‹ Manuel complet de médecine légaleChapitre 42 sur 97 · SIÈGE · texte numérisé non relu

SIÈGE

Articulations. . . .

Tendons grêles. . . ,j Gros tendons. . . ,\

w £ PS 2

Plaies des tendons. .<

Je crois que dans ce tableau M. Biessy s'est montré trop favorable à la défense , et que généralement les guérisons sont plus longues qu'il ne les a indiquées, même en ne considérant que les cas où aucune autre condition morbide ne pourrait entraver leur marche. En outre il est des hommes qui semblent offrir la réunion des qualités les plus propres à une prompte guérison, et chez lesquels cependant cette dernière est fort retardée. 11 est évident, dans ce cas, que l'effet ne peut être rapporté qu'à sa cause reconnue , qui est la blessure , et que dès lors l'auteur en doit subir les conséquences. On n'arrivera à pouvoir fixer des termes exacts de guérison qu'en prenant la moyenne d'un trèsgrand nombre d'observations les plus semblables, et c'est un travail qui n'a pas encore été publié.

Les lois ont établi une distinction entre les coups et les Llcssures , selon que la peau a été entamée, ou n'a pas éprouvé de solution de continuité ; mais les auteurs de médecine légale n'ont pas admis celte division , et ils ont réuni toutes les lésions externes sous le nom générique de blessures. Pour en exposer l'histoire , nous aurons à étudier, 1° les caractères différentiels de chaque genre de blessures ; i° leur gravité selon leur siège ; 3° les nombreuses circonstances qui peuvent . en retarder la guérison; 4° les signes qui indiquent si les blessures ont été faites pendant la vie ; 5° les moyens de distinguer si elles ont été volontaires , accidentelles , ou le résultat d'un meurtre ; enfin , leur examen juridique.

i° Caractères différentiels des lésions désignées sous le terme générique de blessures.

Ces lésions sont très-nombreuses ; elles ne peuvent être partagées en simples , graves et mortelles , puisque nous les considérons ici en elles-mêmes , et qu'aucune d'elles, prise d'une manière générale, n'est susceptible de pronostic, celui-ci dépendant de l'organe qui a été atteint.

En parlant des contusions, des ecchymoses, de l'entorse, de la commotion, des fractures et des luxations, des brûlures et des plaies en général, nous ne ferons que rappeler des définitions et

, descriptions concises, que l'on trouvera plus détaillées dans les

rrages de pathologie externe : mais cette espèce de mémento

rrgnera peut-être à des personnes peu versées dans l'étude de

r>re art des recherches longues et pénibles. Contusion. On désigne sous ce nom une blessure faite par un ps mousse et arrondi , tel que le poing , un bâton , sans solu- 1 de continuité de la peau j les tissus et les capillaires sous-

ianés sont froissés ou écrasés, de sorte que l'ecchymose est jours produite, à moins que la rapidité de la mort ne se soit

oosée à l'extravasation du sang , circonstance excessivement ;. La contusion est quelquefois assez violente pour déterminer plus grands désordres, tels que des fractures, la désorganisa- 1 des muscles, des vaisseaux et des nerfs , la rupture des viscè- , sans que la peau ait éprouvé aucune altération apparente : ces

i mples sont assez fréquens dans les blessures par armes à feu, et ont servi de fondement à ce préjugé , que le vent des boulets

: mortel. De pareils faits suffisent pour démontrer combien on ï donner de soin à l'examen cadavérique , et l'avantage que retire des incisions étendues et profondes pour s'assurer de ît des parties.

Icitrtrissure. Le mot meurtrissure est souvent employé ml comme synonyme de contusion j il dérive de meurtre , '.rtrier , meurtrir, et indique que le coup a été porté par un ïrsaire ; on ne doit donc en faire usage que dans cette accep-

Haie contuse. Lorsque la solution de continuité de la peau mpagne la contusion , la blessure prend le nom de plaie con- . , et ses bords sont inégaux et déchirés.

Jcchymoses. On nomme ainsi l'extravasion du sang dans les .s du tissu cellulaire, lorsqu'il provient de la rupture des eaux capillaires, ou même d'une yéritable exhalation interelle, comme cela se remarque quelquefois dans l'épaisseur embranes muqueuses , qui prennent alors une teinte noiràsuuvent confondue par des observateurs inattentifs avec celle a gangrène. Lorsque le sang s'échappe d'un vaisseau un peu mineux, il se répand dans le tissu cellulaire (infiltration sane), ou se rassemble en un seul foyer, soit dans une cavité na-

turelle , soit dans les lames celluleusé» (éjmnchûmcnt sanguin). Ce dernier phénomène peut aussi reconnaître pour cause la décomposition putride : le sang, d'abord coagulé, se fluidifie eu s'altérant , passe à travers les érosions des gros vaisseaux, et gagne les points les plus déclives \ observation que l'on trouve dam les ouvrages de M. Chaussier, et qui n'est pas sans importam pour la médecine légale.

La cause la plus fréquente de l'ecchymose est la contusion} mais elle survient aussi à la suite d'efforts, de secousses violentes, dans quelques affections où la débilité des capillaires est extrêmei l'on trouve alors de petits dépôts sanguins dans l'épaisseur des tissus, au milieu d'un muscle , à la surface d'un organe parenchymateux , sans que les parties voisines soient aucunement altérées. Dans l'ecchymose de cause externe , la tache cutanée est d'abord rouge ou bleuâtre ; elle se fonce ensuite , devient noirâtre ou plombée ; plus tard elle est successivement violette et j nâtre, puis ces teintes s'étendent en s'affaiblissant et finissent par disparaître : le point central reste toujours d'une couleur plus tense que les parties voisines, et il est encore noirâtre que 1' aperçoit déjà une légère teinte jaune dans son contour, phénomène que l'or, explique facilement par l'absorption , qui éloigne et entraîne les molécules sanguines , de sorte que la coloration qu'elles donnent aux parties voisim s est en raison de leur nombre. M. Chaussier a ainsi exposé les phénomènes de l'ecchymose} on en trouve l'explication , dit-il , dans la nature du sang , la disposition et les propriétés du tissu lamineux. En effet , dès que le sang cesse d'être soumis à l'action circulatoire, il perd par le repos sa couleur vive, devient bleuâtre, et tend à se coaguler mais comme il se fait continuellement dans les aréoles du ti lamineux une sécrétion vaporeuse, les molécules sont suce vement délayées, dispersées peu à peu par l'action tonique tissu, dans les aréoles circonvoisines , ce qui produit en même temps la diffusion de la tache ecchymosée, et le changement de couleur, que l'on y remarque , et qui disparaît chaque jour par l'absorption qui se fait continuellement. L'on conçoit par les mè* mes raisons qu'un épanchement de sang , même profond, doit, au bout de quelque temps, amener une ecchymose cutanée, parce que

»ar l'absorption , des molécules de ce fluide seront transportées msquedans l'épaisseur de la membrane tégumentaire, et lui feront rrésenter les colorations successives que nous avons décrites; elles •eront seulement moins marquées, et en raison de l'éloignement ju fojer sanguin.

Il ne faut pas confondre l'eccbymose avec plusieurs affections

ont les caractères sont différens. C'est ainsi que quelques per- ■onnes apportent en naissant des taches rouges , livides ou viola-

ées , qui sont toujours exactement circonscrites , et qui n'offrent ,as ces tons plus pâles qui se succèdent du centre à la circonfé- 2nce dans l'ecchymose. Des taches semblables , et qui ont la cou- ;;ur de la lie de vin, surviennent aussi spontanément sur différens

oints du corps , aux mains , aux tempes , etc. , à quelques person-

es , aux femmes en couche , par exemple*

Il se forme chez quelques malades débilités , et à l'instant de la uort,des congestions sanguines dans les parties les plus déeli- ■•es, qui occasionnent des taches rouges à la peau, que l'on désigne

■ )us le nom de lividités; elles sont quelquefois assez étendues îix fesses, aux régions lombaires et dorsales , enfin dans les en-

■ -oits sur lesquels le corps a reposé. La coloration en est unirrme, et lorsque l'on incise ces taches , on reconnaît qu'il y a ingestion , mais non pas extravasion de sang.

M. Chaussier a confirmé par ses propres observations la jus- I sse de celte remarque d'Hippocrate , qu'il survenait quelqueis, dans la pleuropneumonie et d'autres maladies aiguës , des :ches sanguines (lividités)'par injection , dans les points de la .■;au en rapport avec l'organe malade. Ce fait est très-important , î.rce qu'on pourrait, par ignorauce, prendre l'effet pour la cause, croire à une forte contusion , erreur qui serait de nature à enîner de funestes conséquences. Lorsque les lividités , quelle e soit leur cause , sont partagées en plusieurs lignes , par l'iné- I lité du plan sur lequel le corps reposait , elles ressemblent dans cas aux traces que laisserait la percussion avec des verges, et i les nomme veryelures ou vibices , comme le font quelques teurs modernes.

Il faudrait n'avoir jamais vu une cicatrice de vésicatoire , une che gangréneuse , la rougeur d'un exanthème cutané, pour ne

pas les distinguer Je l'ecchymose au premier coup d'oeil, et avec la plus grande facilité.

La sutjillalion n'est qu'une véritable ecchymose aux yeux d'un grand nombre de médecins, et dès lors c'est un synonyme inutile , parce qu'il obscurcit le langage médical et en augmente inutilement les termes. Lorsque l'on remonte à l'étymologie de ce mot, on voit qu'il s'applique à l'ecchymose produite par succion (du verbe sugerc), mais ce sens n'a jamais été adopté. Louis voulait qu'il exprimât ce que nous nommons ecchymose par infiltration, et Belloc , qtxil fût réservé pour désigner les ecchymoses pour cause interne 5 mais ces acceptions n'ont pas été con* firuiées par l'usage.

Entorse. On nomme entorse l'extension forcée et quelquefoi» même la rupture de quelques-uns des ligamens d'une articulation mobile , sans que les surfaces osseuses aient changé de support. Le coude-pied (ou articulation tibio-tarsienne) et le poignet (articulation radio-carpienne) en sont ordinairement le siège. Oa donne quelquefois à ces lésions , lorsqu'elles sont légères , le nom de foulures. Celles du membre inférieur sont beaucoup plus graves , à cause de la résistance que doit offrir l'articulation , pour supporter le poids du corps : il reste pendant long-temps de l'engorgement et delà gène dans les mouvemens.

Commotion. C'est l'action d'une cause externe (choc, chute, etc.) qui détermine le rapprochement , l'affaissement subit des molécules d'un viscère de peu de consistance. Le cerveau est l'organe qui en est le plus souvent le siège. Un coup donné sur la boîte osseuse la déforme à la manière d'une cloche qui vibre et oscille dans tous les sens, et la masse cérébrale pressée, affaissée au milieu de ces oscillations, perd son activité ou sa faculté d'agir, et peut ainsi entraîner la mort de l'individu. Littre rapporte qu'an jeune criminel ayant été incarcéré , courut d'un bout à l'autre de sa prison pour se frapper la tête contre le mur, et tomba mort à l'instant; l'autopsie montra les os du crâne intacts, ainsi que la masse encéphalique qui était affaissée , cl avait perdu beaucoup de son volume; observation que j'ai pu encore confirmer il y » quelques jours sur un homme qui s'était précipité d'une fenélre, et était tombé sur la tète. Une chute sur les pieds , sur les fesses,

•ut également déterminer la commotion, parce que le cerveau \ .affaisse alors sur la base du crâne, et s'y déprime. C'est dans les

(.'•mes cas que surviennent les commotions du foie et de la jlooelle épinière , quoique ces dernières soient plus fréquemment ttt odnites par une cliute ou un coup directs sur la région rachif enne. Il est facile de concevoir que la cause qui détermine la hlnmmotion peut aussi donuer lieu aux contusions , déchirures l| délabremens des mêmes organes.

fi i Fractures. On entend par fractures la solution de continuité un os produite par une cause qui a porté l'organe au-delà de Hnn extensibilité naturelle. Cette définition distingue la fracture f I la plaie de l'os , dans laquelle la cause est censée agir en cou- ■ l-ntles parties qu'elle touche, sans étendre son action sur celles Hl.ii les avoisinent. Les fractures simples sont celles où l'os est fcl mpu sans autres accidens que ceux qui doivent nécessairement cl compagner une telle lésion.

H Les fractures covipliquêes sont celles qui ont lieu très-près fcliune articulation dont les rnouvemens seront abolis en totalité U en partie; celles qui sont accompagnées de la sortie des frag- Hr ;ns osseux à travers les tégumens , de la déchirure des nerfs ou H quelques gros vaisseaux : elles sont nécessairement beaucoup lluus dangereuses, et la guérison s'en obtient plus lentement, et M' elquefois seulement avec des difformités incurables; heureux Mecore si l'on n'est pas obligé de recourir à l'amputation, vl i Luxation. La luxation, telle que nous avons à la considérer ici, Ht t le déplacement permanent , complet ou incomplet, des surfaw » articulaires , produit par une cause externe. La luxation est Mi-is ou moins dangereuse , selon l'articulation affectée , le temps Hii s'est écoulé depuis qu'elle existe, les complications qui l'ncwmpagnent, telles que la paralysie parla contusion ou le tirail- Hraent des nerfs, l'hémorrhagie, les fracturés, etc. Nous exami- Hrrons les suites ordinaires de cet accident, en parlant des blesfilrres des membres.

MLBrûlure. On nomme ainsi les effets du calorique sur le corps.

Biion que l'action a été plus vive ou plus prolongée, les brûlures 'liât plus ou moins dangereuses. M. Boyer les a partagées en trois '■ flîgrés :

Dans le premier, il n'existe qu'une simple irritation de la peau, qui est rouge et sensible. Lorsque les brûlures de ce premier degré sont très-étendues, et occupent toute la surface du corps, elles peuvent déterminer la mort, par la violente excitation et la douleur qu'elles occasionnent.

Dans le second degré, il se fait une exlialation séreuse au-dessous de l'épiderme, qui est soulevé, et forme une vésicule ou cloche blanchâtre contenant un liquide limpide et transparent.

Dans le troisième degré, la peau et les tissus subjacens sont convertis en une escarre plus ou moins profonde,, selon l'intensité de la hrûlure. Si elle est étendue le danger est très-grand dans la période d'inflammation et dans celle de suppuration; la guérison ne se fait que par une cicatrice indélébile, et quelquefois avec des difformités incurables. Pour apprécier avec justesse les dangers qui accompagnent les brûlures , il faut tenir compte de leur étendue et de leur profondeur, des parties qui en sont le siège, et des circonstances individuelles.

Des plaies. On donne le nom de plaie à toute solution de continuité récente des parties molles ou dures, produite par une cause externe, et le plus souvent accompagnée d'hémorrbagie. On les distingue d'une manière générale , et en n'ayant égard qu'à leurs causes , en plaies par instrumens tranchans , piquans et contondans ; en plaies par arrachement , par morsures ; en plaies d'armes à feu. Par rapport à leur siège , on les divise en plaies de tête , plaies de poitrine , plaies de V abdomen , etc. 5 par rapport à leurs circonstances, on les dit simples , compliquées, envenimées, légères , mortelles. La gravité des plaies dépend d'une foule de causes toutes particulières, fortuites ou individuelles, sur lesquelles on ne peut pas toujours prononcer à la première inspection. On voit des blessures qui paraissaient menacer d'une terminaison funeste se terminer promptement et sans accident. Je connais un militaire qui a reçu un coup d'épée entre les fausses côtes droites : l'arme a traversé tout le corps de droite à gauche, et est venue sortir entre les fausses côtes du côté gauche j le foie, le colon trans verse , l'estomac, la rate , le diaphragme , de gros vaisseaux, devaient ou auraient pu être lésés ; cependant ce blessé a guéri parfaitement en moins de vingt jours. Mais le pronostic

rest jamais plus difficile que dans les plaies d'armes à feu : l'cs- , trre qui se forme sur le trajet des balles empêche souvent une eémorrhagie , qui surviendra plus tard ; des os frappés peuvent : nécroser, des inflammations extrêmement violentes , des dépôts normes, accompagner ces lésions. Dans quelques cas, ces bles- . ires , que l'on pouvait présumer très-graves , n'ont offert que peu 'accidens ; et l'on a vu des balles de fusil ou de pistolet se loger sans la substance même du cœur, dans le cerveau, le poumon, lans entraîner la mort. L'on conçoit, d'après ces exemples, com- : ien l'homme de l'art doit être réservé dans son pronostic.

Étude de la gravité des blessures , selon les organes^qui en sont le siège } et selon la nature et l'étendue de la lésion.

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