III» RAPPORT
Viahililè.
Nous , soussigné , etc , etc.
nous sommes transporté rue..., au domicile de..., à l'effet de I constater la viabilité de l'enfant de madame G***, qui est mort le lendemain de sa naissance.
Introduit dans la chambre de madame G***, cette dame nous raconta qu'elle n'avait éprouvé de suppression que depuis sept mois , et que son accouchement avait été facile , ainsi que le certifiait M. D***, son accoucheur. L'enfant avait jeté des cris assez faibles, ses mouvemens étaient fréquens, et il avait pris le mamelon; tout faisait espérer qu'on pourrait le conserver, lorsqu'ayant été porté à l'église et à l'état civil par un froid de 6° — o, il avait été saisi au retour de suffocation avec débilité extrême ? et il était mort dans la journée. Ayant sur-le-champ procédé à son examen, nous reconnûmes :
I. Que cet enfant avait quatorze pouces trois lignes de longueur.
II. Il pesait trois livres et demie, et la moitié totale du corps répondait à trois lignes du dessus de l'insertion ombilicale.
III. Le cordon avait été noué selon les règles de l'art, mais
ne remarquait encore aucun indice d'une inflammation éli- Btatricc.
V. La peau était ferme et un peu rouge, et il ne restait qu'une |~petite quantité de matière sébacée, que l'on nous dit avoir le enlevée lors de la naissance.
I.r. Le corps ayant été ouvert, tous les organes parurent sains, Lexception des poumons qui étaient noirâtres , fortement confuionnés, et hépatisés dans quelques points qui s'écrasaient tex facilement. Les autres portions de l'organe surnageaient i-bien.
1. La muqueuse bronchique était d'un rouge brun et renfer- Lt une mucosité sanguinolente.
«'après ces observations détaillées, nous croyons pouvoir icclure :
, o Que cet enfant est venu avant terme, et au septième uis ;
: .o Qu'il était viable, comme le prouvent le développement de organes , et les nombreux exemples que l'on possède d'ents i qui ont vécu à cet âge 5
o Que l'inflammation aiguë des poumons a été la cause acci- . .telle de sa mort.
Eïnfoi de quoi , nous avons signé le présent rapport que , etc. Ce
\. Auortcment provoqué. Mort dufœtus clans l'utérus.
k\ous, soussigné, docteur en médecine , de la Faculté de ,
Lneurant à...., sur la réquisition de M. le procureur du roi, de Lstater quelles sont les causes de l'avortement de mademoi- He N...., âgée de dix huit ans, et de la mort de son enfant, lus sommes transporté aujourd'hui, ce .. .., rue...., au troisième i„ge , accompagné de M. le commissaire de police et de M***> ive en médecine. On nous apprit que mademoiselle N***, qui Lait cherché à cacher sa grossesse, avait été prise de douleurs j [» s-vives dans la journée de la veille , qu'elle s'était alors retirée
dans sa chambre en se plaignant de violentes coliques, et y état restée renfermée pendant plusieurs heures. Qu'alarmée de a; état, une personne de la maison l'avait forcée d'ouvrir, et qu'ell l'avait trouvée pâle et couverte de sang. Une assez grande quan-l tité de ce fluide était aussi répandue dans le lit. Que peu satis faite des 'raisons qu'alléguait mademoiselle N***, qui prétends' avoir eu une perte fort considérable, elle avait fait des perquiîi tions dans saVhambre, et avait trouvé, au fond d'une armoire, u fœtus encore chaud , mais privé de vie : découverte qui avait) provoqué un aveu complet de la part de la mère. Celle-ci l'avait suppliée de lui garder le secret en lui disant qu'une chute délai veille était la cause de son avortement. Cependant l'hémorrhagie) utérine ne s'arrêtant pas, on avait envoyé chercher un médecint qui avait reconnu l'état de la malade et avait arrêté la perte en^ exerçant la compression de l'aorte , à travers les parois abdomi4 n al es. Le placenta, qui avait été , à ce qu'il paraît, en partie dé-J collé , n'était sorti que plusieurs heures après , avec les doulcurai les plus atroces.
Ayant nous-même demandé à mademoiselle N*** si elle n'a-l vait rien fait pour déterminer son avortement , elle assura qu'elle! n'avait jamais eu un pareil dessein, qu'elle avait ignoré sa grossesse et qu'elle n'avait pas été saignée et qu'aucune sangsue ne; lui avait été posée. Le commissaire de police, qui s'occupait de» faire des perquisitions dans les armoires de la chambre , y trouva , derrière du linge , deux petits paquets contenant de la rue cl de la sabine , ainsi que nous l'avons aussitôt reconnu ; nous fîmes comprendre à mademoiselle N*** que ces substances étaient généralement regardées comme des moyens abortifs , et nous la priâmes de nous avouer si elle en avait fait usage , mais elle répondit toujours négativement.
Nous avons alors procédé à la visite de mademoiselle N*+% qui s'y est volontairement soumise , et nous avons constaté le» faits su i vans :
I. La peau était pâle , décolorée , sans aucune trace d'eochymose, sèche etbrûlante; les membres abdominaux légèrement édémateux et les seins affaissés ; la lassitude était extrême , les mouvcmens péniblos et douloureux , le pouls était petit et fréquent.
II. Les parties génitales externes tuméfiées et rougeàtres étaient mouillées par un fluide qui s'écoulait par la vulve et qui était séreux, sanguinolent, mêlé à d'abondantes mucosités, et d'une odeur presque fétide.
III. Le vagin était élargi , le col utérin affaissé et l'orifice de la matrice assez ouvert pour permettre l'introduction du doigt dans sa cavité.
IV. On remarquait à la face externe des grandes lèvres , et à la partie interne et supérieure des cuisses un assez grand nombre de petits points blanchâtres, saillans et triangulaires, résultat évident de la piqûre de sangsues.
V. Ayant ensuite demandé à visiterle fœtus mort , on nous le présenta enveloppé dans une serviette, le délivre avait été jeté parce que l'on n'avait pas jugé son examen nécessaire.
I. Nous avons constaté que le corps avait dix pouces et quelques lignes de longueur, et qu'il pesait une livre deux gros ; la moitié du corps répondait à quelques centimètres au-dessus de l'ombilic.
II. Le cordon ombilical volumineux, et d'une grande mollesse, était infiltré de sucs rougeàtres et décbiré àpeu de distance de son insertion.
III. Tout le corps était flasque et peu consistant, la peau lâchée dans plusieurs points de plaques brunâtres, l'épidémie épaissi s'enlevait au moindre frottement, les ongles mous, rougeàtres et imparfaits , se détachaient également. Les cheveux étaient rares, courts et d'une couleur argentine.
IV. Le tissu cellulaire sous-cutané était infiltré d'une sérosité rouge sanguinolente, principalement sous le cuir chevelu, où nous remarquâmes, au milieu de la suture sagittale, une petite plaie d'un tiers de ligne environ de largeur, entourée d'une ecchymose.
Y. En suivant avec attention le trajet de la plaie nous reconnûmes que la membrane cartilagineuse, qui unit les deux pariétaux, était percée, ainsi que la dure-mère, dans le sinus longitndinal supérieur.
VI. La surface des hémisphères et surtout leur grande scissure longitudinale étaient le siège d'un dépôt sanguin considérable
296 bappoiits.
qui était comme infiltré au milieu de la masse cérébrale ramollie et presque diffluente.
Y1I. Tous les autres viscères , quoique mous et peu résistans, parurent sains • les poumons étaient petits et rougeàtres , ils tombaient sur-le-champ au fond de l'eau [ le canal artériel était large et rempli d'un peu de sang fluide , ainsi que le cœur et les autres vaisseaux.
Le sexe était facile à reconnaître, le pénis était bien développé, les bourses plates et vides, les testicules situés au-dessous des reins , près des vertèbres lombaires.
D'après ces observations attentives nous croyons pouvoir conclure :
i° Qu'il est certain que la demoiselle N*** n'ignorait pas sa grossesse. Le développement de l'abdomen et les mouvemens de son enfant ont dû l'en instruire.
■j° 11 est démontré cantre ses assertions que des sangsues ont été appliquées à la vulve et à la partie interne des cuisses.
3° Que la présence de la rue et de la sabine chez elle portent à présumer qu'elle aura eu recours à l'emploi de ces substances dans le but de se faire avorter ;
4° Que l'état de ses organes génitaux démontre que l'avortenient a eu lieu depuis peu de temps, comme elle en est convenue ;
5° La longueur et le poids du fœtus, la hauteur de l'insertion de l'ombilic, la présence des ongles et des cheveux, nous indiquent que le fœtus avait de cinq à six mois au moment de sa mort j
6o Lamollessede tous les tissus, l'épaississement del'épidermc qui s'enlevait au moindre contact, ainsi que les ongles et les cheveux, les plaques brunes de la peau, prouvent que le fœtus est resté dans l'utérus pendant quinze jours au moins depuis sa mort}
7° La plaie pénétrante du crâne, l'ecchymose qui l'entoure , et l'épanchement considérable de sang intra-crànien démontrent que cette blessure , résultat d'un instrument étroit et alongé , tel qu'une tige métallique , a été faite du vivant du fœtus, et qu'elle a causé sa mort, comme l'atteste l'intégrité des autres organes j
88° Que ces circonstances rendent très-probable que mademoi- II le N*** a d'abord eu recours aux sangsues et aux préparations I } t rue et de sabine , et que , n'obtenant pas l'avortement qu'elle Issirait , elle s'est soumise à une opération , qui a eu pour ré- Itltat la mort de son fruit.
Eu foi de quoi, nous avons signé le présent rapport, que us certifions sincère.
A. . . . ) ce
ippori sur un cas de supposition de part ( par M. le doct. Billard d'Angers).
\t. Ayant été cbargé par M. le procureur du roi de constater : - si l'enfant était récemment né ; 20 s'il était né de la femme ' ** , je me transportai sur les lieux , et là je trouvai la femme ! ** , couchée dans un lit , à droite delà porte. Je lui déclarai i e je me présentais sur la simple invitation de M. le procureur ■ roi, et avec l'agrément de son mari, pour visiter l'enfant i 'elle venait de mettre au monde, et sur la légitimité duquel c clameur publique avait fait planer quelques soupçons.
(Jette femme me dit qu'elle était accouchée la veille au matin,
e demi-heure avant le lever du soleil, c'est-à-dire le 27 ju.il- L, sur les trois heures et demie ou quatre heures du matin.
itait alors le 29 , à neuf heures du soir, l'enfant devait donc N oir deux jours , ou cinquante- trois heures.
Je le trouvai sur les genoux d'une femme. Il était du sexe fé-
nin, avait de dix-sept à dix-huit pouces. Il était d'une force |e;diocre; ses tégumens étaient rouges , et l'exfoliation épidcr-
quc était en pleine activité. Le cordon ombilical était tombé \ts le matin. L'ombilic, assez saillant, suintait au centre. Le frrdon ombilical avait été enfoui sous terre, au pied d'un arbre, l> ivant le préjugé du pays. Je le fis déterrer; il était enveloppé
un linge grand comme la main , lequel était imbibé d'un sang
noirâtre et sec. Le cordon , long d'un pouce environ , était aplati, un peu vrillé, desséché, légèrement sanguinolent à l'une de ses extrémités , brunâtre , et coupé net à l'autre.
L'enfant avait les cheveux noirs , longs et épais , son cri était fort et plein, il s'agitait avec force, et buvait à la tasse avec avidité 5 il ne rendait plus de méconium, ses couches étaient teintes en jaune ; le pli des aines et des aisselles ne présentait pas la matière sébacée que les enfans apportent sur leur corps en naissant , et même la peau de ces régions commençait à suinter. La membrane pupillaire n'existait pas, et les ongles étaie formés.
Considérant: 1° la coloration des tégumens ; a0 l'exfolia'' de l'épiderme , qui se trouvait en pleine activité ; 5° l'état de sécheresse et de dessiccation du cordon ombilical , qui n'avait pas été arraché par force, mais qui était tombé spontanément , attendu que l'épiderme n'est en pleine exfoliation que quelques jour» après la naissance , et que , pour que le cordon ombilical se détache , il faut qu'il subisse diverses altérations de forme et d consistance , qui exigent le plus ordinairement un laps de tern^ de trois , cinq, et même sept jours; j'ai déclaré : i° que cet e fant avait plus de deux jours ; 2° qu'il était né à terme, et qu pouvait avoir de cinq à sept jours.
Ayant procédé à l'examen de la femme , j'ai trouvé les seins peu volumineux et nullement douloureux. Le mamelon n'était pas saillant; la glande avait un très-petit volume à chaque sein; la peau de ces régions n'était ni crevassée , ni parsemée de veinei bleuâtres , comme lorsqu'elle est violemment distendue , ni flasque et flétrie , comme cela s'observe lorsque le lait abandonne tout-à-coup les seins, dans les cas de péritonite puerpérale.
Les parois de l'abdomen ne présentaient pas de lignes éraillées, le lit de la malade n'était pas garni; les draps n'étaient nullement tachés. Il ne s'écoulait absolument rien de la vulve, les grandes ni les petites lèvres n'étaient ni tuméfiées , ni rougci, ni excoriées; l'entrée du vagin était étroite , la fourchette intacte, et la malade urinait sans douleur. Le vagin était étroit, et pas plus lubréfié que dans l'état naturel , le museau de tanche
Lentait sa forme accoutumée , il n'était ni tuméfié, m large , Lrrégulier. La matrice , légère et libre, se laissait soulever ornent ; et lorsque j'appliquai» l'autre main sur la région hy- Lstnque , je n'y trouvais pas la codeur que fait éprouver le Le utérin , surtout lorsque les lochies sont supprimées. Enfin, Létendue malade ne répandait pas autour d'elle l'odeur pro- Iiaux nouvelles accoucliées.
Le tous ces faits , je conclus 1° que cette femme n était pas Lmment accouchée, et qu'il ne restait môme pas de signes Labiés d'aucun accouchement antécédent; *° que 1 entant i l'on me présentait n'était pas l'enfant de cette femme ; 3* 1 par conséquent il ne pouvait être enregistré sous le nom du lii ni jouir à l'avenir des avantages résultant de là commu-
té.
Vie RAPPORT.
Irnfanticide par commission. Accouchement récent.
bïous soussigné, docteur en médecine de la faculté de , de-
(Lorant à , sur la réquisition de M. le procureur du roi, qui
is a été signifiée par M*** , huissier , nous sommes transporté | ourd'hui , ce ( date et heure ) , accompagné de MM*** , doc r et étudians en médecine, chez madame H.... , blanchisseuse,
)jn deuxième étage , pour constater son accouchement
ent et les causes de la mort de son enfant, i Introduits dans la chambre de madame H... , nous l'avons «vée couchée, et se plaignant de douleurs assez vives dans tbdomen et aux seins.
II. La figure était colorée , le front chaud et brûlant , les yeux Ù mais trop sensibles pour supporter la lumière. 1 H. La peau était chaude et sèche , le pouls fort développé et quent.
III. Les seins très-gonflés , durs et tendus; la moindre pres- ,n était douloureuse , ainsi que les mouvemens des bras ; le imelon était saillant et rougeâtre ; il s'en écoulait un liquide r-reux qui avait taché la chemise.
IV. L'abdomen souple et ridé offrait une foule de petite» éraillures , luisantes et livides, qui s'entrecroisaient dans tons les sens, et qui étaient principalement répandues dans l'espace qui sépare les aines et le pubis de l'ombilic. En parcourant la ligne blanche avec les doigts, on y remarquait un écartement assez considérable vers sa partie moyenne; et depuis ce point jusqu'au pubis , elle présentait une coloration brunâtre.
Y. Les parties génitales externes étaient tuméfiées et douloureuses, l'entrée du vagin très-dilatée , et la fourchette déchirée. Il ne s'écoulait aucun fluide par la vulve, circonstance facilement expliquée par l'existence de la fièvre de lait, qui amène assex fréquemment la suppression de* lochies. •
VI. Le toucher montra le vagin élargi et déplissé, le col de l'utérus effacé en partie , les bords de son orifice amincis et sans résistance ; on pouvait aisément introduire deux doigts dans sa cavité: en plaçant l'autre main sur l'hypogastre , on sentait que le corps de l'utérus était ferme , arrondi et volumineux , qu'il dépassait le pubis en s'élevant vers l'ombilic, et se contractait manifestement sous la pression de la main.
VII. En mesurant l'intervalle des épines iliaques et des tubérosités ischiatiques , et en s'assurant par le toucher dé la saillie sacro-vertébrale et du diamètre sacro-pubien , nous avons reconnu que la cavité pelvienne était large , et bien disposée pour un accouchement facile.
D'après ces faits, exactement observés , nous croyons pouvoir conclure que madame H... est réellement accouchée depuis très peu de temps; que son incommodité présente dépend del» fièvre de lait; qu'elle n'offre aucune disposition particulière qui dût rendre son accouchement difficile. Procédant sur-le-champ à l'examen de l'enfant , que l'on nous a dit être mort-né, nous l'avons découvert avec soin , et nous avons remarqué ce qui suit :
i° Cet enfant, du sexe masculin , sans aucune difformité apparente , semblait fort et bien constitué. 11 avait dix-sept pouces onze lignes de longueur, et pesait six livres deux onces. Ses tégumens étaient uniformément rouges sur toute la surface du corps , mais cette coloration était plus foncée sur le côté gauche
la face. La peau était couverte d'un enduit sébacé gras et ais , et l'épiderme ne se détachait dans aucun point.
II. Le cordon ombilical avait été coupé à deux ou trois pouces viron de l'abdomen , et lié avec un fil disposé en double ; son sertion répondait à peu près à la moitié du corps.
III. Toutes les articulations étaient flexibles, les ongles parlement formés ; les cheveux assez abondans , d'un pouce et mi de longueur , et d'un blond argenté 5 le thorax était bombé saillant.
IV. En examinant l'état des ouvertures naturelles , nous les mvàmes bien conlormées , et sans aucune trace de violence , à xception de l'oreille gauche , qui parut remplie d'un cérumen ai' et d'un jaune brunâtre : ayant cherché aie détacher, nous :oii*ûmes que le conduit auriculaire externe avait été trarsé et brûlé par un corps métallique très-chaud; la peau était :he , jaunâtre et comme cornée dans quelques points ; dans îutres elle était couverte de petites vésicules: nous sondâmes ec précaution le trajet de la plaie, et nous pénétrâmes de plus in pouce dans la cavité crânienne , en dirigeant notre stylet de hors en dedans , et de bas en haut.
V. Ayant fait l'ouverture du corps selon les règles de l'art, us avons pu reconnaître que le tube digestif était parfaitement n dans toute sa longueur. L'isthme du gosier et le pharynx '.ient fort rouges, ainsi que l'œsophage: l'estomac distendu r des gaz était d'un rose pâle , et contenait des mucosités blanâtres; on apercevait dans l'intestin grêle les saillies des valles conniventes et des matières muqueuses, épaisses, colo- ?s en jaune par la bile, et adhérentes aux parois intestinales. 1 y rencontrait aussi quelques flocons , ou plutôt de petites isses d'une substance verdâtre: la valvule iléo-cœcale était t étroite, et le gros intestin rempli de méconium d'un vert icé et d'une consistance poisseuse.
VI. Les poumons étaient d'un rouge foncé, crépitans dans utc leur étendue j ils recouvraient une grande partie du périrde , et pesaient trois onces un gros ; ils surnageaient après oir été détachés de la poitrine avec le cœur et les gros vaisuix , et avoir été placés dans un vase rempli d'eau : 011 les
comprima en vain entre les doigts pour en exprimer l'air, ils ne tombèrent pas au fond du vase; en les coupant par morceaux, chacun d'eux surnageait. Les bronches étaient peu injectées, et ne contenaient qu'une très-petite quantité de mucosités.
YII. En disséquant attentivement la tête, nous trouvâmes une très-légère ecchymose \eis la protubérance occipitaJe externe , les os se touchaient par leurs bords , excepté dans les-fontanelles, ils ne présentaient aucune fracture ; en suivant la plaie de l'oreille, on reconnut que la tige métallique qui l'avait faite avait pénétré dans le crâne , en brisant la partie supérieure du cercle osseux qui soutient la membrane du tympan , et en passant ainsi entre la portion pierreuse du rocher et la portion écailleuse du temporal; la dure-mère était perforée , et le cerveau désorganisé dans une assez, grande étendue. Les traces de la lésion démontraient que la tige ou aiguille métallique avait été portée en différens sens , et particulièrement d'avant en arrière. Toutes ces parties étaient baignées de sang, dont on trouvait une assez grande quantité épanchée sur le rocher et à la base du crâne, où il formait des caillots épais.
TH. Le cervelet et la moelle épinière étaient dans l'état normal.
Nous croyons devoir conclure de ces observations : i° Que cet enfant est né viable, à terme, et bien constitué, ainsi que le démontrent l'état des os du crâne, la présence des cheveux, la perfection des ongles, la hauteur du cordon ombilical , la descente des testicules , la longueur et la pesanteur totale du corps.
1° Qu'il a vécu et complètement respiré : les épreuves pulmonaires ne laissent ici aucun doute.
3o Qu'il est mort fort peu de temps après sa naissance , comme le démontrent l'enduit sébacé de la peau , la mollesse du cordon ombilical, la non-exfoliation de l'épiderme, la grande quantité de méconium trouvée dans le gros intestin.
4° Que la cause de la mort a été l'introduction dans le crâne d'une tige métallique, préalablement chauffée, avec laquelle 1(" cerveau a été désorganisé et ses vaisseaux déchirés, ce qui a occasioné l'hémorrhagic.
j° Que la présence des vésicules sur le trajet de la plaie , l'élanchement du sang et sa formation en caillots établissent que a blessure a été faite du vivant de l'enfant.
En foi de quoi nous avons signé le présent rapport , que nous :ertifions conforme à la vérité et aux principes de l'art.
A.....-, ce
Vile RAPPORT.
Défloration et viol.
Nous, soussigné , docteur en médecine de la Faculté de ,
lemeurant à , sur la réquisition de M. le procureur du roi,
ni nous a été signifiée par M. B*** , huissier, nous sommes ransporté, aujourd'hui, 17 juillet 1823, à huit heures du aatin , rue de...., n°.... , accompagné de M. le commissaire de
olicc H***, afin de visiter la fille de M. G*** , âgée de seize ns , que l'on nous a dit avoir été violée la veille au soir , à dix
eures.
Étant arrivé chez M. G***, l'on nous fit entrer dans la chamre de mademoiselle G***, que nous trouvâmes au lit, et se achant la figure. On nous raconta que la veille elle s'était laisée entraîner sous de faux prétextes dans la chambre de M. T***, gé de... , qui après lui avoir fait des propositions infâmes , en vait abusé, après l'avoir frappée et maltraitée, et l'avoir me- ■.acée de la mort.
Ayant obtenu de la jeune fille la permission de la visiter , ous remarquâmes qu'elle était assez formée pour son âge, mais rès-délicate , et paraissant très-craintive } tout annonçait que a santé habituelle était parfaite.
Nous avons remarqué sur les bras, la poitrine et les membres îférieurs, plusieurs ecchymoses récentes; quelques-unes étaient èunies , et présentaient aux bras l'impression des doigts , tandis u'elles étaient plus larges et séparées sur les cuisses, où elles vaient été à ce qu'il paraît déterminées par l'impression du ■oing et des genoux.
Ayant fait coucher mademoiselle G*** sur le bord de son lit, il fut facile de constater que toute la -vulve était tuméfiée , et il s'en écoulait un liquide muqueux et d'un blanc jaunâtre, les grandes lèvres étaient rouges et comme accolées , les petites étaient gonflées, très-rouges, et offraient des traces de déchirures encore sanguinolentes et recouvertes de mucus.
L'hymen avait été déchiré, les lambeaux étaient distincts et saxiglans ; la muqueuse vaginale, profondément ridée, était enflammée et contuse ; toutes ces parties étaient douloureuses, et des taches rougeâtres , répandues sur les pubis , les fesses , et la partie supérieure et interne des cuisses, indiquaient des violences récentes.
Ayant demandé à examiner les vêtemens que portait la veille la demoiselle G*** , on nous les apporta ; la chemise était teinte de sang dans plusieurs endroits 5 et l'on observait également des taches grisâtres , peu épaisses, mais assez résistantes, qui rendaient le linge raide et comme empesé. Les ayant mouillées, elles répandirent une odeur spermatique très-prononcée, et en les approchant du feu, elles prenaient une teinte fauve fort distincte : voulant ne laisser aucun doute sur les caractères de cette matière, nous en recueillîmes une petite quantité dans une capsule de verre. Elle formait des flocons et des espèces de nuages, au milieu de l'eau distillée qui les tenait en suspension, et qui était devenue alcaline; nous la fîmes évaporer, et il resta un résidu de couleur fauve , qui , repris à froid par quelques gouttes d'eau distillée, ne fut dissous qu'en partie, et laissa une substance d'un gris jaunâtre , et comme glutineuse, qui disparut en ajoutant à la liqueur un peu de potasse caustique; faits qui nous ont paru de nature à ne laisser aucun doute sur la présence du sperme.
Aussi croyons-nous pouvoir conclure de l'existence des contusions et des ecchymoses observées , de l'état sus-mentionné , des parties génitales et des taches de sang et de sperme répandue* sur ses vétemens, qu'un viol a été commis sur la personne de mademoiselle G***.
En foi de quoi nous avons donné le présent rapport.
A Paris, le 17 juillet i8a5.
Ville RAPPORT (i).
Prévention de viol mat fondée.
Nous, soussignés, docteurs en médecine de la Faculté de Paris, ; rofesseurs, etc., demeurant à . . . ., sur la réquisition de Pau- , Drité, nous sommes transportés aujourd'hui . . ., rue . . . ., . . . , assistés d'un commissaire de police , à l'effet de visiter Haa fille de M. M***, âgée de quatre ans, qu'on soupçonne avoir Btté déflorée, et infectée de la maladie vénérienne.
Arrivés en ladite maison, dans une chambre au troisième étage, l'i'i ous avons trouvé cette enfant alitée , se plaignant de douleurs, >jl 'ardeur et de pesanteur aux parties génitales , de maux de téle, oryia , de difficulté de respirer, de douleurs vagues dans la oitrine, et de quintes de toux très-pénibles. La jeune malade, aie et délicate , avait le pouls fébrile , la peau chaude et haliuueuse, le visage rouge et gonflé , les yeux larmoyans.
Nous avons procédé à l'examen des parties génitales , et nous wons observé qu'elles étaient rouges , gonflées, douloureuses}
I ue l'orifice du vagin était dilaté, que la membrane hymen n'exisùt plus , qu'il s'écoulait par la vulve un liquide blanc jaunâtre, omme granuleux, d'une odeur désagréable, et formant en se
i esséchant, sur la face interne des cuisses, des croûtes jaunâtres 'I t luisantes ; qu'il y avait à la face interne des grandes lèvres de Hits ulcères assez profonds, à bords rouges et irréguliers, îcouverts d'un liquide séreux, opaque, assez consistant, mêlé i e sang , et formant aussi des croûtes.
De ces observations il résulte que , d'une part, des symptômes )caux semblent indiquer, sinon un viol consommé, du moins introduction d'un corps quelconque dans les parties génitales j .ue d'un autre côté cette enfant, pâle, faible , délicate, paraî-
(0 Extrait d'un rapport fait ù la Faculté de médecine le 2 juin 1 8 1 5 , ou nom d'une commission, composée de MM. les professeurs Leroux, 'wubois, Desormeaux, Dupuytrcn ^rapportour) , commission nommée par
II Faculté, à l'occasion d'une question de viol qui lui avait été adressée l*r le préfet de police (Briant). Manuel de médecine légale.