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Au siècle des métamorphoses La Déesse les vit écloses Du sans; vermeil de son amant.
Quand l’Amour danse avec les Grâces, La rose orne ses beaux cheveux ;
La rose est le plaisir des Dieux,
Le Zéphir en est amoureux Et Flore en parfume ses traces.
On aime à cueillir ses boutons.
Malgré leur épine cruelle:
Les Muses la trouvent si belle Qu’elle est l’objet de leurs chansons.
Mais elle ira bientôt parer le noir rivage O U... and, compile »...
Eh! <l«c laisserons-nous après ce * t
gS M nouvelle. =
Profitons du jour serein Que ramène la nature ; L’impénétrable destin A caché le lendemain Dans la nuit la plus obscure.
Loin de nous, chagrin, tourment,
Inquiétude ennemie 1
La saine philosophie
Est de voyager gaîment
Sur la route de la vie :
On n’y paraît qu’un instant ;
Je le donne â la Folie,
Et ie m’en irai content Dans l’abîme où tout s’oublie.
M. Ro S er ne le cède guère au poète précédent pourl , grâce et l’inspiration.
Quand l’haleine des doux Zéphirs Et la verdure renaissante Annoncent la saison charmante Et de l’amour et des plaisirs,
Vainement mille fleurs ecloscs Inné fent la main des amans, êK croit revoir le pnntems Qu’en voyant renaître les roses.
Parmi les filles du Matin,
C’est la rose qu’ Amour préféré ,
Vénus aux fêtes de Cytherc,
En pare sa tête et son sein.
Sur sa corolle demi-close Zéobir se plaît à voltiger .
Le papillon le plus léger Se fixe en voyant une rose.
Des plus aimables dons des cieux ,
ËSïStfe-
Qui nous sert à peindre les Dieux Lorsque P Aurore se dispose,
A sortir des bras de 1 Amour ,
Pour ouvrir les portes du Jour
OnTui donne des doigts de rose.
Voyez dans cet humble réduit Cette beauté simple et touchante .
Sa bouche est la rose naissante One le plaisir épanouit :
Son sein, où V Amour se repose , .
Efface la blancheur du lis ,
Mais qui lui donne tant de prix •
N’est-ce pas le bouton de rose ?
Toi dont les charmes séducteurs
On apprend à chanter la rose.
Quelquefois ils ^ m iV
diquer sa pâleur, et la rouge, le feu qui embrâsaitson cœur* Il y joignait ces quatre vers.
Pour toi, Daphné, ces fleurs viennent d’éclore:
Vois, l’une est blanche, et l’autre se colore ’
D’un vif éclat : l’une peint ma pâleur ,
L’autre mes feux ; toutes deux mon malheur.
Malherbe écrivit sur le tombeau d’une jeune enfant.
Elle était de ce monde, où les plus belles choses Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses.
L’espace d’un matin.
Madame de Latour veut-elle peindre ce délaissement qui suit toujours la perte de la beauté, elle emprunte ces deux stances aux amours de Leucippe.
Aimable rose ! au lever de l’aurore,
Un essaim de zéphirs badine autour de toi;
Chacun d’eux jure qu’il t’adore ;
Chacun d’eux te promet une éternelle foi.
Mais le soleil, en se couchant dans l’onde,
Voit à leurs tendres soins succéder le mépris :
La troupe ingrate et vagabonde Déserte sans scrupule avec ton coloris.
Hoffman donne aux jeunes gens ce conseil toujours si raisonnable, toujours si mal écouté.
Aimable fleur à peine éclose,
Défiez-vous de Cupidon ;
Il regrettera le bouton Quand il aura fané la rose.
L’abbé de Chassaigne sait l’art d’allier les idées tristes et. mélancoliques aux plus séduisantes images.
Roses, en qui je vois paraître Uu éclat si vif et si doux,
Vous mourrez bientôt ; mais peut-être Dois-je mourir plus tôt que vous :
La mort que mon âme redoute,
Peut m’arriver incessamment.
Vous mourrez en un jour, sans doute.
Et moi, peut-être, en un moment.
Gentil-Bernard compare la rose à sa maîtresse , et charge la fleur d’une mission plus voluptueusement philosophique que morale.
Tendre fruit des pleurs de l’Aurore, Toi dont Zéphire va jouir,
Reine de l’empire de Flore ,
Ilâte-toi de t’épanouir.
Que dis-je ? hélas ! crains de paraître, Diffère un moment de t’ouvrir :
L’instant qui doit te faire naître Est celui qui doit te flé'trir.
Thémire est une fleur nouvelle Qui subira la même loi :
Rose, tu dois briller comme elle ;
Elle doit passer comme toi.
Quitte cette tige épineuse ,
Prête-lui tes vives couleurs ;
Tu dois être la plus heureuse Comme la plus belle des fleurs.
Vas, meurs sur le sein de Thémire ; Qu’il soit ton trône et ton tombeau :
Jaloux de ton sort, je n’aspire Qu’au bonheur d’un trépas si beau.
Suis la main qui va te conduire Du côté que tu dois pencher :
Éclate h nos yeux sans leur nuire, Pare son sein sans le cacher.
Mais si quelqu’autre main s’avance, Si quelqu’amant est mon égal.
Emporte avec toi ma vengeance , Garde une épine à mon rival.
Tu vivras plus d’un jour, peut-être.
Sur l’autel que tu dois parer :
Un soupir t’y fera renaître,
Si Thémire peut soupirer.
Fais-lui sentir par mes alarmes Le prix du plus grand de ses biens ; En voyant expirer tes charmes Qu’elle apprenne à jouir des siens.
niSTOiBffi
Danchet à dit :
Les roses nouvelles Pour paraître belles N’ont dans leur printems Que quelques instans :
Pour plaire comme elles L’amour n’a qu’un tems.
Favart, plus galant que Danchet, veut que les roses soient plus belles, placées sur le sein de sa maîtresse.
Tendres filles de Flore,
Image du plaisir,
Collette, dès l’aurore ,
Viendra pour vous cueillir;
Vous brillerez près d’elle D’un éclat plus parfait :
C’est le sein d’une belle Qui pare le bouquet.
Monsieur de Saint-Brice disait à madame S. B. qui avait attaché à son côté une rose artificielle très bien laite :
De la fleur qu’embellit ton sein J’admire l’élégant ouvrage ;
C’est de la rose du matin ,
Lise, la plus parfaite image ;
Et l’on dira, si p-ar hasard On en découvre l’imposture .*■
Voici le chef-d’œuvre de l’art Près de celui de la nature.
De Levre parvient à nous faire de la rose, cet emblème de l’amour et de la volupté, le symbole de la pudeur.
Vous dont la gloire est d’être belle,
D’un sexe aimable jeune fleur,
Prenez la rose pour modèle,
. Son éclat naît de sa pudeur.
Cet ornement de la nature Se cache sous un arbrisseau ,
Et , pour garder sa beauté pure ,
Arme d’épines son berceau.
Riche des présens de l’aurore ,
Tant qu’elle fuit le dieu du jour.
Moins on la voit, plus on l’honore :
La sagesse enflamme l’amour.
Constant Dubos poursuit la même idée.
i eune Églé, veux-tu de là rose Conserver lon'g-tems la fraîcheur.
Songe qu’à cette fleur si tendre La Nature sut attacher Une feuille pour la cacher,
Une épine pour-la défendre.
Mais hélas ! cette épine est trop souvent »“P uiB ^ J £ tre une main chérie qui tente de l’arracher, telle est pensée de Guillemain.
Jeune fille est le bouton frais De la rose prête d’éclore ;
Ce bouton est si cher à Flore ,
Qu’une épine en défend l’accès.
L’aiguillon perce, il assassine Le vieillard qui le vient cueillir Qu’un jeune amant vienne s’offrir,
Le bouton s’ouvre et plus d épine.
Pour lè« poètes de notre te.»s, ls rose est encor.• ™> sujet aussi intéressant qu'inépmsiiMe. M. doo ,
conter sa naissance dans une charmante pie la fin respire la plus douce mélancolie.
Ah ! que la main des Dieux en bontés est féconde !
Lorsqu’elle eut sur les champs De l’épi nourricier courbé la tête blonde ,
Quand pour charmer les soucis et les ans»
Me eut noirci la grappe au penchant des co line , L’homme admira ces largesses divines.
C’est peu, le ciel voulut, par un excès d amour ,
De l’homme encore embellir le séjour .
En se jouant, chaque Dieu fit eclorc,
Mainte fleur qu’à son goût il parfume et colore.
Filles des Dieux, et quoique sœurs,
On les voit différer de parfums , de couleurs ,
De formes et surtout de mœurs.
Jusqu’alors le seul lis que Minerve fit naître ,
De ces frêles tribus était l’orgueilleux maître >
Et sa tige et son front, brillant de pureté,
Mariaient l’élégance avec la majesté.
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Ce don était digne de la déesse A qui l’on doit l’arbre heureux de la paix ;
Mais Hébé , mais Vénus, la Grâce et la Jeunesse D’aucune fleur encor n’avait conçu les traits.
Minerve jusqu’alors doute de son succès ;
Elle a présent aux yeux Pâris et ses arrêts ,
Et cette pomme fatale Qu’aux bosquets de l’Ida mérita sa rivale.
Hébé , Vénus conçoivent une fleur;
Pour l’embellir leur ardeur est égale :
Vénus de son beau sein lui donne la rondeur.
De son teint lui transmet la suave fraîcheur L’éclat , le charme et la tendre couleur ;
Hébé qui des amours suit sans cesse la reine,,
Se penchant sur la fleur qui s’entrouvrait à peine | Eui soufle le parfum de sa céleste haleine.
La Rose fut son nom.
Pallas vaincue admire de ce don Les parfums, la forme et la grâce :
Le Iis eut la seconde place.
La rose est l’ornement de la terre et des deux ; Ganimède l’effeuille aux longs banquets des Dieux ; Quand Phœbé pâlissant au front du ciel s’efface, L’Aurore en sème à pleine main Le seuil doré des palais du Matin ;
Et quand Vesper ramène les étoiles Le douteux crépuscule en sème encor ses voiles ;
Les Grâces en dansant en forment des festons.
Sur les sommets des prophétiques monts Les Muses en chantant en fleurissent leur lyre,
Et jusqu’en son sommeil Sybaris la respire.
Ah ! que la rose encore est belle en ses leçons 1 Elle est dans un festin la couronne du sage ,
Elle semble lui dire au sein même des jeux :
«Vide ta coupe, hélas! hâte-toi d’être heureux 1 » Ainsi que moi, peut-être une journée » Bornera ta destinée ! »
La rose pour l’himen sc façonne en berceaux ;
C’est la fleur des banquets, c’est la fleur des tombeaux Des morts c’est la consolatrice!
Lorsqu’une tendre épouse ou qu’une amante en pleurs Les a couverts du doux poids de ses fleurs ,
Leur ombre croit encore en leurs molles odeurs De la vie et du jour respirer le délice.
De leurs riantes couleurs
DES EOSES.
Quand je ne serai plus, une main triste et qhère Viendra-t-elle égayer mon tertre funéraire?
Serai-je regretté !
Si personne ne vient, roses que je chantai,
De vous-même naissant, au retour de l’année ,
Peuplez de vos bosquets ma tombe abandonnée.
Nous terminerons par une Guirlande de Roses , pour nous servir de l’expression consacrée, dont chaque pièce sera choisie parmi les auteurs les plus célèbres.
Pabny.
Lorsque Vénus sortant du sein des mers.
Sourit aux dieux charmés de sa présence ,
Un nouvoau jour éclaira l’univers :
Dans ce moment la rose prit naissance.