‹ Manuel complet de l'essayeurChapitre 4 sur 46 · DE L'ORDRE · texte numérisé non relu

DE L'ORDRE

Il est quelques dispositions d'ordre qu'il est ulile de mettre en pratique dans les bureaux, de garantie, où ii y a beaucoup de travail : cet ordre abrège le temps, évite les erreurs , place chaque chose dans le rang qu'elle doit occuper , établit une marche constante et uniforme où tout le monde se reconnaît et où personne ne se trompe. Il consiste, en recevant les sacs, à vérifier le poids , le nombre et le titre des pièces annoncées par le fabricant; à les inscrire sur un bulletin qu'on attache aux sacs; à placer ceux-«i dans l'ordre de réception , afia qu'ils puissent passer à l'essai à mesure qu'ils arrivent ; à prendre ensuite ces sacs dans le même ordre , à couper sur toutes les pièces , autant qu'il est possible, proportionnellement à leurs poids, pour en former une prise d'essai; à diviser assez les fragmens de la matière, pour que celui qui pèse puisse

prendre de toutes les parties ; à mettre dans des plateaux séparés les rognures avec des étiquettes portant le nom du propriétaire, la nature et le titre de Fouvrage.

Le même ordre doit être suivi dans les pesées, dans la coupellation et le retour des boutons.

Les orfèvres apportent quelquefois à l'essai des ouvrages d'or et d^argent finis, sur lesquels, par conséquent, il ne reste pas de languettes à couper.

Dans cette circonstance on est obligé de les gratter au moyen d'un petit instrument d'acier triangulaire, appelé grattoir.

Lorsque l'argent a été blanchi, et l'or mis en couleur , il faut avoir le soin de mettre de côté la première couche enlevée par cette opération , parce que son titre est moins élevé que celui de la matière inférieure pour l'ouvrage d'argent, et est, au contraire, plus fort pour les ouvrages d'or.

Ce fait est connu depuis long-temps, par rapport à l'or mis en couleur , mais on était dans Terreur relativement à l'argent , puisque l'on regardait comme pure la surface de ce métal , qui avait subi l'opération du blanchiment.

Il y reste constamment à l'état de combinaison une quantité d'acide sulfurique dont le poids excède celui du cuivre qui a été enlevé.

Des Balances d'essai, et de leurs dépendances^

La balance d'essai est, de tous les instrumens qui composent le laboratoire de l'Essayeur, celui qui a besoin de plus d'exactitude , de précision et de soin , dans

sa fabrication , de proprelé et d'attention pour son en* tretien et sa conservation.

Ce serait en vain, en effet, que toutes les autres opérations qu'exigent les essais d'or et d'argent seraient faites avec exactitude, si la balance qui doit, en dernier ressort, prononcer sur le véritable titre de ces matières , n'était pas exacte et sensible.

Cette balance est composée, comme toutes les autres, d'une colonne carrée ou ronde, creuse dans son intérieur ; d'un fléau et de deux tables d'acier, et de deux plateaux mobiles reçus dans deux autres petits plateaux que portent à leur extrémité, deux tiges plates d'acier auxquelles on donne quelquefois la forme d étrier.

Le fléau est composé lui-même de deux bras qui sont divisés exactement en deux parties égales par un axe ou couteau qui les traverse à angle droit, d'une masse d'aciçr triangulaire souvent soudée au lléau et au couteau quelquefois mobile , mais arrêtée par des vis.

Le couteau qui traverse celte masse à angle droit, avec le fléau, ne la traverse pas exactement par le centre, mais un peu au-dessus, afin que le centre, de gravité du fléau soit placé au-dessous du centre de suspension.

Cette disposition rend la balance un peu moins sensible; mais elle est moins folle, et plus facile à gouverner. Il ne faut pas cependant que cette masse soit trop lourde, ni placée trop au-dessous du centre de suspension, la balance deviendrait alors dure et paresseuse.

On conçoit qu'il est indispensable, pour la justesse de cet instrument, que les deux bras du fléau, à partir du couteau, soient rigoureusement de la même longueur,

et contiennent des masses égales de matière, et que cette masse , dans tous les deux , soit également répandue sur toute leur étendue; car il pourrait arriver que les deux bras d'un fléau fussent inégaux en longueur , et fussent néanmoins en équilibre , s'ils étaient en même temps inégaux en masse, et si cette masse, dans le plus court, correspondait exactement à Texcès de la longueur dans l'autre. Mais dès que les bras du fléau sont rigoureusement de la même longueur , il est absolument nécessaire que les masses soient les mêmes et également placées sur toute leur étendue , pour qu'ils soient en équilibre; à moins, cependant, que la différence fût si légère qu'elle se trouvât effacée par le frottement qu'éprouve le couteau sur les tables d'acier qui le portent.

On a fabriqué , dans ces derniers temps , des balances d'essai, dont le centre de gravité peut s'élever, s'abaisser, et marcher à droite et à gauche, par le moyen de vis de rappel , suivant que l'on a besoin d'une plus ou moins moins grande sensibilité, et de célérité dans les opérations , ou que Ton veut rajuster le fléau.

Le couteau doit être bien trempé, el avoir une forme triangulaire; l'angle qui repose sur les tables d'acier doit être aigu et poli avec beaucoup de soin, pour exercer le moins de frottement possible. Les tables d'acier qui reçoivent le couteau sont également trempées et bien polies , de l'épaisseur d'environ deux millimètres ; il est évident , en effet , que moins il y aura de points de contact entre ces deux corps , moins il y aura de frottement, et plus la balance sera sensible.

Les tables d'acier sont réunies par leurs bords inférieurs avec une pièce horizontale du même métal, qui

est percée dans le milieu par une tige de fer carrée > fixée par une vis.

Cette tige se meut de haut en bas , et vice vcrsdy au moyen d'un cordon de soie , attaché à un point fixé dans l'intérieur de la colonne ou obélisque, à deux ou trois centimètres de l'extrémité inférieure de cette lige, qui passe sur trois poulies. La première de ces poulies est placée à l'extrémité même de la tige ; la seconde, à la même hauteur que le point fixe où est attaché le cordon , mais du côté opposé ; enfin la troisième , à la partie inférieure de la cavité de l'obélisque, à l'endroit où le cordon passe dans la coulisse pratiquée dans la table de la cage qui renferme la balance.

On attache à l'autre extrémité du cordon qui est à l'extérieur, une masse de plomb cylindrique , renfermée dans une boîte de bois d'ébène, de la même forme, et qui est garnie en-dessous d'un morceau de velours , pour que son frottement sur la table de la cage soit plus doux.

On conçoit aisément que parce mécanisme ingénieux on élève, en tirant à soi la masse de plomb, les tables d'acier, d'une quantité égale à la distance qu'il y a entre l'extrémité de la tige au fer qui les porte, et le point fixé où le cordon est attaché. Pour bien entendre le mouvement que l'on communique ainsi au fléau de la balance , il faut savoir que le couteau est reçu par ses extrémités , lorsque la balance est en repos , dans des échancrures pratiquées sur le corps même de la colonne, et qui ont la même forme triangulaire que celle du couteau. Alors les tables , qui sont plus basses que ces échancrures lorsque la balance est sur son repos , rencontrent, en s' élevant, le couteau du fléau, et le mettent dans U condition convenable pour obéir au plus petit

excès de poids qui serait placé à une de ses extrémités.

Le fléau porte, de plus, une aiguille qu'on appelle index ou juge , placée à son milieu , directement au-dessus du couteau, et dont l'inclinaison , soit à droite, soit à gauche , est mesurée par une portion du cercle divisé devant lequel elle marche. Le milieu de ce cercle est percé d'un trou qui exprime le zéro d'inclinaison, et qui indique , lorsque l'aiguille y correspond exactement, l'équilibre de la balance. Celte portion de cercle est fixée sur la table postérieure d'acier, qui s'élève comme elle; elle doit être bien d'aplomb.

Les extrémités du fléau sont relevées en-dessus ; elles présentent la forme d'un couteau légèrement arrondi , et concave dans son milieu, pour recevoir les crochets des tiges de métal , destinés à porter les plateaux , et leur permettre un mouvement facile , pour que la traction se fasse bien perpendiculairement.

Tout cet équipage doit être renfermé dans une cage de verre, dont le fond est de bois d'ébène, et dont la face antérieure s'élève dans une coulisse , où elle est retenue en suspension par des ressorts d'acier courbés eu devant.

Le fond de la caisse porte ordinairement plusieurs tiroirs destinés à renfermer différens outils , tels que des limes plates de différentes finesses , pour frotter les morceaux d'or ou d argent dont on veut enlever quelques atomes; des tenailles taillées en limes, pour pouvoir pincer les fragmens de matière et les passer sur la lime ; des bruxelles pour mettre ou retirer des plateaux les petits fragmens de métal, et obtenir le poids qu'on désire ; des gratte-Bosses pour nettoyer le dessous des

boutons; des boîtes conlenant les poids; tous objets qui ne mérilent point de description particulière, et qu*il suffit d'avoir vus une fois , pour les connaître et en concevoir l'usage.

Lorsqu'on veut s'assurer si une balance est juste, il faut commencer par élever doucement les tables d'acier, à l'aide du mécanisme dont il a été parlé plus haut, et lorsque le fléau reste stalionnaire , ou qu'après quelques légères oscillations il redevient horizontal, c'est une preuve que les deux bras sont en équilibre ; mais ce n'en est pas une que la balance est juste : car, comme nous l'avons déjà dit , il suffirait , pour établir l'équilibre entr'eux, que l'un égalât par un excès de masse l'excès de vitesse de l'autre. Il faut donc placer dans chacun des plateaux des poids parfaitement égaux; et si cette fois l'équilibre subsiste , c'est une preuve certaine de la justesse de la balance : il est évident qu'alors, s'ils n'étaient pas égaux, celui qui serait le plus long l'emporterait sur l'autre.

La justesse d'une balance n'est pas la seule qualité qu'elle doit avoir , il faut encore qu'elle soit sensible , c'est-à-dire , qu'elle puisse être mise en mouvement par une très-petite masse , un dix-millième de gramme, par exemple, ce qui répond à-peu-près à un six-centième de grain , poids de marc.

Avant de se servir de la balance d'essai , il faut toujours avoir soin de s'assurer si elle ne s'est pas dérangée; et si le fléau n'était pas en équilibre, il faudrait l)asser dessus, ainsi que sur les plateaux, un petit pinceau fait avec des cheveux pour abatre la poussière qui s'introduit dans la cage pendant le travail.

Lorsqu'on pèse il faut éviter les rayons du soleil ,

SI

qiîî pourraieni:, en dilatant inégalement les bras du fléau , rompre leur équilibre. Les courans d'air ne sont pas moins dangereux, en agitant la balance et en la faisant pencher plus d'un côlé que de l'autre. Il est donc nécessaire que la balance soit placée dans un petit cabinet où les rayons du soleil et les courans d'air ne puissent avoir accès. Il est également important d'écarter avec soin du lieu dans lequel est renfermée la balance, l'humidité et surtout les vapeurs acides, qui indubitablement rouilleraient le fléau et rendraient cet instrument inexact , ou au moins diminueraient sa sensibilité.

Des Poids»

Les poids dont on se sert aujourd'hui pour les essaîs d'or et d'argent sont le gramme et ses divisions décimales; il correspond à 18,841 grains, poids de marc. L'ensemble de ces poids consiste : i* dans le gramme lui-même; 2° les o,5 de gramme; 3* les 0,2 de gramme; 40 le 0,1 de gramme; 5° le o,o5 de gramme; 60 le 0,02 de gramme; 7° le 0,01 de gramme; 8° les o,oo5 de gramme ; 9° les 0,002 de gramme; 100 le 0,001 de gramme; enfin les o,ooo5 , ou le demi millième de gramme.

On voit que par cette division du gramme onze poids sont suffisans pour avoir tous les termes intermédiaires entre les deux extrêmes, savoir l'unité principale, le gramme, et la plus petite division qui serve dans les essais , le demi-millième de grammes Ceux qui fabriquent ces poids ont coutume de faire double, les 0,1; les 0,015 les o,oo5; les 0,001; les o,ooo5 de

gramme , parce que ces poids étant très-légers , et cédant au plus peut mouvement, ils sont très-sujets à se perdre.

Ces poids sont ordinairement faits en argent. On pourrait également les faire en or ou en platine ; mais ces métaux étant spécifiquement plus pesans, les poids qu'on en formerait auraient un beaucoup plus petit volume sous la même masse , et à peine les dernières divisions du gramme seraient visibles : le cuivre serait même préférable, s'il n'était pas susceptible de s'oxider par l'eau et les vapeurs acides.

Le gramme , ou l'unité principale , doit être fait sur un bon étalon ; mais ce sont surtout les divisions qui doivent avoir la plus grande exactitude et contenir rigoureusement les parties aliquoles qu'elles expriment. On conçoit , en effet , que c'est dans l'exactitude des rapports que doivent avoir enlr*elles les divisions d'un poids quelconque , que consiste toute la précision des opérations, et que deux Essayeurs qui travailleraient avec des poids dont l'unité principale serait différente obtiendraient néanmoins Jes mêmes résultats, si les parties aliquotes étaient exactes, et si d'ailleurs ils operraient tous deux avec les précautions requises.

Pour vérifier l'exactitude de ces poids , il faut mettre dans un des plateaux d'une balance bien sensible, l'unité principale, et dans l'autre, toutes les parties qui la représentent; et s'il y a égalité, c'est une preuve que la division générale est bonne; mais ce n'en est pas une pour chaque division en particulier , car il serait possible que celui qui pourrait se trouver en moins dans les uns se trouvât en plus dans les autres; il faut donc les comparer les uns après les autres, avec leurs divisions correspondantes.

Titre des alliages d'argent.

On exprime actuellement la richesse d'un alliage d'argent, le titre, en fractions décimales de l'unité. Ce titre autrefois s'énonçait habituellement en deniers et vingi^quatrièmcs de denier, ou bien en onces, gros et grains contenus dans loo livres [quintal), poids de marc.

Les titres correspondans , anciens et nouveaux, se trouvent dans les tableaux suivans, dont voici les élemens :

I gros rrr 72 gfaius;

I once = 8 gros — 576 grains;

I livre — 16 onces =128 gros 9216 grains ;

I quintal 100 livres = i6oo onces = 12,800 gros = 921600 grains;

I dix-millième (0,0001) = i gros = 20 grains 16/100 ;

Le denier est divisé en 24 vingt-quatrièmes; l'unité contient X2 deniers ou a88 vingt-quatrièmes.

oo

eo

PO

fO

co oo

oo (N

ir; *n v:!-

« Vf

ers

vt

"ft^

« CJ «s M w

O O «O O o OO OOOOO^-'Clv:*- O O

en

GiCO O

cri

o o o o o co o

Vf

Ci -*

en «

fi

Page 1