‹ Manuel complet de médecine légaleChapitre 60 sur 97 · POISONS N AU COTICO- ACRES · texte numérisé non relu

POISONS N AU COTICO- ACRES

abattus, accablés, ont la pupille naturelle ou dilatée , et tombent dans un état d'insensibilité et de stupeur.

A l'autopsie on remarque les lésions que produisent les poissons des deux classes précédentes.

Coi-cniQUE. [Colcliicum autumnale.) Ilexandrie trigynie , L. . Jimci, J. On se sert de la racine que l'on trouve dans le commerce , sous la forme d'un corps ovoïde de la grosseur d'un rmarron ; convexe d'un côté et présentant la cicatrice occasionée ipar la petite tige, creusée longitndinalement de l'autre , d'un ;gris jaunâtre à l'extérieur , blanc et farineux à l'intérieur, d'une odeur nulle , d'une saveur âcre et mordicante. ( Guibourt. )

Lorsque la racine de colchique est fraîche , on en retire un suc laiteux , dans lequel on a reconnu du gallate acide de vératrine. Lorsqu'on la fait prendre en nature à des animaux , ou iquel'on donne le suc qui en est exprimé , on voit survenir des . vomissemens , des mouvemens convulsifs dans les membres , les animaux tombent de côté et expirent au milieu de convulsions tétaniques.

Yahaire. ( Veratrum.) Ellébore blanc. Polygamie monoëcie, IL. Junci. J. Cette plante, dont on emploie quelquefois la racine , jouit des mêmes propriétés vénéneuses que la précédente j ïîlle contient comme elle du gallate acide de vératrine.

Cévadille. ( Veratrum. ) Polygamie monoëcie, L. Junci, IL Ses gTaines contiennent du gallate acide de vératrine et possèdent les mêmes propriétés que cet alcali.

YéRATntsE. Alcali végétal découvert par MM. Pelletier et Car.-entou, dans les racines du colchique , de la varaire et dans les graines de la cévadille. Cette substance est solide , blanche et mlvérulente ; elle ne possède aucune odeur, mais est d'une i icreté excessive ; elle se dissout facilement dans l'alcobol, moins ûen dans l'éther et est àpeuprès insoluble dans l'eau. Ses sels mont incristallisables et toujours acides.

Action sur l'économie. (Yoy. Colchique. )

Scili/b. ( Scillu maritima. ) Ilexandrie monogynie, L. Li- 'l'iacces, S. On emploie beaucoup en médecine le bulbe de cette liante , que l'on fait entrer dans une foule de préparations Minrétiques. Son volume est «onvent celui d'un petit melon, et

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elle répand une odeur âcre et pénétrante , assez analogue à celle du raifort.

Action sur l'économie. La scille enflamme les parties avec lesquelles elle est mise en contact , mais paraît principalement agir sur le système nerveux. Elle provoque le vomissement, une grande gêne de la respiration , et peut causer la mort lorsqu'elle est appliquée à la dose d'un gros sur le tissu cellulaire d'un chien de moyenne taille.

Digitale [DigitaLis purpurea). Didynamic angiospermie , L. Scrophulariées , J. C'est une plante bisannuelle, qui est commune aux environs de Paris , et remarquable par ses longues colonnes de fleurs. On fait usage, en médecine, de ses feuilles et de leur extrait , pour ralentir les mouvemens du cœur ; mais pour obtenir cet effet, il faut que la muqueuse gastro-intestinale soit saine. Lorsque l'on porte subitement les doses de cet extrait à huit ou dix grains , et à un demi-gros sur des chiens soumis aux expériences , on observe tous les signes d'une violente irritalion gastro-encéphalique, nausées, vomissemens, céphalalgie , secousses musculaires , anxiété, puis somnolence et stupéfaction.

Belladone ( Atropa bcllado?ia). Pontandrie monogynie , L. Solanècs , J. Plante vivace, qui croit sur les bords des bois montueux. Sa racine , ses feuilles et ses fruits ont été employés en médecine; quelles que soient leurs préparations , elles jouissent de la remarquable propriété de dilater fortement la pupille, lorsqu'elles sont données à l'intérieur , ou appliquées sur la conjonctive.

M. Barbier, d'Amiens, décrit ainsi les symptômes de l'empoisonnement qu'elles occasionnent , et dont on a eu de nombreux exemples sur l'homme.

<i Sécheresse de la gorge et du gosier , soif, efforts pour vomir, cardialgie , coliques , figure rouge et gonflée , yeux hagards , pupilles dilatées , injection des conjonctives, vision confuse, délire ordinairement gai , vertiges , difficulté ou impossibilité de se tenir debout , rire sordonique , trismus des mâchoires , impossibilité d'avaler , agitation continuelle, convulsions, soubresauts des tendons , rigidité de l'épine du dos, battemens con-

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vulsifs du cœur , oppression , éruption de taches gangreneuses i à la peau, pouls petit, serré, sueurs, lipothymies, froid des •extrémités,, mort.»

L'on voit que les principaux symptômes dépendent de l'action . de cette substance sur le système nerveux, beaucoup plus que : de l'irritation produite dans le canal digestif. M. Flourens a l conclu de ses expériences que les tubercules quadrijumeaux étaient [•principalement affectés, et devenaient le siège d'une effusion » sanguine.

Pomme épineuse. ( Dulura stramonium). Pcntandrie mono- ,yi/nw , L. Solanèes } J. La médecine se sert des feuilles, de la tige et de l'extrait de cette plante ; à la dose de deux ou trois jgrains , elle parait posséder les mêmes propriétés que la belladone.

Taeac (Nicotiana). Solanées , J. A été employé, en médecine , sous forme de sirop, comme un puissant expectorant, et cen lavement comme excitant; donné à une dose un peu élevée, Je tabac produit des vomissemens , des déjections sanguinolenes , des tremblemens , le désordre des facultés intellectuelles, a somnolence, et la mort. M. Ansiaux, professeur à Liège, a apporté l'histoire d'un empoisonnement, suivi de mort subite , ausé par un lavement fait avec une décoction de deux onces le tabac à fumer. M. Chevallier a fait connaître une autre observation recueillie en Angleterre, d'un empoisonnement par un avement préparé avec une once de tabac en infusion. Il survint l'horribles convulsions , et l'individu périt au bout de quinie ninutes.

Les faits recueillis par MM. Desgenettes , Willermé et Paent-Duclnitelet , Pointe, etc., ont établi contradictoirement uix opinions de Ramazini et de M. Mérat , que le travail dans tes manufactures de tabac n'est pas dangereux en France , où 'on a soin d'humecter cette substance, ce qui empêche les émanations.

LAuniEii-itosE {Ncriuin). Apociixècs , J. Les feuilles , le bois ; 'eau distillée, l'extrait de cette plante , produisent des sympomes d'empoisonnement , dont le vomissement et la stupéfaction . araissent les caractères saillans.

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Cioues. Grande ciguë ' (Conium maculatum.) Ciguë aquatiqtw ( Cicuturia cujuatica) , Petite ciguë (jEthusa cynapium) , L. Penlandrie digynie , L. Ombellifères , 3. La petite ciguë a quelquefois été confondue avec le persil, quoique ces deux plantes se distinguent par les caractères suivans : L'odeur du persil est connue et agréable , tandis que celle de la ciguë est nauséabonde. Le persil a des ombelles pédonculées , et souvent garnies d'une collerette aune seule foliole; la petite ciguë a des ombelles sans collerette, et ses feuilles sont d'un vert noirâtre sur leurs faces supérieures , et luisantes inférieurement ; en outre , sa racine est plus petite que celle du persil.

Action sur l'économie. Que l'on emploie les feuilles, la racine , ou le suc de ces plantes , lorsqu'elles sont en pleine végétation , on leur trouve des propriétés vénéneuses d'une grande énergie. La ciguë aquatiqne est la plus active. Toutes déterminent les symptômes indiqués , page 207 , qu'elles soient portées dans l'estomac, que leurs sucs exprimés soient injectés dans les veines ou dans le tissu cellulaire.

OEvantiie sapranee (Crocata). Pentandrie digynie , L. Ombellifères, J. D'après les résultats des expériences entreprises sur les animaux , il paraît que les effets de cette plante différent peu de ceux de la belladone.

Ellébore noir (Hellelorus niger) . Polyandrie polyginie , L. Renonculacées , J. Les anciens regardaient la racine de celte plante comme un remède contre les aliénations mentales. Lorsqu'elle détermine l'empoisonnement, on remarque des nausées et des vomissemens qui surviennent en peu de temps; car l'on ne connaît aucune substance qui provoque aussi rapidement cet accident, lorsqu'elle est mise en contact avec une plaie saignante; la circulation est ralentie, la respiration gênée; les animaux respirent fréquemment, comme s'ils étaient essoufflés par une longue course, la langue dépasse la bouene, et est pendante; il survient des vertiges, des tremblemens convulsifs ;les animaux ne peuvent plus se soutenir, ils tombent de côté, et expirent dans des convulsions tétaniques, avec opistnotonos et emprosthotono*.

L'on trouve le canal digestif enflammé, les poumons gorgés de sang et hépatisés en rouge.

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Aconit napel [Aconitum napellus). Polyandrie trigynie,. L. \i Renoue ulacê as , J. Les effets vénéneux produits par les feuilles t jde cette plante sont moins violens que ceux que déterminent la li racine} et l'extrait résineux est plus actif que l'extrait aqueux. |lL'empoisonncment a également lieu , quel que soit le mode «d'administration de ces substances; portées dans les veines, Il leurs effets sont beaucoup plus prompts.

L'inflammation du tube digestif et une espèce d'aliénation ■amentale sont les symptômes les mieux caractérisés.

B. Fève de Saint-Ignace, noix vomique , upas lieulè , strychnine. Ecorce défausse angusture , brucine.

Fève de Saint-Ignace (Noix igasur des Philippines'). Penmitandrie monogynie , Apocinées , J. Cette graine, qui provient le r ignacia amara , doit ses propriétés à la grande quantité de Ibutrychnine qu'elle renferme (trois fois autant que la noix vomi- ■piue , selon MM. Pelletier et Caventou). M. Guibourt l'a ainsi dé- Ircrite. Elles (ces graines) sont grosses comme des olives, arrondies ltt':t convexes d'un côté, anguleuses, et à trois ou quatre faces de ■''autre ; offrant, aune extrémité , la cicatrice du point d'attacbe. ni ^eiir substance intérieure est cornée, demi-transparente , très- Hllure. Elles ont une saveur très-amère et sont inodores. »

Noix vomique (Nux vomica). Pentandrie monogynie , L. WÀipocinées , J. C'est la graine du strychnos nux vomica. Elle est Ijttonde et plate, d'un tissu très-résistant et comme corné, très- [11 lifficile à écraser , elle a une telle amertume , qu'il suffit qu'elle iiit touebé la langue , pour qu'on la ressente encore long-temps . ans labouebe. Elle est formée , selon MM. Pelletier et Cavenoou, i° d'igasurate de strychnine; i° d'une matière colorante uune; 3° d'huile concrète, de bassorine, d'amidon, d'un peu ce cire, et de quelques fibres végétales.

Upas tieuté. On appelle ainsi un extrait , que l'on suppose objesnu d'une espèce de strychnos , et dont se servent les hommes »e Java pour empoisonner leurs flèches, M. Pelletier l'a trouvé imposé de strychnine unie à un acide, et à deux matières co- ■ irantes.

Stkiciinine. C'est à cet alcali végétal, découvert en 1818, par

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MM. Pelletier et Cavcntou, qu'il faut attribuer les propriété» vénéneuses des substances précédentes. Il est sous forme de poudre blanche , que l'on trouve composée de petits prismes à quatre pans , terminés par des pyramides à quatre faces surbaissées; il est d'une amertume insupportable , se dissout asseï bien dans l'alcohol et les huiles volatiles , sature les acides , et rougit ordinairement un peu par l'acide nitrique, ce qui dépend de ce qu'il est impossible de l'obtenir parfaitement pur de la noix vomique , car celui que l'on extrait de l'upas tieuté ne présente pas ce caractère.

Fadsse angustuke. On nomme ainsi l'écorce d'un arbre dont on ignore encore le nom. Lorsqu'on la met macérer dans une solution très-fuible d'acide hydrocblorique , et que l'on ajoute de l'hydrocyanate ferrure de potasse , la liqueur verdit aussitôt , et il ne tarde pas à se déposer du bleu de Prusse , ce que ne produit pus l'angusture vraie : les recherches de MM. Pelletier et Caventou ont démontré dans ces écorces, l'existence d'un nouvel alcali végétal , auquel ils ont donné le nom de brucine.

BnucrNE. C'est une substance solide , cristallisée en petits prismes obliques, à base parallélogrammique, mais qui s'obtient quelquefois sous forme de masses feuilletées d'un blanc nacré ou en champignons. Elle est d'une grande amertume, jouit de propriélés alcalines , fond un peu au-dessus du centième degré du thermomètre centigrade, et se prend en masse comme de la cire j combinée avec les alcalis , elle forme des sels solubles. Le nitrate de brucine est rouge , passe ensuite au jaune , et le protohydrochlorate d'étain lui communique une très-belle couleur violette.

Action sur l'économie. Un grain d'extrait alcoholique de noix vomique, dit M. Magendie, absorbé dans un point quelconque du corps, ou mêlé aux alimens, cause promptemenl la mort d'un chien assez gros , en produisant des accès de tétanos , qui, en se prolongeant, s'opposent à la respiration jusqu'au point de produire l'asphyxie complète. Quand la dose est beaucoup plus forte , l'animal parait périr par l'action même de la substance sur le système nerveux , ainsi que M. Scgalas vient de s'en assurer.

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Quand on touche l'animal soumis à l'action de cette substance , il éprouve une secousse semblable à une forte commotion électrique ; cet effet se renouvelle chaque fois que l'on reproduit le contact.

La section de la moelle épinièrè derrière l'occipital, et même ila décollation complète, n'empêche pas les effets de la substance d'avoir lieu et même de se continuer quelque temps; ce caractère distingue l'action de la strychnine , de celle de toutes les autres substances excitantes connues jusqu'à présent. Après la mort, on ne trouve aucune lésion de tissu qui puisse indiquer la cause qui l'a produite (Magendie). » Les symptômes déterminés par l'emploi de la brucine sont à peu près semblables.

3° C. Camphre, coque du Levant picrotoxine , upas

anliar.

Camphre ( Launis camphora ). Lauri, J. On nomme ainsi une substance blanche solide, plus légère que l'eau, d'une odeur caractéristique , d'une saveur amère et brûlante , soluble dans l'alcohol, les huiles fixes et volatiles , quelques acides; brûlant facilement en répandant une flamme blanche. On l'extrait de la famille des lauriers , mais on le trouve aussi dans celle des lahiées et des ombellifères. •

Coque du levant [Fruit du menispermum coceuhts.) Doccie dêcandrie , L. 3Ionispennes , J. Elle est de la grosseur d'un pois, légèrement déprimée et échancrée sur un de ses côtés, ce qui lui donne un peu la figure d'un rein. Elle renferme une amande blanchâtre, amère, qui contient de la picrotoxine , selon M. Boullay.

Pickotoxine. Ce nouvel alcali est blanc et brillant, cristallisé en aiguilles, d'une amertume insupportable, soluble dans l'alcohol, et dans vingt-cinq parties d'eau bouillante. Ses diverses solutions ramènent au bleu le papier de tournesol. Le nitrate de picrotoxine est d'un jaune verdâtre.

Upas anxiar • ^ Suc de l'anthiaris toxicai'ia.) Vrtieces , J. L'analyse démontre dans cette substance amère et jaunâtre une résine élastique particulière , de la gomme , un principe colo-

ai.

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rant, un acide indéterminé, et an nouveau principe immédiat que MM. Pelletier et Caventou regardent comme un alcali végétal soluble. C'est à lui que Ton doit rapporter tonte l'activité vénéneuse de l'upas antiar, dont se servent les Indiens pour empoisonner leurs (lèches.

Action sur l'économie. Toutes ces substances n'ont pas la même énergie : la picrotoxine et l'upas antiar sont les plus actives : il ne faut que dix à douze grains de la première pour causer la mort , tandis qu'il faut trois ou quatre gros de camphre ou de la coque du Levant pour donner le même résultat. Il survient des convulsions terribles , les muscles de la poitrine perdent leur régularité d'action, la respiration s'embarrasse, et le mort paraît dépendre de l'asphyxie. On trouve à l'autopsie des inflammations locales qui prouvent combien leur contact immédiat est irritant. M. Andral, qui a étudié les effets de l'upas antiar, a remarqué qu'il déterminait des convulsions cloniques avec alternatives de relâchement • l'inflammation de l'estomac, quoiqu'il ait élé injecté dans les veines j phénomènes que l'on n'observe pas lorsque l'on emploie l'upas tieuté dont nous avons fait l'histoire.

4° D. Champignons.

Quoiqu'il soit extrêmement difficile de reconnaître au premier coup d'oeil les propriétés vénéneuses de quelques champignons, et que l'on ne puisse assigner de caractères invariables , qui puissent servir à les faire toujours distinguer , voici cependant ce que l'on a remarqué de plus constant à cet égard selon M. Richard fils. En général il faut rejeter les champignons dont l'odeur et le goût sont désagréables ; ceux dont la chair est mollasse et aqueuse ; ceux qui croissent dans des lieux ombragés et trop humides , qui se gâtent avec facilité ; ceux dont le goût est amer, astringent on trop poivré : ceux qui changent de couleur quand on les entame. Une teinte rouge , brillante, est souvent l'indice de qualités délétères , comme on l'observe dans la fausse oronge et plusieurs autres espèces dangereuses ; cependant l'oronge vraie , qui offre cette coloration , est une des espèces les plus saines. (Kichurd, Botanique médicale).

Yoici le tableau des espèces les plus vénéneuses.

A . Genre amanite.

i° Fausse oronge. {Acjaricas muscarius, L.)

i° Amanite vénéneuse. {Amanita venenosa.) On a distingué rois variétés de cette espèce. À. L'agaricus bulbosus , oronge jguë jaunâtre ; l'agaricus bulbosus vernus , oronge ciguë blan-* :.he; etl'amanita viridis , oronge ciguë verte.

5o Oronge visqueuse dartreuse {hypophyllum maculatum de aaulet).

4° Oronge blanche [hypophyllum albo-citrinum , Paulet). 5° Oronge à points de trois quarts {hypo tricuspidatum). 6° Oronge et râpe [hypo rapula).

B. Genre agaric.

i° Agaric annulaire {tête de 3Ièduse).

3° Agaric brûlant {agaricus ureiis) .

3° Agaric meurtrier ^agaricus necator).

4° Agaric caustique {agaricus pyrogalus).

5° Agaric styptique {agaricus stypticus).

Action sur l'économie. Les symptômes d'empoisonnement l oduits par les champignons n'apparaissent pas immédiatemen t

près leur introduction dans l'estomac : ce n'est qu'au bout de rnq ou six. heures , et quelquefois d'un temps beaucoup plus

ng qu'on les voit survenir. Les malades éprouvent des nau- - es , de la chaleur abdominale , des douleurs presque continues très-vives. Ils ont des vomissemens fréquens et de nombreusj évacuations alvines ; la soif ne peut, être apaisée, le pouls

». petit, dur et fréquent. Plus tard on observe des convulsions rnérales ou partielles , des défaillances , des sueurs froides et

l'assoupissement, le plus ordinairement l'intelligence persiste ♦squ'à la mort.

iA. l'autopsie on remarque des taches nombreuses et d'une uuleur violette , répandues sur lestégumens; le ventre cstbalnné , les intestins, l'estomac , ainsi que l'œsophage offrent de

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larges plaques gangréneuses , des traces d'une violente inflammation, et ces organes sont tellement contractés que leur cavité a disparu. Les autres viscères sont le siège d'une forte congestion veineuse , et ils présentent des points enflammés, d'autres déjà désorganisés, et on a observé de semblables lésions sur les méninges, les plèvres, les poumons, l'utérus et même sur le fœtus d'une femme enceinte. 11 est très-rare que l'on trouve dans le canal intestinal des vestiges de champignons.

Seigle ergoté. [Secale cornutum.) Graminées, L. Willdenow a considéré l'ergot comme une graine dégénérée, dont l'embryon serait resté rudimentaire , tandis que l'album aurait pris un accroissement excessif. MM.Pauletet De Candolle pensent qu'il n'en est pas ainsi, et que l'ergot est une espèce de champignon qui remplit la balle dans laquelle le grain devrait se développer. M. Fessier, dans son mémoire sur les observations faites en Pologne en 1777 , en a donné la description suivante : L'ergot est un grain ordinairement courbe et alongé; il déborde de beaucoup la balle qui lui tient lieu de calice ; ses deux extrémités moins épaisses que la partie moyenne , sont tantôt obtuses, tantôt pointues; rarement il est arrondi dans toute sa longueur; la couleur de l'ergot n'est point noire, mais violette, avec différens degrés d'intensité; réduit en poudre, son odeur n'est pas sensible, sa saveur est légèrement mordicante. L'ergot ne saurait être confondu ni avec le charbon , ni avec la carie.

Lorsque le pain a été fait avec du seigle ergoté , il est marqueté de taches violettes, que l'on aperçoit aussi dans la pâte.

Action sur l'économie. On vante aujourd'hui beaucoup cette substance comme un médicament héroïque , propre à déterminer des contractions utérines dans les accouchemens laborieux, et à hâter le travail ; donnée à des doses, considérables , elle occasionne des douleurs très-vives aux extrémités, des éruptions cutanées , semblables à des morsures de puce ; un état d'ivresse et d'engourdissement, des convulsions; les pieds se sphacèlent, deviennent noirs et racornis ; les mains , le nez et les oreille» sont aussi alfectés quelquefois de gangrène. Si les accidens ne cessent pas , la mort en est souvent la suite.

11 arrive, dans les années pluvieuses, que les pauvres gens.

i ml réduits à se servir de seigle ergoté , et que les symptômes rennent alors un caractère épidémique.

Alcohol (esprit de vin). C'est un liquide très-volatil, transparut et incolore, d'une saveur chaude et agréable , dont il suffit le e respirer la vapeur pour éprouver tous les effets des boissons ■èiritueuses.

Action sur l'économie. L'alcohol provoque l'ivresse, pliéno-

ènc trop connu pour qu'il soit nécessaire de l'étudier ici dans ■pus ses détails. M. Garnier a partagé cet état morbide en

ois degrés : dans le premier, exaltation cérébrale ; dans le seloond, désordre de l'intelligence, qui n'est plus soumise à la hiison, et qui s'égare complètement; ensuite, perle totale des

•us , sommeil profond , qui dure plusieurs heures, et pendant fciquel la transpiration est très-abondante, et amène la terminail in de cet état pénible: dans le troisième degré , on observe les Infmplômes de l'apoplexie : abolition des sens et de l'entendefcaent, pâleur ou lividité de la face, respiration stertoreusc , joDma prolongé pendant deux ou trois jours , au bout desquels h mort survient quelquefois sans convulsions. Les lésions sont jt .lies des poisons irritans , l'encéphale est évidemment affecté, il ., selon M. Flourens , le cervelet devient le siège d'une suffu-

on sanguine.

Etheu. Nous ne nous occupons ici que de l'éther sulfurique , |i ic l'on trouve en grande quantité dans le commerce. 11 est us volatil que l'alcohol, liquide et transparent, d'une saveur Ih îaude et brûlante , d'une odeur caractéristique (odeur éthéréeï, l't iave et très-agréable. Mêlé avec parties égales d'alcohol , il rnie la liqueur d'Hoffmann. Ses effets sont les mêmes que ccu:r î l'alcohol , dont ils surpassent l'énergie.

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