BLFSSTJRES DE LA TETE
Il est pou de blessures aussi importantes à étudier, en raison du nombre des accidens qui peuvent survenir, de la difficulté de les >révoir, et enfin de l'influence positive qu'exerce un traitement :>ien dirigé. Le cerveau, le cervelet, la moelle alongée, peuvent tre atteints , et les suites n'en sont pas les mêmes; les lésions de ia moelle alongée sont immédiatement mortelles, tandis que ;elles du cerveau sont susceptibles d'un terminaison heureuse. Jne plaie par instrument piquant, faite à la paroi supérieure de 'orbite , ou dans un autre point du crâne , peut être pénétrante, ans qu'il soit possible de le soupçonner, en ne considérant que es légers accidens qui en sont primitivement la suite, la plaie :xténeure se cicatrice rapidement ; mais au bout d'une douzaine le jours, et quelquefois plus , apparaissent des symptômes trèsjraves, qui annoncent une lésion avancée de l'encéphale , et une nort devenue imminente , parce que l'on a tardé trop long-temps i en combattre la cause. Il est à peu près certain que l'on peut aire avorter une encéphalite par cause externe, par un traitement convenable, tandis que celte affection se développe et devient funeste si elle est négligée dans son principe.
Les blessures du crâne comprennent la plupart des lésions externes , telles que lu contusion , la commotion , les fractures,
les plaies , et comme complications fréquentes, l'érysipèle, l'inflammation phlegmoneuse du cuir chevelu, la nécrose , l'hémorrhagie , la présence de corps étrangers, la compression et l'épanchement cérébraux , l'inflammation des méninges et celle de l'encépbale lui-même.
Blessures du crâne.
Contusion. Lorsque la contusion n'a pas étendu son action aux parties plus profondément situées , elle est ordinairement sans danger. Si des vaisseaux capillaires laissent échapper le sang, celui-ci s'intiltre dans le tissu cellulaire, et forme ce que l'on nomme des bosses , que les mères savent très-bien prévenir en exerçant une compression un peu forte sur l'endroit contus. Si une plus grande quantité de sang est épanchée à la suite de la rupture de quelques artères, qui sont ici très-nombreuses et trèssuperficielles , il se produit une véritable tumeur fluctuante dans laquelle on sent quelquefois des battemens isochrones à ceux du pouls. Cette circonstance mérite d'Être connue, parce qu'elle pourrait induire en erreur, en faisant croire que le cerveau est à nu, et que l'on en distingue les battemens.
Plaies des tegumens du crâne. La plupart ne sont pas suivies de graves accidens. On les divise comme toutes les plaies, en celles qui sont faites par instrumens A. tranebans , B. piquans et C. contondans.
A. Celles-ci sont presque toujours simples; les aponévroses, nettement coupées , ne brident pas les parties subjacentes , qui sont le siège d'un gonflement inflammatoire plus ou moins considérable ; les vaisseaux ouverts versent le sang en dehors ; on peut les saisir et les lier, ou avoir recours à la compression, qui est facile à établir.
B. Ces plaies sont plus dangereuses, parce que les tégumens peuvent être sillonnés ù une assez grande profondeur, que le sang ne peut s'écouler en dehors, qu'un nerf peut être lacéré, et que les parties enflammées sont soumises à une forte compression. L'érysipèle en est une des suites les plus fréquentes. Les sympathies sur l'estomac et le cerveau causent quelquefois des symptômes d'irritation gastrique et du délire.
C. Elles se guérissent assez facilement, et l'on doit toujours «appliquer le lambeau , quelque contus et déchiré qu'il paaisse, s'il conserve des adhérences avec les parties voisines. La icatrice pourrait se faire long-temps attendre , si quelques oints tombaient en mortification , et que leur séparation devint écessaire.
Plaies des os du crâna. Elles ne peuvent avoir lieu que conécutivement aux plaies des parties molles. Lorsqu'une lame de '63 a été enlevée , et qu'elle a conservé des adhérences avec ; lambeau tégumentaire , on doit la réappliquer , et en espérer i Téunion. L'enfoncement des os du crâne a été contesté ; mais len existe, et j'en ai vu des exemples authentiques. Cet acci- .ent n'est grave que par les lésions cérébrales qu'il entraîne. I en est de même des fractures. Ces différentes lésions sont oujours accompagnées de contusion, et celle-ci peut amener la inrtification du périoste , la nécrose et la carie, pour peu qu'il
ait de prédisposition individuelle. Si le périoste est enlevé, uelques auteurs prétendent que l'exfoliation de la portion d'os lise à nu en est la conséquence forcée ; mais les faits ont déîenti cette assertion. Si un corps mu par la poudre à canon
frappé obliquement le crâne , il peut être dévié dans sa course, t ne pas pénétrer dans cette cavité. Cependant, en examinant sa deux orifices de la plaie, il semble que la balle ait dû traerser le cerveau; mais il n'en est pas ainsi, et l'on a vu une aile, frappant le front vers sa partie moyenne , aller ressortir errière l'occipital, et ne blesser que les tégumens. Si un corps tranger est enclavé dans les os, son extraction est nécessaire, t l'on doit recourir au trépan.
Plaies des parties profondes du crâne.
Plaies de la dure-mère et de V arachnoïde. La contusion de \ dure-mère détermine sa mortification, pour peu qu'elle soit iolente. Ses blessures peuvent être compliquées de l'ouverture e l'artère méningée moyenne ou des sinus ; ces hémorrhagies 'arrêtent ordinairement d'elles-mêmes , ou sous l'influence 'une très-légère compression. Le feuillet arachnoïdien parie-
tal participe toujours à ces lésions , et son inflammation , en s'étendant à la pie-mère, est une cause fréquente de méningite.
Blessures du cerveau.'
On peut rapporter à quatre chefs les accidens qui dépendent des blessures du cerveau: 1° la commotion ; i° la compression ; 3° les altérations organiques ; 4° V encéphalite.
i° Commotion. (Voyez p. i58.)
a0 Compression. Elle a lieu lorsqu'un corps étranger, une esquille, du sang épanché , dépriment le cerveau. Sa gravité dépend de l'encéphalite, qui en est presque immanquablement la suite, et le pronostic doit toujours résulter des circonstances individuelles et de la possibilité reconnue de remédier aux causes de la compression.
3° Altérations organiques directes. Quelle que soit la cause qui les ait produites, l'encéphalite est imminente. Les blessures superficielles n'offrent que peu de danger , et ne deviennent graves que par leurs complications. Lorsqu'elles sont profondes il est également difficile de porter un pronostic, car on voit des épées, des balles , traverser le cerveau , des coups de sabre l'inciser profondément , sans qu'aucun trouble immédiat ne survienne. On connajt encore si peu les fonctions de ce viscère , que l'on ne pourrait juger , d'après leurs altérations, qu'elles sont les parties blessées; toutefois les paralysies étendues indiquent presque toujours des blessures profondes, ou situées à la base de l'encéphale : lorsque la moelle alongée est lésée, la mort doit en être presqu'immédiatement la suite.
4° Encéphalite traumatique. La gravité de son pronostic dépend de l'état antérieur de l'individu, de la nature de la cause vulnérante . et du temps qui s'est écoulé depuis son action ; ainsi, un encéphalite qui survient le jour même ou le lendemain d'une plaie du crâne, sera moins grave qu'une affection semblable , apparente seulement plusieurs jours après. Dans ce dernier cas , il existe ordinairement des altérations déjà avancées , qui seront restées latentes pendant une semaine, un mois et plus , et qu'il est devenu extrêmement dillieile de combattre avec succès.
En terminant ces indications , nous devons rappeler qu'à la nite des blessures de tête, il est plusieurs accidens qui sem-
I dent dépendre , soit de lésions passées à l'état chronique , soit
lï'un état particulier de l'encéphale , et que les vertiges, lapeite m V affaiblissement des facultés intellectuelles , la paralysie,
\ ntc douleur fixe dans un point de la tête , Vépilepsie et les in- 1 animations et abcès du foie , sont souvent occasionés par ces
blessures et peuvent persister plusieurs années et même toute
lia vie.
Blessures de la face.
Blessures des sourcils. Quoiqu'il ne paraisse exister aucune connexion intime, immédiate entre les paupières et le globe oculaire j on connaît cependant un assez grand nombre de faits qui démontrent qu'une contusion , une plaie de ces organes, a entraîné la cécité. On ne peut expliquer ces observations qu'en admettant que, si le nerf optique est le seul nerf sensible à l'impression de la lumière , le nerf ophthalmique est le seul qui mette l'appareil visuel en rapport avec son excitant extérieur , de sorte que l'intégrité de ces deuxnerfs est nécessaire pour l'accomplissement de la fonction. Morgagni rapporte qu'une dame qui fut blessée par l'éclat d'un carreau de vitre , à la paupière supérieure, à I endroit de la sortie du nerf frontal , perdit la vue de ce côté, quoique l'œil eût conservé toute sa transparence.
Fabrice de Hilden cite l'exemple d'un enfant qui reçut aussi, sur la paupière supérieure , un coup d'un petit bâton aigu , qui fit une légère solution de continuité. Le globe de l'œil resta intact , mais la vue fut abolie. M. Chaussier a observé un accident semblable à la suite d'un coup de fleuret, un peu au-dessus du sourcil droit. Une contusion , une plaie de ces parties , peut s'être étendue jusqu'aux méninges et au cerveau , sans que l'homme de l'art le soupçonne , et les symptômes n'annonceront cet accident que quelque temps après la guérison delà blessure extérieure. Le pronostic doit donc être très-réservé.
Blessure dxi glob? de l'œil. Les instrumens piquans et tranchans peuvent avoir pénétré dans le globe oculaire, sans déterminer la cécité lorsqu'ils n'ont pas altéré la réline ou amené la
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sortie des humeurs ; dans ce cas l'oeil se vide et est perdu sans ressource : S'il y avait du sang épanché , on pourrait en espérer la résorption. Les contusions sont plus dangereuses , elles exposenties jours du blessé par l'inflammation qui envahit l'œil, et s'étend quelquefois au cerveau. Lorsque cet accident ne survient pas , on a cependant à craindre la cécité, qui est assez fréquente, surtout lorsque la contusion ou la plaie contuse ont été produites par des grains de plomb. 11 se peut que la petite ecchymose disparaisse , que la cornée, qui n'aurait pas été ouverte, reprenne sa transparence, et cependant l'iris reste immobile et la réline est paralysée.
L'ablation du nez et celle du cartilage de Porcille sont des lésions qui entraînent toujours des difformités incurables , mais qui n'ont pas d'influence funeste sur la vie de l'individu. Les contusions violentes sur l'oreille qui détermineraient l'hémorrhagie et la rupture du tympan seraient susceptibles de causer des affections graves, telles que l'encéphalite, la surdité, la carie de quelques-uns des os de l'appareil auriculaire. Ces accidens sont heureusement fort rares.
Les plaies des sinus frontaux et maxillaires sont simples par elles-mêmes: leurs complications seules les rendent dangereuses.
Plaies de la glande parotide et de so?t canal excréteur. Elles occasionnent des fistules salivaires, souvent longues et difficiles à guérir , et ne pouvant l'être que par des moyens chirurgicaux douloureux, lorsque la solution de continuité est considérable et a compris toute l'épaisseur du canal excréteur. La contusion avec mortification et escarre peut entraîner les mêmes accidens , et de plus des parotidites redoutables parla facilité de leurs métastases sur l'organe encéphalique.
Plaies de la langue.
Contradictoirement à quelques auteurs, je ne pense pas que les divisions profondes et presque complètes de la langue puissent guérir facilement en quelques jours , au moyen de points de suture. J'ai vu dans un pareil cas survenir un gonflement énorme,
ui mit en danger les jours du blessé. Quoique l'on ait des exemles d'hommes qui ont recouvré la parole, la mastication, la délutition et le goût, malgré l'ablation de la langue, une telle Mesure doit être considérée comme très-grave, puisqu'elle expose la perte de la parole. M. Biessy dit <c que ces infirmités ne dussent qu'environ trois années , et que pendant ce laps de temps, mtes les fonctions se rétabliront à peu près dans leur état aturel. »
Plaie de la face par armes à feu.
Il est difficile de se figurer l'extrême résistance que les os de la ce, si faibles en apparence, peuvent opposer à des balles de sil ou de pistolet. J'ai vu toute la force d'un de ces projectiles ré à bout portant dans la bouche s'amortir dans le maxillaire périeur, et les balles rester incrustées au milieu de l'os , quoie l'arme fût un pistolet d'arçon. Toutefois , des cas aussi heuux sont rares. Lorsque la mort n'est pas la suite immédiate de nblables plaies, elles peuvent encore offrir du danger, en son du nombre et de l'importance des organes de la face \ la [ffocation peut devenir imminente, la déglutition gênée, les nts sont brisées, la voûte palatine perforée et la base du ine est ordinairement atteinte.