MODÈLES DE RAPPORTS
Grossesse*
iNous, soussigné, docteur en médecine de laFaculté de..., délirant à...., sur la réquisition de M. le procureur du roi, qui îs a été signifiée par M***, huissier, nous sommes transporté ourd'hui, 20 juillet 1821, à deux heures, rue...., accompagné MM. A*"*, juge au...; B***, commissaire de police; C***,DY,f*, dians en médecine , au domicile de madame G***, âgée de -huit ans, et veuve depuis deux mois, à l'effet de constater lie est réellement enceinte.
i.yant été introduits dans l'appartement de madame G**", :e dame a été d'abord effrayée du but qui nous amenait . et a laré qu'elle ne se soumettrait à aucune visite; mais qu'elle ne refuserait pas à noiis apprendre quels étaient les signes qui
avaient donné la certitude de sa grossesse.
• epuis six mois environ elle avait éprouvé une suppression
iplète, avait ressenti des espèces de frisson, des douleurs
nos, dont elle n'avait pu s'expliquer la cause; sa santé s'était rangée, elle avait perdu l'appétit et les forces , avait eu des
îx de tête et des dégoûts suivis de vomissemens. Elle avait vu
ventre grossir, et, depuis six semaines , elle sentait manifestent les mouvemens de son enfant.
Oésirant acquérir la preuve certaine de sa grossesse, nous i ns cherché à lui faire comprendre que son refus de se laisser ter , allait attirer sur elle beaucoup de soupçons , qui prendraient fortement contre la vérité de son récit, et qui don. raient des armes à la médisance. Que le toucher était une opéon aussi simple que facile, qui ne lui causerait pas la moindre deur, et qui n'aurait pas de témoins.
Ces raisons, et les instances de sa famille l'ayant décidée, nous reconnûmes :
I. Que les glandes mammaires étaient un peu gonflées, et sécrétaient une lymphe laiteuse.
II. L'abdomen était plus volumineux que dans l'état naturel, ses parois étaient fortement tendues, et l'ombilic offrait une saillie assez prononcée.
III. Ayant prié madame G*¥* de se tenir debout, en s'appuyant contre un des meubles de sa chambre , et en écartant les pieds, nous avons introduit le doigt indicateur de la main droite dans le vagin, tandis que nous pressions avec la gauche, la région hypogastrique. Nous avons ainsi constaté que le corps de l'utérus était développé, et remontait vers l'ombilic, que son col était tiré en haut et en arrière; le ballottement ne laissa aucun doute sur la présence d'un corps mobile dans la cavité de la matrice.
IV. Le stéthoscope, appliqué sur les parois abdominales, dans l'intervalle de l'ombilic à l'arcade crurale, et du côté gauche, fit entendre des pulsations , dont la fréquence était près du double de celles de la mère, que l'on percevait facilement dans d'autres points de l'abdomen.
De ces observations détaillées et exactes, nous croyons pouvoir conclure :
Que madame G*** est réellement enceinte d'environ six mois, ainsi qu'elle nous l'avait annoncé.
En foi de quoi nous avons signé le présent rapport , que nous certifions conforme à la vérité et aux principes de l'art.
Paris, ce
Ile RAPPORT.
Accouchement récent.
Nous, soussigné , docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris, sur la réquisition de M. le procureur du roi, qui nous a été signifiée par M***, huissier , nous nous sommes transporté aujourd'hui, 20 avril heure de...., accompagné de
M. commissaire de police, rue...., n° i3, à l'effet de visiter
j ;adame B*¥*, et de constater si elle n'est pas accouchée de- . lis peu.
Arrivé chez madame B*¥*, nous avons trouvé cette dame Rendue sur un lit de repos ; son teint était d'une grande pâleur, ft : tous ses mouvemens et le son de sa voix indiquaient la fai- ?! lesse etl'ahattement. Elle nous apprit qu'elle était souffrante et ^malade depuis plusieurs mois , qu'elle était sujette à des retards [tt à des pertes en blanc qui l'inquiétaient beaucoup sur son aven ir ; nous lui exposâmes le motif qui nous amenait près d'elle , inaais elle nous déclara aussitôt que nous n'avions aucun droit de uii imposer une pareille contrainte, et qu'elle s'y refuserait touojurs. Cependant elle céda bientôt devant la crainte des injustes préventions et des faux jugemens que sa conduite allait faire maître et elle se soumit à notre visite, sous la condition qu'elle .urait lieu sans témoins.
La peau était chaude, couverte de moiteur, et d'une odeur légèrement acide; le pouls était fréquent (quatre-vingt-deux pulations par minute), mais souple et développé ; les seins tuméfiés, rrès-durs , et sensibles à la moindre pression ; l'extrémité du mamelon était rouge et tendue, et laissait écouler un fluide séreux •ieu abondant.
La peau de l'abdomen était ridée , et parsemée de petites ; raillures brunâtres et luisantes, répandues en très grand nombre Uns l'intervalle des aînés à l'ombilic; les muscles droits étaient écartés au niveau de ce point, et il était facile de s'en assurer par f.e toucher.
Le doigt indicateur de la main droite , porté dans le vagin , fit econnaître,par une espèce de ballottement exercé sur la matrice, ;ue le corps de cet organe était volumineux, et dépassait la haueur des pubis , comme on pouvait le constater avec la main ;auche , appuyée sur l'hypogastre ; le col utérin était assez ouert pour permettre l'introduction de deux doigts , et ses lèvres taient amincies et rugueuses ; il ne s'écoulait de la vulve qu'une érosité rare et roussâtrej les parties génitales externes étaient ouges et un peu tuméfiées, la fourchette superficiellement iraillée.
Le bassin était large et bien développé, les pubis légèrement
mobiles dans leur articulation médiane ( symphyse pubienne ).
Nous croyons pouvoir conclure de ces faits attentivement observés :
i° Que madame B*** est réellement accouchée depuis deux ou trois jours ; et que les remarques que nous avons faites ne I peuvent s'expliquer par l'expulsion d'une mole , puisque dans ce E cas Mme. B*** n'aurait pas hésité à la représenter, ouàdonnerles détails circonstanciés de son accident;
3° Que l'accouchement a dû être facile, autant que l'on en peut I juger d'après la conformation du bassin , et l'absence des lésions | qui se présentent fréquemment dans les accouchemens laborieux. {
En foi de quoi nous avons donné le présent rapport que, etc. j etçA