ATOMES
o,3ioo
De Pessal de Vor contenant du platine*
La cupidité a quelquefois exercé son génie malfaisant pour introduire dans l'or et dans l'argent une proportion de platine, telle que sa présence fût insensible à l'œil, et telle cependant, qu'elle lui fournit un gain d'autant plus coupable qu'il est plus illicite.
Les essayeurs doivent être d'autant plus en garde contre ce genre de fraude , que le métal qui en est
î objet jouit (le quelques propriétés ccmmuues à l'or et à l'argeiit : comme eux, il résiste à raclion du plomb par la coupellatiou , et repousse même en partie celle de l'eau forte dans l'opération du départ.
Je vais présenter ici le résultat de mes observations sur cet objet ; quoiqu'il ne soit pas aussi complet qu'il serait à désirer, j'espère cependant qu'il suffira aux essayeurs attentifs pour reconnaître la présence du pla^ tiue dans l'or et dans l'argent, (i).
De l'or allié de platine.
J'ai fait quatre alliages principaux plusieurs fois répétés, dans lesquels i! y avait depuis lo jusqu'à 25'o millièmes de platine de son alliage avec l'or fin , et après y avoir mis trois parties d'argent , je les ai coupe!lés avec la quantité de plomb suffisante.
J'ai suivi avec attention ces essais depuis le commencement jusqu'à la fin de l'opération, pour saisir, s'il m'était possible, tous les phénomènes qu'ils présenteraient, établir ensuite, par la comparaison, les différences qui pourraient exister entr'eux et les essais ordinaires , et mettre enfin l'essayeur dans le cas de pou-
(i) Le pl.itlnp, l'argfnl et l'or s'allient en toutes proportions. Les alliages qu'ils forment $ont durtites , mais plus raides et plus élasllques que les alliages d'or et d'arj',cnt , et jouissent de cette propriété remarquable que quand les trois métaux s'y trouvent en de certaines proportions, l'acide nitrique dissout tout l'argent et en même temps le platine et laisse l'or pur. Selon M. Chaudct , l'ailiage composé de o,a* or, 0,22 platine, o,56 argent, se fond aous la moufle en un bouton, rond, Icrnc, et qui o'adhire p«9 îl la coupelle,
voir reconnaîlre la présence du platine dans Tor et Fargent.
Première remarque.
Lorsque le platine est seulement à For dans le rapport de 0,020 , il faut une chaleur beaucoup plus forte qu'à For pour que cet alliage puisse passer, et que le bouton soit rond : sans cela il s'aplatit, et sa surface devient raboteuse.
Seconde remarque.
Au moment où Fessai passe, le mouvement est plus ïent, et en quelque sorte plus pâteux; les bandes colorées sont moins nombreuses, plus obscures et durent moins long- temps.
Troisième remarque.
Un phénomène plus remarquable que les précédens , et plus propre en même temps à servir de preuve de l'existence du plaliue, c'est qu'après avoir présenté faiblement les couleurs de l'iris, l'essai ne se découvre point, et sa surface ne devient pas brillante comme celle des essais d'or et d'argent; elle reste , au contraire, mate et terne.
Quatrième remarque.
Quand Fessai contenant du platine a eu assez de chaleur'pour bien passer, si on l'examine avec attention, Fon remarquera que les boi ds du bouton sont plus épais
et plus arrondis que ceux des essais communs , que sa couleur est d'un blanc plus mat et tirant un peu sur le jaune , et que sa surface est en tout ou en partie cristallisée.
A la vérité, ces effets varient en intensité suivant les proportions où se trouve le platine avec les autres métaux ; mais ils sont sensibles même à la dose de dix millièmes, et il est probable que la fraude ne pourrait avec avantage introduire ce métal dans Tor beaucoup au-dessous de ce terme; car les soins que cetîe opération exigerait , et les dangers auxquels s'exposerait celui qui ia ferait, ne l'indemniseraient pas suffisamment.
Les boutons composés d'or, d'argent et de platine, se forgent assez facilement, et il serait difficile de reconnaître leur altération par cette seule opération mécanique : ils se laminent aussi très-aisément; cependant les lames qui en proviennent ont plus de raideur et d'élaslicilé que celles des essais d'or.
Cinquième remarque i
Il Y a aussi quelques remarques à faire lorsqu'on passe les cornets à l'eau forte. Si le platine excède 20 millièmes, la liqueur prend une couleur jaune de paille qui augmente avec la quantité de platine ; mais au-dessous ce terme Teau forte ne donne pas de signes sensibles de coloration.
Sixième remarque.
^Pendant le départ, les cornets prennent une couleur
\erle brunâtre; s'ils contiennent du platine au-delà de Ï20 millièmes, et seulement deux fois et un cinquième leur poids d'argent; cette couleur ne se manifeste pas d'ane manière bien distincte au-dessous de 20 millièmes.
On éprouve beaucoup de variations relativement à la couleur et à la surcharge ou augmentation des cornets après le départ et le recuit, variations qui paraissent dépendre, 1° de l'épaisseur plus ou moins grande que Von donne à la matière par le laminage ; 2° du recuit plus ou moins fort qu'ils subissent ensuite; 3° du dégré des eaux fortes employées au départ; 4° enfin à la proportion relative de chacun des métaux qui entrent dans Talliage.
Lorsque le platine ne s élève pas au-dessus d'un dixième, l'on peut parvenir, à l'aide d'un laminage mince et d'un recuit un peu fort, à enlever la totalité de ce métal à l'or, sans même employer d'autres moyens que ceux qui sont en usage pour les essais d'or fin ; mais s'il passe celle limite , il est extrêmement difficile de l'emporter complètement; et si la dose \a jusqu'au quart de For, la chose devient absolument impossible par la \ méthode ordinaire.
ïillet, dans un mémoire très-détaillé sur la manière dont se comporte avec l'eau forte le platine allié à l'or et à l'argent , assure qu'il est toujours parvenu à séparer exactement ce métal étranger, en le laminant mince, en employant l'acide d'abord faible , ensuite plus fort , et en faisant bouillir long-temps trois fois de suite. Tout en convenant que ces dispositions sont favorables au but proposé , je pense cependant que la chose est impraticable lorsque la proportion de platine passe uu
dixième de son alliage avec l'or, el qu'oD n'emploie que îa quanlilé d'argent accoiUumée.
J'ai fait plusieurs essais à lo , à sic, et même 4o millièmes de platine, el je n'ai pas eu de surcharge dans le cornet, eu suivant les procédés usités; mais à joo millièmes j'ai eu une augmentation de quelques millièmes; et lorsque le rapport du platine va jusqu'à 25o millièmes , la surcharge s'est élevée beaucoup plus haut encore, quoique ces derniers eussent clé traités absolument comme les précédens.
Je ne donnerai ici aucune explication de la cause pour laquelle il y a dans un cas, dissolution complète du platine, et seulement dissolution partielle et surcharge dans l'autre; cela serait peu important pour l'essayeur qui ne cherche que le résultat, sans s'embarrasser de la puissance qui le produit ; il suffit qu'il sache que quand le platine ne surpasse pas les 3o à 40 millièmes de son aUiageavec l'or, ce dernier n'en garde point si le départ est fait avec les précautions nécessaires ; que lorsque ce métal est au-dessus de ce terme, la fraude devient trop sensible et trop évidente pour qu'il ne s'en aperçoive pas , 1 " par la plus grande chaleur que l'essai demande pour passer et prendre une forme arrondie ; 2° par l'absence de l'éclair; 3<» par la surface cristallisée et la couleur blanche et mate du bouton; 4^ par la couleur jaune de paille plus ou moins foncée qu'il communique à leau forte pendant le départ; 5" enfin par la couleur jaune pâle, et tirant au blanc, du cornet, quand il est recuit.
Je dirai seulement, d'après des expériences positives plusieurs fois réitérées, que si le platine fait le quart de l'or, il faut y mettre au moins trois fois le poids de
i'alliage d'argent lui, laminer mince, recuire un peu fort, faire bouillir pendant une demi-heure dans la première eau forte, et au moins un quarl-d'lieure dans la deuxième , pour que Tacide puisse dissoudre la totalité du platine. On verra un exemple de celte assertion à l'article de l'essai du doré qui suit.
De l'essai du doré , soupçonné contenir du plaîine.
C'est parliculièrement sur les lingots de doré que la mauvaise foi a cherché à tromper , en introduisant du platine dans ces métaux, parce qu'elle s'est imaginée que l'or restant le plus souvent en poussière, masque-i rait en quelque sorte, sans s'altérer lui-même, la présence du platine, et que Tessayeur pourrait par-là tomber dans une erreur préjudiciable à l'acheteur, s'il ne se tenait en garde contre ce délit.
Pour savoir à quoi s'en tenir à cet égard , j'ai composé un lingot avec 98 millièmes d'or fin, 5o de platine et 854 d'argent.
Après avoir fondu deux fois, forgé et laminé ce lingot , plusieurs essais ont été pesés et coupelles à l'ordinaire; l'œuvre a bien passé, mais il n'a point été agité de ce mouvement rapide que présentent les essais de doré, les couleurs de Tiris n'ont point été aussi vives, et Téclair n^a pas eu lieu; les boutons étaient plus arrondis, leurs bords plus épais, leur surface parfaitement cristallisée : ces boulons laminés et recuits ont passé à Teau forte suivant les règles prescrites; bientôt celle-ci a pris une couleur jaune, le cornet s'est réduit en poudre dans laquelle on remarquait
quelques particules plus foncées cil couleur et plus légères.
Jl.es poussières lavées et recuites avaient une couleur jaune tirant un peu sur le brun , et on y distinguait facilement, à l'aide d'une loupe, des parties noirâtres qui ressemblaient à du platine divisé. Ces essais avaient augmenté de trois millièmes. Ainsi Ton voit que malgré la grande division de l'or par l'argent, qui devrait permettre à Tean forte de prendre tout le platine, il eu reste cependant une petite quantité qui augmente le poids de l'or.
Ce fait deviendra facile à concevoir , lorsque je ferai connaître les phénomènes qui ont lieu pendant la dissolution de l'alliage de l'argent seul avec le platine.
Désirant savoir ce qui arriverait dans le cas où l'or serait assez abondant dans un lingot altéré de platine, pour conserver, pendant le départ, la forme de cornet, j'ai ajouté au lingot précédent une quantité de ce métal qui en portait le rapport à 182 millièmes et réduisait celui du platine à 45 ou aux o,9.5o millièmes de son alliage avec l'or.
Les effets de la coupeilation furent à peu près les mêmes ; mais ceux du départ différèrent beaucoup : l'eau forte était plus transparente. Ter resta en cornet, sa couleur paraissait assez naturelle avant et après le recuit : ils n'avaient en effet acquis aucune augmentation; car les uns pesaient 182, et les autres 181 et demi-fort.
L'or ne conserve donc pas de pîaîine lorsqu^il est divisé par une quantité convenable d'argent, quoique le platine soit ici à Tor comme ; à a.
IViaîs quand même îe résultat de ces essais ne serait pas aussi satisfaisant qu'il Test ici, il ne serait pas possible, par tous les caractères différenciels que présente la matière pendant la série d'opérations qu'on lui fait subir, que l'essayeur méconnaisse la falsification : la manière dont l'essai passe , la surface et la couleur du bdulon, celle de l'eau forte, du cornet, etc., sont autant de signes qui ne peuvent échapper à l'artiste exercé et observateur, et qui lui serviront sans équivoque à reconnaître rexistCDce du platine daus le doré.
De tressai de Vargeni contenant du platine.
Quoiqu'il soit peu vraisemblable que la fraude introduise jamais le platine dans Targent, à cause du peu de différence entre le prix de ces deux métaux et du changement remarquable qu'il fait éprouver aux propriétés de l'argent, j'ai cru cependant devoir faire quelques essais relatifs à cet objet.
Un assez grand nombre d'essais faits depuis les limites de 5 jusqu'à 2 5o millièmes de platine sur son alliage avec l'argent, ont présenté les phénomènes sui- Vans. Lorsque le platine n'excède pas 5o millièmes , Fessai passe facilement, les couleurs de l'iris se manifestent sans être cependant aussi vives que dans un éssai d'argent ordinaire ; mais au-dessus de loo millièmes, il ne se fait point l'éclair. Quelque petite même que soit la quantité de platine, ce phénomène n'est pas aussi complet.
On a vu plus haut que la présence du platine dans l'or donnait à l'essai 1q propriété de cristalliser : cet effet est encore plus sensible pour l'argent ; car, pour
peu qu'il contienne de te métal , la surface du bouton de retour est plus ou moins complètement cristallisée, ses bords sont arrondis , et sa couleur d'un blanc plus mat et tirant sur le jaune. Ces phénomèues vont en croissant comme la proportion de ce métal étranger; mais il y a un terme où Tessai ne passe point complètement, à moins qu'il n'ait une chaleur considérable, c'est lorsque le plaline fait le quart de l'alliage. Dans ce cas, avant même que la totalité du plomb soit dissipée, il s'aplatit comme une pièce de monnaie ^ sa surface est raboteuse , et présente à la loupe une foule de végétations qui sont dues à une véritable cristallisation : sa couleur est grise et terne. Pour que l'essai d'un alliage de platine et d'argent puisse passer facilement, il faut que ce dernier métal en fasse au moins les quatre cinquièmes, sans cela il relient constamment une portion de plomb, s'il n'a pas eu plus chaud que les essais d'argent.
On voit donc qu'tine très-petite quantité de platine fait cristalliser l'argent, et cette seule propriété suffirait, à la rigueur, pour faire reconnaître sa présence dans ce métal ; mais il y en a encore une plus certaine, et qui ne laisse aucune incertitude à cet égard, c'est la dissolution du bouton dans l'eau forte : quelle que soit, en effet, la quantité de ce métal contenu dans l'argent, l'acide prend bientôt une couleur brune, et dépose après la dissolution une poudre noire due à une portion de platine très-atténuée.
Ainsi, lorsque la quantité du plaline est assez petite, dans l'argent , pour que la cristallisation du bouton puisse laisser quelques doutes sur sa présence, il faut le faire dissoudre dans l'eau forte; et si les phéno-
hiènes (|ui vieniiem d'élre cuoncés se montrent, où peut être convaincu de Texisteuce du platine.
Or, argent ^ platine et cuivre.
La présence du platine, dans un alliage, rend Irèsdifficile la séparaiion des métaux oxidables et particulièrement du cuivre, par la coupellalion ; il paraît même qu'il serait presque impossible d'y parvenir si l'alliage ne contenait, avec le cuivre, que de l'or et du platine. Il est nécessaire qu'il s'y trouve en même temps de l'argent ; et , lorsque ce métal manque, on en ajoute une quantité qui doit équivaloir au double environ de celle de l'or et du platine réunis; on coupelle alors à la plus forte chaleur qu'on puisse obtenir dans une bonne moufle , avec une proportion convenable de plomb. Cette proportion varie beaucoup suivant la comparition de l'alliage et la température à laquelle on opère. L'expérience a fait voir qu'on sépare plus complètement le cuivre , et qu'on perd moins d'argent en coupellant à une forte chaleur avec la plus petite quantité possible de plomb, qu'en employant beaucoup de plomb, et opérant à une chaleur moins forte. M. Chaudel a fait des essais pour déterminer la proportion de plomb qu'exige la coupellalion des trois alliages suivans ;
Or 0,100 — 0,020 — 0,000
Platine . . o,ioo • — 0,200 • — o,3oo Argent . . o,55o — 0,200 — 0,100
Et il a reconnu, pour le premier, qu'en employant
ao p. do plomb à la chaleur de 12*» p., la scparalion da cuivre est à peu près complète; qu'à la chaleur de 210 p., il y a perte d'argent, et que pour que l'essai soit rigoureux, il faut coupelîer à cette dernière température avec 14 p. de plomb seulement : — pour le second qu'il faut 8 p. de plomb à la chaleur de 0. p.; et , pour le troisième, qu'il faut 3o p. de plomb à la plus haute température de la moufle; mais qu'il est presqu'impossible d'en séparer tout le cuivre, et qu'on n'obtient aucun avantage en augmentant la proportion du plomb. Quand on tient à enlever jusqu'aux dernières traces du cuivre, il faut coupelîer de nouveau le bouton de retour avec une petite quantité de plomb; mais alors on perd presque toujours uu peu d'argent. Dans tous les cas , pour qu'il ne reste pas de plomb, il est nécessaire de laisser le bouton de retour pendant quelques inslans , sous la moufle après que la coupellation est terminée.
Les alliages d'or et d'argent qui contiennent du platine présentent, à la coupellation et au départ, des caractères particuliers qui décèlent la présence de ce métal. Si Ton ne chauffe pas très-fortement, l'essai ne passe pas, et le bouton de retour s'aplatit; cet effet est déjà sensible quand le platine est à l'or dans le rapport de 2 à 100. Dans le même cas, la dissolution nitrique provenant du départ est colorée en jaune paille, parce qu'elle contient du platine. Au moment où l'essai d'un alliage conlenant du platine se termine, le mouvement est plus lent, les bandes colorées sont moins nombreuses, plus obscures, et subsistent moins longtemps que lorsqu'il n'y a pas de platine; le bouton ne se découvre pas , et sa surface ne devient pas brillante comme celle des alliages d'or et d'argent ; mais elïo
reste matte el terne. Quand l'essai a bien passé, Ton remarque que les bords du bouton sont plus épais et moins arrondis que ceux des essais ordinaires , et que sa surface est d'un blanc plus mat et tirant un peu sur le jaune ; enfin sa surface est en totalité ou en partie cristallisée. Ces effets sont sensibles même quand l'or ne renferme que 0,0 1 de platine. Lorsque l'alliage contient plus de 10 p. de platine sur 90 d'or, le cornet recuit provenant du départ est d'un jaune pâle ou couleur d'argent terni.
De l'eau forte ou acide pour les iouchaux el de fopé' ration du touchùu»
La liqueur acide dont on fait usage pour le louchau, voyez pages 41 à 43 , est ainsi composée :
Acide nitrique à i3,4o de densité. . 98 parties.
Acide hydrochlorique à 11,73. . . a
Eau pure iS
L'eau prise pour unité à 1000.
La composition de cette liqueur a été déterminée par tâtonnement , de telle sorte qu'à la température de i o à 12», à laquelle on devrait rigoureusement opérer, elle soit sans action sur les alliages au titre de 0,750 et au-dessus, parce que ce litre est le plus bas des alliages qu'il est permis légalement d'employer dans la bijouterie. Les alliages à un lit»'e inférieur sont attaqués par la liqueur acide, ils brunissent, et la liqueur devient verte ; et quand on a enlevé celte liqueur il reste sur la pierre une trace métallique d'autant moins apparente que l'alliage conlenait plus de cuivre : si l'on opérait à une température inférieure à lo», l'acide n'attaquerait
pas tous les alliages à un litre plus bas que 0,750, et au contraire, si la température était plus élevée, l'acide attaquerait l'alliage à 0,7^0 et un peu au-dessus. Quand on fait des épreuves dans des circonstances non déterminées, on commence par s'assurer de l'effet de l'acide sur les traces de touchaux connus.
Les essais au touchau ont été établis pour les objets d'or dont la légèreté et la délicatesse ne permettent pas d'en prendre, sans les altérer, des quantités suffisantes pour l'essai au fourneau.
L'expérience ayant démontré que ce genre d'essai ne pouvait donner que des preuves incertaines et équivoques du litre de l'or au-dessus du lerme de 7^0 millièmes de fin, la loi a ordonné que tous les ouvrages qui ne peuvent être essayés qu'à la pierre de touche , soient marqués du poinçon du troisième titre qui exprime 750 millièmes de fin.
L'opération du touchau est celle qui exige le plus d'habitude de comparaison pour saisir le titre , et d'ordre dans la conservation du rapport qui doit exister entre les touches et les objets touchés. En effet, si l'Essayeur ne conservait pas avec le plus grand soin le même arrangement entre les pièces touchées que celui qui existe entre les touches qu'il en a faites sur sa pierre , il courrait les risques de briser de bonnes pièces et d'en passer de mauvaises; inconvénient de la plus hauîe importance.
Quoique l'eau forte employée pour le touchau ne doive pas sensiblement attaquer l'or à 750 miliicmes , cependant il est sage, lorsqu'il y a quelques doutes sur le titre d'un objet, de le comparer au touchau dont le titre est bien connu; et l'Essayeur , quelle c|ue soit squ
habitude en ce genre de travail, ne doit jamais briser, sans avoir auparavant consulté ses pièces de compa- » raison.
Une précaution qui ne doit jamais être négligée, c'est de mordre , autant qu'il se peut , dans la profondeur de la matière de l'objet que Ton touclie, parce que souvent , ayant été mis en couleur , sa surface est plus fine que son intérieur. Il est même bon de faire deux touches sur le même endroit, afin de comparer l'effet que produira l'eau forte sur chacune d'elles. Une autre attention non moins importante, c'est de toucher sur toutes les parties dont l'ensemble compose un bijou, et d'éviter en même temps de comprendre la soudure, lorsqu'il ne s'agit que du corps de l'objet; car il suffirait qu'il s'y en trouvât quelques atomes , pour rendre la touche entièrement mauvaise et faire couper l'ouvrage. Il est cependant utile de loucher à part les soudures pour s'assurer si elles ne sont pas à un titre trop bas; elles doivent être au moins à ii ou i3 karats.
De l'eau forte, telle que celle dont j'ai donné la recelte ci-dessus, ne doit pas sensiblement attaquer l'or à 75o; cependant cette inaction est subordonnée au temps et à la température : car l'expérience ayant démontré que l'état ihermométrique de l'air dans ses extrêmes agit d'une manière sensible sur l'eau forte et sur la pierre de touche, en exallant , dans un cas, l'aclion de l'eau forte au-delà du terme convenable , et en l'annulant complètement dans l'autre, il est souvent nécessaire, avant de commencer le travail , de faire l'épreuve de l'eau forte sur les touchaux de comparaison. Si la chaleur de l'air a donnéà Teau forte trop d'activité, il faiidrî^
y ajouter un peu d'eau; au contraire, si le froid a trop diminué ou même anéantison action , on relèvera sa température ainsi que celle de la pierre, en les exposant pendant quelque temps dans un endroit chaud ou même sur un poële, jusqu'à ce qu'ils aient acquis loà 12 degrés. a^Si on laisse pendant quelques minutes ces corps en contact, l'or finit par se ternir ; mais en comparant ses effets avec ceux qu'elle produira sur le 708 ou 17 karats, et mieux encore sur le 16, on observera une différence extrêmement sensible. Alors la touche prend sur-le^ champ, et presqu'en un clin-d'œil , une teinte brune qui tire peu à peu au verdâtre , et qui ne laisse presque point de trace de métal sur la pierre lorsqu'on l'essuie.
Pour toucher un objet quelconque , on le frotte lé-^ gèrement sur la pierre , jusqu'à ce qu'il ait formé une couche pleine d'environ deux ou trois miîlimèlres de large , et de quatre de long ; on prend ensuite , au bout d'une plume coupée au-dessus du tuyau, une goutte d'eau forle, qu'on étend doucement et égalemeni sur la trace d'or , et l'on observe ce qui se passe pendant sept à huit secondes; ce temps suffît à l'eau forte pour produire son effet, et à l'artiste pour juger du titre de l'objet. Si la touche conserve sa couleur jaune et son brillant métallique , c'est une preuve que l'objet est au litre ordonné par la loi ; mais si , au contraire, la trace prend une couleur rouge-brune d^- cuivre brûlé , et si en essuyant la pierre il reste beaucoup moins de matière , on peut être certain que l'objet est mauvais.
Si l'essayeur a plusieurs pièces à loucher , il formera sur sa pierre une suite de touches , en ayant soin de placer sur sa table les objets j à mesure qu'il les aur^^
touchés , et dans le même ordre qu'ils sont sur sa pierre, afin que , s'il s'en trouve quelques-uns de mauvais , il puisse les reconnaître et les couper.
Comme l'essayeur n'a pas le temps il'effaccr les touches à mesure qu'il les éprouve, il aura soin, après avoir essayé l'ouvrage d'un fabricant, et avant de commencer celui d'un autre , de tirer une ligne de séparation, pour ne pas confondre les unes avec les autres. Enfin , lorsque la pierre sera couverte de touches , il les effacera, en y mettant de la ponce en poudre et de rhuile , et en frottant avec un cuir attaché sur un morceau de bois.
Bijouterie creuse.
Les détails que nous venons de donner ne sont relatifs qu*à la bijouterie pleine , dont toutes les parties sont homogènes; mais on fabrique aussi de la bijouterie creuse avec des coquilles d'or soudées ensemble par leurs bords.
C'est surtout sur cette espèce de fabrication que l'essayeur doit porter une attention continuelle pour découvrir la fraude , dont elle est plus susceptible qu'aucune autre.
En effet, elle peut être remplie de corps étrangers ou de soudure ])asse , sans que l'essayeur puisse s'en apercevoir, s'il se contente de toucher le dessus seulement.
Il est donc de sa prudence de fondre au moins une pièce de chaque sorte d'ouvrage qu'on lui apporte , et de toucher ensuite le bouton résultant de cette fonte , afin (Je s'assurer s'il est au titre , ce qui est alors facile à re^
connaître , toutes les parties étant exactement mêlées. Cependant, s'il ne trouvait qu'une légère différence enlre le titre de ces bijoux ainsi fondus , et celui prescrit par la loi , il ne doit pas les rompre , parce que l'ouvrier le plus habile, et de la meilleure foi , n'est pas toujours le maître de n'employer que la quantité de soudure nécessaire pour que le titre de son ouvrage soit exactement à 750 millièmes de fin.
Mais si cette différence passe 10 millièmes en moins, l'ouvrage doit être coupé, quoiqu'elle ne produise qu'une perte d'un ioo« sur la valeur intrinsèque de l'objet.
Si l'essayeur , en rompant les échantillons qu'il a pris pour fondre , trouvait qu'ils fussent remplis de métaux étrangers tels que du fer , du cuivre ou même de soudure basse, ce qu'on appelle fourré^ il ne doit pas se contenter de briser, il doit encore en dénoncer les auteurs aux tribunaux , ainsi que l'ordonne la loi.
Touchau pour Vargent.
On fabrique avec l'argent comme avec l'or , des bi joux qui arrivent ^is aux bureaux de garantie , et qui ont une si petite masse, qu'il est impossible d'en tirer des prises d'essai.
On est obligé alors de prendre une , deux ou trois pièces , sur chaque genre d'ouvrage , suivant leurs poids, pour les essayer au fourneau.
Mais comme on ne peut pas soumettre toutes les pièces à cette épreuve, et qu'il s'en peut trouver quelques-unes qui ne soient pas au titre , j'ai cherché «n moyen qui , comme pour For, fît connaître à
peu près le titre des bijoux d'argent sans les briser.
Parmi tous les essais que j'ai faits à cet égard, cehii qui m'a le mieux réussi , consiste dans l'emploi de touchaux de comparaison comme pour l'or , avec celte différence qu'on ne met point d'eau forte sur les louches, ni aucun autre liquide.
Ainsi, l'on compose cinq touchaux depuis 700 millièmes de fin jusqu'à 800 millièmes de différence entr'eux ; lorsqu'on veut essayer les bijoux d'argent qui ne doivent être marqués qu'au deuxième titre , c'est à 3oo millièmes ; on les touche sur la pierre , l'on forme ensuite , près des traces qu'ils y ont laissées , une touche avec l'alliage de comparaison , et l'on juge par la couleur s'ils sont au même titre ou s'ils diffèrent.
La plupart de ces petits bijoux ayant été blanchis , il est nécessaire , pour n'être pas trompé , d'enlever par une première touche la couche superficielle à laquelle on n'a point d'égard, et d'en former une seconde qui doit seule êlre examinée.
Quand la pierre de touche est d'un noir foncé et pur , et qu'on a formé des touches bien pleines , la différence de couleur des traces d'argent devient très sensible pour une différence de moins de 20 millièmes dans le titre, surtout en les examinant avec une loupe.
Lorsqu'on a acquis l'habitude de faire ces comparaisons , on arrive à une exactitude presque aussi grande que pour l'or.
Je me suis quelquefois exercé à déterminer, parce moyen , le litre de différens argents , et je ne me suis jamais trompé de plus de i5 millièmes, précisiouau-
delà de laquelle on ne peut guère se flatter d'arriver, même pour l'or, dont la valeur est environ seize fois plus grande.
Or, le poids des bijoux d'argent les plus gros n'excédant pas 8 grammes , l'erreur de 1 5 millièmes que l'on peut commettre ne donnerait qu'une différence de cinq centimes dans sa valeur intrinsèque : ce qui peut être négligé.
Manière d'essayer les monnaies de cuivre.
Comme il peut se rencontrer des cas où les essayeurs soient chargés de constater par l'expérience le titre des monnaies de cuivre , nous pensons qu'il peut élre utile de donner ici un procédé simple , et en même temps exact , pour remplir cet objet.
La monnaie de cuivre peut être altérée par plusieurs substances métalliques moins chères que le cuivre , et dont une petite quantité n'est pas capable de changer les propriétés de ce métal , tellement que la fraude fût facilement sensible à l'œil.
La plupart des métaux qui peuvent s'allier au cuivre en quantité notable , sans en changer considérablement les propriétés , ayant un prix presqu'aussi élevé que le cuivre , il est rare qu'on les emploie dans leur élut de pureté, pour les combiner à ce métal. Mais l'on pourrait se servir d'alliages qui ont été formés pour d'autres usages, et qui n'ont pas, dans cet état, une valeur aussi grande que celle du cuivre, telles que les vielles cloches, de vieux canons , mortiers , qui sont composés de cuivre et d'élain; de vieilles chaudières , de vieux chan-
deliers, et en général tous les objets composés de cuivre de zinc, connus vulgairement sous le nom de cuivre jaune , et dont le prix est assez médiocre.
Tous les autres métaux sont ou trop chers, ou communiquent au cuivre trop de fragilité, ou changent trop visiblement sa couleur, pour que l'on puisse les employer à l'altération des monnaies de cuivre.
C'est donc principalement sur l'élain et le zinc que doit se porter l'attention de l'essayeur, et que ses recherches peuvent être dirigées.
Pour procéder à Fessai d'une monnaie de cuivre soupçonnée d'altération, on en prend une quantité déterminée, qui doit s'élever au moins à cinq grammes; on coupe la matière par petits morceaux qu'on introduits dans un matras de la capacité d'environ deux décilitres; on verse par-dessus six parties d'eau forte pure , à vingtquatre ou ving-tsix degrés , on fait bouillir pendant une heure : si le cuivre contient de l'étain , il se formera une poudre blanche ; alors on versera le tout dans un vase de verre ou de faïence, on lavera avec soin le matras, et on étendra la dissolution avec environ un litre d'eau ' ( deux livres ) bien claire ; on agitera le tout ensemble , on laissera reposer jusqu'à ce que la poudre blanche soit entièrement rassemblée au fond. On décante ensuite la liqueur surnageante, qui contient le cuivre, à Taide d'un siphon , et on la met dans un vase à part; on ajoute au dépôt un demi-litre de nouvelle eau, et l'on agit comme la première fois.
Pour connaître la quantité de la poudre blanche, on la réunit avec un peu d'eau , sur un filtre de papier- Joseph , séché et pesé d'avance , et porté par un entonnoir de verre j on verse encore dans le filtre une quan-
tilé d'eau , pour rassembler la poudre el en séparer les dernières parties de cuivre.
Alors on fait dessécher le filtre sur plusieurs papiers brouillards , dans une étuve , à trente ou quarante degrés de chaleur; on pèse le filtre contenant la matière à une balance très-sensible , et en déduisant le poids du papier l'on a celui de la matière.
Pour avoir maintenant le poids de l'étain métallique contenu dans cette pondre, il faut retrancher les 11 centièmes de son poids.
Cette opération est fort facile : elle consiste tout simplement à multiplier la quantité de la poudre obtenue par 22, et à diviser ensuite le produit par 800. Soit, par exemple, 3o représentant la quantité de poudre, qui multiplié par 22, donne 660 , et qui divisé par 100, égale 6,60, qu'il faut retrancher de 3o ; ce qui donne 2 3,4 pour l'étain métallique.
Le poids de l'étain ayant été déterminé, on aurait celui du cuivre , si l'on était certain d'avance que la pièce de monnaie ne contint que ces deux métaux; mais elle peut en même temps recéler du zinc, du fer, etc; il faut donc séparer de la dissolution le cuivre qu elle contient ; ce qu'oa fait en y plongeant une lame de fer bien nettoyée, qu'on y laisse séjourner jusqu'à ce que tout le cuivre soit précipité, ce qu'on reconnaît par le changement de la couleur bleue de la liqueur en une couleur brune-verdâtre ; par le changement de la saveur acre et caustique en saveur douce; enfin lorsque de l'alcali volatil , versé dans una petite quantité de cette liqueur , ne la rend plus bleue.
Alors on détache avec soin le cuivre des lames de fer , on décante la liqueur avec précaution pour ne pas
entraîner le cuivre , on le lavé à plusieurs eaux ; oîl fait sécher, et on pèse.
Si la quantité de cuivre obtenue par ce moyen for^ me avec celle de l'éîain , à un ou deux centièmes près, la somme de matière employée , c'est une preuve qu'elle ne contenait que ces deux métaux; mais s'il y a un déficit notable , on doit l'alîribucr au zinc, et quelquefois à une petite quantité de fer.
Il y a des moyens de séparer et de mettre à part aussi le zinc qui pourrait se trouver conjointement avec lefain dans les pièces de cuivre; mais comme ils sont assez compliqués, et qu'ils exigent toutes les ressources de l'art pour être exécutés avec précision , que d'ailleurs la quantité de cuivre qui fait l'objet principal de l'opération est déterminée , le reste devient peu important et de pure curiosité.
Manière cTanalysev les monnaies de cuivre qui con* tiendraient du zinc.
Il n'en est pas du zinc comme de l'étain; l'acide nitrique le dissout aussi bien que le cuivre, et Pon ne peut , par le même moyen , séparer immédiatement ces deux métaux. Celui qui m'a paru le plus simple et le plus exact, c'est de faire dissoudre dans l'acide sulfurique, ou liuile de vitriol, une quantité connue du métal, d'étendre ensuite la dissolution de sept à huit partics d'eau, et de plonger dans la liqueur ain?i délayée une lame de zinc pesée exactement. Par ce moyen le cuivre sera précipité sous sa forme métallique par le zinc, qui sera dissout à sa place. Après avoir décanté la liqueur dépouillée de cuivre, on détachera ce dernier
avec soin des lames de zinc ; on fera sécher Tun et l'autre, et on les pèsera. Le poids du cuivre indiquera ]a quantité de ce métal contenue dans les pièces; et à la rigueur ce seul résultat suffirait pour connaître la quanlitc des matières étrangères qui y sont uiclées; mais pour plus d'exaciilude l'on peut séparer le zinc delà dissolution par un carbonate alcalin, ou potasse du com7nerce,]a\er k grande eau le précipité formé , le sécher, et le faire calciner fortement ensuite dans un creuset.
Après avoir pris le poids de la matière calcinée, on «n retranchera la quantité de zinc enlevée à la lame , plus les 24 centièmes de celle quantité pour l'oxigène qui s'y est combiné pendant la dissolution ; le reste sera ce qui était contenu dans l'alliage, duquel on retranchera aussi les 24 centièmes du poids. Si par hasard il se trouvait en même temps de l'étain dans les pièces de cuivre , il resterait au fond de la dissolution , combiné avec l'acide sulfurique, en une poudre blanche qu'il faudrait séparer de la liqueur avant d'y mettre les lames de zinc.
Les proportions du sulfate d'étain n'étant pas connues , on ne peut avoir la quantité de métal qu'il contient, qu'en le décomposant par un carbonate alcalin , et en opérant, du reste, comme il a été dit ci-dessus.
Procédé pour essayer le hlllon.
La monnaie connue communément sous le nom de billon, est un alliage formé d'une grande quantité de puivre et d'une petite quantité d'argent.
L'essai de ces matières peut être fait par la voie sè-
clie et par la voie humide : celle-ci est plus longue et plus dispendieuse que la première, mais elle doit au moins une fois pour chaque espèce de billon , précéder la voie sèche, pour déterminer la quantité de cuivre qu'elle contient, et celle du plomb qu'il faut employer pour sa coupelhition.
Procédé par la Toie humide.
On fait dissoudre dans de l'eau forte bien pure une quantité déterminée de la matière; lorsque la dissolution est opérée, on l'étend de huit parties d'eau , et on y plonge une lame de cuivre rouge bien décapée ; cette lame de cuivre précipite l'argent à l'état métallique, sous la forme de petits cristaux blancs et brillans ; quand tout l'argent est précipité, ce qui est démontré par la cessation du dépôt de l'argent sur le cuivre; on décante la liqueur avec soin, on lave la matière à plusieurs reprises avec beaucoup d'eau , on la fait sécher dans une capsule , et on la pèse. Son poids donne celui du cuivre qui y était allié dans le billon , et l'on calcule d'après cela la quantité de plomb nécessaire pour sa coupellalioni
On peut aussi précipiter l'argent de la dissolution du billon dans l'eau forte , par une dissolution de sel marin ; il faut y mettre de cette dissolution jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité blanc, et il n'y a jamais de danger d'en mettre un excès : on laisse déposer la matière , ce qu'on accélère en faisant chauffer la liqueur : et quand elle est bien éclaircie, on la décante et on lave avec beaucoup d*eau chaude : on fait sécher ensuite et on pèse la matière. Mais l'argent n'est pas
ici, comme par le procédé précédent, à Télat métallique, il contient les i5 centièmes de son poids d'acide hydrochlorique ( muriatique ) et d'oxigène ; il faudra donc, pour avoir la proportion exacte de ce métal, déduire les iS centièmes de la somme de la matière obtenue.
Coupellatîon du bîllon.
Pour coupeller cet alliage, il est évident qu'il faudra employer une grande quantité de plomb, et des coupelles dont les dimensions et le poids soient proportionnés, si l'on veut avoir un bouton de retour un peu sensible. On peut consulter, pour la proportion de plomb à employer suivant le litre de l'argent, l'atricle 5 de l'arrêt de la Cour des Monnaies, du 9 mars 1764 : il dit que pour l'argent à 1 1 deniers 1 2 grains , il sera employé 4 parties de plomb; à 11 deniers et au-dessous , 6 parties ; à 10 deniers , 8 parties ; à 9 deniers, 10 parties; à 8 deniers, 11 parties; à 7 deniers, 14 parties; à 6 deniers , 16 parties, ét ainsi proportionnellement.
Le titre des différens billons varie ordinairement de- |)uis 2 jusqu'à 3 denieis.
Il faut pourtant observer que les proportions de plomb ordonnées par l'arrêt cilé ne sont pas en rapport constant avec les quantités de cuivre contenues dans l'argent ; car , dans le premier cas, le cuivre ne fait que les 104 dix-millièm-s du plomb, tandis que dans le deuxième il fait les iSg ; dans le troisième, les 209 ; tians le quatrième, les 244; dans le cinquième, les 977; dans le sixième enfin, les 297 dix-millièmes. Il
serait donc à craiudre, si les premières quantités de plomb ne sont pas trop grandes , que les dernières fussent trop petites , en diminuant ainsi la dose de ce métal jusqu'à ce qu'on fût arrivé à de l'argent à 2 deniers , par exemple.
Il ne faut pas oublier que pour de pareils essais la matière a besoin d'une forte chaleur, au commencement surtout.
La proportion de cuivre entraîné par la litharge varie non-senlement avec la température , mais encore pour une mcme température, avec la proportion de cuivre et de plomb contenus dans l'alliage. En coupellant 100 p. de cuivre rouge avec des proportions diverses de plomb, dans nu même fourneau, M. Karsten a obtenu les résultats suivans.