PREMIÈRE ENFANCE
. Etude de l’organisme pendant les sept premiers
mois.
La fréquence des infanticides donne une grande im- {portance aux phénomènes qui caractérisent les prei miers jours de la vie , puisque le médecin légiste est c continuellement appelé à constater le nombre de jours qu'a vécu un nouveau-né dont on lui présente blé corps.
Examen du cordon ombilical. La flétrissure arrive plus rapidement dans les cordons petits et maigres, que dans les cordons gras et épais ; elle a lieu dans les titrois premiers jours ; sur quinze enfans que l’on souiimit à un examen attentif, dès la cinquième heure, 'Sur l’un d’eux, le cordon était flétri; sur six autres, il ne le fut qu’à la fin du premier jour; sur quatre autres, à la fin du second; et, sur les quatre derniers, il ne le fut qu’à la fin du troisième jour.
La dessication , qui n’est que le second degré de la flétrissure, est ordinairement terminée du troisième au cinquième jour. Elle commence Iè plus souvent par l’extrémité libre du cordon , mais quelquefois aussi elle débute au niveau de la ligature ; cet organe prend une couleur roussàtre, il se vrille et s’aplatit; ses vaisseaux sont tortueux et desséchés. Ces phénomènes n’ont pas lieu lorsque l’enfant est mort en nais-
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saut, le cordon ne se sèche pas , il reste épais , mou | f et flexible, son épiderme s’enlève, et il subit les! difierens degrés de la putréfaction qui amènent sa fonte U |, en putrilage.
Dans le plus grand nombre des cas, le cordon om-o bilical tombe du quatrième au cinquième jour , sans fl jn; qu’il ait été entouré d’un cercle rouge, indiquant le j travail éliminatoire. Lorsque ce travail a lieu, la chute du cordon paraît plutôt retardée que hâtée; uiais elle est i toujours suivie d’une ulcération à l’ombilic, qui suppure un peu, jusqu’au moment de la cicatrisation, que l’on voit survenir du dixième au douzième jour.
Exfoliation de V épiderme. MM. Chaussier et Capuron i avaient annoncé que l’exfoliation de l'épiderme par j plaques, ou par petites écailles, indiquait que l'enfant i avait vécu quelque temps. Les recherches de M. Bil-j: lard sont venues confirmer ce fait, en prouvant que la chute de l’épiderme ne survenait jamais au moment de la naissance, ni chez les fœtus morts-nés : qu’elle était dans sa plus grande activité du troisième au cinquième jour , et que la sécheresse de cette espèce d’exfoliation empêchait qu'on put la confondre avec le soulèvement de l’épiderme par des pldyctènes ou la décomposition putride.
Tube diyeslif. L'examen des matières contenues dans le canal alimentaire, et plus ou moins altérées, pourrait quelquefois servir à juger combien de temps l’enfant a vécu. Lorsque le gros intestin est encore rempli de méconium, que la vessie est distendue
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par l'urine , il est probable que l’eiistenoe a été très courte.
Jusqu’au quarantième jour, la faiblesse est extrême, la tète est penchée dans le sens où l’entraîne sa propre pesanteur , l’enfant ne voit ni n'entend ; dans les mois suivans il se développe assez rapidement ; la lumière,, le bruit, l’excitent en éveillant son attention ; il porte à sa bouche tout ce qu’il peut saisir , et déjà il exécute des mouvemens de succion sur les corps qui i qui lui sont présentés.
Depuis le septième mois jusqu'à la fin de la deuxième année .
Le nombre des dents est le meilleur moyen d’apprécier l’âge pendant cette époque. La première dentition i ne se compose que de vingt dents ( dents de lait ou 1 I temporaires) , qui paraissent assez ordinairement à des i intervalles déterminés; ainsi , du septième au douzième ! i mois sortent les incisives moyennes inférieures,
puis les incisives moyennes supérieures , et peu de t temps après , et dans le même ordre, les incisives la-
I itérâtes. Les premières molaires n’apparaissent qu’en-
II tre dix-huit mois et deux ans, les inférieures, en premier lieu , et ensuite les supérieures : elles sont suivies de l’éruption des canines, et il est rare que les deuxiè-
'< » tues molaires n’existent pas avant la lin des trente ’ premiers mois. Lorsque les canines paraissent avant les l premières molaires , c'est une anomalie peu fréquente. i« 1ü.
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Toutes ces dents ont des caractères tranchés qui ne permettent pas de les confondre avec celles qui les remplacent. Elles sont plus petites et bleuâtres ; les molaires, au lieu d’olTrir deux tubercules, comme les petites molaires de l'adulte , en offrent cinq , et leurs racines sont toujours à plusieurs branches , ordinairement trois , qui sont séparées et divergentes.
Pendant cette seconde époque, l’enfant commence à prononcer quelques mots , sa marche s’assure , il comprend l’intérêt qu’on lui porte , et y répond par ses sourires: mais ces signes ne sont que d’une valeur très secondaire.
Les changemens qu’éprouve le système osseux sou le» meilleurs guides pour distinguer les années suivantes, qui terminent la première enfance.
Vers deux ans et demi, des points d’ossification apparaisssent dans la grosse tubérosité de l’humérus et dans la rotule; à trois ans, dans le trochanter et l’os pyramidal : de quatre à cinq ans , dans la petite tubérosité de l’humérus. C’est à celte époque que sortent les troisièmes dents molaires , qui sont les premières persistantes, et ne doivent plus être remplacées. A six ans, les pièces osseuses qui composent l’os iliaque ne sont séparées que par une couche peu épaisse de matière cartilagineuse ; c'est ordinairement vers la septième année que commencent à tomber les dents de lait dans l'ordre de leur éruption. On peut juger de l’imminence de leur chute , par l*usure plus ou moins avancée de leurs racines, qui disparaissent complètement.
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Il est beaucoup d’autres circonstances, telles que la l taille, le fini des traits, la facilité des mouveraens, le développement intellectuel , qui trompent rarement de I plusieurs années un observateur ; mais il y a tant de va- ! riétés individuelles, que ces caractères ne peuvent être considérés comme décisifs.