‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 25 sur 111 · J>/:S J KH IM AT/O T S · texte numérisé non relu

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VVin»low avait été en»evel| deux foi-. François Oiville, Kentilliomiiie normand du ternp» de Charle» IX, «<• «pialiliait dan» »<-» actes de trois joi.it mort , trois fins enterré , trou foi» restusrilé pur la tjrdce du bien. Tlinm el , l'ancien doyen «Je la faculté «le Médecine de Pari». chargé de présider aux exhumation» «lu eime- 1 Itère de» lnnoeen», vit un assez grand nombre «le ca-

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davres et d'osseraens, dont la position indiquait que des malheureux enlerrés trop précipitamment étaient revenus à la vie, et cette remarque l’avait tellement frappé, qu’il ordonna, par disposition testamentaire, des mesures propres à empêcher qu’un semblable malheur ne lui arrivât.

Bruhier rapporte dans son ouvrage sur l’incertitude des signes de la mort , que « cinquante-deux personnes furent enterrées vivantes, quatre ouvertes avant leur mort, cinquante-trois déjà ensevelies lorsqu’elles rvinrent à la vie, et soixante-douze réputées mortes sans l’être, s

Ces remarques démontrent la nécessité de connaître parfaitement les signes de la mort; car l’on pourrait, autrement, se rendre coupable d’un des plus grands malheurs, celui d’envoyer au tombeau un individu vivant. Nous devons donc étudier les signes de la mort et les épreuves que l’on a conseillées, pour reconnaître si elle est réelle.

A. Des signes de la mort.

Winslow, Louis, Bruhier, ainsi que tous les auteurs , qui se sont occupés de médecine légale, ont exposé leurs recherches sur ce sujet , et il en est résulté des documens importons pour l’histoire des signes de la mort.

Aspect de la face.

Hippocrate en a tracé un tableau fidèle dans sa spé-

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cialité, mais il est fort loin d’èlre vrai dans son application générale. Le faciès hippocratique , comme on le nomme, offre les caractères suivans : î Front ridé et aride; yeux caves; nez pointu, bordé d’une couleur noirâtre ; tempes affaissées, creuses et r ridées; oreilles retirées en haut; lèvres pendantes;

! pommettes enfoncées; menton ridé et raccorni ; peau s sèche, livide et plombée; poils des narines et des cils I parsemés d’une sorte de poussière d’un blanc terne ; t visage d’ailleurs fortement contourné et méconnaiss sable. îi (Hipp., de Morbis, lib. 2, sect. 5.)

Il se rencontre chez ceux qui succombent à des maladies longues ou douloureuses, et il est quelquefois présenté par des individus dont l’esprit est profondément frappé de terreur, par les criminels que l’on conduit à l’échafaud, ou les malades atteints d’affections ccaroliques; mais il manque souvent chez des hommes >iqui périssent en peu de jours, ou d’une manière subbite, sur le champ de bataille ou dans une rixe; les titraits du visage offrent alors l’expression du sentiment q qui les animait au moment de la mort.

Les yeux offrent des dispositions extrêmement variables. Je les ai vus fortement tournés en dedans ou en dehors sans qu’il fut possible d’en assigner la cause. Ils' sont ouverts et saillans, ou la paupière les cache en partie, et le globe oculaire est enfoncé. L’espèce de unuagc qui les couvre à l’instant de la mort, et l’affais- ' sement de la cornée, qui devient molle et flasque en fort peu d’heures, sont regardés par le célèbre Louis comme

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des signes caractéristiques, n 11 n'y a, dit-il, aucune j révolution dans le corps humain qui soit capable d’o- j pérer un tel changement. » Cependant M. Orfila s’élève contre une assertion aussi positive, et il cite I l’exemple d’asphyxiés qui ont été rappelés à la vie, quoique leurs yeux fussent flasques, enfoncés, et obscurcis par une toile glaireuse.

Absence de la contractilité.

Lorsque l’on renverse un cadavre, et que l’on place sa tête en bas, les matières contenus dans l’estomac coulent dans l’œsophage, qui n’est plus qu’un tube inerte, et sortent par la bouche. C’est un phénomène qui ne pourrait pas avoir lieu chez un homme dont la i mort ne serait qu’apparente, parce que la contractilité subsisterait encore dans ces parties. Du reste, je pense que ce serait une erreur de croire qu’un cadavre peut offrir encore quelque trace de contractilité musculaire ; tant qu'il reste quelque mouvement, quelque action appartenant à là vie, celle-ci n’est pas éteinte. Pour prononcer qu’il y a mort, il faut qu’elle soit générale, et qu’elle ait atteint tous les tissus. Si elle n’a pas tout: envahi, la vie, qui semblait s’êlre réfugiée sur un point, peut rayonner de nouveau, et reprendre sa puissance; eflels qui s’observent dans plusieurs asphyxies, où l'on conseille l’usage des cxcitans de toutes sortes pour ranimer un reste d’irritabilité qui menace de se perdre pour toujours. Aussi l’abaissement forcé

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i de la mâchoire qui ne reprend pas sa position, me pai rail-il un signe qui a de la valeur, et je ne peux adi mettre qu’un reste de contractilité soit capable d'en « opérer le rapprochement chez un individu décédé.

< Cette seule preuve de contractilité, qu’il ne faut pas

< confondre toutefois avec l’élasticité, me ferait pronon-

< cer que la mort n'est pas complète.

Circulation et respiration.

Il est, pour ainsi dire, impossible, comme nous le ' verrons bientôt, de s’assurer que ces fonctions sont t tout à fait suspendues ; et d’ailleurs l'on sait que l’asphyxie et la syncope ne sont pas des affections mortelles. Aussi, quoique l’examen de ces phénomènes ne » soit pas sans quelque importance , ils peuvent fournir des preuves indubitables. M. le docteur Chayue a rap- | porté dans son Traité des maladies anglaises, l’exem- I pie le plus frappant que l'on connaisse d’une suspens sion en apparence parfaite de la circulation et de la i respiration , avec persistance de la vie. Le colonel Towishend , qu’il soignait depuis long-temps , lui annonça un jour qu’il allait se faire mourir pour quelque temps, et qu'il reviendrait ensuite à la vie. M. Baynard, qui était l’autre médecin traitant, et le pharmacien Shirne assistaient à l'expérience. L’un s’assurait de 1 état du pouls, l’autre avait la main sur le cœur, et le troisième tenait un miroir devant la bouche. Peni dant une demi-heure que dura l’expérience , on ne

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sentit pas la plus légère pulsation, et la glace ne fut pas ternie. On commençait à craindre que le résultat n’en fut devenu fatal, lorsque les fonctions se ranimèrent peu à peu et reprirent leur activité précédente. Malgré le doute qu’inspire une observation si extraordinaire, on est forcé de reconnaître , avec Haller, qu’il est certaines personnes , et particulièrement des femmes, qui peuvent arrêter volontairement les pulsations du cœur, et Fonlana assurait jouir de cette étonnante faculté.

Raideur cadavérique.

Au moment de la mort, tous les tissus éprouvent un relâchement marqué, dont la durée est variable depuis quelques minutes jusqu’à seize et dix-huit heures ; il est remplacé par la rigidité, qui a toujours lieu, malgré l’assertion contraire de Mahon et de quelques auteurs. Ce qui a pu faire naître ces deux opinions, c’est qu’elle ne dure souvent que quelques momens chez ceux qui succombent aux fièvres typhoïdes, et qu'elle a pu alors n'être pas observée. Elle a été étudiée avec beaucoup de soin par M. Nysten. Cet observateur a remarqué qu’elle se montre lorsque la chaleur du corps diminue : aussi peut-on la retarder, en plongeant le cadavre dans un bain chaud, l’entourant de couvertures, etc. Toutefois , Morgagni a cité des cas de mort subite où la rigidité arrivait presque immédiatement, quoique le corps eût conservé sa chaleur.

Ce sont les muscles qu't sont le siège de ce pliéno-

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mène, et il semble que la vie se réfugie en dernier lieu dans ces organes, et y détermine le spasme qui constitue la raideur. j> (Nysten.)

Le meilleur moyen de distinguer la rigidité cadavérique des contractions convulsives, tétaniques, etc., c’est de forcer mécaniquement l’action musculaire : dans le premier cas, le membre reste dans la nouvelle position qu’on lui a donnée, tandis que, dans le second , il revient à celle qu’il occupait; afin d’éviter 1 toute incertitude , il faut attendre que le cadavre soit 1 refroidi pour prononcer qu’il y a mort; car, dans la • syncope prolongée et l'asphyxie , il paraît qu’il pourrait « exister de la raideur sans que la vie fût éteinte ; mais alors le corps aurait conservé sa chaleur.

Quant à la raideur qui est produite par la congélation , il est facile de la distinguer, parce que la peau , le tissu cellulaire sous-cutané y participent, et qu’il est impossible que l’on puisse ne pas en soupçonner la cause.

Putréfaction.

Quoique l’on observe des signes de décomposition partielle chez les malades qui vont succomber à des affections nommées à cause de cela fièvres putrides , il est certain toutefois que la putréfaction , lorsqu’elle est réelle , est la preuve la moins douteuse de la mort. dVous l’étudierons dans tous ses degrés pour éclairer cette question : Depuis combien de temps l’individu est-U'mort ? ( V. Putréfaction. )

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B. Epreuves quel’ on a conseillées pour s'assurer de la réalité de la mort.

Comme il esL un assez grand nombre de maladies , : telles que l’apoplexie, les affections convulsives, la congélation , l’asphyxie , certaines blessures avec commotion ou syncope par hémorrhagie, pendant les- : quelles on a observé la plupart des caractères de la I mort, quoiqu'elle ne fût pas réelle, on a cherché à dissiper toute espèce de doute par des épreuves di- I rcctes, dirigées sur les principales fonctions.

De l’état de la respiration.

On a conseillé de placer un miroir bien poli devant la bouche; s’il n’est pas terni , on en conclut que la respiration a cessé ; on le remplace dans le même but par une bougie allumée , ou dans des filamens de laine ou de coton , dont l’agitation permet de juger les moindres mouvemens de la poitrine. Mais la vapeur qui s’exhale d’un cadavre encore chaud peut ternir le miroir, et la respiration peut être si faible, qu’elle n’imprime aucun mouvement aux corps placés sur son trajet. Winslow voulait que l’on mît un verre rempli d’eau de niveau sur le cartilage de la onzième côte. Mais nous avons dit que l’absence de la respiration ne prouvait pas certainement la mort, aussi ces jnoyens sont-ils généralement abandonnés aujourd’hui , à cause de leur insuffisance.

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Battement du cœur.

Qui voudrait tenter l’épreuve indiquée par Foubert , inciser un espace intercostal , et s’assurer directement avec le doigt de l’immobilité du cœur? Pense-l-on que l’on eût à s’applaudir s’il battait encore? Le stéthoscope , ou l’application de l’oreille sur la région cardiaque , ne donne que des signes incertains, de même que l’exploration du pouls , car on n’est jamais assuré par ces moyens de l’état de la circulation tout entière ; elle peut se continuer par oscillation dans quelques viscères intérieurs, tandis qu’elle a cessé dans le cœur et les grosses artères.

Sensibilité.

C’est en vain que l’on a préconisé l’emploi de l’ammoniaque, de l’éther, de l’acide acétique, la titillation de la luette , et même la cautérisation , pour réveiller la sensibilité, si elle n’est pas complètement détruite. Ces moyens peuvent êlre employés lorsqu’il y a syncope, perte de connaissance , mais ils n’ont aucune valeur pour décider de la réalité de la mort. M. Fodéré parle d’un apoplectique qui eut la moitié de l’épaule brûlée, sans que la douleur le réveillât , et dans les paralysies de la sensibilité, les piqûres les plus profondes ne sont même pas soupçonnées.

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Contractilité.

Les individus qui viennent de succomber à une blés- | sure , la décapitation ou une maladie , ne sont vérita- ; blemcnt pas morts, ils sont seulement dans des condilions incompatibles avec la persistance de la vie, et dès-lors elles sont prises pour la mort elle-même; mais j ce qui prouve l’erreur dans ce cas, c’est qu’il suffit i d’irriter un nerf pour que la contraction des muscles I qu’il anime se manifeste , et cela pendant un temps |i plus ou moins long, selon la durée de l’irritabilité du nerf, qui , une fois épuisée, ne se rétablira plus. Ouvrez un animal qui vient d’être décapité, les intestins, le cœur se contractent encore spontanément, puis, : lorsqu’ils sont devenus immobiles , on pourra rappeler leurs mouvemens par le galvanisme, qui est l’excitant musculaire le plus énergique que l’on connaisse ; c’est en se servant de fortes piles , que l’on fait exécuter des mouvemens très étendus à des suppliciés ; et si l’on en croit aujourd’hui M. Veinhold , il suffirait de couler un alliage de mercure , d’argent et de zinc dans la colonne vertébrale ou le crâne d’un animal, auquel on aurait enlevé le cerveau et la moelle , pour que la circulation et la respiration reparussent, ainsi que des mouvemens compliqués, que l’on ne pourrait distinguer des mouvemens volontaires ; ces phénomènes se continueraient pendant quinze à vingt minutes ; mais alors ils cesseraient complètement , parce que les der-

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niers restes de la vie seraient épuisés. Aussi M. Marc dit-il qu’il n’y a pas d’épreuve plus certaine que celle du galvanisme, et qu’aucune inhumation ne devrait se faire, avant de s’être assuré par le moyen de la pile que toute contractilité est éteinte.

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