SVR LES ANIMAUX VIVANS
sujet, on doit avouer que dans la plupart des empoisonnons par les substances végétales, il est extrêmement difficile n constater l'existence, et qu'on est souvent obligé de s'en lir à des présomptions et à des probabilités, l C'est ainsi que dans le cas où, peu de temps après l'ingestion ■ > matières liquides ou solides dans l'estomac des animaux sur quels on expérimente, on verrait survenir des accidens trèsives et mortels offrant quelqu'analogie avec ceux présentés par ulividu que l'on suppose empoisonné, on conclurait avec raiin que l'empoisonnement est probable j si les accidens n'appa- • ssaient que beaucoup plus tard , au bout de quarante-buit ;ures, par exemple, ou même manquaient complètement, on ait porté à croire que les matières ingérées n'étaient pas véneuses, ou l'étaient très-peu. Mais il ne faut pas oublier les strictions que nous avons apportées à ce jugement, et le peu raison que l'on aurait d'en conclure qu'il n'y a pas eu empoinnement; on doit seulement déclarer que rien ne révèle la pré- :nce du poison , et dire les causes qui peuvent empêcher de le ^couvrir.
ïSi les accidens n'apparaissaient que le troisième ou le quaème jour, ils dépendraient de la ligature de l'œsophage , et sauraient plus aucune importance.
•IlElfVES THYSIQUES ET CniMIQUES FROFRE5 A FAIRE RECONNAITRE LA NATURE DE LA SUBSTANCE VENENEUSE EMPLOYEE.
La plupart des poisons , tirés des règnes animal ou végétal , : peuvent être reconnus qu'à leurs propriétés physiques 5 et, ins la grande majorité des cas , ces propriétés ont été altérées irla digestion, le mélange avec des matières étrangères, ou la jcomposition; quelques-uns d'entre eux peuvent avoir été ab- >rbés, de sorte qu'il est quelquefois très-difficile, souvent imossible, de constater leur existence. La chimie est ordinaire- ■ent impuissante pour les faire reconnaître, et il n'y a que îux qui rentrent dans son étude, tels que les acides et les alîlis végétaux qui soient soumis à ses analyses ; aussi nous nous
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réservons d'en exposer les procédés, après nous être occupés de celles des poisons minéraux.
En effet, quoique nous ayons étudié avec détails l'histoire spéciale de chacun' de ces corps , nous sommes obligés d'y revenir ,*pour indiquer quels sont les moyens de les distinguer et de constater leur présence sans tàtonnemens inutiles, qui pourraient écarter complètement de la vérité. Ce n'est pas, toutefois, dans un ouvrage de médecine légale que l'on peut exposer toute» les connaissances chimiques nécessaires à celui qui veut analyser un liquide inconnu; la chimie forme un tout trop compact, pour que l'on puisse en extraire quelques notions spéciales, applicables dans des limites données ; il faut posséder cette science pour entreprendre avec -succès des analyses compliquées , et il faut être accoutumé aux manipulations , et s'être appris à bien voir, pour distingueras diverses réactions des corps les uns sur les autres, et les produits qui en résultent. Aussi les tribunaux ne s'adressent-ils ordinairement qu'à des médecins versés dans les études chimiques, lorsqu'ils ont besoin d'être éclairés dans une affaire d'empoisonnement. Alors le médecin légiste reconnaîtra facilement , dans le plus grand nombre des cas , quel est la nature du poison qu'il recherche ; la connaissance des symptômes, l'aspect des lésions, le caractère qu'offrent les substances qu'il doit analyser, l'auront bientôt mis sur la voie; s'il trouve quelques parcelles de la substance vénéneuse, il les reconnaîtra à leurs propriétés physiques, et il lui suffira de quelques essais pour éclairer tous ses doutes, et mettre le poison en évidence.
Mais cette apparente facilité disparaîtra, si les recherche sont confiées à des hommes qui se soient peu appliqués à la chimie , ou qui aient négligé cette science depuis plusieurs années ; À moins d'être guidés , ils se perdront dans d'infructueux essais. Aussi nous nous sommes appliqué à exposer quelques moyens simples de reconnaître la nature des poisons minéraux les plus énergiques, ceux auxquels le crime a le plus fréquemment recours. Nous indiquerons ainsi les principaux caractères de chaque corps , et nous renverrons aux détails que nous avons déjà tracés , l'examen de ses différentes combinaisons, et de ses pro-
LES SUBSTANCES VENENEUSES. 26.'$
iétés moins tranchées ; caries épreuves ne peuvent jamais être jp nombreuses , lorsqu'il s'agit de mettre son rapport à l'abri s plus légères objections.
1° Avant 'de commencer son travail , l'homme de l'art , chargé in rapport sur un cas d'empoisonnement, se procurera tous les jets qui lui seront nécessaires. Il aura soin que ses réactifs ient parfaitement purs , afin que leurs effets ne soient pas douîx et incertains; ceux qui seront employés à l'état liquide
ont plutôt concentrés qu'affaiblis, parce qu'alors leur action
plus prompte et plus sûre , et que, dans le cas où l'on juge uvenable de les étendre, on lè peut toujours facilement; on :n verse que quelques gouttes à la. fois, pour ne pas altérer,
même annuler complètement les résultats.
:q° 11 n'entreprendra ses expériences que devant une autorité liciaire compétente , et s'il a besoin de plusieurs séances pour mpléter son travail, il aura soin de faire appliquer les scellés
•les vases qui renferment les matières suspectes, afin qu'il 1 1 bien démontré que rien n'a été changé pendant l'inler- ; le.
'5° Dans l'examen des matières solides ou liquides, on ne doit tais opérer que sur une petite quantité à la fois; on peut , de te manière, recommencer les mêmes épreuves, entreprendre Us celles que l'on juge nécessaires , et la précaution que l'on iid d'en réserver une partie , assure la valeur des conclusions, donnant la possibilité de les vérifier si l'on nommait de non-
i nix experts.
,4° Dans tous les essais que l'on tente, on ne doit pas rejeter perdre aucun produit. Ceux qui ne servent plus seront réunis aïs un vase particulier, afin qu'à la fin des expériences on i tsse retirer toute la quantilé du poison qu'ils contiennent. 5° Dans les opérations nombreuses et délicates, auxquelles est quelquefois nécessairement obligé de se livrer, il serait i igercux de s'en rapporter à sa mémoire; on doit noter au fur aà mesure tous les résultats que l'on obtient; on s'épargne, keette manière, beaucoup de temps et d'incertitudes, et l'on n'a s qu à mettre de l'ordre dans ce travail pour en composer son H port.
G0 Lorsqu'on croit avoir reconnu la nature du poison, pi sieurs auteurs ont conseillé de faire une préparation semblable et d'examiner si l'action des réactifs est la même , ou à pe près pareille : quoique les substances vénéneuses puissen être mêlées a des matières étrangères, susceptibles d'en altère le9 couleurs, les caractères , ce conseil est utile, surtout po" les personnes qui n'ont pas une grande habitude des recherches
7° Quels que soient les intérêts qui entourent l'homme d l'art , q".e son jugement soit ou non favorable à l'accusé , jamai il ne doit communiquer d'avance, ni au magistrat, ni à au cune personnes , les résultats et les conclusions de ses expé ricnces.
Nous nous occuperons de l'analyse des poisons minéraux sui vans , qui sont les corps les plus employés dans la médecine e les arts. Nous aurions dû en supprimer un grand nombre, s" eût suffi d'examiner seulement ceux auxquels le crime peut avo recours ; mais nous devions étudier aussi tous ceux dont un sui cide déterminé peut faire usage ; et l'on n"a que trop d'occasion de remarquer que la causticité ou l'amerlume de la substance la quantité qu'il faut en prendre, n'arrêtent pas une volonté surée. En outre, nous nous sommes, de cette manière, confo: més à l'usage général , et nous pouvons ainsi répondre à toute les suppositions possibles. Yoici les poisons minéraux que nou nous proposons d'analyser :
Phosphore.
Iode.
Chlore liquide.
Acide sulfurique.
Acide nitrique.
Acide hydrochlorique.
Acide phosphorique.
Ammoniaque liquide.
Sous-carbonate d'ammoniaque.
Chaux.
Baryte.
Soude.
Potasse.
Foie de soufre (se change en hydrosulfate sulfuré de potasse
lorsqu'on le met en contact avec de l'eau). Sulfate de zinc.
Oxide d'étain.
Hydrochlorate d'étain.
Acide arséuieux.
Oxide noir d'arsenic.
Sulfure d'arsenic.
Arséniates soluhles (de soude , de potasse , d'ammoniaque).
Poudre de Rousselot.
Teinture minérale de Fowler.
Emélique (tartrate de potasse et d'antimoine).
Kermès.
Soufre doré.
Beurre d'antimoine.
Yerre d'antimoine.
Nitrate de hismuth.
Oxide de cuivre.
DeutO-acétate de cuivre.
Deuto-sulfate de cuivre.
Nitrate de cuivre.
Acétate neutre de plomb.
Oxides de plomb.
Sous-carbonate de plomb.
Deuto-chlorure de mercure.
Sulfure de mercure.
Sulfate de mercure.
Nitrate de mercure.
Cyanure de mercure.
Nitrate d'argent.
Hydrochlorate d'or.
Ces poisons , portés dans l'estomac , mis en contact avec nos organes , mélangés à des matières alimentaires , peuvent se rencontrer dans des conditions toutes différentes. On peutlcs rr
trouver intacts dans le tube digestif, plus ou moins adhéren* aux trames de nos tissus 5 décomposés par eux ou par les substances avec lesquelles ils ont été mêlés ; aussi éprouvent-ils de fréquentes transformations , et ne se présentent-ils pas toujours dans les combinaisons qu'ils offraient lors de leur introduction dans l'économie. Les difficultés sont ici nombreuses , et toute l'habileté des chimistes, toutes les ressources de la science deviennent nécessaires. La poudre de charbon animal , le chlore , dont il faut noter les effets possibles , sont d'excellens moyens de décoloration; par l'acide nitrique, ou le nitrate de potasse, on peut décomposer les substances animales ou végétales qui masqueraient les propriétés du corps que l'on étudie. C'est au chimiste à décider de l'emploi qu'il doit faire de ces divers procédés.
Supposant que nous sommes appelés à reconnaître la nature d'un poison minéral dans un cas d'empoisonnement , nous commençons par examiner si ce corps est soluble ou insoluble dans Peau distillée.