ACIDES VÉGÉTAUX
Acides citrique, tartrique.
oxalique, hydrocyanique.
Quoique beaucoup de chimistes aient placé l'acide hydro- •.yanique parmi les composés animaux, parce qu'il contient de 'azote, nous croyons qu'on peut également le classer dans le ègne végétal , puisqu'on le trouve tout formé dans les feuilles lu laurier cerise , dans les amandes amères , les feuilles et les leurs du pécber , etc. C'est véritablement le seul dont l'action 'énéneuse soit très-énergique.
Pour reconnaître ces acides, on verse un excès d'eau de •baux dans leur dissolution.
Acide citrique. Ne formera pas de précipité à la température ordinaire, mais si l'on soumet la liqueur à l'ébullition pendant quelque temps , il se déposera du citrate de chaux , qui est blanc.
Acide oxalique. Donnera un précipité d'oxalate de chaux , insoluble dans un excès d'acide.
Acide tartrique. Fournit également un précipité de tartratc de chaux , mais qui est dissous par un excès d'acide.
Acide hydrocyanique. On verse dans la dissolution quelques goultes. de potasse àl'alcohol et de persulfate de fer 5 la liqueur devient bleue en peu de temps , et il se dépose du bleu de Prusse. M. Orfila pense que le nitrate d'argon!
est peut-être le meilleur réactif que l'on puisse employer, pour démontrer la présence de cet acide et en constater la quantité ; il se forme un cyanure d'argent, blanc, cailleboté , lourd , insoluble dans l'eau et l'acide nitrique à froid, soluble dans cet acide bouillant et dans l'ammoniaque. Ce cyanure, lavé et bien séché , donne la quantité exacte de l'acide hydrocyanique contenu dans la liqueur ; il suffit de connaître les proportions du cyanure.
« 11 se peut qu'un homme ait pris une dose de poison irritant trop peu considérable pour le faire périr en peu d'heures , mais que cette dose, répétée à des intervalles plus ou moins rapprochés, entretienne un état presque continuel d'anxiété, de douleurs plus ou moins vives à l'eslomac, aux intestins , produise parfois des vomissemens , des déjections alvines de matières muqueuses, sanguinolentes, et amène l'extinction de la vie , dans l'espace de dix, quinze ou vingt jours , et même plus. » ( Chaussier. )
Nous avons vu qu'il existait des maladies simulant l'empoisonnement aigu, et que la brusquerie de l'invasion, la gravité des symptômes , la rapidité de la mort , ne pouvaient faire naître que des soupçons et des probabilités ; et, quoique la quantité du poison ait dû être considérable, proportionnellement à son énergie, qu'il était cependant quelquefois très-difficile de la reconnaître. Aussi devons-nous avouer que , dans le cas d'empoisonnement lent, par de faibles doses, d'une substance vénéneuse, incessamment-répétées , il serait extrêmement difficile de le constater, parce qu'une foule d'affections le simuleraient. Cependant un médecin , appelé h donner des soins au malade, pourrait concevoir des soupçons et chercher les moyens de les éclaircir. Les symptômes que déterminent les poisons ne diffèrent que dans leur degré d'intensité, et en les comparant avec la constitution et l'état de l'individu, en étudiant chaque exacerbation qui suit l'ingestion d'nnenouvelle dose de poison , les intermitter.cesqui
:e rapportent à quelques particularités de la conduite du malade, in remarquerait des phénomènes qui ne pourraient s'expliquer, iaraîtraient étranges et insolites , et, quelque pénible que puisse evenir alors le rôle de l'homme de l'art, il ne doit négliger ni rudence , ni observations , ni analyses , et il parviendra ainsi à révenir un projet criminel, et à livrer des assassins à la justice.
Si la mort n'a pu être empêchée, et que les moyens d'analyres n'aient pas fait découvrir de poison, les circonstances de la maladie, et l'examen cadavérique, ne permettent au médecin ue d'établir des probabilités d'empoisonnement.
L'empoisonnement a-t-il été volontaire ou criminel ?
Quoique les auteurs s'en rapportent à l'examen des seules con- .dérations morales pour décider si la mort par empoisonnement lit l'effet d'un suicide ou d'un homicide, il est certain cependant ne la nature même du poison doit trancher tous les doutes dans nelques circonstances; c'est ainsi que, dans un rapport sur un *.s d'empoisonnement par l'acide sulfurique, on serait conduit [ prononcer que le suicide est extrêmement probable , si lecadai e appartenait à un individu adulte, et que l'on ne découvrît i.cune trace de violence : comment présumer en effet qu'un une homme fort et vigoureux se soit soumis, sans résistance,
prendre un pareil poison ; la folie ou l'exaltation la plus vive i uvent seules lui avoir inspiré une telle volonté. 1 Du reste ici , comme dans toutes les questions de suicide , on t ndra compte de l'état de santé habituel, du nombre et de la
ivité d'anciennes lésions organiques, et du degré dedévelopi ment intellectuel.
Je l'empoisonnement de plusieurs personnes à la fois.
Cette question ne mériterait pas de considérations particuliè- >. , s'il n'arrivait quelquefois que, dans un repas auquel plusieurs l avives assistent , quelques-uns seulement éprouvent des symp- "nes d'empoisonnement , tandis que les autres ne sont que légè-
«ent incommodés ou même ne ressentent aucun accident.
Pourrait-on supposer une intention criminelle, parce qu'une seule personne serait morte, et que les autres auraient facilement recouvré leur santé ? des preuves étrangères à la médecine devraient être ici invoquées, car le médecin se bornerait à reconnaître la nature du poison , et à constater les circonstances physiologiques capables d'expliquer la diversité des effets produits.
C'est ainsi que les accidens se seront montrés plus ou moins graves , selon la quantité delà substance vénéneuse , l'âge et la constitution de l'individu, l'état de plénitude ou de vacuité de l'estomac, selon que le poison aura été ou non rejeté par le vomissement, ou parles selles.