PAR M. ORFILA
Épidcrme. L'épiderme aune tendance marquée à se détruire. Dans les premiers temps il s'amincit , se ramollit , et tend à faire corps avec le linceul ou avec la terre , si le cadavre a été enterré tout nu. Dans les parties où il n'a pas été enlevé avec la terre qui le recouvrait, il est plissé , et facile à détacher en lambeaux minces translucides , d'une blanc, grisâtre, même à l'abdomen, où le derme est coloré en vert ; à la paume des mains et à la plante des pieds , où il est plus épais , il est plus sec , plus mat, d'un blanc tirant légèrement sur le jaune, rugueux, fortement plissé, et semblable à celui de la même partie sur lequel on aurait appliqué pendant long-temps un cataplasme émollientj quelquefois sa face interne est partiellement colorée en rouge ou en vert par un liquide séreux que l'on peut enlever par l'eau , et alors la couleur blanche du tissu reparaît. Il n'est guère possible d'établir l'ordre suivant lequel les parties se dépouillent de leur épiderme , parce qu'il n'y a rien de constant à cet égard.
À une époque un peu plus avancée , les portions d'épidennej non encore séparées commencent à éprouver une altération remarquable ; souvent elles deviennentgraisseuses , et adhèrent de plus en plus à la terre ou au linceul qui les recouvrent ; elles forment alors des couches d'un jaune rougeâtre ou brunes, composées de plusieurs petites élévations arrondies , comme lenticulaires et confluentes ; quelquefois , au lieu de ces couches, on trouve une mucosité gluante et grasse qui semble fournir un moyen d'agglutination entre certains organes : c'est par son intermède, par exemple , que la partie interne des membres thoraciques. est souvent collée au thorax. Il arrive aussi qu'au lieu d'un enduit gras et poisseux on en trouve un autre qui est sec et presque comme de la croûte de fromage desséché. Les enduits dont nous
il ons, nous quelque forme qu'ils se présentent, sont quelqucîl : recouverts de moisissures blanclies, floconneuses, semblait i clans certains cas à de la gelée blanche. Plus tard l'épi- Ifcme a disparu ; cependant, si pendant la vie il a été soulevé Mode la sérosité, il peut se faire qu'il résiste à la putréfaction , ■l'iii'on le trouve encore, au bout de plusieurs mois, avec la jjpart des caractères qui lui sont propres. WDDngles. Les ongles se ramollissent, acquièrent une couleur i-J'àtre, et perdent de leur élasticité ; ils deviennent aussi Ifcnoins en moins translucides ; on peut les arracher facile- Ubt, môme lorsque le cadavre n'est enterré que depuis vingt ■trrente jour. La peau qu'ils recouvrent dès cette époque [Il lisse , humide et d'un rouge vif, comme de la gelée de groli'les ; plus tard , ces ongles tombent après s'être desséchés, n -hcocux et poils. Ces parties résistent beaucoup à la putré- U ion; nous les avons constamment trouvées, avec tontes
s apparences, même après plusieurs années d'inhumation. ■Vtfati. Après avoir étudié séparément l'épiderme , nous allons ^fc niner les changemens qu'éprouve la peau , que nous ne sup- Kerons pas encore être dépouillée de sa cuticule. Dans les •miers temps, elle est de couleurjaunâtre, tirant un peu sur le B< ; cependant on voit çà et là des teintes verdàtres, rougeàtres Buolacées; du reste, elles esta peine ramollie, nulle ment cor— ■ee, et presque dans l'état naturel. On peut établir en principe Hl Ile est plus humide à la partie postérieure du tronc que out ailleurs.
i us tard elle est quelquefois recouverte, dans certains ents, de petites granulations comme sablonneuses , formées du phosphate de chaux : alors, par l'effet de la putréfaction , est presque décollée au dos , où elle paraît former une poche, •me le fait la peau du crapaud au corps de cet animal; son sseur n'a pas encore sensiblement diminué , si ce n'est aux ILiières où elle se déchire facilement; sa structure est parlement reconnaissable, et nulle part on ne la voit transformée Itéras.
if! lus tard encore elle commence à se dessécher , devient plus P cco, et prend une couleur qui varie du jaune fauve au jaune
presque orangé, et au brun quelquefois asseï foncé; elle est recouverte par l'enduit dont nous avons parlé à l'occasion de l'épidcrme , et dans certains points par de la moisissure ; cette dernière n existe guère dans les parties les plus numides , comme au dot. tandis qu'il y en a beaucoup dans celles qui sont ordinairement sèches. La dessiccation fait chaque jour de nouveaux progrès} l'enveloppe tégurnentaire semble se tanner; aussi, lorsqu'on frappe avec le manche d'un scalpel sur une partie quelconque du cadavre, on entend un bruit à peu près semblable à celui qu'on produit par la percussion sur une boite de carton. Si alors on incise ce tissu, on voit que la coupe offre l'aspect d'une couenne grisâtre, et déjà on distingue une tendance évidente à la saponification, tendance qui est surtoutmarquéelàoùle tissu cellulaire sous-cutané est chargé de graisse : c'est aussi daDs ces parties qu'en général la peau se conserve le mieux , et si elle se détruit aisément au pourtour de l'anus , cela tient à la facilité avec laquelle les vers peuvent l'attaquer. Son adhérence aux parties sous-jacentes varie; quand elle est appliquée surdes os, elle y tient par du tissu cellulaire- sec , facile à déchirer et à séparer; elle est au contraire très-adhérente lorsqu'elle répond à des portions fournies de tissu cellulaire graisseux , ou lorsqu'elle recouvre des parties musculaires, sans l'intermédiaire de ce tissu graisseux abondant.
A une époque encore plus éloignée , la dessiccation et l'amincissement delà peau augmentent là où elle n'a pas été saponifiée , et, comme précédemment, ce sont les parties antérieur qui sont plus sèches ; quelquefois même elle est déjà excessivement desséchée en avant , que la partie postérieure est encore très-humide, très-amincie, et en partie détruite par les vers. Elle brunit de plus en plus ou devient d'un jaune sale; mais en général elle conserve encore assez de consistance , quoiqu'elle soit détruite et comme corrodée en plusieurs points. Enfin l'amincissement est porté au point que le tissu disparait peu à peu. Il est inutile d'indiquer que la destruction de l'organe cutané est beaucoup plus rapide dans les portions qui n'ont été' ni desséchées ni transformées en gras.
On remarquera, sans doute, que nous n'avons pas compris
urmi les changemens que la peau éprouve pendant l'inhumation, il lividités cadavériques , les veryelures ni les ecchymoses ; ?st. qu'en effet les lividités cadavériques de la peau paraissent isdinairement lorsque le cadavre commence à se refroidir, et fer conséquent bien avant l'inhumation, d'ailleurs, elles ont été i.rl'aitement décrites, et nous croyons nous-même les avoir it connaître en détail dans nos Leçons de médecine légale. îant aux. rergetures } comme elles ne sont autre chose lté des lividités cadavériques de la peau, traversées par des 'rnes , des sillons ou des plaques blanchâtres , résultat évident : la pression exercée sur les parties livides par les vêtemens , 53 ligatures , etc. , nous ne devions pas nous en occuper avantage par le même motif. Nous n'avons pas fait men- Dn des ecchymoses sous-cutanées , parce que nous n'avons imais eu occasion d'en observer chez les sujets que nous avons it pourrir , non pas que nous pensions qu'il ne s'en développe ans aucun cas pendant la putrëtaction des cadavres qui ont été . i.terrés; au contraire, tout concourt à établir qu'il doit s'en rmer chez les individus jeunes , gras, abreuvés de sucs, qui it succombé à une maladie aiguë, et qui ont été inhumés penint l'été. Ces ecchymoses se montrent le plus souvent dans les irties les plus déclives comme à l'occiput, aux lombes, ou en aux paupières et au scrotum , organes dont le tissu lamineux >us-cutané est fort lâche et facile à distendre j il n'arrivejamais l'elles offrent les diverses nuances jaune clair, jaune foncé, uige brun et noirâtre, qu'il n'est pas rare de voir dans les :chymoses faites pendant la vie : en général , leur couleur est aiforme.
Tissu cellulaire sovs-cutanê. Ce tissu change à peine dans s premiers temps ; toutefois il est aisé de remarquer, même de inné heure , qu'il se comporte différemment à la partie untéeure du corps , qu'en arrière et suivant l'épaisseur des couches usculuires qui l'avoisinent. Ainsi , loin de s'infiltrer , il se essèche et conserve assez de résistance quand il est placé à la utie antérieure du tronc , surtout là où la couche musculaire t mince, comme à l'abdomen et au milieu du thorax. 11 est au >D traire infiltré , mou , peu résistant dans toute la partie pos-
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téricure du tronc : cette infiltration peut Être simplement sanguinolente, ou bien à la fois sanguinolente et huileuse ; dans ce dernier cas, des gouttelettes jaunes, comme graisseuses, sont mè-' lées au liquide rouge. À la partie postérieure de la tête et du cou, et même dans presque toute l'étendue du dos et des lombes , l'infiltration dont il est le siège est plus ou moins violacée, et présente un aspect gélatineux assez semblable à celui du tissu cellulaire épicranien de certains enfans nouveau-nés : là ce tissu est gonflé et se déebire avec facilité. Dans la région fessière et k la paTtie postérieure des membres, cet état gélatineux est i peine marqué, elle liquide qui imbibe le tissu cellulaire s'écoule avec beaucoup plus de facilité. Dans les régions latérales du thorax et de l'abdomen, cetissuoffre en quelque sorte un état d'infiltration intermédiaire entre celui delà partie antérieure et de la partie postérieure du tronc. En avant et sur les côtés des cuisses et des bras, où la couche musculaire est assez épaisse, il est asseï humide , sans être infiltré et se déchire facilement, ce qui tient évidemment à l'altération putride qu'il éprouve déjà, et qui est plus marquée là que dans les endroits où les muscles sont moins épais. Il est inutile d'ajouter que l'infiltration du tissu dontil s'agit sera surtout considérable quand le cadavre baignera pour ainsi dire dans un liquide , comme dans les cas d'anasarque.
Plus tard, surtout chez les sujets gras, le tissu cellulaire adipeux tend à se transformer en savon j il devient d'un gris blanchâtre ou jaunâtre , de consistance de suif, et onctueux au toucher; partout où il est très-abondant , il offre, lorsqu'on l'incise, un aspect poreux , feuilleté, résultant de la présence d'une multitude de petites locules vides produites elles-mêmes soit par la dessiccation, soit par le dégagement des gaz. Plus tard encore , nous l'avons vu comme desséché, mat, blanc, ou d'un blanc grisâ* tre, filamenteux, et facile à déchirer là où il est ordinairement peu graisseux, tandis qu'il était jaunâtre , peu résistant, humide et assez semblable à du lard bouilli et refroidi, dans les endroits où il est graisseux; enfin il était d'un jaune orangé, d'un aspect globuleux et évidemment saponifié partout où il était encore plus graisseux. La transformation en savon du tissu cellulaire graisseux est loin d'être un phénomène constant ; nous avons en effet rencontré
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issu dans l'état naturel chez un individu qui était enterré de- M six mois, et qui était viaiyro, tandis que chez une femme ysse, inhumée à peu près depuis le même temps et dans le ■ne terrain, ce tissu étuit déjà saponifié dans plusieurs parties. ki une époque plus avancée, le tissu cellulaire non saponifié dlélruit , après s'être desséché et avoir- bruni. ITissu musculaire. Les muscles commencent par se ramollir; .général, ils deviennent d'abord d'un rouge moins foncé parti ou ils ne sont pas très-infiltrés ; quelques-uns cependant entune couleur violaoée; ceux de l'abdomen sont souvent Us. Quelque temps après , leur tissu est encore parfaitement aiuimssable ; il n'est pas transformé en gras , si ce n'est dans orbites , où la saponification parait avoir lieu bien plus tôt dans les autres parties. Leur couleur est alors verdàtre ou le vin. La première de ces colorations est beaucoup plus comice que la seconde , qui ne se remarque guère que dans les ennts où l'on trouve une infiltration sanguinolente. ,e tissu dont il sagit est partout humide (les orbites exceptés), (dans plusieurs pariies, il est imbibé par un liquide sér.o-sanîolent de la même couleur que celui qui imprègne le tissu ulaire, et qui est tellement abondant dans certaines régions , ■tout au dos, qu'il en découle une grande quantité non-seule- !t parla pression, mais encore par la simple incision ; il est me des muscles qui ressemblent à une gelée, au milieu de .elle se trouveraient des fibres charnues , réunies pourtant uianièreàce qu'on pût très-bien reconnaître la forme des mes que l'imbibition a envahis ; malgré cette imbibition qui rait augmenter leur volume, les muscles sont affaissés, et s fibres pour ainsi dire dissoutes dans le liquide. A la partie '.u-ieure des membres, le tissu musculaire forme une couche -peu épaisse sur les os qu'il recouvre. La résistance qu'il préir.e est en général considérablement diminuée, et la facilité : laquelle on le déchire est en raison directe de son imbibi- 1 1 : or , comme cet état est plus marqué à la partie postérieure ronc, et là où les couches musculaires sont plus épaisses que .ont ailleurs , c'est aussi là que les fibres se déchirent avec le ■tus d'effort.
Le tissu musculaire , après s'être ramolli et coloré plus oui moins eu verdâlre ou en lie de vin , ou bien au contraire après être devenu plus pâle , se saponifie ou se détruit. La saponification a surtout lieu chez les personnes grasses ; les fibres musculaires pâlissent déplus en plus; quelques-unes d'entre elles sont déjà changées en savon blanchâtre, que d'autres conservent encore leur couleur rosée : nous n'avons jamais vu un muscle tout entier transformé en gras. L'autre genre d'altération celui qui amène la destruction du muscle, est beaucoup plus commun; voici comment il a lieu :
Après s'être ramolli, le tissu musculaire se dessèche petit à petit , et perd de son volume à un point tel que les masses qu'il forme s'aplatissent; à mesure que la dessiccation augmente , il prend une teinte plus foncée, enfin il peutêlre toul-à-fait brun: mais, malgré cel aplatissement et cette coloration, on peut encore reconnaître les tendons , les aponévroses et la structure fibreuse de cette sorte de membrane. La dessiccation pourtant n'atteint pas tous les muscles qui se détruisent, et ceux qui se conservent humides offrent toujours une couleur foncée , verte ou lie de vin.
Plus tard , les fibres musculaires desséchées se détruisent, ets il ne reste plus à leur place que des feuillets membraneux grisa» très ou d'un jaune brunâtre, dans lesquels il est impossible de reconnaître des fibres; quelquefois ces feuillets sont humideSj bruns et assez semblables à des feuilles de tabac que l'on aurait mouillées après les avoir desséchées ; dans quelques parties du corps, on ne trouve à la place des muscles que des masses aréolaires brunes et même noirâtres , semblables par leur aspect à cer* tains polypiers.
A. la région postérieure des membres, la dessiccation dont nous parlons n'est jamais aussi complète; nous ne l'avons pal non plus remarquée dans la région du dos ni des lombes , où 1: muscles sont constamment baignés dans des liquides : dans c endroits ils se détruisent pour ainsi dire par macération.
Tissu aponévrotique et tendineux . Les aponévroses qui e veloppent les muscles conservent long-temps leur brillant leur consistance; mais elles ont en général une couleur légères
Itnt bleuâtre là où elles sont peu épaisses ; il en est de môme '.issu tendineux dont la couleur toutefois est plus blanche Il plus éclatante, ce qui tient évidemment à sapins grande L tisseur : en effet, dans les parties où les tendons existent sous reforme aponévrotique , ils ont une teinte analogue à celle des ponévroses.
I' I ii s tard, et à une époque déjà assez avancée, les aponévroses les tendons deviennent d'abord opalins et jaunâtres , puis de h uleur brune , claire et même foncée ; ils se dessèchent plus ou nns complètement , et perdent l'aspect nacré qui leur est proe ; mais il suffit de les mettre en contact pendant quelque temps sec Peau, pour qu'ils reprennent leurs caractères primitifs; ce i.nt eux qui constituent, avec le tissu cellulaire , la totalité ou I presque totalité de ces masses feuilletées qui sont les seuls res- 'î des parties molles que l'on remarque dans ces différentes rties du corps, et qui , à leur tour, finissent par se détruire tièrement, en sorte que le cadavre se trouve réduit au sque- Itte.
ILe tissu lendiueux est un de ceux qui résistent le plus à la putéfaction.
Tissu ligamenteux. Pendant les premiers mois, les articulais conservent tous leurs rapports , et sont maintenues par les ;»amens qui ont à peine changé d'aspect, et. qui présentent icore beaucoup de résistance. Plus tard, le tissu ligamenteux
ramollit, jaunit, ët , au bout d'un temps assez long, finit par : détruire complètement; il résiste beaucoup moins à la décomisition que les tendons. Les ligamens croisés sont ceux que l'on sut reconnaître le plus long-temps : quant aux antres, ils sont Hement confondus , au bout de quelques mois , avec les autres irties molles qui environnent ces articulations, qu'il est imossible de les distinguer.
Tissu cartilagineux. Les cartilages articulaires offrent penant long-temps l'aspect et la texture qui leur sont propres, icepté qu'ils sont légèrement rosés. Plus tard, ils deviennent innàtres et commencent à s'amincir; leur consistance diminue e plus en plus ; enfin ils se détruisent , et il ne reste plus à leur lace , sur les surfaces articulaires , qu'un enduit très-mince ,
humide, légèrement graisseux et de couleur bistre. Les cartila^ei costaux brunissent aussi et perdent leur souplesse; niais avant de disparaître ils deviennent tout-à-fait noirs, fragiles, et sont comme vermoulus.
Tissu ossevtc. Les os subissent à peine de l'altération, même au bout de plusieurs centaines d'années. On a trouvé à Saint-Déni» ceux du roi Dagobert , mort il y a près de douze cents ans; à la vérité, ils étaient dans un coffre de bois, placé lui-même dam un tombeau de pierre. Haller dit, dans les premières pages de ses Il lémens de Physiologie , que la gélatine des os s'est conservée pendant deux mille ans dans des momies, tandis qu'à l'air ou dans des terrains humides quelques siècles suffisent à sa destruction : alors les os se convertissent en poussière et disparaissent.' Les dents résistent long-temps ; l'émail est presque indestructible.
Tissu séretix. Les plèvres, le péritoine, etc., deviennent d'abord grisâtres et se ramollissent, plus tard ces membranes s'amincissent, se déchirent facilement, et tendent à se dessé-" cher; plus tard encore , leur couleur se fonce et passe au bleuâtre, : au brun olive, ou au noir bleuâtre; quelquefois aussi leur surface est enduite d'une couche noire, comme graisseuse; enfin elles disparaissent. Nous avons pu reconnaître la plèvre chez un sujet enterré dans une bière épaisse, et ouvert quatorze mois après la mort.
Encéphale. Le. cerveau , qui se pourrit si vite quand il est hors du crâne , résiste sensiblement au mouvement de décomposition putride tant qu'il est enfermé dans cette boîte osseuse. Quelquefois , avant l'inhumation , les vaisseaux sont gorgés de sang par l'effet de la mort; ce qui tient à la distension de l'estomac par des gaz, et au refoulement en haut du diaphragme et du sang contenu dans le côté droit du cœur. Pendant plusieurs semaines, à moins que la température n'ait été fort élevée , le cerveau conserve assez toutes ses propriétés normales pour qu'on puisse y reconnaître les diverses parties qui entrent dans sa composition, et constater les traces d'épanchemens et de ramollissemens pathologiques; cependant il tend de bonne heure à devenir d'un gris olivâtre clair. Quelque temps après il se
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[-mollit , et le ramollissement commence parla substance grise, Hoinue de volume, et ne remplit plus déjà exactement la Invité du crâne : à cette époque , on aperçoit encore, sinon la ■'talilé , au moins une grande partie des circonvolutions, ainsi ^<te les deux substances , dont la blanche est devenue grisâtre ^
l'autre d'un vert olivâtre. Dans un cas de mort , à la suite \ une apoplexie foudroyante , il fut trouvé , même d'assez bonne
;ure, réduit en une bouillie très-molle couleur de lie de vin.
us tard il est encore plus mou , et pour ainsi dire réduit en .auillie: alors les deux substances , qu'il n'est plus permis de nien distinguer, sont verdàtres ou couleur de lie de vin, et •épandent une odeur excessivement fétide ; il est inutile de dire iuel'on ne reconnaît plus aucune des parties qui se trouvent dans <:s divers ventricules : on voit çà et là dans la masse de l'encéihale des (ilamens entourés de granulations graisseuses, qui îmblent être des vaisseaux. Aune époque plus éloignée encore, •organe dont nous parlons n'est plus aussi fétide , et sa conistance est augmentée ; il forme alors une masse d'un gris erdàtre, semblable à de la terre glaise détrempée ou azurée: [uelqucfois celte masse est jaunâtre à sa surface j dans d'autres irconstances , elle est percée de trous faits par des vers. Dans ous les cas, le cerveau diminue peu à peu de volume, et il rrive un moment où il n'occupe plus que le dixième et même le douzième de la cavité du crâne, et alors il est souvent sapoifié. Dans les nombreuses ouvertures que nous avons faites ious avons constamment trouvé une plus ou moins grande artie de cet organe , tandis que déjà il ne restait aucun estige d'autres viscères; une fois seulement le crâne était ide , parce que des vers nombreux avaient dévoré tout l'encébaie.
Le cervelet et la moelle épinière présentent les mêmes chanemens de consistance et de couleur que le cerveau ; ils sont ependant en général plus ramollis.
La pie-mère cl l'arachnoïde se comportent à peu près comme es autres parties du tissu séreux. La dure-mère résiste beaucoup i la putréfaction , et présente à peine des changemens dans les iremiers temps ; plus tard, elle devient presque toujours ver-
dàtre, se ramollit et se déchire souvent es lambeaux qui offrent unecouleur ardoise claire (1).
Les nerfs sont parfaitement conservés . même plusieurs moi» après l'inhumation, et ne diffèrent de leur état normal que par leur solidité qui est moindre, et par leur couleur qui est un peu rosée.
Globes oculaires. Peu de jours après l'inhumation , la cornée transparente est déjà affaissée, et notablement obscurcie, et les humeurs vitrée et aqueuse tendent à se colorer en bistre clair ou en rougeàtre. Quelques semaines après , l'affaissement
(0 On ne doit pas considérer la présence d'un liquide séreux dans les ventricules cérébraux, le canal rachidien ou les aréoles de la pie-mère cérébrale , "comme un effet cadavérique; et on ne pourrait l'attribuer à une cause pathologique qu'autant que ce liquide s'écarterait beaucoup , par sa quantité et ses qualités, des conditions qu'il présente dans l'état normal, et que nous allons exposer. On sait, par les recherches de M. Magendie sur les animaux vivans et sur les cadavres d'individus chez lesquels il n'avait existé aucun dérangement des fonctions du m sterne nerveux , lo que l'espace compris entre la moelle et la dure-mère est habituellement rempli par un liquide incolore, qui soumet la moelle à un certain degré de compression nécessaire à l'exercice de ses fonctions, en même temps qu'il protège cet organe important contre les commotions violentes , etc.; a° que l'écoulement de ce liquide provoqué chez un animal vivant, donne naissance à des symptômes graves que fait bientôt cesser la régénération facile de cette humeur ; 3° qu'un liquide semblable infiltre les aréoles de la pie-mère, et distend modérément les ventricules cérébraux ; 4° que la position de ce liquide est surtout remarquable, puisque dans le racliis comme à la surface du cervelet et du cerveau, il est placé, ainsi que l'avait déjà vu Cotugno , entre le feuillet viscéral de l'arachnoide el le viscère lui-même revêtu par la pie-mère ; 5o qu'une simple vapeur lubrifie en dedans les deux feuillets contigus de l'arachnoïde , et que quand on y rencontre de la sérosité , elle est en petite quantité et rougeàtre, et due uniquement à la transsudalion cadavérique , rarement à une irritation des méninges; 6° que le l'iquiàc cérébro-spinal peut avec facilité passer du rachisdans les ventricules , ou de ceux-ci dans le rachis , par une ouverture placée entre la face postérieure du bulbe rachidien et le cervelet ( elle parait cependant bouchée par une membrane chez les moutons ). On conçoit qu'il peut aussi facilement passer du rachis dans les aréoles de la piemère cérébralo , puisque dans l'un comme dans l'autre cas , il est sous l'arachnoide. Ces remarques font aussi prévoir que la position dans laquelle on place le cadavro pendant qu'on en fait l'examen , peut favoriser l'accumulation de celte humeur , soit vers le crâne , soit vers le canal rachidien.
lit de tels progrès , que les yeux semblent quelquefois vides premier abord; l'obscurcissement delà cornée et la colora- > des humeurs ont augmenté.; celles-ci sont remplacées par iluidepeu consistant , de couleur bistre qui paraît être due à îhoroïde; le cristallin, ainsi que les diverses membranes servent leurs caractères. En général, nous avons trouvé les x entiers jusqu'au deuxième mois. Plus tard ils se vident, n ne rencontre que leurs membranes et le cristallin ; queltemps après, il n'existe que des débris brunâtres de la scléque; enfin, plus tard , les cavités orbitaires ne renferment me masse de gras de cadavres formée aux dépens des yeux, t on ne découvre plus de traces, des muscles et du paquet sseux de cette région. Il est peu d'organes qui disparaissent M promptement que les globes oculaires : dans les exhumas faites à Bicêtre, nous n'en avons jamais trouvé de vess quatre mois après la mort.
hijunps delà respiration et de la circulation. Avant d'inler les divers états que nous ont présentés les poumons , Dnsen peu de mots cequ'ils nous offrent de remarquable vingttre ou trente-six heures après la mort. Si l'agonie n'a pas été ;ue, la portion des poumons qni était la plus déclive au aent du refroidissement du cadavre, sera engorgée ; si, comme rive le plus ordinairement , l'individu est couché sur le dos , ue le cadavre n'ait pas été retourné, la congestion sanguine •ouvera dans la portion dorsale des poumons ; elle occupera ontraire leur partie antérieure ou leur partie inférieure, si, îoment de lamort, l'individu éta t couché sur le ventre dans situation verticale , comme dans la suspension , et que l'on t point changé l'attitude du cadavre pendant le refroidisset. Si on retourne le corps immédiatement après la mort, •oumons présenteront à peine quelques traces d'engorgement i la partie qui était la plus déclive quand l'individu a cessé ivre; tout le sang s'accumulera dans les portions les plus ives au moment du refroidissement. Dans ces différens cas , jorgement pourra être porté au point de diminuer la force de •îsiondu parenchyme, et de chasser entièrement l'air qui oc- ; les parties les plus déclives. Il est inutile de dire que les
bronches se colorent également en rouge dans les portions des
poumons où le sang s'est accumulé. Si l'agonie a été longue, ou que le malade ait succombé à une affection du thorax, avec gène considérable delà respiration, la congestion sanguine occupera la partie des poumons la plus déclive au moment de la mort. On a beau retourner sur le ventre le corps d'un pareil individu qui vient d'expirer étant couché sur le dos , l'engorgement sanguin se trouve dans la portion dorsale de la partie thoraciqne des poumons ; celle qui est la plus déclive au moment du refroidissement, offre à peine quelques traces de congestion.il suit dé ce qui précède, que l'on se tromperait en voulant juger, d'après la lividité de telle ou telle autre partie des poumons, la situation de l'individu au moment de la mort ou du refroidisse ment du cadavre , puisqu'il est évident que l'on doit tenir compti aussi de la durée de l'agonie.
Les congestions dont nous venons de parler donnent que quefois aux poumons, et surtout à leur partie postérieure, couleur plus ou moins noire, qui, dans certaines circonstan ces , a pu être regardée par des médecins peu attentifs comme étant le résultat de la gangrène ou du sphacèle.
Examinons maintenant les divers états des poumons après un inhumation plus ou moins prolongée. Ils conservent leur aspect naturel pendant long-temps , mais ils ne tardent pas à devenir emphysémateux ; ils ne sont pas plus gorgés de sang à leur par postérieure, que lorsque la mort est récente; on peut même, il bout de quelques mois , reconnaître leur structure, et constat! s'ils sont le siège d'une lésion pathologique. Plus tard , ils sou plus ou moins affaissés , et ils n'occupent plus les cavités plèvres; leur couleur devient d'un vert-bouteille plus oumoii foncé, tirant sur l'ardoise, ou bleuâtre; à celte époque, il [ rare qu'en les incisant on puisse reconnaître la structure qui le est propre ; ils sont plus mous , plus faciles à déchirer , et red ferment un liquide couleur de bistre. Plus tard encore, ils frent l'apparence de deuxmembranes très-aplaties , d'un petitt lume, collées contre les parties latérales delà gouttière vertébrale et quelquefois couvertes de moisissures blanches; et ili diffèrent déjà tellement de l'état normal qu'on ne peut les recon-
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jUre qu'à leur situation. Enfin, ils perdent peu à peu leur hulilité, s'aplatissent de plus en plus, moisissent, et finissent line former qu'une masse mince, composée de plusieurs feuil- I noirs et secs, qui est appliquée sur les parties postérieures I . cavités thoraciques , et prés delà colonne vertébrale. Cette l>ise elle-même ne tarde pas à se détruire. L,a membrane muqueuse de la trachée-artère et du larynx ■iimence par devenir d'un vert olive clair ou d'un vert noirà- I; ; quelquefois cependant, surtout vers la partie supérieure lece canal , elle est colorée en gris légèrement violacé etparselr : çà et là de lâclies noirâtres. Plus tard , au lieu de la teinte Idâtrc dont nous parlons , on trouve une coloration rougeàtre lllie de vin, surtout aux parties qui correspondent aux cer- Iu jx cartilagineux. Enfin la couleur devient noire ou d'un brun Iccé. Dans certains cas, Vôpithélium de cette membrane mu- | use se détache par petits lambeaux, dont la couleur varie. On ■«arque aussi quelquefois des granulations grisâtres , comme I»sseuses, de la grosseur de deux têtes d'épingle à peu près, ••orme irrégulière, paraissant formées d'autres granulations iucoup plus petites; ces corpuscules, quelquefois assez durs, ■i.i que les petits lambeaux d'épithélium déjà mentionnés , Irrraient être pris , au premier abord , pour des corps étrangers
Iroduits dans le canal aérien. Indépendamment de ces clianens, le larynx et la tracbée-artère se ramollissent de plus •lus, les cerceaux cartilagineux perdent leur élasticité, et au It d'un certain temps , on ne découvre que les cartilages cri- 1 '.e, et tbjToïde, séparés l'un de l'autre, comme vermoulus, ; i-transparens, de couleur jaunâtre , spongieux, cassans, et •ques anneaux de la trachée-artère , flexibles comme des cartes, et d'un brun jaunâtre. Enfin , et à une époque plus éloi- •;, il ne reste plus de vestiges de ces organes. )<)iaphratjmc . Ce muscle conserve pendant assez long-temps • aspect normal : au bout de six et sept mois d'inhumation , a avons souvent pu reconnaître son centre aponévrotique et Efibrcs musculaires; plus tard, il s'amincit, se dessèche, délit olivâtre ou brunit, se perfore quelquefois , et finit par se i lire à une membrane brune , très-mince , n'offrant plus ni la
forme, ni la texture de ce muscle. Dans certains cas, on trouve sur les deux faces des granulations dures et blanches de phosphate de chaux.
Cœur et vaisseaux sa?iguins. Avant de faire connaître les ch»ngeraens éprouvés par ces organes pendant l'inhumation , rappelons l'état dans lequel ils se présentent vingt-quatre ou trentesix heures après la mort. Souvent le cœur est à l'état normal • quelquefois il est pâle ; dans d'autre cas , il offre nne teinte rouge marquée, ou seulement des stries rouges, soit dans l'épaisseur de sa substance, soit à sa surface interne ; enfin sa consistance peut être diminuée. Les artères et les veines peuvent également être le siège d'une coloration rouge , uniforme ou striée à leur intérieur, quoique le plus ordinairement elles soient à l'état naturel ; cette teinte rouge se trouve indifféremment à la suite de toutes les maladies , et doit être considérée comme un phénomène cadavérique , résultat manifeste delà transsudation du sang qui se fait après la mort. Au reste, il est aisé de se convaincre par des expériences directes qu'il doit en être ainsi. Que l'on introduise dans un uretère dont la couleur est parfaitement blanche, une certaine quantité de sang fluide, ou ne tarde pas à observer , après avoir lié ses deux extrémités, que le tissu de ce conduit acquiert une couleur rouge. Qu'à l'exemple de M. Chaussier, on injecte par la veine mésentérique une certaine quantité d'eau colorée avec l'encre, et quelques heures après on trouvera la portion de l'estomac qui est recouverte par le foie, teinte en noir ; cette liqueur transsuderaà traversles parois, de 1'e.s.tomac , et formera à l'épiploon et au colon des taches plus qu moins étendues.
Si l'on examine le cœur après quelque temps d'inhumation, on voit qu'il est déjà sensiblement ramolli , flasque , d'un violet plus moins foncé et plus rarement verdâtre, vide , ou contenant du sang en partie fluide, en partie coagulé \ sa couleur se fonce de plus en plus , surtout à l'intérieur, où elle finit pat devenir noire; quelquefois les valvules présentent des tache* brunâtres qui sont aussi l'effet d'une imbibitidn , d'autres fois on remarque à la face interne des oreillettes, ou a l'extérieur de l'organe, des granulations blanches, dures, semblables, à du
DES EXHUMATIONS JTJIUDIQUES. 359
Ion. Plus tard, le cœur s'aplatit et se réduit à une sorte de "uette d'un brun noirâtre , souple , amincie , et même déchi-
dans quelques points , semblable à une double poche de une élastique, dont on peut encore écarter les parois de mare à reconnaître les deux ventricules , mais déjà on ne dislin-
plusla texture de l'organe j on aperçoit seulement quelques les noirâtres qui doivent êtreles restes des colonnes charnues, in, comme touslesautresorganes, il disparaîtellaisse à saplace •couche noire, comme bitumineuse, qui s'enlève facilrment le lavage. Plus les parties molles des parois thoraciques sont ruites de bonne heure, plus la disparition dont nous par- 'S arrive promptement.
Péricarde. Le péricarde se colore d'abord en roug»âtre, puis rouge foncé, enfin en brun noirâtre; il se ramollit déplus plus , et finit par disparaître. Irons l'avons souvent vu contenue plus ou moins grande quantité de liquide sanguinolent. Vaisseaux sanguins. On trouve en général , deux et trois is après l'inhumation, une certaine quantité de sang noir ide ou coagulé, soit dans les veines, soit dans les artères. H des cas cependant où nous n'en avons pas rencontré au bout in mois d'inhumation 5 et quelquefois, au lieu de sang, nous ons vu, même huit ou neuf mois après la mort, un liquide iguinolent de couleur rosée. Les parois de ces vaisseaux &G lorent d'abord en rose, puis en rouge, en violet foncé et en un. C'est surtout àl'intérieur que ces teintes sont bien pronon- 3S ; dans certains cas , la membrane interne devient vert-bonlie : tantôt cette coloration est uniforme, tantôt ce sont des aques ou des stries. Quoi qu'il en soit , pendant plusieurs mois, est facile de séparer les unes des autres les diverses tuniques ces vaisseaux. Dans une de nos ouvertures, l'aorte était enre entière , et parfaitement reconnaissable au bout de quatorze ois d'inhumation»
Organes de la digestion. Canal digestif. On ne peut bien ger les changemens qui s'opèrent dans le canal digestif penint le séjour des cadavres dans la terre , qu'en examinant com- *ralivement l'état de ce canal peu de temps après la mort, avant inhumation, par exemple, et plusieurs semaines, et même plu-
sieurs mois après. Comment reconnaître , en effet, qu'il y a eu des changemens de couleur, de consistance, etc. , si on ne sait pas quelles sont le plus habituellement les couleurs et la consistance des tissus de ce canal quelques heures a|>rès la mort? t'est ce qui nous engage à tracer en peu de mots les principaux états du canal digcslilchez des individus qui n'ont pas succorn^ ù unephlegmasie de cet appareil j et comme nos observations o eu surtout pour objet les cadavres des vieillards, c'est partiel lièrement de ceux-ci dont nous allons nous occuper.
Quelle que soit la maladie qui occasionne la mort des vieil*1 lards (hémorrhagie cérébrale, ramollissement du cerveau, pne monie, pleurésie, maladies du cœur, etc.), jamais ou presq jamais la membrane muqueuse de l'appareil digestif n'est dam un état parfait d'intégrité; il est rare qu'on ne rencontre dans l'estomac et les intestins des altérations diverses que l'on ne peut considérer comme morbides que dans un très-petit nombre de cas , et qui cependant ne sont pas l'état physiologique parfait. Bien plus, ces sortes d'altérations sont souvent beaucoup plu» prononcées que ne le sont les traces que laissent après elles des maladies très-intenses du conduit alimentaire, maladies qui ont pu seules déterminer la mort des malades.
De toutes ces affections étrangères au tube digestif celles qui occasionnent les changemens les plus remarquables sur la membrane qui le tapisse, sont, sans contredit, les maladies du cœur ot des gros vaisseaux ; et comme il est peu de septuagénaires qui meurent sans quelque altération de ces organes, il en est peu aussi qui ne présentent quelques modifications dans la membrane muqueuse gastro-intestinale. Cette altération , qui ne sort pas des bornes physiologiques, tant qu'elle ne consiste que dans une injection mécanique plus ou moins considérable, peut être portée jusqu'à l'état morbide; ainsi le sang accumulé dans ces tissus perméables, agissant comme un corps étranger , finit sousentpur déterminer une sorte d'inflaramalion (si l'on peut s'exprimer ainsi) : alors la rougeur est cerise , violette , lie devin, et pénètre profondément la membrane muqueuse gastrique dans toute son étendue, ou seulement d'une manière plus marquée dans quelques-uns de ses points ; d'antres fois , le sang ainsi accumulé
;. haie dans les cavités gastro-intestinales , et donne lieu à Ibhémorrhagies consécutives.
■lais avant d'atteindre à ces points qui peuvent être considé- L' comme des états morbides , la membrane muqueuse gastrokstinale passe par divers états, qui ne gênent que peu ou point llition des intestins, et qui peuvent être regardés à peu iirès Lime physiologiques. Alors l'œsophage est généralement plus recté que dans l'état normal; on rencontre cà et là, mais prinmlement vers le cardia, et vers le tiers inférieur, des plaques Mâches plus ou moins larges , violettes , ressemblant partaient à une ecchymose j ces taches sont sous un êpilhélinm <s épais et plus dense que celui qui rêvet la membrane mu- >uuse gastrique, si même il en existe dans ce dernier eus. Le raiètre du conduit œsophagien est quelquefois rétréci d'une îiëre partielle. Dans les points qui correspondent aux endroits écis , il existe des plis longitudinaux , et dans ces endroits les ois de ce conduit paraissent plus épaisses et plus denses. Il impossible d'ailleurs de reconnaître là les traces d'un travail ammatoire.
Jesiomac présente des variétés infinies de couleur, de consistée, de volume, tle diamètre, etc. La membrane muqueuse qui apisse, molle, spongieuse, recevant une multitude innombble de vaisseaux capillaires, essentiellement perméable au sang, il d'ailleurs continuellement en action, devient facilement, 1 si qu'on le conçoit bien , le réceptacle d'un quantité plus ou ins grande de sang; lorsqu'il existe quelque obstacle de la ciration ; aussi est-il extrêmement rare de trouver cette memnne d'un blanc légèrement et uniformément rosé, qui est sa ileur physiologique parfaite. Mais dans l'exploration de cette mbrane il ne faut pas oublier qu'elle se pénètre avec la plus nde facilité des substances colorantes que renferme le ventrie; les lotions les plus exactes et les plus répétées n'enlèvent \a\»comptètement\d coloration produite par cette imbibition : isi le vin , les décoctions de quinquina , colorent en rouge cette mbrane, et pourraient faire croire à des observateurs peu atten- « ou peu exercés que la couleur qu'ils communiquent est lerésuld'une injection sangnine : d'autres préparations m édica menai
t L'uses ou alimentaires peuvent avoir un résultat analogue ; nous nous bornons à citer ces deux exemples. La présence d'un liquide colorant rouge doit d'abord faire naître des doutes sur la nature de la coloration de la membrane gastrique; ajoutons encore que cette coloration est uniforme, et qu'on n'y distingue point ces arborisations, ces injections vasculaires, qui sont le caractère de la pénétration véritable du sang dans les vaisseaux capillaires ; d'ailleurs les lotions et la macération déteignent en partie , sinon complètement, cette membrane ainsi colorée. La part de cette coloration mécanique ou cbimique ainsi faite , il reste à examiner celle qui est le résultat de la stase du sang dans le* vaisseaux.
La couleur de la membrane muqueuse varie alors depuis une teinte légèrement rosée, depuis l'injection la plus légère jusqu'au noir foncé , et cela sans que les fonctions digestives aient été dérangées d'une manière notable. La grande courbure de l'estomac , le grand cul-de-sac, surtout l'extrémité pylorique , sont le siège de cette pénétration sanguine, soit parce que le système capillaire s'y trouve plus développé , soit enfin parce que les fluides, y séjournant, favorisent l'injection de ses vaisseaux. On observe des plaques plus ou moins étendues ( car jamais , ou bien rarement , la coloration est uniforme ) , de couleur rosée, rouge vif, lie de vin, brunes, bleuâtres , ardoisées , et même noires; ces plaques ont l'étendue delà paume de la main , quelquefois plus, d'autres fois moins. 11 n'est pas rare de rencontrer la plupart de ces nuances dans un même ventricule , et les ligues qui le séparent sont souvent bien déterminées ; de sorte qu'à côté d'une plaque rosée, on en voit une brune, ou rouge, etc. La membrane muqueuse est souvent tachetée de macules qui présentent un aspect scorbutique ; la surface de cette membrane peut être lisse, polie, ou rugueuse, pointillée, mamelonnée et quelquefois parsemée de véritables fongosités très-petites; souvent aussi de grosses veines bleuâtres rampent sous elle et sous la tunique muqueuse del'intestin grêle , quiestd'unc couleur blanchâtre et peu cendrée : datis tous ces cas , l'individu vivant n'éprouvait rien vers ces viscères.
La consistance de la membrane muqueuse est loin d'être la
■ emc dans toute son étendue ; dans quelques points elle est si In adhérente , qu'elle s'enlève par le frottement avec le dos du ialpel , qu'elle se confond avec de la mucosité dont on a beau-
iij) de peine à la distinguer, tandis que, dans d'autres points , tranchant de l'instrument la détache Irès-difficilcment. ILes parois de l'estomac sont quelquefois translucides; on voit ulement serpenter dans leur épaisseur des vaisseaux d'un assez os calibre. L'estomac est alors d'un volume considérable : il mt être double de l'état naturel.
i Dans certains cas, ce viscère est ramassé , rétréci; ses parois nnt épaisses , plus consistantes que dans l'état ordinaire ; àl'in- •ricur , la membrane muqueuse est alors ridée , et offre une altitude de plis en général longitudinaux. On observe aussi des latations et des rétrécissemens partiaux : l'estomac présente ors l'aspect d'une gourde , et c'est vers le point rétréci que la embrane interne présente les plis dont nous avons parlé. Dans lelques circonstances, on trouve la plus grande partie de la mem- :ane muqueuse complètement enlevée vers le grand cul-de-sac : l'estomac , sans qu'il y ait eu maladie du tube digestif ; mais ors l'appareil circulatoire est développé outre mesure. Telles sont les modifications les plus ordinaires que l'on ren- •ntre dans l'estomac des vieillards qui meurent de maladies du eur. Ces modifications peuvent être considérées jusqu'à un certain >int comme physiologiques, puisqu'elles permettent le libre
■ ercice des fonctions du ventricule. Mais, dira-t-on, la malaif-.e de l'estomac a été latente dans ces différens cas ; nous répondons que ces cas étant excessivement nombreux , et la manière ■)nt ils se produisent étant susceptible d'une explication piaule d'après les lois physiologiques , nous aimons mieuxles conérer comme des modifications coïncidant avec l'état de santé ,
tie comme des cas pathologiques exceptionnels. Les intestins, surtout ceux qui plongent dans le petit basen , présentent des modifications anulogues à celle de l'estolac.
Le duodénum est souvent rouge , injecté, brun, etc. , mais dinaircment beaucoup moins que l'estomac. Le séjour de la bile fil renferme lui fait contracter une nuance jaune, verdâtre ,
qui le distingue très-bien de l'estomac , lorsque te Huide n'a )M| remonté par le pylore dans la cavité gastrique.
De toutes les divisions intestinales, celle qui est le plus souvent exempte d'altération , c'est le jéjunum; coloré en jaune ou en veit par la bile que ses nombreuses "villosités retiennent, il est rarement le siège d'injections notables , d'hypertrophies ou d'atrophies de ses parois, de dilatation ou de rétrécissement, quoiqu'il n'en soit pas entièrement exempt.
Mais l'iléon est au moins aussi souvent que l'estomac le siège de ces injections violacées, brunes, noirâtres , bleuâtres , que nous avons signalées dans le ventricule. La position très-déclive de cet intestin, qui séjourne presque entièrement dans le petit bassin , le cadavre étant couché sur le dos, paraît être la cause de ce phénomène , qui se passe probablement dans les dernières heures de la vie , ou dans les premières qui suivent la mort.
La membrane muqueuse de cet intestin est, en effet, bien souvent d'un rouge très-foncé , et véritablement lie de vin; celte coloration occupe la totalité de la tunique; elle est seulement plus prononcée par intervalles. L'aire de l'intestin est souvent rétrécie ; les parois paraissent alors hypertrophiées ; dans d'autres cas , plus rares, le diamètre est plus grand, et les parois plus minces : cet amincissement est quelquefois tel que l'intestin est pellucide transparent, et paraît réduit à sa membrane séreuse. Enfin on observe aussi des rétrécissemens et des dilatations alternatifs.
Le rectum , le colon ascendant , transverse et descendant, sont loin de rester étrangers aux modifications dont nous parlons; toutefois elles y sont moins prononcées et moins fréquentes que dans les autres parties du tube digestif. Les épaississemens, les rétrécissemens, les dilatations , sont les modifications les plus ordinaires; les injections le sont beaucoup moins : en effet, la coloration de gros intestin , à moins que cet organe n'ait été le siège d'un travail morbide , est la plupart du temps d'un blanc légèrement rosé , c'est-à-dire , physiologique ; bien entendu qu'on a dû le nettoyer exactement des fèces qu'il contient, et dont la couleur pourrait avoir altéré la sienne.
Si après avoir examiné le canal digestif des vieillards qui ont
iLcombé avec une maladie du cœur, et ce cas est excessivement ikamun, nous étudions ce même canal chez d'autres -vieillards Il ne présentaient aucune trace de celte lésion, nous verrons Iliàla suite de brûlures qui déterminèrent la mort d'une homme llisoixante-quinze ans au bout de huit jours , la membrane mulleeusc gastrique était grisâtre , et celle des intestins d'un gris k cendre ; que, chez une femme de quatre-vingts ans , morte jlivieillesse , la tunique interne de l'estomac était aussi d'une faiileur cendrée , celle du duodénum blanchâtre avec une nuance ||me peu intense, celle du jéjunum , de l'iléon , du colon et du llttum, blanchâtre, et celle du cœcum grisâtre. M. Billard, à il i nous avons emprunté ces deux faits , place au nombre des Éleorations qu'il faut considérer comme des phénomènes cada- «liiques , chez des individus dont la membrane muqueuse gastro- I leeslinale est dans l'état sain, des plaques jaunes plus ou • liins étendues ou de simples bandes de celte couleur répandues I r la surface muqueuse du duodénum et du jéjunum. I ILes variétés de coloration de la membrane muqueuse gaslro- I testinale, pour être moins nombreuses chez les adultes que chez il vieillards, n'en existent pas moins : si l'individu est mort I bi'itement pendant la digestion , d'une affection qui n'intéresse I i : le canal digestif , la tunique interne de l'estomac est ordinaif Lient de couleur rose, tandis que celle des intestins est grise, fpidrée ou blanche , avec ou sans plaques jaunes ; la coloration la partie interne du tube digestif peut au contraire être plus I h iée et plus foncée si la mort n'a pas eu lieu pendant la diges- *n, et qu'elle n'ait pas été prompte, quoique la maladie à la- I îlle on a succombé n'ait pas été de nature à altérer directement
tissus de l'estomac et des intestins.
Wous terminerons cette esquisse rapide des divers états sous cquels peut se présenter le canal digestif avant l'époque de l'inrmation , par quelques considérations sur les lividités cadavéurs de ce canal. On sait qu'il n'est pas rare de trouver sous la wnbrane séreuse , dans le tissu même de la partie , des taches I "Cges, livides ou noirâtres, étendues, irrégulières, semblables ||t elles que l'on voit à la peau des cadavres : ces taches occupent (partie du canal digestif qui était la plus déclive au moment du
refroidissement; elles ne dépendent que de la stase, de la congestion du sang dans les capillaires, et ne sauraient être regardées comme des traces d'inflammation. Les deux observation» suivantes mettront cette vérité hors de doute. i° A l'ouverture de l'abdomen d'un individu qui succomba brusquement à une attaque d'apoplexie, et qui se trouvait peu de temps auparavant dans un état de santé parfaite, on observa que toutes les anses intestinales superposées , et la portion de l'estomac que l'on put découvrir, étaient d'une pâleur remarquable : on n'aperçut de rougeur que dans la partie la pins déclive de chacune de ce» anses , et nulle part l'injection veinense n'était aussi considérable qne sur les portions de'l'iléum plongées dans le petit Ussin. La membrane muqueuse de l'estomac, celle de la vessie étaient rouges à leur partie la plus déclive. Le cadnvrc était resté en supination : l'ouverture avait été faite vingt-quatre heures après la mort, a» On plaça sur le ventre, immédiatement après la mort , le cadavre d'un jeune soldat qui venait de succombera nne pneumonie grave et de peu de durée; on veilla à ce que le, corps restât dans cette position jusqu'au moment de l'ouverture, qui fut faite le lendemain. Les lividités cadavériques de la peau se montrèrent à la face, à la poitrine, au ventre et à la partie antérieure des membres ; les portions de l'estomac et dé l'intestin grêle qui étaient en Tapport avec l'épigastre, l'ombilic et l'hypogastre, offraient les teintes de rose, de rouge, de violet, que l'on remarque ordinairement dans les anses intestinales qui occupent le petit bassin et les côtés de la colonne vertébrale, et qui, dans cette occasion, étaient tontes d'une extrême pâleur, ainsi que la partie postérieure de l'estomac et delà vessie. (Trouaseau , Dissertation inaugurale. V ans, 1825.)
Arrivons maintenant à la description des divers états que nou» • avons observés dans le canal digestif des individus exhumés plus ou moins de temps après l'inhumation. Tout ce qui précède montre combien il est difficile, pour ne pas dire impossible, d'affirmer que les colorations et même les ramollisscmens dont nous allons parler, soient le résultat du séjour des cadavres dans la terre, puisque nous savons qu'avant d'enterrer les corps 1» ; membrane muqueuse pouvait déjà présenter ces colorations et
ri ramollissemens : aussi nous bornerons-nous à dire ce que us avons vu, sans prétendre établir, du moins pour ce qui l'cei ne l'estomac elles intestins , que ce soit un effet nécesre de rinliumation prolongée.
ILa membrane muqueuse de la bouche , le voile du palais , pharynx et la langue , sont verdâtres dans les premiers temps, 'sensiblement ramollis ; cette, couleur se fonce de plus en plus, i finit par devenir noirâtre; toutes ces parties se dessèchent au mt qu'au bout de quelques mois on ne trouve à la place de la igue qu'un appendice membraneux, très-sec et fort mince. : ns les premiers temps, la membrane interne de Vœsophaya .lit colorée en vert plus ou moins foncé , surtout à sa partie périeure , car inférieurement elle offrait souvent une couleur :ugeàtre , même d'assez bonne heure ; quelquefois aussi la i.nte verdàtre de la portion inférieure était piquetée de rouge de violet. Dans certains cas, chez les vieillards, nous avons acontré à l'intérieur de ce conduit musculo membraneux plu- ;urs petites tumeurs variqueuses remplies de sang noir liquide , qui ne constituaient pas évidemment une altération cadavéjue , mais bien une lésion pathologique. Plus tard , l'œsoage brunissait de plus en plus et se détruisait, comme nous .oiis le dire en parlant de l'estomac.
Estomac. Ce viscère ne contenait ordinairement qu'une trèstite quantité de liquide. Dans les premiers temps , sa membrane iiqueuse était jaunâtre, d'une couleur aurore , grisâtre, d'un is bleuâtre ou d'un vert-bouteille; quelquefois ces teintes aient piquetées de rouge et de violet ; près du pylore , le plus dinairement elle offrait une plaque bleuâtre plus ou moins rge, plus fortement colorée que le reste. Plus tard , elle était ulevée dans certains points par des gaz qui formaient des bulles 1 volume de têtes d'épingle ou plus grosses; souvent alors elle ait acquis une couleur rosée d'abord, puis rougeâtre violacé , et elle était tapissée d'une couclic peu épaisse d'un liquide mleur de bistre, ou semblable à de la boue délayée. A une toque encore plus éloignée , elle était d'un gris blancbâtre , 'ec plusieurs taches bleues, sans la moindre apparence de rou- :ur : alors l'estomac, qui déjà avait éprouvé un ramollissement
considérable , s'altérait de plus eu plus , et bientôt après on ne lo retrouvait qu'en partie sous forme d'une portion de cylindre offrant une cavité ; enfin ce n'était plus qu'une masse feuilletée, desséchée, susceptible d'être réduite en filamens coralliformcs , et, en dernier lieu , une matière noire humide, avec le luisant du cumbouis , recouverte çà et là de moisissure d'un blanc verdâtre, sous forme de petits globules, et de plaques ressemblant beaucoup à ces lichens d'apparence terreuse qu'on trouve sur les troncs des vieux arbres. Plusieurs mois après l'inhumation , on pouvait encore séparer les trois tuniques de l'estomac; la miisculetise et la séreuse ne présentaient pas toujours les marnes phénomènes de coloration que la muqueuse; en général, leur teinte était d'abord grisâtre ou jaunâtre, puis rosée; enfin elle redevenait grisâtre; quelquefois cependant les parties de la membrane séreuse correspondantes au foie et à la rate, étaient rougeâtres, surtout dans les premiers temps.
Intestins. Les intestins étaient d'abord d'un gris quelquefois légèrement rougeâtre à l'extérieur et grisâtre à l'intérieur; dans certains cas cependant, la tunique muqueuse était rosée ou violacée par parties, et là où elle était couverte d'excrémens, jaunâtre. Plus tard , l'épaisseur des intestins diminuait; ils commençaient à se dessécher et à être collés entre eux, puis brunissaient , devenaient plus secs , et leurs parois s'accollaient de plus en plus, au point que l'on avait beaucoup de peine à les séparer ; ils constituaient alors une masse qui était assez fortement appliquée contre la colonne vertébrale; ils conservaient pendant long-temps les matières fécales; enfin ils éprouvaient les mêmes altérations que l'estomac, et se détruisaient comme lui.
Nous examinerons ailleurs si les changemens que la putréfac? tion fait subir au canal digestif sont de nature à pouvoir être confondus avec ceux que développe une inflammation bornonsnous actuellement à observer que long-temps après la mort , lor» même qu'il n'existe déjà plus de traces des viscères thoraciques, on découvre le plus souvent encore dans l'abdomen quelque» vestiges de portions cylindriques du caual digestif, dans les cavités desquelles il serait possible de trouver des restes d'un* substance vénéneuse.
DES EXHUMATIONS JUU1DIQUES. 3^9
fpiploons. Les épiploons et le mésentère deviennent d'abord ûtres ou rosés , et se ramollissent j bientôt après ils se desséat, perdent de leur souplesse, et tendent à se transformer en de cadavres : du reste , ces organes se conservent long-temps . subir d'altération marquée.
•e foie commence par se ramollir et par brunir ; sa memie péritonéale se détacbe assez facilement, et ne tarde pas . détruire , du moins en partie j il suffit de quelques semaines r que la structure normale de cet organe ne soit plus reconsable : en effet , on ne distingue plus alors les deux subces qui le composent ; mais on aperçoit encore très-bien les vaisseaux qui sont souvent enduits intérieurement d'une e lie de vin foncée. Plus tard , il existe à la surface du foie . granulations comme sablonneuses de phosphate de chaux , chez certains individus, l'intérieur des vaisseaux contient .très granulations molles, blanches , évidemment formées du gras de cadavres. Plus tard encore , l'organe dont il it est réduit à une masse aplatie, épaisse d'un demi -pouce, i brun noirâtre , légèrement desséchée , qui , étant coupée, ubdivise en feuillets, dans l'intervalle desquels il y aune ère solide, brune, comme bitumineuse ; cette masse, qui atit de plus en plus , finit par devenir noire, coralliforme , îrse séparer au plus léger effort | quelquefois cependant, au de se dessécher ainsi, le foie se transforme en une matière e , noirâtre , qui ressemble à du cambouis, sorte de bouillie nilieu de laquelle on aperçoit une matière jaune , comme sseuse.
a vésicule hiliaire , vide ou contenant de la bile, épaisse, vert olive, se retrouve presque avec tous ses caractères, [ne le foie a subi des changemens notables. ■aie. Elle se ramollit de très-bonne heure , et peut être faci- ;nt déchirée; elle brunit de plus en plus, et sa structure îale ne tarde pas à être méconnaissable , bientôt après elle éduite en uue bouillie noirâtre, semblable à du cambouis i de la boue d'égouts, qui imprègne les parties voisines et communique cette couleur. In tin . dans certains cas, elle par être tellement diffluente , qu'on ne peut la reconnaître
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que par sa situation ; elle ressemble alors à du sang décomposé*
Le pancréas commence par se ramollir, puis devient pluij gris; le ramollissement est porté à un point tel, que l'organJ est transformé en une bouillie d'abord grisâtre , et qui brunifl de plus en plus.
Organes urinaires. Les reins ne se ramollissent pas aussi vitfl que la rate; cependant ils perdent aussi de bonne heure IcnS consistance ; on peut facilement en détacher la membrane extéfl Heure ; les bassinets et les calices sont encore faciles à recon-fl naître, lorsque déjà les substances corticale et tubuleuse sonfl entièrement confondues. Enfin, ces organes se transforment eiH une bouillie brunâtre comme du cambouis , et disparaissent.
l.a vessie n'offre rien de remarquable pendant les première» semaines ; quelquefois cependant elle est le siège d'un emphy-ï sème sous-muqueux. Plus tard, elle se rétracte , et éprouve» peu près les mômes changemens que les intestins : toutefois on t rouve souvent des traces de ces derniers quand déjà elle n'existe plus , ce qui s'explique parle voisinage de l'anus.
Organes génitaux. Dans les premiers temps, ces organes! quoique ramollis, conservent leurs formes ; les corps cavernenfi s'affaissent de bonne heure. Plus lard , la verge est aplatie, retm I semble à une peau d'anguille, et n'offre nullement l'aspect de cet organe. Le scrotum , qui d'abord a pu être excessivemenfll distendu par des gaz, se dess'ècbe de plus en plus ; les testicule*! diminuent de volume, acquièrent une couleur vineuse et se trama forment en gras. Plus tard encore, la verge ressemble à un tube d'un tissu consistant, dont les parois sont appliquées l'une sntl l'autre , et qui, étant écartées, le réduisent à un cylindre creuxj Déjà on ne trouve plus , à la place du scrotum et des testicules , qu'une matière molle , brunâtre, humide , offrant çà et là quelques lambeaux, comme membraneux , et recouverte d'un enduit visqueux, noirâtre, et de beaucoup de vers. A une époque plus éloignée, la destruction des organes génitaux est portée à son comble , et l'on ne peut plus reconnaître le sexe à l'inspection de ces organes , quoique le pubis soit couvert de poils qui sont! accollés à la masse feuilletée et carbonnée, à laquelle sont rédui-j tes les parties molles.
Chez la femme, les organes génitaux externes, après s'être îollis , finissent par ne plus constituer qu'une masse informe lletée , qui ne permet plus de distinguer le sexe. L'utérus se ollit aussi , puis s'aplatit , et se déforme tellement qu'au bout ifuelques mois ou ne le reconnaît qu'à sa situation. Les tromet les ovaires disparaissent d'assez bonne heure. Les liga- >ts larges résistent davantage à la putréfaction , et deviennent làtres.
Développement de certains ijaz. Nous ne donnerions pas idée complète des changemens que peuvent éprouver nos nés pendant l'inhumation , si nous ne parlions pas du dèveementde certains gaz qui a quelquefois lieu dansla plupart os tissus. L'estomac , les intestins , la plèvre , le péricarde, avitès droites du cœur , les veines caves et d'autres parties ystème veineux , l'utérus , la cavité du péritoine et les aréo- \u tissu cellulaire , peuvent en effet être distendus par »gaz , qui sont le résultat delà décomposition des fluides : t ce que l'on observe particulièrement après des morts nptes et violentes , précédées de douleurs vives , de grands rts , etc. ; et il sulfit alors quelquefois de deux ou trois ■•es pour rendre le corps emphysémateux , au point de i ire nager sur l'eau. On ne doit pas hésiter à rapporter audévet ement de ces bulles gazeuses dans les veines, un phénomène i pparence fort extraordinaire , et dont les anciens avaient endu tirer une indui lion juridique; nous voulons parler Ma crventation . c'est-à-dire du suintement et même du ■.issement de sang par les plaies : faut-il s'étonner que le sang i enu dans les veines s'échappe par les ouvertures des vais- \x d'une piaie, lorsqu'il est poussé par les gaz développés dans • stéme veineux ?
orès avoir exposé succinctement les phénomènes que préfet les divers organes en se pourrissant , il sera pas inutile ;ter un coup d'œil sur les principaux changemens éprouvés essivemenl par la tête, le thorax, l'abdomen, le bassin, eembres , et même le drap et la bière.
ète. La tète tient encore à la colonne vertébrale , et conserve >ses rapports , que déjà les paupières sont amincies et assez
enfoncées pour qu'au premier abord le» cavités orbitaires ne paraissent qu'à moitié pleines; les globes oculaires sont affaissés de très-bonne heure; il en est de même du nez, dont les parties latérales cependant sont les seules qui suieut quelquefois déprimées. Bientôt après , les cheveux se détachent , les paupières , les parties molles du nez, et mômes les lèvres déjà très-amincies, se détruisent ; une portion de la peau du crâne se détruit aussi, et les os , mis à nu, sont enduits d'une légère couche d'une matière comme graisseuse, couleur de bistre. 11 existe! la partie postérieure de la tête une infiltration sous-cutanée, sérosanguinolente, que l'on trouve également entre le périoste et les os, et qui est le résultat de la situation du cadavre sur lfl dos; là, par conséquent, les parties molles se détachent trè facilement , quoique les tégumens aient encore assez de consit tance. Au milieu de tous ces désordres, les oreilles et les jouet sont asspz bien conservées. On voit aussi çà et là, sur quelque^ parties du crâne et de la face , des moisissures vertes ou bla& châtres, humides et cotonneuses. Plus tard, entre le troisième et le quatrième mois ( du moins dans les ouvertures faites à Bicêtre ) , on n'aperçoit plus aucune partie molle de la face j il n'y a que quelques débris membraneux , notamment aux région molaires ; mais l'os maxillaire inférieur tient encore au tempo rai, et la tête à la colonne vertébrale; à la vérité, une légère traction suffit pour amener la désarticulation. A une époque plus éloignée , les deux mâchoires , largement séparées, laissent voir l'aphophjse basilaire de l'occipital ; cependant elles sont encore unies par quelques débris de parties molles ; la tête tient à peine au tronc. Enfin, plus tard, ces os sont complètement désarticulés et dénudés : alors les os du crâne sont reconverti d'un magma qui est un mélange de terre et de cheveux, et qui, étant enlevé , laisse voir leur couleur bistre clair-lachée çà et là de larges plaques brunes foncées.
Thorax. Il est rare que, pendant les trois premiers moi«v le thorax ait éprouvé quelque changement dans sa forme ou dan» les rapports des diverses pièces qui le composent : les cavité» des plèvres peuvent contenir une plus ou moins grande quantité de liquide; mais cet épanchement n'est pas le résultat de m
«réfaction. Enfin , l'affaissement des viscères thora^ques, et Ikammeut des poumons , n'est pas encore assez marqué , pour If en ouvrant la poitrine on soit frappé par le vide qu'offriraient lit cavités. Quelque temps après, la dépression est évidente ; flioternum semble toucher à la colonne vertébrale ; on l'enlève ■lllement avec la main; quelques-unes des côtes commencent ■le: séparer de leurs cartilages ; les espaces intercostaux , dans iliains points, ne sont plus occupés que par une tunique grisâtre |l > sert de moyen d'union; l'intérieur du thorax, lorsqu'on l'incise,
■ Lxît vide et comme tapissé d'une membrane ressemblant par sa
■ Il leur et sa consistance à du papier gris mouillé, sans qu'on puisse 1 t: au juste de quels organes cette membrane est le débris. Plus 1 p l , les côtes sont presque entièrement décharnées , et tiennent tienne au sternum , qui est enfoncé, brun , et souvent recouvert ■«moisissures ; les cartilages sternaux sont presque tous séparés 41» sternum et des côtés ; ceux qui restent sont noirs, percés de lins, encore souples et faciles à enlever; on n'éprouve pas lluucoup de difficulté à les casser, et alors on entend un léger 1 iit; les cavités thoraciqu.es sont parsemées de moisissures I niches ou autrement colorées , et déjà quelques-uns des intérim :i< es intercostaux sont à jour par suite de la destruction des I t :ies qui les remplissaient. A une époque plus éloignée, le àftrnum et les cartilages costaux sont séparés; on en voit les nr ris épars dans le thorax et dans l'abdomen ; ce qui produit
essairement une grande ouverture à la partie antérieure du r Tax . Plus tard encore, la cage thoTacique est détruite; le niim, séparé en deux pièces occupe la cavité du thorax, les s sont presque toutes détachées et couchées les unes sur les ires, sur les parties latérales du cadavre; elle sont enduites ne matière noire semblable à un extrait végétal mouillé, et est évidemment un reste des parties molles détruites ; elles «ont pas plus fragiles qu'à l'état naturel, mais leur intérieur très-sec et très-poreux; il n'en est qu'un très-petit nombre conservent encore une partie de leurs cartilages; ceux-ci sont ••--souples, d'un gris olivâtre, mais couverts d'un enduit brimait comme vermoulus par places, et offrant une coupe excessive-
Aldomen. Pendant long-temps l'abdomen n'éprouve aucun changement notable , si ce n'est qu'il devient vert, jaune marbré de vert ou ochracé. Du troisième au quatrième mois, du moins dans nos expériences, il s'affaisse, et ses parois tendent à se rapprocher du rachis } quelque temps après, ces parois sont réduites à une couche membraneuse, quelquefois humide; mais le plus souvent mince, desséchée, brune, couverte de terre et de moisissure, très-facile à déchirer, collée, surtout inférieurement, à la colonne vertébrale et même au bassin ; lorsqu'on l'«| lève, on remarque un vide considérable sur les deux cotés cette colonne et dans le bassin. Quand cette couche est humide, les feuillets qui la composent sont comme savonneux , d' blanc jaunâtre , et ordinairement séparés les uns des autres pa: une quantité innombrable de vers. Quelques semaines après, les parois abdominales sont tellement collées au rachis, qu'on ne le détache facilement que sur les côtés , où elles existent sous forme d'une couche feuilletée , d'un rouge noirâtre à l'intérieur et quelquefois encroûtée de gras de cadavres à l'extérieur! Il résulte de l'accollement sur la colonne vertébrale, delapoa^ tion sous-ombilicale des parois dont nous parlons , un creux très-prononcé, à partyr de l'appendice xyphoïde , jnsqu'un pdl au-dessous de l'ombilic. Quelquefois, au lieu de présenter une surface lisse et unie, la couche membraneuse qui est collée au rachis , offre des bosselures et des enfoncemens. A une époque plus éloignée , les parois abdominales sont réduites à quelques débris tégumentaires d'unecouleur bistre, olivâtre ou noirâtre, souvent perforés dans plusieurs endroits , et qui tiennent encore aux dernières côtes, au pubis, et à la partie postérieure des crêtes iliaques; ces débris paraissent formés par le péritoine, et peut-être par des portions des muscles droits et obliques, fortement desséchés et en quelque sorte méconnaissables. Enfin tout est détruit et on ne trouve sur les côtés du rachis, et adhérente à des os qui en sont teints , qu'une matière noire , humide, avec le luisant du cambouis, formant en quelques endroits des masses épaisses d'un demi-pouce , qui sont évidemment des débris des parties molles.
La conservation des viscères abdominaux , dépendant surtout
Il état d'intégrité des parois abdominales, il ne sera pas sans llrrêt de jeter un coup d'reil rapide sur les époques auxquelles Mfnarois se détruisent. Nous trouvons ici , ce que nous voyons 1 1 out ailleurs , des différences immenses qui liennent à des
■ koes souvent difficiles à déterminer. Ainsi il ne restait plus I ['. traces de parois abdominales chez différens sujets de nos
I lnirvations qui avaient été exhumés, le premier neuf mois ||hhuit jours, et l'antre treize mois seize jours après l'inhutliàon ; tandis qu'il existait une portion de paroi abdominale lliz. un individu dont le corps était inhumé depuis dix-sept ll?s six jours et ce qui est bien plus extraordinaire, chez il. autre sujet enterré vingt-trois mois cinq jours avant, la llnji antérieure de l'abdomen était presque entière et sous line d'une membrane comme tannée, au milieu de laquelle H i voyait l'enfoncement ombilical, et à laquelle adhéraient
II • feuillets de couleur bistre ou noirâtre, semblables à des II: lies de tabac préparées et humectées; ces feuillets étaient Unis entre eux par des filamens , mous , semblables à de Huadou et se déchirant avec facilité. Pourtant tous ces su-
avaient été déposés dans des bières du même bois, de line épaisseur , enveloppés d'une serpillière , et à côté les
des autres dan3 le cimetière de Bicêtre. Nous pouvons «ore ajouter , pour mieux faire ressortir ces différences ,
l'individu, qui fait le sujet de notre observation, avait ■iinhumé deux ans neuf jours auparavant, et n'offrait aucune lice de paroi abdominale , quoiqu'il eût été enterré dans Il bière excessivement épaisse , et enveloppé d'?m drap de
lia cavité abdominale ne contient jamais de liquide dans son 1 1 rieur , à moins qu'il n'en existât avant la mort ; au contraire,
I h viscères abdominaux tendent de plus en plus à se dessécher, lr;ur aspect est loin d'être humide quelques mois après l'inhu-
II ion. Du reste, la conservation des organes contenus dans Iktlomen a quelque chose de surprenant pour les personnes Il habituées à ces sortes de recherches : on peut dire que tant Il les parois abdominales sont intactes , les viscères sous-jacens llsservent leur intégrité , leurs formes , et môme leurs rapports 5
seulement quand l'affaissement de ces parois a été porté jusqu'au point de les coller au rachis, et lorsque déjà les organes eu*>fl mêmes ont considérablement diminué de volume, n'apcrçoit-on pas d'abord facilement, en ouvrant l'abdomen, toutes les parties qui y sont contenues. Plus tard, la difficulté devient plut grande; et si l'on reconnaît bien le foie, la rate et les rein», plutôt à leur situation qu'à leur forme , on ne trouve à la place du canal digestif qu'un amas de tuniques membraneuses affaissées, débris évidens de l'estomac et des intestins; car en lei écartant on refait la cavité du premier et une partie des autres : du reste, ces tuniques sèches, d'un brun verdâtre, amincies, perforées dans certains points , ne permettraient pas , ni à beaucoup près, de refaire toute la longueur du canal digestif, non plus que d'en distinguer les diverses parties, ni les tuniques constituantes , et encore moins les altérations morbides, si U maladie qui a déterminé la mort était de nature à en produire. Plus tard encore , on ne découvre plus qu'une masse feuilletée, I desséchée, dont l'intérieur est souvent rempli de vers, et que l'on peut réduire en filamens coralliformes; dans un point de cette masse seulement , on reconnaît encore quelques vestiges de portions cylindriques appartenant au canal intestinal. Enfin, et : comme nous l'avons déjà dit à l'occasion des parois de cette région, il ne reste plus dans la cavité de l'abdomen qu'une petite quantité de matière noire comme du cambouis.
Membres. Pendant les premières semaines, les membres ne présentent rien de remarquable ; seulement là où les bras appuient sur le thorax et sur l'abdomen , la peau a conservé sa couleur naturelle , tandis qu'ailleurs elle peut être déjà fortemeBti| colorée ; là aussi il existe une mucosité gluante, rougeâtTe, qui semble unir ces parties , et lorsqu'on vient à les séparer, l'épi*** derme se détache. Plus tard , à mesure que la peau et les muscles se pourrissent, quelques parties de ces membres sont à nu ; mai» les os conservent encore leurs rapports, parce que les ligameni | articulaires ne sont pas détruits : en général alors, les portions qui ne sont pas décharnées, se présentent sous deux étals : i°ell«jÉ offrent beaucoup de parties molles qui sont imprégnées de terrc> j de moisissure blanche, de débris de la serpillière, et qui ont
Ipparencc d'une matière solide , feuilletée et comme carton- ;i l'extérieur, et sous laquelle on sent des vides : celte maire est évidemment formée par les élémens fibreux et aponéli tique, sans la moindre trace de gras tle cadavres ; en l'incisant, mi sort une quantité considérable de vers et de mouches : lquefois aussi cette couche est filandreuse , comme celluleuse, •sse au toucher, d'un ou de deux pouces d'épaisseur dans .uconp de points, et offre extérieurement une sorte de croûte [nmée par du gras de cadavres, tandis qu'intérieurement elle h semble à du bois pourri, si ce n'est que les filamens sont s humides et qu'il est possible de distinguer çà et là qu'ils it de nature animale ; a° les parties molles sont réduites à e couche assez mince , desséchée , grisâtre , parsemée dans elques endroits de moisissures blanches, pouvant se subi 'iser en deux lames , dont la plus externe semble devoir e la peau , et l'interne la partie aponévrotiquo , ou bien une couche également mince, spongieuse, filandreuse, :he, couleur d'amadou, dans laquelle il n'est plus permis reconnaître ni nerfs, ni vaisseaux, ni muscles. -A une époque plus éloignée , le plus léger effort suffit pour serrer les os des membres, tant les ligamens présentent peu de istance ; quelques débris filamenteux des parties molles les .intiennent seuls dans leurs rapports; bientôt après ces os ne
1 nnent plus entre eux, quoiqu'ils conservent leur situation res- . ctive. Enfin, plus tard, lorsque tous les moyens d'union nt détruits , la séparation des os est complète, et on les trouve dés soit dans la bière , dans le drap ou dans la terre.
Bière. La bière s'altère d'autant plus vite, tout étant égal d'ailîrs , qu'elle est en bois plus mince. En général , ce n'est guère i'«u bout de plusieurs semaines , même pour les bières qui ont ■u d'épaisseur, que l'on y remarque des changemens ; l'intéeur de la planche inférieure commence par devenir d'un gris nrâtr;; , plaqué de taches noires ; il est enduit de moisissures , )tamment sur la partie où reposent la tête et le dos ; il existe issi une assez grande quantité d'une bouillie brunâtre trèstide , recouverte , elle-même , dans plusieurs points , de vers,
2 larves, d'œufs ; bientôt après, l'extérieur de la planche in-
féricure présente une coloration et un enduit analogue» ; lésait latéraux sont déjetésen dehors et comme plies; ils sont brunâtre», grisâtres par places , et en quelque sorte tapissés de larves à l'intérieur ; le fond delà bière ne tarde pas à se perforer en plusieurs endroits, il est comme rongé par des vers ; le bois qui environne les parties perforées est noir et paraît gras; on y voit aussi quel" quefois une matière brillante , moins brune , comme graisseuse { enfin on découvre au milieu de ce fond des milliers de larves et devers, dont quelques-uns ont dix lignes de long. Déjà à cette époque le couvercle est enfoncé , brisé en plusieurs parties , et la terre a pénétré jusqu'au fond de la bière. Plus tard il est difficile de retirer cette boîte sans rompre les planches latérales et le couvercle; les divers fragmens de ces parties offrent, surtout à l'intérieur, des teintes variées , jaunes, blanches , noires , vineuses , et en certains lieux ressemblent à l'intérieur d'un vieux tonneau; le bois qui les forme est pourri aa point qu'on peut le réduire en poudre en le pressant entre les doigts. Enfin l'altération finit par être portée si loin qu'il est impossible de retirer la bière autrement que par petits fragmens ; il a suffi, pour que cela eût lieu dans nos expériences, de treize à quatorze mois , lorsque les boîtes étaient en sapin mince , tandis que deux ans après les bières étaient intactes et à peine colorées en jaune à l'extérieur, quand elles avaient été faites avec le même bois , ayant un pouce d'épaisseur.
Serpillière et drap. La serpillière et le drap se détruisent beaucoup plus vite , lojpque le cadavre n'a pas été déposé dans une bière. Dans ce cas, la première de ces toiles ne tarde pas plus de vingt à quarante jours à être réduite en lambeaux brunâtres et même noirâtres, déjà à moitié pourris , dont quelques-uns se détachent facilement, tandis que d'autres sont intimement mélangés avec la terre avec laquelle ils sont comme massés , tellement adhérens au corps , que pour les enlever , il faut gratter assez fortement avec le scalpel, et alors on détache aussi de larges plaques d'épiderme qui restent étroitement unies avec cemélange de terre et de serpillière. Si le corps a été enterré dans» une bière, la serpillière se couvre dans plusieurs points d'oeufs, de larves , d'insectes , et de la même sanie dont nous avons parlé?
l'occasion de la bière : cette bouillie brunâtre forme , surtout [1:1a face postérieure du corps, et notamment au niveau du col» liée la tête , des épaules , des espèces de plaques noires semblaj les à de la poix fluide, ou grisâtres comme de la sanie puru-
■ii to , mêlée de poix liquide ; quelquefois aussi la matière a la ■■consistance et l'aspect du cambouis. Déjà la serpillière se déilthire facilement , et peut être couverte de moisissures blanches. ILa putréfaction faisant des progrès , cette toile s'enlève par fragi l ien s de couleur de fumier, ou noirs, enduits le plus ordinairellient d'une matière comme bitumineuse. Enfin, on n'en trouve h 11 lus de traces.
Le drap commence par se colorer en jaune tirant plus ou IL îoins sur le roussâtre , dans les parties qui sont en contact avec lie} corps; quelque temps après, sa surface interne se recouvre, lluurtout dans les portions sur lesquelles repose le cadavre, de lliaches ou de petites plaques de couleur extrêmement variée,
lus ou moins épaisses, ordinairement mollasses, quelquefois ■Irresque diffluentes, provenant souvent de l'épiderme altéré; tan- II' is qu'à l'extérieur on voit dans plusieurs points une matière ll< omme glutineuse jaune ou rougeâtre, sous forme de boutons Icn- Wkiculaires , de stalactites , etc. , qui a évidemment transudé : à H fette époque la consistance du drap n'est pas sensiblement dimilliuéc, et plusieurs des parties qui n'ont pas été en contact im- Kliiédiat avec le cadavre, sont encore blanches. Plus tard, il est llrncore entier, mais de couleur différente; sa partie antérieure ll'st fauve très-foncé par places, et parsemée de taches noirâllnres , si l'on en excepte les portions où il avait été noué , comme 11' elles qui sont au-dessus de la tête et au-delà des pieds et qui lit ont blanches ; sa partie postérieure, celle qui est appliquée sur Ile? fond de la bière , estbeaucoup plus humide et beaucoup plus lliachée en brun , en jaune foncé , en lie de vin , surtout dans les llmvirons de la tête : souvent alors cette toile est presque entièl|f ement couverte à l'extérieur de larves d'un blann jaunâtre, en- II' orc vivantes, qui la rendent comme lanugineuse , tandis qu'à ■■''intérieur on trouve dans quelques points une moisissure jaune , 1 1 t dans d'autres un enduit graisseux , d'un brun noirâtre , et une Il ;uantilé innombrable de larves qui s'agitent en tous sens. Déjà
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à cette époque elle est pourrie dans certains points , et se déchire avec la plus grande facilité j ailleurs elle adhère assez fortement à quelques parties du corps, et dans ces portions l'épiderme est sous forme de lambeaux mous presque poisseux.
Plus tard l'altération est plus marquée : il ne reste plus que des lambeaux plus ou moins volumineux , qui cachent une partie du corps, et qui sont entièrement pourris ; leur couleur est brvuc noirâtre, mais ils sont tellement couverts de moisissures blanches et de chrysalides roussàtres, que cette couleur brune n'est pas apparente au premier abord , et qu'ils offrent l'aspect de certains lichens. Lorsqu'ils ont été débarrassés de ces diverses matières, on voit qu'ils sont humides, imprégnés d'une matière grasse à laquelle ils doivent leur couleur brune, et très-faciles à déchirer.
Il arrive enfin une époque où il ne reste plus de traces de cette toile; nous n'en avons pas trouvé chez Mme de Noresse, qui fut exhumée trois ans cinq mois après sa mort tandis qu'elle existait encore en partie dans un cas d'exhumation faite sept ans après l'inhumation.
Après avoir décrit les changemens que les tissus éprouvent successivement en se décomposant , il importe de déterminer si ces changemens arrivent à des époques fixes , ou bien si la nature présente à cet égard des variations plus ou moins nombreuses.
Il résulte de nos recherches et de celles d'un très-grand nombre d'auteurs qui nous ont précédés , que les cadavres enterrés à la même époque se pourrissent avec des vitesses différentes, les uns étant déjà complètement réduits au squelette, tandis que d'autres sont encore entiers ou commencent à peine à subir la décomposition putride. Il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d'œil sur les principales causes de ces différences , d'autant mieux que leur examen justifiera l'impossibilité où nous étions de préciser l'époque de la mort d'un individu enterré depuis quelque temps.
Ces causes se rapportent particulièrement à l'âge, à la constitution , au sexe, à l'état de maigreur ou d'obésité, de mutilation ou d'intégrité des sujets , au genre et à la durée delà maladie
|liaqiiel!e ils ont succombé, aux phénomènes qui ont précédé ilumédiatement la mort, qui a pu arriver après une agonie plus moins longue , ou subitement, à l'époque où l'inhumation a lieu, à la ponte de quelques insectes à la surface du corps , lia nature des terrains , à la profondeur de la fosse , à l'état nu ■ ■.enveloppé des cadavres qui ont pu être habillés, enfermés 1: ns un drap ou dans une serpillière , à la présence ou à l'absence une bière, à la nature et à l'épaisseur de celle-ci, qui pou-
I it être en bois de sapin , de chêne plus ou moins mince , en |. omb, etc., aux influences atmosphériques , telles quelatempé-
II turc , le degré d'humidité , etc.
L Examinons chacune de ces causes en particulier.
ï slge. Quelques observations nous prouvent d'une manière in-
mtcstable que les cadavres d'enfans très-jeunes mis dans la terre, p pourrissent beaucoup plus vite que ceux des adultes et des
.eillards, toutes les autres circonstances étant égales d'ailleurs. Constitution de l'individu. Quoique l'influence de la contiitution soit moins facile à prouver que celle de l'âge, on ne
sut pas moins établir que des individus d'un tempérament lym-
>atique , etc. , mis dans la terre, toutes les autres circonstances t-ant les mêmes d'ailleurs, se pourrissent avec des vitesses i.ifférentes. N'a-t-on pas vu en effet des sujets à peu près du it êmc âge, aussi maigres les uns que les autres , ayant succombé
la même affection ( lors d'une épidémie) , et après avoir été i laladcs à peu près le même nombre de jours , ayant été enterrés
ans des bières de bois pareil et delà même épaisseur, à côté :«:s uns des autres , dans le même terrain et vingt-quatre heures
pris la mort; n'a-t-on pas vu , disons-nous, ces individus, se i ourrir dans des temps très-inégaux ; et tandis que l'un des cadavres était au dernier terme de la décomposition , l'autre comicnçait à peine à s'altérer ? A quelle cause attribuer dans ce cas i différence dont nous parlons, si ce n'est à la constitution des adividus, qui n'était pas la même ? L'influence dont il s'agit ient , dans beaucoup de circonstances , à ce que la quantité des uides animaux n'est pas la même chez les sujets de différente onstitution , et à ce que les tissus n'offrent pas le même degré de I visité.
Sexe. La prédominance du système lymphatique chez la femme , et la plus grande quantité de graisse que contient son tissu cellulaire sous-cutané , font que la putréfaction marche plus vite chez elle en général que chez l'homme, tout étant égal d'ailleurs.
Etat de maigreur ou d'obésité. Ce qui vient d'être dit relativement au sexe doit déjà faire sentir que l'état d'obésité favorise la putréfaction dans la trree ; c'est ce que l'expérience démontre. 11 y a plus : comme nous le dirons ailleurs , la plus ou moins grande quantité de graisse influe sur le genre de décomposition qu'éprouvent les corps.
Etat de mutilation ou d'intégrité du sujet. L'observation prouve combien marche rapidement la putréfaction des cadavres qui offrent des solutions de continuité d'une certaine étendue: on sait aussi que les parties contuses, ecchymosées , dans lesquelles il y 4 du sang épanché, se pourrissent beaucoup plus vite que celles qui sont dans des conditions opposées; et cependant nous supposons qu'il n'y a aucune perte de substance , ni aucune trace de solution de continuité à la peau: à plus forte raison cette différence serait-elle sensible , s'il y avait eu une plaie contuse du vivant de l'individu.
Genre et durée de la maladie à laquelle ont svceonihé les sujets. En général, la putréfaction marche plus vite chez les individus qui ont succombé à une maladie aiguë que chez ceux qui sont morts d'une affection chronique qui a exténué le corps; la prédominance des humeurs sur les solides , dans le premier cas, rend suffisamment raison du fait. Il serait curieux de déterminer par des expériences nombreuses quel genre d'influence chaque groupe de maladies aiguës exerce sur le développement de la putréfaction; il faudrait pour cela enterrer comparativement des sujets ayant succombé à des encéphalites, à des pneumonies, à des gastro entérites , etc. ; mais ce travail est hérissé de difficultés , les autres influences qui hâtent la putréfaction étant trop nombreuses et trop variables , pour qu'on pût supposer leur action nulle dans la décomposition des corps. Quoi qu'il en soit, nous savons que tout étant égal d'ailleurs, la putréfaction s'empare plus lentement du cadavre d'un individu
n&iaort par hémorrhagie que de celui dont les vaisseaux sont dis- Hcendus par le sang , comme on le voit après quelques asphyxies ; Huue les individus qui meurent dans un état d'anasarque se pour- «ii«issent beaucoup plus vite ; que ceux qui ont succombé à la pè- Miiite-vérole , ou à toute autre affection pustuleuse de la peau, se {■détruisent plus rapidement que les autres ; enfin , que les parties kM « ans lesquelles l'irritation , l'inflammation ont attiré le sang , é« e pourrissent très-promptement. 11 est probable aussi que l'allaU ération manifeste qu'éprouvent les humeurs et même les solides èsl.ans certaines maladies aiguës , doit être une des causes qui hâ- ■cent la putréfaction.
Phénomènes qui ont pu précéder immédiatement la mort. HjJuela mort soit subite ou précédée d'une maladie qui aura duré HLpielques jours; que celle-ci se termine par une agonie longue ■oou courte ; qu'elle soit le résultat de l'introduction dans le tor- ■cent de la circulation d'un de ces virus qui paraissent. altérer le tm sang , la marche de la putréfaction sera plus ou moins rapide, ■s ians que l'on puisse apprécier au juste la somme d'influence de «chacun de ces élémens.
Epoque o%i l inhumation a eu lieu. La putréfaction marchant plus rapidement dans l'air que dans tout autre milieu , il e;st évident que si elle ne s'est pas encore développée lorsqu'on ( enterre le corps , celui-ci tardera plus à être pourri , que si l'irithumation avait eu lieu plusieurs heures et surtout plusieurs iiours après le commencement de la putréfaction; il pourrait artriver même, en été , qu'au bout d'un mois d'inhumation un caidavre qui n'aurait été inhumé que cinq ou six jours après la '■mort, et déjà lorsque la putréfaction était très-avancée, fût «aussi pourri qu'il l'eût été sept ou huit mois après la mort, s'il < eût été enterré vingt ou vingt-quatre heures après. Dès lors on 1 concevra l'influence d'un certain nombre de causes secondaires (,qui agissent sur les corps depuis l'instant de la mort jusqu'au '.moment où la putréfaction se manifeste : celle-ci ne se développant que lorsque la rigidité cadavérique a cessé d'exister, il est évident que la durée de cette rigidité , durée qui est loin d être • la même pour tous les cadavres, doit exercer de l'influence sur la marche delà putréfaction; il suffira, pour justifier cette as-
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sertion, d'établir , qu'il est des sujets qui ne sont plus raides quand on les enterre , tandis que d'autres offrent un état de rigidité remarquable ; les premiers seuls ont commencé à se pourrir avant l'inhumation. Or, si la durée de la rigidité est un élément dont on doit, tenir compte , ne savons-nous pas que celle durée est eu grande partie subordonnée à celle de la chaleur, ou, en i d'autres termes , que la rigidité ne s'établit le plus ordinaire- ifi ment que dans les parties déjà refroidies ? Yoilà ce qui détermine une marche différente dans la putréfaction des corps, suivant qu'ils ont été enveloppés de vêtemens de laine , de draps de fil , ou qu'ils ont été nus , suivant qu'ils ont été laissés dans des chambres froides , ou dans d'autres qui ont été chauffées.
Ponte de quelques insectes. Nous savons qu'en été , dans l'es- 1 pace de temps pendant lequel les cadavres sont exposés à l'air avant l'inhumation , quelques mouches pondent à la surface de la peau des œufs, qui, éclos plus tard dans le cercueil , peuvent donner naissance à d'autres mouches ; celles-ci , après s'être fécondées , peuvent encore reproduire sept ou huit fois des générations qui vont en se multipliant à l'infini.
Les insectes qui paraissent se repaitre de préférence des cadavres , et dont les œufs sont déposés à la surface du corps , sont les suivans : musca tachina simplex de Meigen; vomitoria , cœsarea, doviestica, carnaria , furcata; scatophaga stercoria ; thyreophora cynophila; anthrenus; dermestes ; hister ; twerophorus ; sylpha; ptenus fur , imperialis ; oxyporus , laihrobium; pœderus ; stenus ; oxytelns ; iachinus ; aleo char a ; noterus • scarites ; harpalus ; julus lepisma.
Or , il est avéré que , dans les premiers temps après la mort, les mouches ne s'arrêtent pas autour des cadavres ; que plus tard elles ne font que voltiger près d'eux, et qu'enfin, lorsque la putréfaction est plus avancée , elles s'appliquent sur eux et y déposent leurs œufs ; bientôt en effet on voit des larves plus ou moins nombreuses ramper sur plusieurs de leurs parties. Que si l'on enterre maintenant deux cadavres, dont l'un offre à sa surlace des milliers d'oeufs, tandis que l'autre n'en présente pas encore , il est évident que le premier se pourrira beaucoup plus vite , toutes les autres circonstances étant les mêmes , parce que
t propre des larves est de détruire nos tissus pour s'en nourrir, in ne saurait donc nier l'influence de la ponte des insectes à la jfrrface du corps sur la marche delà putréfaction.
Ce serait ici le cas de se demander quelle est , dans toutes les L isons de l'année , l'origine de ces larves, de ces nymphes et de
-s insectes, surtout delà musca tacliina simplex de Meigen, pae nous avons si souvent rencontrée à l'ouverture de cadavres
terrés à la profondeur de quatre à. six pieds, depuis plusieurs
ois et même depuis quelques années. La ponte de quelques-unes c i ces mouches à la surface des cadavres paraîtra insuffisante
air expliquer le phénomène, dès qu'on l'observe également sur 5} corps enterrés en hiver, époque pendant laquelle il n'y a
'int de mouches. On n'admettra pas non plus que ces insectes,
d sont mous et très-faibles, puissent sortir de la terre et d'une uissi grande profondeur pour aller propager leur espèce. 11 est
ut aussi invraisemblable de supposer que les insectes aériens ■ent pu percer la terre pour parvenir jusqu'au cadavre. Si l'on I : rencontrait que des larves ou des nymphes , on aurait pu ■ oire que ces insectes étaient dans une sorte d'engourdisseeent ou d'hybernation qui aurait pu cesser par une circonstance ^portune ; mais les larves , les nymphes et les mouches se trou- : nt ensemble , et plusieurs des nymphes ont donné des insectes nrfaits. Quelle peut donc être l'origine de jees races d'anilaux ?
rouons qu'il nous est impossible de résoudre ce problème. ' Nature des terrains ( V. page 3go ) .
Pression. Profondeur de la fosse. La pression retarde la puéfaclion , comme l'ont prouvé Godard et quelques autres auurs. On pourra juger des résultats obtenus par Godard, par expérience suivante (î) :
Le îo mars , à six heures du soir , le thermomètre étant de 8 io°, on mit deux morceaux de maigre de veau , d'égal poids , tns une môme quantité d'eau, mais contenue dans deux bouilles de différente hauteur , savoir : l'une de deux pouces et
(i) ftudnrd. Vtfjtz Disscrtal'cm sur les antiseptiques , imprimée par dre de l'Académie. Pari» , 1 7^9 , page jfi8 et su'v.
demi, l'antre de trois pieds y compris le tuyau que l'on y avail adapté : la petite bouteille fut bouchée avec un bouchon de cire, percé d'un trou égal à l'ouverture du tuyau.
Le i4, à la même heure, on voyait de l'air dégigé dans ]$.] petite bouteille ; il ne paraissait rien dans l'autre.
Le i5 , à onze heures du matin , le morceau de la petite bon*1 teille flottait , et son eau était louche ; on voyait dans l'autre quelques bulles , mais en bien moindre quantité que dans la petite, et son eau conservait sa transparence.
Le 17 , à six heures du soir , le nombre des bulles de la pe-! tite bouteille était beaucoup augmenté ; le morceau continuait d'y ûolter , tandis qu'il n'y avait rien de changé dans l'autre.
Le 22 , à sept heures et demie du matin, l'eau de la petite: bouteille puait bien plus , et était beaucoup plus louche que celle qui était au fond de la grande ; car l'eau contenue dans la partie supérieure et dans le tuyau n'avait pas reçu la moindre altération. La même différence avait lieu dans les puanteurs de leurs viandes; mais ces dernières puanteurs ont disparu dès que les morceaux tirés de l'eau ont été exposés à l'air pendant quelques secondes. Si l'on fait attention que la viande de la petite bouteille était entourée d'un plus grand volume d'eau que celle de la grande , on jugera qu'à pourriture égale, l'eau de celle-ci aurait dû puer davantage que celle de l'autre , puisque les miasmes putrides y étaient délayés dans moins d'eau j cependant le contraire a eu lieu , et par conséquent la différence de la transparence des eaux , de leur puanteur et de celle des viandes , prouve d'une façon manifeste la vertu antiseptique de la compression.
Plus la fosse sera profonde , les autres circonstances étant les mêmes, plus la putréfaction sera donc retardée, d'autant mieux que la terre est plus froide dans l'étendue de quelques pieds , à mesure qu'on la creuse plus profondément.
Etat nu ou enveloppé du cadavre. Les faits recueillis jusqu'à ce jour , et entre autres plusieurs de nos observations , établissent que plus les corps sont immédiatement en contact avec la terre , plus ils se pourrissent facilement , tout étant égal d'ailleurs ; ainsi un cadavre enterré nu se pourrira beaucoup plus promptement qu'il ne l'eût fait dans un même terrain, s'il eut
DES EXHUMATIONS JTJIUniqr ES. 387
enveloppé d'un drap et enfermé dans une bière en plomb; pputréfaction serait déjà moins tardive , si la bière était en itêne de l'épaisseur d'un pouce, moins encore si , étant connuite avec le même bois , elle n'avait que quelques lignes d'élissseur, moins encore si elle était en sapin, et surtout si luui-ci était très-mince ; enfin le ralentissement dont nous paris serait beaucoup moins sensible , si le corps , au lieu d'être mmé dans une bière , était simplement enveloppé de vêteïwis , ou d'un drap ou d'une serpillière. On concevra l'influence V enveloppe sur la putréfaction , quand on saura que les visrires ne doivent réellement leur longue conservation , relative- ■nt à la peau , qu'à ce qu'ils sont enveloppés par celle-ci ; ausôt que la destruction a atteint les tégumens , la putréfaction <s viscères marche rapidement. Voyez, à l'appui de ce que nous lançons, combien le cerveau se conserve long-temps par raprt aux autres organes; c'est parce qu'il est recouvert d'une 'veloppe très-solide, le crâne: dès lors , il est aisé de sentir jute l'influence que doivent exercer sur la marebe de la putré- :tion les vêtemens , et surtout les bières qui agissent dans le ''me sens que les enveloppes naturelles ; c'est-à-dire , en rail issant l'action des causes destructives des corps. Nous ne itendons pas cependant que les obstacles apportés par les ;res au développement de la putréfaction puissent être tels : e celle-ci soit complètement arrêtée; loin de là , les corps les )ins disposés à se pourrir finissent par se détruire, même lors- .'ils sont renfermés dans des bières en plomb j nous disons ulement que tout étant égal d'ailleurs, la décomposition puide marche d'autant plus lentement que le corps est enveloppé ! manière à se soustraire davantage à l'action des agens supéenrs.
Influences atmosphériques. Il suffira de signaler l'influence : la chaleur et de l'humidité atmosphériques , pour convaincre )S lecteurs du rôle que jouent ces élémens pour accélérer la puéfaction.
Que penser maintenant de l'opinion de Burdach , sur le modo altération que les coqis éprouvent dans la terre ? Suivant lui, faut reconnaître trois périodes dans cette décomposition :
388 tkaiïé
1° Bouffissure de tout le corps par développement de substances gazeuses ; c'est la période de fermentation qui dure plusieurs mois, ao Conversion des parties molles en une matière pultacée , verdâtre ou d'un brun foncé ; le corps s'affaisse parce que les gaz se volatilisent ; cette période dure de deux à trois ans. 3" Les gaz achèvent de se dégager; l'odeur fétide est remplacée par une odeur de moisissure, et il reste une matière terreuse grasse, friable, brunâtre, qui ne se convertit qu'au bout d'un nombre considérable d'années en une cendre qui se- mêle à la terre ordinaire.
Nous ne saurions admettre de pareilles idées sur la marche de la putréfaction dans la terre; elles sont évidemment erronées, et propres à induire les experts en erreur. Et d'abord , pour ce qui concerne la première période, n'avons-nous pas vu souvent, pour ne pas dire presque toujours, les cadavres ouverts dix, quinze , quarante , cinquante jours après l'inhumation , dans un état d'affaissement qui ne ressemblait guère à celui dont parle Burdach, qui suppose que le corps est bouffi pendant celte première époque, à laquelle il assigne une durée de plusieurs mois? Non pas que nous prétendions que jamais les cadavres ne se tuméfient lorsqu'ils commencent à se pourrir, nous voulons seulement établir que cette tuméfaction n'a pas nécessairement lieu, puisqu'elle manque souvent , et que lorsqu'elle existe, elle ne dure pas, en général, ni à beaucoup près, autant de temps que l'indique Burdach. Quant à la seconde période , il est évident que cet auteur s'est encore trompé ; car tout en accordant que le corps s'affaisse, il n'en est pas moins vrai que les parties molles ne se convertissent pas constamment en une matière pxdtacèe ; n'avons-nous pas vu au contraire ces parties se dessécher pour la plupart, se réduire en lamelles ou en filamens coralliformes, et quelques-unes d'entre elles imiter même une sorte de cartonnage ? D'ailleurs , comment admettre que cette période dure de deux à trois ans , lorsque dans la plupart de nos expériences les cadavres étaient déjà presque réduits au squelette au bout de quatorze , quinze ou dix-huit mois , même lorsqu'ils avaient été enterrés dans des bières et enveloppés d'une toile? L'inexactitude des phénomènes annoncés comme caracté-
B'sant la troisième période, ne saurait tion plus être mise en 3ute; en effet , la matière grasse qui reste en petite quantité, tomme dernier terme de la déconîposition putride, n'est ni terk :use ni friable} c'est une sorte de cambouis mou, oléagineux, ln;mblable à du vieux oing fortement coloré.
Ajoutons à tous ces faits, qui combatt.ent victorieusement l'opilion de Burdach, qu'en admettant même que la durée des péloodes assignées par lui fût exacte pour des observations faites isans un terrain donné et avec certains cadavres , elle ne le serait Mus quand il s'agirait d'autres terrains et de sujets qui seraient Kiacés dans d'autres conditions. Les experts ne sauraient donc bisez se méfier de pareils résultats, qui malheureusement ont ■jéjà été pris plusieurs fois pour guide , lorsqu'il a été question ee déterminer l'époque à laquelle avait eu lieu la mort d'indiidus inconnus.
Ou prévoit déjà que nous n'adopterons pas davantage l'opinion lees médecins et des anatomistes qui admettent, d'après le dire |fes fossoyeurs , qu'il faut de trois à quatre ans pour la destrucii on complète des parties molles d'un cadavre sous terre} d'auf'-es portent jusqu'à six ans le laps de temps nécessaire à l'accomllissement de ce travail. Ne sait-on pas qu'il y a à cet égard des sariétés et des différences aussi nombreuses qu'extraordinaires? .'.es exemples de conservation de corps ensevelis depuis plu- Heurs années se présentent en foule; nous nous bornerons à en i iter quelques-uns. Limprecht a fait connaître une observation ; ititulée : De manu in sepulchro ultra sœculum al ovnii putredine conservata. l lus loin , il dit que , passant par un monastère de la Gaule narbonnaise , on lui avait fait voir des cadavres lien conservés qu'on avait depuis long-temps retirés de leurs
épulcres. Faher a communiqué à Fabrice de Hilden une obser- »ation intitulée: De cerclro non putre facto in cadavere quin-
uaijennis annis suh terra reposito.
Do la putréfaction comparée de fragmens de cuisse d'un même cadavre , dans des terres de différente nature.
Les terrains hâtent ou retardent la putréfaction par plusieurs causes. Leur situation : deux terrains de même nature , dont l'un sera élevé et en pente , et dont l'autre sera dans un fond, n'agiront pas de même sur les corps : le premier étant beaucoup plus sec , ralentira la marche de la décomposition , tandis que l'autre pourra la favoriser. Leur degré d'humidité : la putréfaction ne se développe jamais quand les corps sont desséchés; au contraire elle parcourt rapidement ses périodes dans un milieu humide ; donc elle arrivera bientôt à son dernier terme dans des terrains humides, tandis que dans les terrains qui se dessèchent aisément, elle sera singulièrement retardée. Leur nature chimique : nous entendons ici par nature chimique, non-seulement la composition du terrain , en tant qu'on le considère comme formé de plusieurs oxydes métalliques , de sulfate , de carbonate de chaux , etc. , mais encore sa composition accidentelle ; en effet il peut contenir des gaz plus ou moins fétides , des matières animales en putréfaction ou à moitié pourries , etc. ; ainsi nous verrons, en parlant du gras des cadavres, qu'au cimetière des Innocens non-seulement la putréfaction avait été ralentie , mais encore qu'elle avait fourni un produit particulier , le gras de cadavres; et nous dirons que Fourcroy et Thourct avaient attribué ces deux phénomènes à ce que la terre qui recouvrait les corps avait été promptement saturée des gaz provenant de la première période de la putréfaction. Ne sait-on pus , d'une autre part, que la terre des cimetières où l'on a enterré beaucoup de cadavres, et qui par conséquent est fortement imprégnée de détritus de matières putréfiées , hute la putréfaction ? Ces diverses propositions seront, du reste, éclaircics par les expériences suivantes, qui ont autant pour objet de faire connaître l'influence des terrains sur la marche de la putréfaction que le genre d'altération que chacun de ces terrains fait eprou-
lirr à la matière animale. Ces expériences ont été faites avec des il .rties d'un même cadavre, enveloppées d'un môme linge, et I Ititerrées au même moment , afin de pouvoir bien juger la seule llucnce qui ne fût pas la même, celle du terrain. Que si l'on I Uus blâmait d'avoir agi ainsi et de ne pas avoir cherché à résoudre le problème avec des cadavres entiers , inhumés dans iRfférens cimetières, nous répondrons que les résultats fournis wr un travail de ce genre eussent été loin d'être concluans i nomme ceux que nous allons faire connaître , parce qu'il eût été impossible d'affirmer que les différences observées dépendaient lutôt de la nature du terrain que de l'âge, de la constitution il sujet , de la maladie à laquelle il avait succombé , de la durée e celle-ci , etc.
Expériences.
Le i5 avril i83o, on a enfermé dans quatre sacs de toile crue ssez épaisse quatre fragmens égaux de cuisses d'un cadavre enore frais , ne présentant aucune coloration ni aucun indice de • utréfaction ; chacun de ces fragmens était long d'environ six K»uces. Les sacs ont été aussitôt enterrés à un pied de profonleur dans quatre tas de terre de la hauteur et de la largeur d'un mnètre , préalablement disposés les uns à côté dés autres , dans im coin du jardin de la Faculté de Médecine de Paris. Ces terres seront désignées sous les noms de terre de Bicêtre , de terre du jardin de la Faculté de Médecine de Paris , de terreau , tel de sable. La terre de Bicêtre , prise dans le cimetière où nous ivions enterré tous les cadavres dont il a été parlé jusqu'ici , est jaunâtre, calcaire, et ne présente aucun des caractères des terres végétales ; elle a fourni à l'analyse, sur dix mille parties :
Matière organique très-azotée, soluble dans
l'eau , . . . . o,o4o
Sulfate de chaux 0,2 38
Matière organique insoluble o,5ao
Silice et sable siliceux 4, 600
Carbonate de chaux 3, 800
Uxydcdefer . . o,54o
Phosphate de chaux 0,100
Alumine 0,080
Perte O,o8a
La terro du jardin de la Faculté de Médecine de Paris diffère de la précédente en ce qu'elle contient beaucoup moins de matière organique azotée, et qu'elle renferme des détritus de végétaux dont la décomposition est déjà très-avancée ; aussi est-elle noire et offre-t-elle l'aspect d'une terre végétale 5 du reste , elle est également très-riche en carbonate de chaux , et contient aussi une assez grande quantité de sulfate de chaux. Le terreau est principalement caractérisé par la forte proportion de détritus de végétaux qu'il renferme ; ces détritus sont loin d'être aussi pourris que ceux qui existent dans la terre du jardin 5 en sorte que le terreau constitue véritablement un terrain beaucoup plus végétal • il est principalement formé de silice et de carbonate de chaux. Le salle de carrière est essentiellement siliceux et très-ferrugineux $ on y voit quelques traces de mica et à peine du carbonate de chaux.
Examen le a 4 avril. — Terre de Bicétre. Le sac est entier , très-altéré, et se déchire au plus léger effort ; sa surface interne est enduite d'une sanie lie de vin sale et d'une couche jaunâtre desséchée. Il n'y a plus d'épiderme; le derme est blanc à la partie interne , rouge vineux dans une portion de la partie externé j il est luisant, humide et assez résistant. Les muscles, déjà trt-sramollis , sont d'un rouge pâle tirant un peu sur le vert dans quelques points. Le tissu cellulaire ne parait pas altéré.
Terre du jardin de la Faculté de Médecine. Le sac est entier, moins altéré que le précédent, quoiqu'il commence cependant à se déchirer avec assez de facilité. Il n'y a plus d'épiderme; le derme est Irès-humide , coloré en blanc, en ronge et en verdàtre. Les muscles sont à peu près comme les précédens ; le tissu cellulaire est huileux , jaune, et n'offre pas la moindre apparence de gras. Ce fragment de cuisse parait être arrivé au même degré de putréfaction que celui qui avait été mis dans la terre de Bicêtre
Terreau. Le sac est entier , mais commence à se déchirer ; sa
llti°ace externe est fortement imprégnée d'une sanie rougeàtre.
Il i trouve à peine des traces d'épiderme; le derme ù peu près Ilooré comme dans les expériences précédentes, est un peu plus Il u; les muscles sont aussi beaucoup plus ramollis ; la putréflition est évidemment plus avancée.
ËttSahle. Le sac est entier et ne se déchire pas facilement. L'éilf.èrme est détaché presque partout; les portions qui restent se fi tarent très-facilement ; le derme et les muscles sont à peu près f femme dans le fragment placé dans la terre de Bicêtre , toutefois II] putréfaction est moins avancée. Le tissu cellulaire ne paraît ipi avoir éprouvé de changement notable.
^Immédiatement après l'examen , ces divers fragmens ont été ■■(■fermés de nouveau dans les sacs , et enterrés à la même pro- ■fcadeur.
Ij:a8 avril. La décomposition putride est plus marquée ; le frag- Mt?nt placé dans le sable est le moins avancé, tandis que celui ifci.i est dans le terreau est le plus pourri ; les deux autres offrent Hppeu près le même degré d'altération; nulle part on n'aperçoit \f : gras de cadavres. La destruction des sacs est en rapport avec
lie des fragmens.
Il a mai. Les sacs sont assex pourris pour qu'il soit impossible fit! s'en servir ; aussi enterre-t-on les fragmens à nu; du reste, ■ putréfaction a encore fait de nouveaux progrès , et toujours pi suivant la même marche.
19 mai. Tons les fragmens sont plus pourris que la dernière L >is , et la différence qui a déjà été remarquée est encore plus Irrononcée, c'est-à-dire que le fragment entouré de sable est le .oins altéré, tandis que celui qui occupe le terreau est le plus v an < c. 11 y a une quantité notable de gras de cadavres dans le foiorceau placé dans la terre du jardin ; celui qui est enterré I .ans la terre de Bicêtre en contient moins , et il y en a encore pioins dans celui qui a été mis dans le terreau; le fragment I [uîenveloppe le sable n'en renferme pas du tout.
39 mai. — Sable. Les muscles, quoique rosés, sont très-ra- |»nollis ; la peau est presque complètement détruite, et la masse Mes parties molles se détache avec assez de facilité des os, en sjntrainant le périoste. La portion de sable qui touche immé-
diatcment ces parties est noirâtre; on dirait qu'il se forme un peu de gras de cadavres dans quelques points de la surface du moignon. — Terre de Bicêtre. La putréfaction est beaucoup^ plus avancée que dans le sable, et même que dans la terre du. jardin; les parties molles sont entièrement détachées des os, et" réduites en une bouillie de couleur ardoise claire par parties , olivâtre et blanchâtre dans d'autres; le gras de cadavres, plus abondant que la dernière fois, ne l'est pas autant que dans la terre du jardin , et il est à moitié desséché dans certains points. Terre du jardin de la Faculté. Les muscles sont violacés et moins ramollis que dans la terre de Bicêtre; le savon est déjà presque sec et en quantité plus considérable que partout ailleurs. Terreau. La putréfaction est extrêmement avancée; les muscles , de couleur roussâtre, ont atteint le dernier terme du ramollissement ; il y a plus de gras de cadavres, mais il ne présente pas la siccité de celui du fragment qu'entoure la terre du jardin.
5 juin. — Sable. On ne peut pas dire qu'il se soit formé du. gras de cadavres ; tout au plus remarque-t-on dans quelques points une légère tendance à la saponification; les parties molles sont à peu près dans le même état que le 29 mai. Terre de Bicêtre. Ou trouve à peine des traces de muscles; l'os est presque dénudé; les parties molles qui restent , et qui par conséquent sont en très-petite quantité, sont presque entièrement transformées en savon. Terre du jardin de la Faculté. Le pras est encore plus abondant que la dernière fois ; il ne paraît formé qu'aux dépens de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané : on trouve au-dessous la couche musculaire violacée et très-ramollie. Terreau. Il s'est opéré un changement remarquable pendant ces huit jours ; la quantité de savon est tellement abondante, qu'il y en a beaucoup plus que dans la terre du jardin, ce qui n'avait pas eu lieu jusqu'alors; ce gras est aussi plus sec et mieux formé que celui de cette terre ; il n'est pas douteux qu'indépendamment de la peau et du tissu cellulaire, une portion de la couche musculeusene soit également saponifiée.
11 résulte de ce qui précède, i° que la putréfaction est loin d'avoir marché avec la même rapidité dans le9 quatre lorrains soumis à l'expérience; 2° qu'elle a été beaucoup plus lente dans
des exhumations juridiques.
Itable et beaucoup plus prompte dans le terreau que partout leeurs, jusqu'au moment où il y a eu une certaine quantité rie lis de cadavres de formé (1) } 3° qu'à cette époque la décomlilition putride a fait au contraire beaucoup plus de progrès , là |:il y avait moins de gras, comme dans la terre do Bicêire , Vi dans le terreau et dans la terre du jardin qui en renferli'ient davantage ; et que si, clans le sable où il ne s'était point pmé de savon, la putréfaction était beaucoup moins avancée , Un tient à ce que ce terrain jouit à nn très-haut degré de la pro- . été de ralentir la décomposition ; 4° que tous les terrains ne pat pas également propres à opérer la saponification de nos tiset qu'en général le terreau et les terres végétales semblent
e ceux qui la déterminent le mieux et le plus promptement ;
que cette transformation graisseuse paraît commencer parla aiu et le tissu cellulaire sous-cutané , pour gagner ensuite les mscles ; 6° que quelle que soit la rapidité avec laquelle a lieu ; putréfaction jusqu'à l'époque où la saponification a envahi
e assez grande partie de la peau , elle s'arrête en quelque sorte ss cet instant, ou du moins ne suit plus la même marche, lisqu'au lieu de se ramollir- de plus en plus, de devenir puisés et de disparaître , les tissus sous-jacens passent au gras , et
issent par former une masse d'un blanc grisâtre, sèche , dans | juelle il n'est plus possible de les reconnaître.
(.^ Ces résultais ne s'accordent, guère aTec ceux que Tliouret dit nirété consignés dans un rapport fait à l'Académie royale des siences,
1738, par Léincry, Geoffroy et Ilunauld. Les expériences de ces /ans les auraient conduits à admettre qu'en général c'est en raison
sa facilité à absorber ou à transmettre les gaz , que la putréfaction ns les terres offre des variétés; ainsi , le sable sec serait, de toutes s terres, celle qui favoriserait le plus la décomposition des corps , t.ins que les terres argileuses et compactes la retarderaient. Toutes nos ictierclici pour découvrir ce rapport ayant rté infructueuses, il nous été impossible de juger la valeur des expériences qui lui serrent de ise , et dont les résultats paraîtront A extraordinaires.
EXPLICATION DES PLANCHES