scpala conniventia, persis- . tentia. Discus subnullus. Lindley. !

(2) Aculei inæquales , nuncseti'formes, rarb ( an unquàm) nulli.

ovata , vel oblonga , glandulosa , serraturis divergentibus. Scpala pcrsisteajja. Discus incrassatus. Surculi arcuati. Lindley.

DES EOSES. n5

allons le mettre à même de comparer de la même manière leurs caractères spécifiques.

Sulpliurea.

Stipules linéaires, dilatées au sommet, divariquées (1).

Folioles glauques, un peu planes.

t Tube du calice hémisphérique.

Eglanicria.

Aiguillons droits (2).

Folioles planes, concaves.

Calice presqu’inerme, entier.

Les aiguillons du sutphurea sont ordinairement droits* seulement les plus longs sont un peu courbés, ce qui ne se voit pas dans le lulea.

Les stipules sont dans tous deux, étroites à leur base, dilatées et divariquées à leur sommet.

• Leurs folioles sont planes, plus ou moins concaves.

Dans tous deux le tube du calice est globuleux, glabre ou parsemé de poils.

D’après ce rapprochement, le lecteur peut juger si c’est Linnée qui a eu tort de confondre ces deux rosiers en une seule espèce, ou si le tort est du côté des nomenclateurs modernes.

D’ailleurs, les amateurs, les jardiniers, et toutes les personnes qui dédaignent les minuties botaniques, en jugeant ces deux arbrisseaux par leur physionomie, n’ont jamais hésité à les regarder comme deux variétés de la môme espèce. Aucun ne s’est figuré qu’il pouvait manquer de type spécifique sauvage, ce qui serait une erreur mathématique, car tous les végétaux qui peuplent nos jardins ont nécessairement habité les bois et les champs avant qu’il y eût des jardins; bien moins encore s lorsqu’ils avaient sous les yeux lestant cria et le sulpliurea, ont-ils été s’imaginer de prenne une loupe pour voir si, au moyen de quelques glandes et de quelques poils microscopiques, ils ne pourraient pas aire la glorieuse découverte qui assignerait pour origine à a rose jaune double, non pas la rose jaune simple, mais Uu ® alpina ou une pimprenelie.

«L de Pronville s’étonne que les gens du monde, ignorans, OQfçmdent ces deux rosiers ; quant à moi, je suis bien plus

r l,p,,!i . S 1 i nearibus > ‘V ce Ailatatis , divaricatis; foliolis glâucis , pla- (.0 A 5 tllbu hcmis P bL ''-.co. Lindl. mon. p. /,ü. ‘

ktegrij. * S rectisi foliolis plauia, concavis; calycibus subincrmibus.

inj.' MONOGRAPHIE

étonné que les savans aient voulu faire de la science jusqu’au point de tomber dans de pareils systèmes de minuties.

Caractères spécifiques.

Arbrisseau de quatre à neuf pieds.

Branciibs d’un brun plus ou moins jaunâtre, plus ou moins munies d’aiguillons et de soies.

Aiguillons inégaux, pâles, droits , épars , les pins forts un peu crochus, les plus faibles dégénérant en soies.

Rejets droits, soyeux.

Feuilles d’un vert plus ou moins glauque, de cinq à sept folioles.

Stipules étroits, dilatés et divariqués à leur sommet.

Pétioles nus ou cotonneux, portant quelquefois des aiguillons ou des glandes.

Folioles elliptiques ou ovales, simplement ou doublement dentées, d’un vert noirâtre ou grisâtre en dessus,, velues ou bleuâtres, en dessous.

Fleurs grandes, d’un jaune jonquille, solitaires.

Bractées nulles.

Pédoncules inermes, quelquefois glanduleux.

Tube du calice hémisphérique, très rarement ovale.

Disque épaissi ou oblitéré.

Sépales simples ou un peu divisées.

Pétales presque cordiformes.

Styles velus, séparés.

Fruit globuleux dans sa maturité.

Cet arbrisseau croît spontanément en Piémont, en Prot vencc, et dans les haies des environs de Soissons.

Synonymie .

Rosa Lutca , Lindl. Pronv. Mill. Willd. Ait.

— eglantcria, Linn. Decand. Pers. Redout.

— sulfurea ; Lindl. Pronv. Ait. Willd. Pers. Smith. Redout.

Variétés.

I. ROSE JAUNE, rose églantiére. PI. 5 . Rosacglanlcria , Lin. Wiebl. Roth. Decand. Pers. Mcrat. Redouté. Rosa lutca, Lindl. Dodon. Bauli. Miller. Duroi. Moensch. Willd. Lawr. Curt. Ait. Gmel. Smith. Rau. Pronv. Rosa fælida, Ilerman. Allion. Rosa chloropliylla, Elir. Rosa ccrca, Roessig.

Arbrisseau diffus, peu rameux, de quatre pieds de hau*

teur dans nos jardins, de sept à huit à l’Étal sauvage. Branches presque droites, d’un brun foncé et luisant, armées d’aiguillons pâles, droits, presque égaux, épars. Rejets couverts d’aiguillons plus épais, entremêlés de quelques soies. Feuilles quelquefois luisantes et visqueuses , surtout au printems, composées de cinq à neuf folioles elliptiques ou ovales, concaves, glabres et lisses en dessus, glanduleuses, odorantes, et souvent un peu velues en dessous, à dentelures doubles et glanduleuses. Stipules étroites, entières, glabres, frangées de glandes, roulées en dessous à leur base, dilatées, planes et subulées au sommet. Pétioles nus ou cotonneux, rarement glanduleux. Fleurs grandes, simples, d’un jaune foncé, en godet, solitaires, exhalant une odeur désagréable, paraissant en mai. Pédoncules et * tube du calice inermes, ce dernier luisant, ovale ou globuleux; sépales un peu hispides-glanduleuses, trois d’entre elles portant presque toujours ensemble trois à cinq petits appendices subulés ; disque épaissi ; styles velus, séparés; fruit globuleux, déprimé, couronné par les sépales qui sont renversées.

Presque toujours les fruits de ce charmant arbrisseau, que l’on trouve dans tout le midi de la France, se dessèchent et avortent quand la fleur est passée.

i. Rosier capucine. PI. 3. (rosa lulea bicolor, Lawr. Ait. Jacquin. Rosa eglanlcria punicca , Redouté. Rosa lulea puni cru, Lindl. Rosa punicca, Mill. Duroi. Roess. Rosa cinnamomea , Roth.) Cette sous-variété ne diffère guère de son type que par ses fleurs d’un jaune pâle en dehors ; en dedans d’un rouge ponceau ou capucine. J’en ai eu un pied, dans les environs de Lyon, dont toutes les fleurs avaient des pétales entremêlés, les uns rouges et les autres jaunes.

a. Rose jaune pal»-. ( Rosa lulea pallida , Pronville. ) Ce gosier, cultivé au grand potager de Versailles, a été obtenu, dit H. de Pronville, des graines du lutca bicolor. Il diffère de sa mère par ses rameaux très épineux, et par ses fleurs qui sont d’un jaune de soufre.

3. Spinosissima a fleurs jaunes, Vibert. Celui-ci, selon 1 opinion de M. de Pronville, ne serait qu’une variété hyoïde du lutca , dont il diffère par ses (leurs plus pâles , par j ^ branches plus feuillées, et par ses folioles plus petites.

4* Rose jaune double. (Rosa flava pleno flore , Clus. Rosa j p ea multiplex,* Park. Germ. Rosa hemisphœrica , Herm. l°sa glatieophylia , Ehr. Rosa sulphurea, Lindl. Ail. Willd.

^vvr. Pers. s m jth, Rçdout, K a'. Gmel, liosa lulea, Bro.t.

J jg monogeafhie

Rosa lulea, Var. Linnée.) Arbrisseau de huit à neuf pieds; branches d’un brun plus ou moins jaunâtre, armées d’aiguillons pâles, épars et inégaux; feuilles d’un vert glauque foncé, composées de cinq à neuf folioles elliptiques, oblongues ou obovées, obtuses, à dents aigues, profondes, or- u dinairement simples. Stipules étroites, plates, dilatées eu fourche et grossièrement dentelées à leur sommet, sans pubescence. Pétiole un peu glandulaire; fleurs grandes, très pleines * globuleuses et régulières, d’un beau jaune. Pédoncules et calices, ou nus ou glanduleux.

Cette rose ne le cède en beauté à aucune autre, mais elle a le défaut d’épanouir très difficilement, surtout si l’on soumet l’arbrisseau à la taille. Dans les terres fort humides et même marécageuses, ses fleurs éclosent plus facilement, .

dl 5 ° Pompon jaune. ( Rosa sutpliureaminor, Poiret.) Arbuste nain; rameaux grêles, couverts jusqu’à l’extrémité de longues soies ; point d’aiguillons ; feuilles très rapprochées, a folioles petites ; fleurs très petites, pleines , d’un jaune de soufre, moins nombreuses que dans le précédent, et s epanouissant avec encore plus de difficultés.

5 e espece; race.

ROSE HÉRISSON. Rosa ferox. PI. 4 *

Observation. Sous ce nom, nous comprenons trois roses^ ayant fourni trois espèces aux auteurs ; savoir : les ron ru* g osa, ferox , et hamtschatica. Nous allons étudier la.valeur des caractères sur lesquels ils ont établi les trois espèces que nous réduiséns à une.

x» Leur rosier rugosa est indigène du Japon, d’où il n’est pas encore sorti vivant, du moins à notre connaissance , «• oiionle nomme ramanas . Thumberg,le seul qui 1 ait vu ? donne une description tout-à-fait insuffisante pour q« on puisse le distinguer du ferox et du hamtschatica , connu l’avoue Lindley. . '

Mais dans la' collection des dessins japonais de la biùiio thèque de S. Jos. Banks, on a découvert une peinture rose, étiquetée vamanas, d’où l’on a tiré de singulière conséquences. Vamanas et ramanas sont indubitablemen même mot, et doivent signifier la même chose; or, “ dessin japonais, fait par des peintres qui ignorent jusqu a nom de la botanique, doivent être d’une exactitude bo ta *

jjg mcwographie

Rosalulea, Var. Linnée.! Arbriww*»" d- hr ." '

•milieu;s pâles, «: inégaux; («in les du» vert ^ .q;-—|

ibucé, compov-.-s de cinq a neuf ioiioles ell.pltques, obion- -»ues ou ob obtuses, à dénis ai g >>••'•* '«»««» > ül " M

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v ;. ,,bub u;i:s el régu-ières , d'un beau jaune. Pédo:. U|

«nû'-s et calices, ou uns ou glanduleux.

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