‹ Manuel complet de l'essayeurChapitre 11 sur 46 · CUIVRE RESTANT · texte numérisé non relu

CUIVRE RESTANT

après la coupellation.

QUANTITE de plomb consommé pour entraîner le cuivre.

3oo 5oo io5o

B'où Ton voit que le plomb a entraîné de un cinquième à un dixième de son poids de cuivre. On peut consommer encore beaucoup moins de plomb dans une coupellation, en faisant en sorte que Falliage se maintienne riche en cuivre pendant toute la durée de Topération. On y parvient en introduisant du plomb , dans la coupelle, à petites doses, et au fur et à mesure qu'il disparaît par Foxidation. Si par exemple on fond un alliage composé de 4 p. de cuivre et i p. d'argent avec 10 p. de plomb, et qu'on en ajoute successivement de petites dans celui-ci, ainsi que nous venons de l'indiquer, on n'en consomme au total que 7 p. , tandis qu'en procédant comme on le fait ordinairement, il en faudrait 16 à 17. La proportion d'oxide de cuivre contenu dans la iitharge doit venir à chaque instant et aller sans cesse en croissant, lorsqu'on coupelle un alliage de cuivre et de plomb que renferme un excès de cuivre : selon M. Karsten, cette proportion est alors d'environ 0,1 3 au commencement de Topéralion, et de o,36, ou plus d'un tiers à la fin.

Manière de séparer l'argent de l'eau forte dans laquelle il est dissout.

Pour séparer l'argent qu'on a mêlé avec l'or dans ^'iuquartation, on est obligé d'employer l'eau forte, fj[ui le dissout. Lorsqu'on a une certaine quantité de ces dissolutions, on les réunit dans de grandes terrines de grès , auxquelles on joint les lavages des cornets d'or. On met ensuite dans ces dissolutions des planches de cuivre rouge qu'on y laisse séjourner , jusqu'à ce que tout l'argent soit précipité; ce qu'on reconnaît lor>-

qu'après avoir enlevé de dessus les planches de cuivre la couche d'argent qui s'y était déposé', et après avoir agité la liqueur dans toutes ses parties, il ne s'en forme plus de nouvelle ; et encore en en prenant une petite portion dans un verre , et en y versant une dissolulion de sel marin : s'il ne se forme point de précipité blanc , c'est un signe qu'elle ne conlieni plus d'argent ; dans le cas contraire, il faudra y laisser les lames de cuivre encore quelque temps.

Celle opération dure plus ou moins long-temps, suivant la masse et la densité de la liqueur, l'étendue plus ou moins grande des surfaces des lames de cuivre , et la température de l'atmosphère. On peut en diminuer la durée, en renouvelant de temps en temps les points de contact entre la liqueur et les plaques de cuivre. Lorsqu'on s'est assuré, comme il a été dit plus haut, que la totalité de l'argent est séparée, on décante la liqueur, qui est alors une dissolution de cuivre, dans l'eau forte , en prenant garde d'entraîner avec elle des parties d'argent, qui sont Irès-divisées dans cet état ; on verse sur ce dernier une grande quantité d'eau de fontaine bien claire; on agite fortement le tout ensemble, pour favoriser la dissolulioa du cuivre et bien laver l'argent; on laisse déposer ce dernier, et lorsque l'eau s'est éclaircie, on la décante à son tour; on continue ainsi ces lavages jusqu'à ce que l'eau ne contienne plus aucune trace de cuivre, ce dont on s'assyre en y versant un peu d'alcali volatil qui ne doit y produire aucun changement , même après plusieurs heures; si elle contenait encore du cuivre, il lui communiquerait une couleur bleue.

On prend alors l'argent qui est sous la forme de

poussière d'un blauc grisâtre, et qu'on nomme faussement, dans les affinages, argent en chaux; on le fond dans un creuset de terre, avec un quart de son poids, d'un mélange de six parties de salpêtre et d'une partie de sous-borate de soude {borax ); lorsque la matière est en fonte tranquille , on la coule dans une lingotière plate , qu'on a eu soin de graisser avant avec un peu de suif. Le lingot étant refroidi , on le plonge dans de l'eau pour en détacher les parties salines qui pourraient y être restées.

Si cette opération a été faite avec tout le soin nécessaire, l'argent est aussi près du degré de pureté qu'il peut atteindre par ce procédé, et il peut servir de nou- Yeau pour l'inquartation de l'or; il ne lui manque pluç alors que d'être forgé et laminé pour qu'on puisse le couper plus facilement.

Quand à la dissolution du cuivre , on peut en retirer l'eau forte par la distillation ; mais comme elle contient une trop grande quantité d'eau pour y être soumise immédiatement avec avantage , on la fait réduire par l'ébuUition dans des chaudières de cuivre rouge , au moins à la moitié de son volume. Ce moyen a l'avantage de saturer de cuivre lu portion d'acide encore libre dans la liqueur, de concentrer la dissolution à moins de frais- On met aussi cette liqueur concentrée dans des curcubites de grès munie de chapiteaux et placées sur un fourneau de galère ; après avoir lulé les chapiteaux avec de la terre et y avoir adapté des récipiens, on chauffe le fourneau avec du bois, et on distille la liqueur jusqu'à siccité. Il est bon de séparer l'acide en deux portions égales: la première passée pourrait servir à l'opération du départ , et la seconde à la reprise du cornet.

Celle eau forts est alors très-pure, et n'a pas Lesoin d'être précipitée comme celle du commerce. Le cuivre reste au fond des curcubites sons la forme d'une poudre brune-noirâlre, qu'il suffit de rassembler et de fondre dans un creuset avec partie égale de flux noir, et d'un peu de poix-résine , pour le faire servir au même usage qu'auparavant.

Au moyeu de ces procédés, on voit qu'on ne perd que la portion d'eau forte qui s'évapore pendant Fopération du départ : cepentlaiU leur exécution n'est véritablement avantageuse que dans les bureaux de garantie où il y a beaucoup de travail et où l'on consomme une grande quantité d'eau forte.

Instruction pour retirer l'or et l'argent de la liqueur qui a servi à mettre les bijoux d'or en couleur,

M. Couturier, fabricant de chaînes à maillons, s'étant aperçu depuis long-temps que les chaînes qu'il mettait en couleur perdaient plus en poids qu'elles ne haussaient en titre, s'adressa à moi pour en découvrir la cause. Je fis en conséquence , devant un assez grand nombre de fabricans bijoutiers, l'analyse des eaux de couleur, pour en séparer l'or et l'argent qu'elles contenaient. Il en est résulté que tout l'or et l'argent dissous dans lesdiles eau\ en ont été entièrement retirés par le procédé suivant :

1°. Réunissez vos eaux dans des tonneaux ou dans des pots de Talvanne : ces derniers sont préférables. Lorsque vous aurez une certaine quantité de ces eaux , vous les tirerez à clair de dessus le marc, par le moyeiî qui %'ous paraîtra le plus commode.

ao. Mettez ces eaux claires dans iiii autre tonneau ou dans un autre pot; lavez avec de l'eau le marc resté dans le premier tonneau ; agitez le premier mélange, et laissez reposer jusqu'à ce que la liqueur soit cclaircie ; décantez-le à son tour et réunissez-la avec la première liqueur.

3®. D'une autre part, dissolvez dans l'eau du sulfate de fer ou couperose ver!e : une livre de ce sel est suffisante pour précipiter quatre onces dW.

4°. Mêlez cette dissolution dans vos eaux contenant l'or, remuez continuellement avec uu morceau de bois jusqu'à ce que les liqueurs soient exactement mêlées : c'est à ce moment que l'or se sépare et donne au mélange une couleur brune de marron.

50. Laissez pendant deux jours la liqueur en repos, pour que toutes les parties de l'or qui sont trcs-di visées, aient le temps de se déposer. Quand la liqueur sera éclaircie , décantez-la comme la première fois avec précaution, afin que Tor ne puisse pas être eniraîné.

6®. L'eau étant sortie, lavez le dépôt avec de l'eau dans laquelle vous aurez mis une quantité d'acide sulfurique {huile de ^vitriol) suffisante pour lui donner une saveur acide , comme du fort vinaigre.

Quand cetle eau aura resté pendant deux heures sur le marc, décantez-la comme la première; passez-y ensuite un peu d'eau ordinaire , et opérez de la même manière.

7". Avant de jeter vos eaux dont vous avez séparé l'or, prenez-en la valeur d'une pinte, versez-y environ un quarteron de dissolution de sulfate de fer {couperose verte) ; si elle ne change pas de couleur, ce sera une preuve qu'elle ne contiendra plus d'or; si au contraire

elle devenait encore brune et si elle se troublait, il faudrait ajouter à la totalité de cette liqueur un quarteron de couperose en dissolution , et opérer comme pour la première fois.

8». L'or étant lavé comme il est dit à l'article 6, il faut le ramasser, le faire sécher dans un poêlon de terre bien cuite qu'on fera servir à cette opération tant qu'il pourra durer , et enfin fondre cet or dans un creuset avec une petite quantité de nitrate de potàise {salpêtre) et de sous-borate de soude {borax) pour le réunir. Cet or sera lin.

9°. Quant au sédiment blanc qui se trouve au fond de la couleur, et dont on a parlé en l'article premier, il faut , après l'avoir fait sécher , le fondre dans un creuset avec le salpêtre et le borax mêlés ensemble, qu'on projette par parties dans le creuset, jusqu'à ce que la matière soit en fonte parfaite.

Cette matière, ainsi traitée, donnera de l'argent qui contiendra à peu près deux pour cent d'or.

Table pour convertir les poids de marc en nouveaux poids y publiée par le bureau des poids et mesures.

Fractions

millièm.

Gram.Milliè.

Gros

gram. mill.

de

de

grains.

gram m

o^oo3

^ if 4 i> , 7 '

In »/j

lo/i

onces

Gram. Milllcm.

grains

gram. miil.

2 1 4)Oo I

Explication et usage de la Table.

Celte table est construite de manière que, par une simple addition, on peut convertir en nouveaux poids toute quantité exprimée en livres, onces, gros, grains et fractions de grain, jusqu'aux i6®^ Les exemples suivans en montreront l'usage.

Exemple i^**.

Quelle est la valeur, en nouveaux poids, de 8 livres i3 onces 4 gros 28 grains?

Opération.

Millièmes.

Valeur de

8 livres. . . .

de

i3 onces. . . .

de

4 gros. . . .

de

20 grains. . . .

de

8 grains. . . .

Total,

La valeur demandée en nouveaux poids est donc 4327 grammes 371 millièmes. Cette fraction de 371 millièmes, additive à 4327 grammes, serait ordinairement d'une exactitude superflue ; on pourra le plus souvent en retrancher le dernier ou les deux derniers chiffres, ce qui réduira ces 3 7 1 millièmes , soit à 3 7 centièmes de gramme, soit à 3 dixièmes seulement ; mais dans ce dernier cas, comme le cjiiffre qui vient aprçs 3

surpasse 5 , il sera plus exact de mettre 4 à la place de 3 , et alors ou dirait que le résultat de Topéralion est 4327 grammes 4 dixièmes. XJn dixième de gramme répond à environ deux grains; il faudra donc conserver les dixièmes de grammes , lorsqu'on aura besoin de la précision de deux grains.

Pvemarquez que les 4^27 grammes trouvés sont la même chose que 4 kilogrammes 3 hectogrammes 2 décagrammes 7 grammes ; de même les Syi millièmes de grammes sont la même chose que 3 décigrammes 7 centigrammes I milligramme. Celte décomposition s'emploiera nécessairement quand on voudra peser la même quantité avec de nouveaux poids.

Le poids d'une marchandise étant de i45 livres 12 onces 6 gros, poids de marc, on demande l'expression équivalente en nouveaux poids.

La table ne contient la valeur des livres que jusqu'à 9; mais quand on a la valeur des unités de livre, on a aisément [celle des dixaines et des centaines; il suffît pour cela d'avancer la virgule d'un rang pour les dixaines, de deux pour les centaines, etc., ainsi qu'on le voit dans l'opération suivante :

Exemple //®.

4 dixaines idem. . 1956 5, 84

5 livres. .... 2445, 730 II onces 336, 288

6 gros 22, 929

Grammes.

I centaine de livres. 48914, 6

Total . , 71285, 387

Nota. Dans un si gros poids on peut fort bien oniellre la fraction de gramme , de sorte que l'expression demandée sera 7ia85 grammes; on formera un pareil poids avec 7 myriagrammes i kilogramme % hectogrammes 8 décagrammes et 5 grammes.

Exemple IW,

On propose de convertir en nouvelles expressions un poids de 3 gros 63 grains 5/i6.

Opération,

Gramm. MiHièni.

. II , 484 3 , 184 o , 159 . o , 017

Total 14 , 824

Réponse. Quatorze grammes huit cent vingt-quatre millièmes.

3 gros.

Valeur de^ 6° grains.

3 grains.

5/i6 idem. ,

Table pour concerter les nomeaux poids en poids de marc, publiée par le bureau des poids et mesures.

53" Ml

Grains.

Gros.

Onces.

Livres,

Gramin.

c as 0

I02 3 4 2 122 TO 4 6o

0 0 fi ^fi 3

rDflj

0 C CJ 0

2 0 5 49 4 I 3 26 6 2 I 3 82 6 52 lo 3 4 29 12 4 2 6 14 4 7 55 16 5 5 32 18 3 6 9

T T ^A/. fi

Explication et usage de la Table.

L*objet de cette table est de réduire à une simple addition loute conversion proposée de nouveaux poids en anciens, pourvu que les premiers n'excèdent pas lo myriagrammes , ou environ 204 livres. Il eût été facile de donner à la table une plus grande extension ; mais on a jugé celte limite suffisante , parce que les occasions de convertir les nouveaux poids en anciens seront moins fréquenles que celles de faire l'opération inverse.

Exemple

On demande à quelle valeur en anciens poids de marc répondent 42081 grammes; ou tout au long 4 myriagrammes 2 kilogrammes o hectogramme 8 décagram. I gramme.

Opération,

4 myriagrammes.

2 kilogrammes.

8 décagrammes.

I gramme. . .

Livr. Onc. Gros. Grains.

Total. ... 86 o 3 56,i2t

Réponse, 86 livres o once 3 grps 56 grains 1 21/1000 OU à peu près 1/8 de ^rain,

( io3 )

Exemple 11^.

On propose de convertir 6 grammes 94 millièmes , ou 6 grammes 094 , en anciens poids.

Nous remarquerons, avant tout , que les 94 millièmes de grammes faisant 94 milligrammes , sont la même chose que o décigramme 9 centigrammes 4 milligramm.; or , quoique la table ne soit calculée que jusqu'aux décigrammes, cependant la valeur des décigrammes sert également pour les centigrammes et les milligrammes, en reculant la virgule d'un rang vers la gauche pour les centigrammes, et de deux pour les milligrammes. C'est ce qu'on verra clairement dans le calcul suivant :

Opération,

Gros. Grains.

6 grammes valent, , . . i 41,046 9 cenligrammes valent. . o 1,69569 4 milligrammes valent. . o 0,075364

Somme i 42,817854

Ce n'est que pour bien faire voir l'origine de tous les chiffres, que nous avons laissé jusqu'à six décimales dans celle opération; mais il suffira, dans presque tous les cas, d'écrire une ou deux décimales, en négligeant toutes les aulres.

DaBs cet exemple, si on conserve jusqu'à 3 décimales, le résultat est I gros 42 grains 817 millièmes de grain.

Observons que les divisions du grain en lo, loo, etc., parlies, n'étaient pas en usage, mais bien les divisions en 2 , 4 , 8, i6, etc., parties; si l'on veut donc réduire les 817 millièmes de grain en i6*% on multipliera 817 par 16, ce qui donnera 1807 1 ; et séparant les trois derniers chiffres, il reste i3 qui sont i3 seizièmes; donc la quantité proposée revient à i gros 42 grains i3/i6.

Table pour savoir combien tant de millièmes de fin d'or, ou d'alliage, font de grains par marc^ et réciproquement; publiée pour le bureau des poids et mesures.

milliè.

de fin, elc

grains par marc

milliè.

de fin, etc

grains

de marc.

milliè.

de fin, etc

grains par marc.

millièm.

de fin, elc.

grains par marc.

105 484 110 507 115 530 120 553 125 576 ou 1 oDce

230 1060 235 1083 240 1106 245 1129 250 1152 ou 2 onces

355 1536 360 1659 365 1582 370 1705 375 1728 ou 3 ouces.

480 2212 485 2235 490 2258 495 2281 500 2304 ou 4 onces.

Usage de la table pour la conversion des nouvelles expressions en anciennes.

Ayant reconnu par Topération du départ qu'un lingot de doré contient 148 millièmes d'or, on veut savoir à combien de grains par marc répondent ces 148 millièmes.

Réponse,

Dans la seconde colonne de la table, on trouve que 145 millièmes répondent à 668 grains. . . 668 grains.

Dans la table supplémentaire , on voit que les 3 millièmes de plus répondent à 14 grains, ci. , 14

Total 682

Donc les 148 millièmes d'or existant dans le lingot sont l'équivalant de 682 grains par marc.

Table supplémentaire.

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