CHAPITRE VII
COMBUSTION SPONTANÉE
11 est un phénomène extrêmement rare, mais mi» aujourd'hui hors de doute par des exemples authentiques, c'est ce que l'on nomme combustion spontanée humaine ; le corps se consume plus ou moins complètement sans être exposé à l'action du calorique. Un accident aussi extraordinaire a d'autant plus excité l'attention, qu'il pourrait entraîner des condamnations capitales, si les hommes de l'art ne savaient reconnaître la vérité, et la démontrer; on pourrait croire que des assassins ont essayé de brûler le cadavre de leur victime, quoique ce soit une chose aussi longue que difficile ; ainsi Lecat a rapporté l'histoire d'un homme de Reims >. qui fut condamné et exécuté sous cette fausse présomption; et M. Vigné a sauvé la mémoire d'un nommé Milet, qui échappa avec peine à la mort, étant accusé d'avoir assassiné sa femme , et d'en avoir ensuite brûlé le corps, qui avait été trouvé dans sa cuisine presque entièrement consumé. En 1779, une semblable combustion spontanée eut lieu à Aix en Provence , sur une femme de petite taille, très-grasse, et fort adonnée aux boissons alcoholiques ; M. Boocas, chirurgien chargé du rapport, ne trouva qu'une masse de cendres épaisses et grasses, quelques os calciné» et facilement friables, avec le crâne et un pied , qui étaient res,tés intacts. En 1799 , une femme périt ainsi à Taris ; M. Neveu j chirurgien, reconnut les débris d'un corps huaiain, tout le tronc ne formait qu'une masse charbonneuse d'une odeur fétide, un seul pied était intact, et la tête, qui tenait au tronc , était boursou-i fiée , mais sans altération des muscles. M. Lair (Paris, 180S) a fait un mémoire à ce sujet qui renferme plusieurs observations. M. Marc ainsi que M. Coop ont également exposé des vues ingénieuses sur ce phénomène.
COMBUSTION SPONTANÉE. 141
Il résulte du plus grand nombre des observations, que les comitlons spontanées ont presque toujours atteint des personnes es, qui avaient dépassé leur soixantième année , et que le nomdes femmes a été plus grand que celui des hommes; qu'il stait toujours des causes de débilité , d'une sorte d'inertie is l'organisme; ainsi les individus étaient surchargés de graisse très-maigres, presque tous faisaient excès de liqueurs fortes, docteur Swediaur annonce même que ces combustions ne sont rares dans le Nord, où l'on fait un abus prodigieux des eauxrie de grain : Ces deux circonstances d'une obésité considéraet de l'usage habituel des alcoholiques expliquent jusqu'à un ;ain point ces combustions sponlanées , puisque le corps offre ■s un tissu cellulaire et d'autres élémens très-combustibles et -hydrogénés. Lecat, MAI. Marc et Copp n'ont pas admis que irésence d'un corps en ignition fut nécessaire; ils ont cité emple des substances organiques qui prennent feu spontanéit, soit à la surface, soit même dans le sein de la terre; et l'on qu'il est des états morbides de l'économie dans lesquels de des frictions , exercées sur les membres, font jaillir des étinîs électriques ; il suffit donc qu'il se développe intérieurement réaction telle entre les élémens combustibles du corps, qu'il : production d'électricité et d'une chaleur capable d'y mettre u. Toujours est-il que celui-ci marche rapidement, et qu'une e peut suffire pour la combustion totale, n aperçoit une flamme bleuâtre , légère , qui n'est pas éteinte 'eau, et qui donne lieu aux mêmes douleurs que la brûlure, tue la combustion est partielle; celle-ci ne s'étend qu'aux is qui sont immédiatement en contact avec le corps , ou qui isinent de très-près, mais alors ils sont plutôt charbonnés brûlés; il se produit une suie épaisse , grasse et très-fétide , e dépose sur les meubles et les murs; jamais le corps n'est lèteracnt brûlé. Le tronc est d'abord attaqué , rarement ce lies membres , il ne reste des parties brûlées qu'un charbon et friable exhalant une odeur empyreumatique et désagréaet une petite quantité de cendres ou dépôt gras et infect, r.rémilé d'un membre, la lôtc , restent souvent intacts. Qucl- Dtg la combustion est partielle , et dans un cas semblable