‹ Manuel complet de l'essayeurChapitre 9 sur 46 · TITRES TROUVÉS · texte numérisé non relu

TITRES TROUVÉS

par la conpellation.

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TITRES

exacts.

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Ces nombres d'ailleurs ne sont pas constans et varient suivant les circonslances dans lesquelles s'opère la coupellalion : deux essais d'un même lingot, faits par le même essayeur , peuvent même différer de quatre à cinq millièmes.

Tillet a remarqué que les coupelles retenaient le double de l'argent qui manque dans un essai; ce qui prouve que le bouton de retour n'est jamais parfaitement lin,

Coupellaiion de Vor,

Quoiqu'il faille faire subir à l'or l'opération de la coupellation pour en connaître exactement le titre, cependant, si on se contentait de le soumettre à la coupellaiion , simplement avec du plomb comme l'argent , l'on ne parviendrait qu'avec beaucoup de peine à en séparer les métaux étrangers qui y seraient alliés , et en particulier le cuivre ; car il adhère si fortement à l'or qu'il ne peut qu'avec une extrême difficulté s'oxider et se vitrifier avec Toxide de plomb. Ainsi, au lieu de mettre simplement l'or avec le plomb dans la coupelle, on y mêle de l'argent, dont la quanlité doit varier suivant le titre présumé de l'or; titre que Ton apprécie nonseulement par les moyens, indiqués plus haut par l'argent, mais encore par l'essai à la pierre de touche (i),

(i) Pierre ds touche. On se contente souvent, dans leconmercc, de de'terminer approximalivement le litre des alliages d'or et de cuivre , par la pierre de touche. Voici comment on opère; on fait sur une pierre de touche ( shiste siliceux , pierre de Ij die ) , une trace de 4 millimètres de longueur et de 3 millimètre* de largeur avec

en le comparant avec des alliages dont les litres sont connusc

Lorsque Tor est lin, c'est-à-dire qu'il contient, par exemple, 997, 998, 999 parties de fin, sur 1000, la quantité d'argent à ajouter doit être de trois parties, et c'est ce qu'on appelle quartation ou inquartation. Mais s'il recèle 200, 2 5o, 3oo parties de cuivre, deux parties d'argent fin suffisent. S'il est nécessaire que la quantité d'argent diminue en raison inverse de la pureté de l'or , celle du plomb, au contraire, doit s'élever dans la raison opposée. Il est aisé de sentir, en effet, que quand l'or est fin ou presque fin , le plomb est autant utile pour favoriser la fusion de Tor et de l'argent, que pour l'affinage; mais il n'en doit pas être de même lorsque l'or contient beaucoup de cuivre (i) ; et si par

l'alliage; puis on mouille celle trace avec une barbe de plume trempée dans l'eau forte Cet acide dissout le cuivre; on en examine l'effet; puis on essuie le'gèrement pour enlever la liqueur, et l'on examine de nouveau ce qui reste de la trace métallique. Quand on a de l'habitude , on aperçoit irès-approsimalivement îe titre de l'alliage d'après la leinle verte plus ou moins fonce'c que prend la liqueur acide , et d'après Te'paisseur de la trace d'or pur qui reste sur la pierre. Voyez opération du touchsau.

(i) Comme le cuivre a une Irès-giande aifiuité pour l'or , il faut une beaucoup plus grande proportion de plomb pour déterminer son oxidatioo quand il est combine à l'or, que quand il est uni avec l'argent. Cette proportion varie selon le tilre et la tempe'raturc. On admet que dans des circonstances semblables , il faut;, pour un même titre, deux fois autant de plomb pour coupeller l'or que pour coupeller l'argent. Ainsi l'on doit en employer i4 P. «o moins dans les tonneaux ordinaires, pour faire l'essai de l'or monnaye qui renferme 0,100 de cuivre. 11 n'y a pas d'ailleurs d'inconvénient a en employer un peu plus , par ce que cela n'augmente pas la perîe

exemple, il est à 75o millièmes de fin, 24 fois soa poids de plomb sont nécessaires à sa purification, et ainsi proporlionnellement.

Quant à l'essai de Tor fin ; comme il n'exige pas une si grande quantité de plomb, il peut être fait sur le •gramme entier ; mais celui de Tor bas , par la raison contraire , ne peut avoir lieu que sur un demi-gramme, à moins d'employer une coupelle deux fois plus grande.

L'essai de Tor a besoin d'une plus grande chaleur que celui de l'argent ; mais heureusement il ne craint point celte épreuve, et il ue se sublime point comme Targent. Après donc avoir pesé Tor avec les précautions requises , on l'enveloppe dans un cornet de papier avec la quantité d'argent convenable , et on le place dans la coupelle, où le plomb doit être bien découvert et bien chaud; alors l'or et l'argent se fondent, et les phénomènes qui ont été décrits pour Targent ont également lieu ici. Les précautions que nous avons recommandées

sur l'or. Qui»l!o que grande que soit <î'aili#>urs la proportion de ploml) qu'on aioute à l'or cuivreux, pour le coupeller , le boulon tle relour retient toujours une Irt's-grande quantité de cuivre qu'une nouvelle coupellation ne pourrait pas lui enlever, et qui occai;ione ce qu'on appelle 1a surcharge ^ à laquelle il faut nécessairemcnl avoir cgard dan« l'essai des alliages. On ou a reconnu que la jtrf'sencede l'argent facilite beaucoup la séparation du cuivre et de l'or; cl comme d'ailleurs il est rare qu'un alliage d'or cuivreux ne renferme pas en même temps un peu d'argent qu'il faut doser, *'t qtie cela ne peut se faire qu'en introduisant dans l'alliage un© quantité d'argent telle qu'il n'y trouve dans la proportion de 3 P. pour 1 P. d'or, on ajoute, lorsqu'on a à essayer un alliage d'or et de cuivre, une quantité d'argent suffisante pour remplir celte condition, d'après le titre présumé, et on le coupelle avec du plonïb-

pour Tessai d'argent ne sont pas si nécessaires ici , c'està-dire qu'il est inutile, et quelquefois même nuisible, de rapprocher vers la fin la coupelle sur le devant de la moufle, et qu'on ne risque point, en retirant le bouton encore rouge du fourneau, qu'il roche ou s'écarte comme le bouton d'argent. Cependant il est toujours prudent de le laisser un peu refroidir; car, à la rigueur, il peut aussi végéter, et alors l'essai serait manqué. Quand l'essai est bien passé et qu'il est refroidi , on l'aplatit sur Tenclume à petits coups de marteau , on le recuit soit en le plaçant sur un charbon au feu de lampe, soit à travers les charbons allumés, soit enfin dans la moufle du fourneau de coupelle, en prenant garde qu'il ne fonde; on le passe ensuite au laminoir pour lui donner la forme d'une lame d'un sixième de ligne tout au plus d'épaisseur , on recuit une seconde fois celle lame métallique , et on la roule sur elle-même en forme de cornet ou de spirale.

Le laminage et le recuit sont deux opérations nécessaires au succès de l'essai, et qui exigent quelques précautions : i<» la lame ne doit être ni trop mince ni trop épaisse; dans le premier cas on courrait risque que par le mouvement que lui communique l'eau forte avec laquelle on la fait bouillir, elle ne se brisât, ce qui apporterait des difficultés pour l'exactitude de l'opération ; dans le second cas, au contraire, il y aurait à craindre que l'épaisseur trop considéral^le de la lame ne permit pas à l'eau forte de pénétrer jusqu'à son centre et d'enlever jusqu'à la dernière molécule d'argent; a» le recuit de la lame, en même temps qu'il lui donne plus de liant et facilite sa circonvolution autour d'elle-même sans se briser ni se gercer, ouvre les pores du métal que la

pression du laminoir avait resserrés , et favorise par-là l'action de l'eau forte.

Voici ce que Texpérience a appris à cet égard. La quantité de matière sur laquelle on opère , ou la prise d'essai y élait autrefois de la grains, et Ton réduisait l'alliage résultant de ces 12 grains de l'argent d'inquartalion en une lame de 18 à 20 lignes de largeur sur 4 à 5 lignes de longueur. Actuellement la prise d'essai est de 5 décigrammes et l'on donne à la feuille inquartée 8 centimètres de longueur : ces feuilles ne doivent pas avoir plus d'un tiers de millimètres d'épaisseur.

Ces disposions ayant été faites, on met le cornet dans un petit matras en forme de poire , c'est-à-dire dont le cou va en diminuant insensiblement depuis la panse jusqu'à l'extrémité : pour une pièce d'essai de 5 décigrammes, on verse, par-dessus, 36 à 5o grammes d'eau forte à vingt-deux degrés , jusqu'à ce que le matras, qui contient ordinairement 72 grammes, soit rempli à moitié ou aux deux tiers : on le place ensuite sur des charbons allumés, couvert d'une légère couche de cendre, afin d'éviter qu'une trop brusque chaleur ne fasse casser le vase. Depuis l'instant où la liqueur entre en ébullilion, jusqu'à celui où l'opération doit être finie, quinze à vingt minutes sont nécessaires. Cette opération s'appelle départ humide; pendant qu'elle a lieu il se dégage une vapeur rouge qui est l'effet de la dissolution de l'argent par l'acide nitrique ou eau forte. Le cornet change de couleur, il devient brunâtre , il perd de sa solidité et de sa consistance , ce qui est facile à concevoir par les espaces que laissent les parties d'argent dissoutes. Lorsque l'eau forte a ainsi bouilli pendant vingt minutes sur l'or , on décante avec soiu la

dissoliilioD , en prenant garde que le cornet ne tombe ; on y remet à-peu-près le même volume que la première fois d'eau forte à 32 degrés, pour enlever les dernières portions d'argent qui pourraient rester encore dans For. On fait bouillir une seconde fois, pendant sept à huit minutes, on décante celte nouvelle eau forte comme la première, et on remplit le ma Iras avec de l'eau distillée ou de rivière bien pure.

On opère toujours le départ en deux fois, parce que si l'on employait de suite de l'acide très-fort l'action serait trop vive, le cornet pourrait être brisé ou entraîné hors des matras , et que d*un autre côlé , l'acide nitrique à 2 2° ne permet pas de dissoudre les dernières portions d'argent, qui sont très-difficiles à séparer de l'or. Le second traitement par l'acide nitrique se nomme la reprise , et l'on appelle cornet de retour l'or purifié et recuit.

On place alors un petit creuset à recuire sur l'ouverture du matras , et l'on renverse avec beaucoup de précaution ce matras de bas en haut : par ce moyeu le cornet descend dans le creuset, à travers l'eau, qui supporte une partie de son poids et l'empêche de se briser. On élève ensuite un peu le matras , et on le relourne avec célérité et dextérité, de manière que Teau n'ait pas le temps de tomber en assez grande quantité pour remplir le creuset, en prenant garde de laisser échapper le cornet ou quelques fragmens qui pourraient s'en être détachés, et on fait recuire le cornet dans le creuset couvert , au milieu des charbons ou dans la moufle du fourneau de coupelle.

Le cornet qui avait, au sortir de Feau forte, une couleur bruue de cuivre Qxidé, une fra§iUlé très-grande.

cîinnoue de volume , devient ductile, et recouvre sa couleur et son étal mélallique par cette opération. La seule chose qui reste à faire alors pour conduire Fessai â sa fin , c'est de peser le cornet , pour déterminer le titre de la matière essayée, par la diminution qu'il a éprouvée. Quoique les essais d'or ne soient pas si sujets à perdre ni à gagner que les essais d'argent, néanmoins il est bon de les faire doubles; et lorsque les deux cornets sont parfailement égaux , on peut être assuré que l'opération a été bien faite. Mais s'il y avait enir'eux une différence sensible, il faudrait recommencer.

Surcharge.

Le cornet de retour retient toujours une petite quan-» tité d'argent , en employant la méthode que nous ve. nons de décrire; on sait que l'or fin qu'on soumet à l'inquartalion et au départ pèse toujours plus après qu'avant l'opération. On appelle surcharge l'augmentation de poids qu'il éprouve , celle surcharge est ordinairement de 0,001 H 0,002. M. Chaudet a trouvé moyen de l'éviter. Pour cela il verse sur le COrnet inquarté de l'acide nitrique à 230 qu'il fait chauffer pendant 3 ou 4 minutes seulement ; il remplace cet acide par de l'acide à 32** qu'il fait bouillir pendant 10 minutes; il décante et il fait une seconde reprise avec de l'acide à Sa** qu'il tient en ébullition pendant 8 à 10 minutes. L'essai n'exige ainsi que 20 à aS» , et selon M. Chaudet, il donne de l'or absolument pur.

On fait aussi le départ par l'acide nitrique en grand; mais alors on introduit dans l'alliage 4 p. d'argent au lieu

de 3 p. pour i p. d'or. Il paraît, d*après M. Chaudel , qu'en procédant comme il le prescrit, on pourrait en extraire tout l'argent au moyen d'une seule reprise , par l'acide à Sa® ; mais quand l'alliage est à un haut litre, deux reprises sont nécessaires.

Essai des lingots de doré, ei d'or chargé d'argenL

On n'a parlé jusqu'ici que de deux cas, les plus communs à la vérité , savoir, de l'alliage de l'or avec le même mêlai; il en est deux autres qui méritent quelque considération. L'un , c'est lorsque, dans une grande quantité d'argent, il ne se trouve qu'une très-petite quantité d'or; c'est ce qu'on appelle du dorè^ et l'essai qu'on en fait se nomme essai de doré; l'autre, c'est quand , dans une grande quantité d'or, il existe une petite proportion d'argent qu'il faut déterminer. S'il n'y avait que ces deux métaux alliés dans le cas que nous venons de citer, l'essai en serait fort simple; il suffirait de faire dissoudre le premier dans l'eau forte pure, et d'ajouter de l'argent au deuxième pour le coupeller ensuite avec le plomb; mais presque toujours il y a en même temps avec eux une certaine quantité de cuivre qu'il faut enlever par la coupellation. Si c'est du doré , par exemple , que Ton ait à essayer, il ne sera point nécessaire d'y ajouter de l'argent, puisque la plus grande partie de sa masse en est formée ; mais il faudra , après l'avoir déterminée par approximation à l'aide des moyens exposés ci-dessus, y mettre la quantité de plomb convenable, et procéder à la coupellation comme pour les essais d'argent ordinaires : quoiqu'il contienne de l'or, il faut se garder de donner aussi chaud que pour l'essai de ce naé-

tal, ie seul qu*ou ait alors en vue, tandis qu'ici il faut lîccessairement connaître les quantités relatives d'or et d'argent qui composent le lingot de doré. Lorsque le bouton est passé avec toutes les conditions qui caractérisent un bon essai , on en fait le retour avec soin à la balance, et on prend note de son poids, lequel donne la quantité d'alliage qu'il contenait : on aplatit ensuite ce boulon sous le marteau , on le fait recuire, et on le met dans un petit malras en poire , à ouverture étroite ; on verse par dessus de Feau forte pure à 22 degrés, et on le fait légèrement bouillir jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une poussière au fond de la liqueur. Alors on laisse reposer pendant quelque temps , pour que les parties de l'or se rassemblent au fond. On décante ensuite la liqueur claire avec beaucoup de précaution, on remet une nouvelle dose d'eau forte plus concentrée que la première, et on le fait encore bouillir pendant quelques minutes» Après avoir laissé déposer la poussière d'or, ou verse l'eau forte comme la première fois, on remplit le maîras d'eau pure , on renverse l'ouverture du matras dans un petit creuset à recuire; et lorsque toutes les particules d'or sont descendues dans le creuset, ce qu'on accélère en frappant doucement sur le matras on élève légèrement ce vase et on le retourne avec beaucoup d'attention pour ne pas donner un trop grand mouvement à l'eau , et ae pas faire sortir l'or du creuset avec l'eau qui indubitablement l'entraînerait*

On laisse également reposer Tor au fond du creuset, on agite même de quelques légers coups ce vaisseau , pour faciliter la précipitation de l'or eu le détachant de ses parois remplies d'aspérités qui le retiennent ; alors on décante l'eau très-doucement, et on fait recuire le

mêlai , comme il a été dit à Tarticle de Fessai de l'or.

La quantité d'or obtenue donne celle d'argent, puisqu'on connaissait auparavant celle des deux, métaux : il suffit donc de la soustraire de la somme totale du bouton de retour.

Le nombre des millièmes d'or trouvés dans le gramme soumis à l'essai , représentent autant de grammes par kilogramme de la matière ; et l'on trouvera la quantité qu'il y en aurait par marc, en multipliant les parties aliquQtes de ce poids, c'est-à-dire les grains, par le nombre de millièmes trouvés dans le gramme, qui, comme on sait, est formé de i8 grains et de 841 millièmes de grain. L'on a par ce moyen la quantité de millièmes contenus dans un marc, qu'il suffit ensuite de diviser par 53,07 pour les convertir en grains poids de marc, ou, si l'on veut, pour éviter les longues divisions, on prendra l'once au lieu du marc, et on multipliera ensuite le quotient obtenu par 8, ce qui reviendrait au même.

Quand au cas où de l'or contiendra de l'argent dont on désirerait avoir le rapport, après l'avoir estimé àpeu-près par la pierre de touche , il faudrait y ajouter la dose d'argent capable de former l'inquartation , et le coupeller avec la quantité de plomb convenable , d'après l'indice acquis de la quantité d'alliage qu'il contient; peser le boulon de retour, et agir du reste comme pour l'essai de l'or ordinaire. Il faut ici seulement défalquer de la quantité d'argent trouvée par le poids de l'or , celle de l'argent qu'on y a mise.

Or i^ert.

Les alliages d'or et d'argent sont d'un blanc verdâtre :

lin vinglièûie d*argent suffit pour changer tout-à-fait la couleur de l'or. L*or vert dont on fait usage dans la bijouterie contient Oy*joS d'or et 0,292 d'argent.

Voici la composition de quelques alliages d'or et d'argent supposés contenir les deux métaux en rapports atomiques.

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