EXAMEN CADAVÉRIQUE MÉDICO-LÉGAL
Le médecin légiste est souvent appelé à procéder à l’examen d’un cadavre, pour reconnaître quelle a été la cause de la mort , le temps qui s’est écoulé depuis qu’elle a eu lieu, l’âge de l’individu; questions qui se rattachent à l’infanticide , et aux dilférens genres de mort, tels que l’asphyxie par submersion, par strangulation, l’empoisonnement, l'homicide par coups ou blessures. Il est donc nécessaire que ses recherches soient faites avec méthode, pour que rien n’échappe à son attention : car on a vu de simples négligences donner lieu à de longues procédures, qui entravaient la marche de la justice, et compromettaient la réputation et la fortune de ceux qui les avaient commises. Dans tous les cas , le médecin doit être accompagné par un officier civil.
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(JM me le» corps que l’on est chargé d'examiner peuvent avoir éprouvé un degré de putréfaction plu» pu moins avancé , l'homme d* l’art doit toujours employer le.- précaution» qui août nécessaire» pour préserver sa santé et celle de» personne» ui lui prêt eut assistant; car il an ive quelquefois que la putréfaction est si grande, que les miasmes qui » exilaient continuellement du coi ps lorsque l’on procède à I exhumation, pourraient devej.n fatal», si l'on n’avait le »oin de le» détruire et de paralyse) leur action- < l’est ainsi que M Oifila recommande d’avoi) nn nombre d’Iionone» suffisant pour que l’exhuinalion «oit faite promptement ; d'arroser plusieurs lois la terre avec une solution de chlorure de chaux , dans la proportion d’une once »ur une livre d’eau; les ouvrier» doivent se servir de hêches , qui permettent d’avoir la tête plus éloignée du sol, et l’on peut encore leur conseille) de s’entourer la houohe et le ne* d’un mouchoir mouillé avec du vinaigre. Dans le cas où le corps serait renfermé dans une cave sépulcrale, on commence par percer une ouverture, à l’une des extrémité» de la cave, et on renouvelle l’air, soit eu allumant du leu dans un fourneau dont la grille est placée au dessus (Je cette ouverture , soit au moyen de la manche a air, qui est préférable. .Si le cercueil est intact , on l’enlève entier, autrement l’on verse par les
fentes une assez grande quantité de Ja liqueur pour que le cadavre en soit humecté. On détruit ainsi toute odeur, et il suffit d’exposer le corps à un léger courant d’air, et de renouveler souvent les aspersions d’eau chlorurée , pendant l’examen cadavérique , pour être à l’abri de tout danger.
Peut-on déterminer l’époque à laquelle les exhumations ne doivent plus être tentées ? Cette question est aujourd’hui résolue négativement par un grand nombre d’observations , prouvant qu’il a été possible de j constater la présence de substances vénéneuses , dans le tube digestif d'individus enterrés depuis un laps de temps très long. On a trouvé l’estomac et les intestins conservés, au point de pouvoir servir à des démonstrations anatomiques, sur des cadavres enterrés depuis neuf mois (Lepelletier ) , et sur ceux où la saponification ou la momification sont complètes, on retrouverait les poisons métalliques au bout d’un grand nombre d’années, et l’on pourrait dire indéfiniment. Il en serait de même des lésions du système osseux, aussi l’exhumation est-elle toujours faisable, et les cas où la fonte et la disparition des parties molles la rendent inutile , ne sont pas un motif de proscription.
Circonstances accessoires dont on doit faire mention.
Avant de procéder à l’ouverture du cadavre, on doit noter le lieu qu'il occupe , quels sont les vêtemens qui
le couvrent, s’il existe des armes aux environs; quelle est leur situation par rapport à lui ; si elles sont dans la main , quel est le degré de contraction des doigts ; on suit les traces de sang ; la terre ou l’herbe ont pu être foulées. On indiquera la position du corps, qui peut éclairer sur la cause de la mort et sur les circonstances qui l'ont précédée , ainsi que sur plusieurs phénomènes organiques , qui sont le résultat d’une congestion sanguine toute physique , dans les parties les plus déclives.
Examen de l’extérieur du corps.
On enlève ensuite les vêtemens avec soin , et l’on mesure exactement , et sans s’en rapporter à une approximation souvent trompeuse , la longueur totale du corps. On indique son degré de maigreur ou d’embonpoint , la coloration de la peau , celle des cheveux , les cicatrices , les signes naturels , l’état des dents , afin que la question d’identité ne puisse rester obscure , si elle venait à être agitée : les plaies doivent être soigneusement observées, on a en note la situation, la direction et la profondeur; on remarque les moindres contusions , les ecchymoses , et on les fait distinguer de taches qui annoncent un commencement de putréfaction. Il est presque inutile de dire que l’on doit laver la peau, si elle est couverte de boue, de poussière, ou de toute autre matière qui puisse mettre obstacle à ces observations ; lorsqu’il existe plusieurs blessures , on
cherche à reconnaître , d’après leur position , leur nombre, ptc. , si elles démontrent que l’individu ait opposé de la résistance. Lorsque les chairs sont trop altérées pour fournir quelque indice , on examine les os qui pourront être fracturés ou profondément entamés ; dans le cas où le corps ne pourrait être étudié sur place, on le ferait envelopper dans un linceul ou une couverture, sur laquelle l’officier civil apposerait son sceau, afin de bien constater que rien n’a pu être changé, et le transport devrait avoir lieu sur une civière, ou, à son défaut, dans une voiture, en ayant soin de bien clore les narine^ et la bouche , afin qu’aucun fluide ne put s’en échapper, et l’on préserverait la tête et les autres parties du corps, de l’effet des cahots qui, pourraient causer quelques lésions.
Détails particuliers sur l’examen du fœtus.
L’examen du corps d'un fœtus mérite des détails particuliers. Ainsi , la couleur de la peau , qui est ou n'est pas recouverte d’un enduit cébacé; l’état de l’épiderme et du cordon ombilical qui a été coupé ou rompu plus ou moins près de l’abdomen; son insertion plus ou moins élevée, sont des considérations importantes. Il en est de même du poids total de l’individu , du degré de développement de ses organes , et de tous les signes qui indiquent son âge , sa viabilité , le temps qu’il a vécu , celui depuis lequel il est mort. (Voy. Viabilité, Age, Putréfaction.) On ne peut mettre trop d’atten-
tion à l’examen des lésions extérieures , telles que les contusions, les piqûres, les enfoncemens et les fract tures du crâne ; les traces de strangulation avec un lacet , les doigts ; la suffocation par des corps étrangers int troduits dans la bouche ou les narines ; enfin à bien faire distinguer les altérations qui démontrent l’assassinat , de celles qui dépendent de causes naturelles , ou de t violences exercées après la mort. ( Voy. Infanticides. )
Manière de procéder aux autopsies.
Les règles générales sont d’examiner successivement les trois grandes cavités du tronc , la tête , la poitrine et l'abdomen ; car c’est là que se rencontrent le plus fréquemment les lésions graves ; les membres étant rarement le siège de blessures capables de faire perdre la vie. Alors même que l’on trouverait dans ces prei mières recherches des altérations suffisantes pour ex- ; pliquer la mort , on ne devrâit pas , pour cela , se croire dispensé de terminer l’autopsie ; car l’examen des autres cavités pourrait cire encore d'une très grande valeur ; c’est ainsi que deux blessures ayant été faites à la poitrine et à l’abdomen par des individus différens , il peut devenir nécessaire de savoir laquelle des deux était le plus promptement mortelle ; un homme peut avoir été empoisonné et frappé ensuite ; des causes apparentes de la mort n’excuseraient pas une négligence qui peut avoir de graves conséquences : on a vu des scélérats mettre le feu à une maison après avoir assas-
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siné plusieurs personnes , afin de mieux cacher leur ! crime ; les corps profondément brûlés , ayant été examinés superficiellement par le chirurgien chargé du rapport , il déclara que la mort avait été causée par l’action i du feu; heureusement que plusieurs circonstances vinrent éclairer la justice; on avait retrouvé un des ca-î davres à une centaine de pas du lieu de l’incendie ; on avait aussi reconnu des traces de blessures ; l’exhuma- : tion ayant été ordonnée, une nouvelle enquête ne laissa i aucun doute sur la vérité, et l’on découvrit les coupables. Les hommes, de l’art ne doivent pas non plus se permettre, dans aucun cas, de relater des faits qu’ils n’auraient pas observés ; car, malgré le jugement que nous allons rapporter, de pareilles actions passeront toujours aux yeux de la société pour une négligence et une légèreté blâmables , alors même que la loi ne les punirait pas. i En 1826, dilM. Briant; les sieurs J), et J. sont appelés pour faire l’examen juridique du cadavre de IV. , meunier dans la commune de P., lequel avait été trouvé debout , la figure appuyée contre la pente très douce de la chaussée de son étang , les bras étendus , le chapeau sur la tête , et seulement recouvert de deux à trois pouces d’eau , les pieds étaient enfoncés de six polices dans la vase. Ces experts omettent d’ouvrir le crâne , et rapportent cependant qu’ils ont trouvé le cerveau engorgé. Une contre— visite ayant été ordonnée , il fut constaté que l’ouverture du crâne n’avait pas été faite. Les premiers rapporteurs furent traduit» devant la Cour d’assises d’Ille-et-Yilaine , ac-
icusés d’avoir constaté comme vrai un fait faux , dans un procès-verbal qu’ils rédigeaient en qualité d'officiers publics , parce qu’ils avaient déclaré qu’ouverture faite du cadavre, ils avaient donné une attention par- [ ticulière aux viscères et organes de la tête , ainsi qu'au cerveau , qu’ils avaient trouvé engorgé ( Extrait de l’acte d’accusation). Ils furent acquittés, par la raison ique les gens de l’art n’étant pas des officiers publics, uniais de simples arbitres , on ne pouvait leur appliquer Ida disposition de l’article 146 du Code pénal. Mais une ! longue détention , des débats toujours pénibles , une procédure dispendieuse, furent le résultat de l’oubli du I principe le plus simple de la médecine judiciaire. » Jamais on ne doit faire aucune incision inutile , parce qu’elles déforment les parties, jettent du désordre dans l’examen , et s’opposent à ce qu'une contre-visite soit facile. Pendant la dissection et à l’ouverture de chaque cavité , on asperge le corps avec du chlorure de chaux ou de soude , des liqueurs alcooliques, etc. S’il était niiécessaire de séparer quelque organe, on l’envelopperait 'idans une serviette qui serait scellée par l’officier civil , oou bien on le déposerait dans un vase vide , ou rempli d’alcool qui porterait également le sceau , afin qu’il soit constant que rien n’a pu être changé. On ne confie les pièces qu’à des personnes sûres ; car on a des exemples de soustraction , qui peuvent entraîner de graves conséquences; M. Chaussier s’est justement élevé contre l’usage de remplir les cavités splanchniques de son, de sciure de bois , de cendres, de chaux vive ; car ces pou-
(1res changent tellement l’aspect des parties , que l’on ' aurait beaucoup de peine à reconnaître les faits au- , nonces dans un premier rapport, si l’on était obligé i de faire de nouvelles recherches. ( V. la Thèse de M. Kenard. )
Les instrumens nécessaires sont des ciseaux et des I bistouris; des sondes, des érygnes, une pince à dis- j séquer , un entérotome , un rachitome , un marteau à i masse pesante, des stylets, une scie, un compas, etc., et une table assez longue pour que le corps y puisse être étendu.
Ouverture du crâne. Après avoir rasé les cheveux et s’être assuré de l’état des tégumens qui peuvent offrir des traces de contusion, des ecchymoses, des bosses sanguines , de la tuméfaction , des abcès , des plaies , etc. , on fait deux incisions cruciales , dont l’une s’étend depuis l’épine nasale jusqu’à la protubérance occipitale externe, et l’autre depuis la région auriculaire supérieure jusqu’à celle du côté opposé , en passant par le sommet de la tête. j,On détache les quatre lambeaux, et ou les renverse sur leur base , en ayant soin de ruginer le péricrâne, si on le juge convenable. On peut alors constater les diverses lésions subies par les os , et l’on ouvre le crâne au moyen de la scie ou du marteau.
Chacun de ces moyens a des avantages et des inconvéniens ; le premier, qui est généralement employé, doit être préféré toutes les fois qu’on soupçonne des fractures des os. On trace alors une ligne circulaire
(jui , partant de l’épine nasale , passe au dessus des apophyses zygomatiques , mastoïdes , et vient se ter- ■ i miner à Ja protubérance occipitale: et en la suivant • avec la scie ,, on détache toute la voûte du crâne. Il i ta ut de grandes précautions pour ne pas endommager la dure-mère cl le cerveau: car la scie étant droite ei t «agissant sur une surface courbe, et. d’inégale épaisseur.
:• il est fort, difficile d’éviter cet accident. t Afin d’enlever le cervelet, on conseille deux nouveau v , titraits de scie qui , partant des apophyses mastoïdes , t vvont tomber sur le trou occipital. Avec un peu d’habbitude , on se passe très bien de ces secondes coupes, |l (jque l’on peut d’ailleurs éviter en portant la première it au dessous de la protubérance occipitale. La boîte os- * vseuse s’enlève le plus souvent avec facilité, mais queli quefois elle est très adhérente à la dure-mère, et il faut s passer le manche d’un scalpel au dessus de cette mern- > Ibrane pour la détacher. On aperçoit alors les méninges e à nu; on fait deux petites ouvertures à la dure-mère u 'tsur le côté, à un demi-pouce environ de la grande i, faux cérébrale , et au moyen des ciseaux ou du bistouri, - on l’incise de chaque côté et d’avant en arrière dans al toute sa longueur. Un nouveau coup de ciseau divise la es dure-mère transversalement, et l’on forme ainsi quatre » lambeaux qui correspondent aux lambeaux tégumentaires , et que l’on renverse comme eux. Il suffit alors »- d’inciser la faux cérébrale dans sa partie moyenne , et !i d’en rapporter les deux moitiés , l’une en «avant , et l’au- <$ ütre en «arrière, pour qu’il soit facile de soulever le cerre
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veau en coupant successivement tous ses nerfs , et après avoir ouvert la tente du cervelet, en suivant les ! bords postérieurs du rocher, de détacher complète- ; ment tout l’encéphale par l’incision transversale de la < moelle , à moins que l’on n’aime mieux l’examiner en place.
Lorsque l’on se sert du marteau de préférence à la ! scie , on obtient de grands avantages ; l’opération est • extrêmement rapide et facile , tandis que l’action de la : scie est toujours longue et pénible ; jamais on n’ouvre ia js dure-mère; et pour peu que l’on ait d’habitude, on i ne fracture que la partie de l’os sur laquelle porte le bord tranchant de l’instrument. Depuis que je m’en sers, il ne m’est jamais arrivé d’opérer de fractures qui se prolongeassent à la base du crâne : toutefois , j’avoue qu’il est plus prudent d’employer la scie lorsque l’on soupçonne de pareilles lésions.
Lorsque l’on procède à l’ouverture du crâne d’un fœtus ou d’un enfant peu éloigné du moment de sa naissance , on se sert de ciseaux pour séparer les os les uns des autres; les fontanelles sont encore assez larges et les lames cartilagineuses des sutures assez flexibles pour rendre cette opération facile; on commence par détacher un des pariétaux, et ensuite les autres os.
Ouverture du rachis. On n’examine ordinairement le canal rachidien qu’après la poitrine et l’abdomen , dans la crainte que les secousses violentes que l’on imprime quelquefois, ne dérangent des rapports importons; mais , pour l’ordre de la description , j’ai cru
devoir placer celte opération après l’ouverture de la tête.
Le cadavre étant étendu et couché sur le ventre , on fait une incision transversale de l’une des apophyses mastoïdes à l’autre , en passant au niveau du grand trou occipital ; et , à partir de ce point , on en pratique une seconde, longitudinale, qui passe au dessus de toutes les apophyses épineuses, et qui s’arrête aux dernières sacrées. On renverse le lambeau cutané à droite et à gauche , ainsi que la masse musculaire qui remplit les gouttières vertébrales jusqu’à l’articulation des côtes ; et , au moyen du rachitome , on ouvre les lames transverses des vertèbres. 11 est extrêmement difficile d’appliquer la scie ordinaire à celte opération, et le meilleur instrument est une double scie , à surface convexe , qui agit en même temps des deux côtés, et n’a besoin que d’être promenée sans beaucoup de force, parce qu’elle agit par son propre poids. ( Cet instrument a été inventé par Rappart, infirmier, chargé de l’amphithéâtre du Yal-de-Gràce. ) On incise ensuite la dure-mère rachidienne sur la ligne moyenne et l’on aperçoit à découvert la moelle et les origines des nerfs.
Ouverture du thorax. Je sépare celte opération de l’ouverture de l’abdomen, parce qu’en suivant le procédé des auteurs qui veulent que l’on réunisse ces deux cavités par la même incision, on ne pourrait étudier séparément les épanchemens qui se rencontrent simultanément, et qui se confondraient lors de la section du diaphragme. Four examiner le pharynx et les
voies aériennes dans toute leur longueur, on porte le bistouri sur la ligne médiane , au devant du bord inférieur de la mâchoire , et on conduit l’incision jusqu’au bord supérieur du sternum. < l'est de ce point que l’on eu fait partir deux autres, qui passent sifr les parties latérales de la poitrine , et s’étendent sur l'abdomen, où elies ne comprennent que la peau, et se terminent au pubi3. On désarticule le sternum avec la clavicule; et, après avoir scié les côtes, on enlève la paroi thoracique antérieure , que l’on renverse. Tous les organes contenus sont alors à découvert, et le péricarde est intact. Pour mettre à nu la trachée-artère, le larynx et l’arrière-bouclie , on peut suivre deux procédés; ou bien l’on renverse la peau sur les côtés, et l’on détache les muscles de la face postérieure de la mâchoire, de sorte qu’il suffit de couper les piliers du palais , et tout à fait en arrière , la paroi pharyngienne , pour détacher la langue et découvrir l’arrièrebouchc , que l’on peut dès-lors observer aussi complètement que possible , et l’on peut enlever l’appareil hyoïdien, le larynx et une portion du pharynx avec les poumons et le cœur, en exerçant une légère traction sur ces parties , et en détruisant les adhérences de la trachée et de l’œsophage dans la région cervicale ainsi que celles du péricarde avec le diaphragme ; ou bien, lorsque l'on ne veut pas qu’aucun organe soit déplacé , on incise la lèvre inférieure , et l’on scie la mâchoire sur la ligne médiane , de manière à voir toute l’arrière-bouche en déprimant la langue, et divisant
les piliers du voile du palais. En exécutant ces diverses coupes, il faut avoir soin d’observer, s’il ne se rencontre aucun indice de lésions ; car celles-ci étant l’objet des recherches, elles doivent être étudiées dans tous leurs détails , dès qu’elles se présentent.
Abdomen. Pour mettre à nu les viscères abdominaux , on sépare les attaches du diaphragme aux côtes, et l’on coupe les muscles en suivant la section déjà faite à la peau. Quelques précautions doivent être prises dans l’examen du tube digestif, lorsque l’on soupçonne la présence du poison ; nous les indiquerons plus lard. (Voy. Empoisonnement.)
Bassin. Un trait de scie appliqué sur la branche transversale du pubis et l’ischion, et répondant à la partie moyenne du trou obturateur, permet de renverser la paroi antérieure du bassin. Après avoir divisé les muscles qui la recouvrent . l’on peut alors étudier les organes contenus dans sa profondeur.
Membres. Lorsque la difformité, la mobilité ou la coloration d’un membre annoncent quelques altérations, on doit les rechercher et en décrire tous les caractères ; autrement l’on se borne à faire quelques grandes et profondes incisions pour s’assurer de l’état des muscles : car il se pourrait qu’il y eût de vastes épanchemens sanguins et des lésions très grandes que la seule inspection de la peau ne ferait pas soupçonner.
Lorsque l’examen cadavérique est terminé , toutes les parties doivent être remises dans leurs situations na-
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EXAMEN CADAVÉRIQUE, lurellcs ; les incisions recousues à grands points, cl le corps nettoyé. On ne le dépose dans le cercueil qu’après l’avoir fait mettre dans un drap qui est cousu, et ensuite scellé par le commissaire. Si l’estomac , une anse d’intestin , ou toute autre partie , avait été enlevée , il faudrait le constater dans le procès-verbal.
PUTRÉFACTION