‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 49 sur 111 · HISTOIRE MÉDICO-LÉGALE DES BLESSURES · texte numérisé non relu

HISTOIRE MÉDICO-LÉGALE DES BLESSURES

« L’homicide commis volontairement est qualifié de meurtre. » (Art. 29o.)

« Tout meurtre commis avec préméditation et guet- ' apens, est qualifié d’assassinat. « (Art. 290.)

« Tout coupable d’assassinat sera puni de mort. » (Art. 302.)

« Le meurtre emportera la peine de mort, lorsqu’il aura précédé , accompagné ou suivi un autre crime ou délit. En tout autre cas, le coupable de meurtre | sera puni de la peine des travaux forces a pcipé — tuité. » (Art. 304.)

« Il n’g a ni crime ni délit, lorsque l’homicide , les blessures et les coups étaient commandés par défense légitime de soi-même ou d'autrui. » (Art. 328. )

« Sont compris dans les cas de nécessité actuelle de défense les deux cas suivons :

a 1° Si l’homicide a été commis, si les blessures ont été faites, ou si les coups ont été portés en repoussant pendant la nuit l escalade , ou l effraction de clôtures , murs ou entrée d’une maison ou d'un ap-

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partemcnt habités, ou leurs dépendances , en se défendant contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence. » (Art. 329.)

« Le meurtre, ainsi que les blessures et les coups sont excusables , s’ils ont été provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes. j> ( Art. 321. )

« Quiconque, par imprudence , inattention, maladresse, négligence ou inobservation des réglemens , aura commis involontairement un homicide, ou en aura été involontairement la cause, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans, et d’une amende de 50 à 600 fr. s ( Art. 319. )

« S’il n’est résulté du défaut d’adresse ou de précau- ; tion que des blessures ou coups , l’emprisonnement sera i de six jours ci deux mois , et l’amende de 16 à 100 fr.* i ( Art. 320. )

« Sera puni de la peine de réclusion , tout individu qui aura fait des blessures ou porté des coups , s’il est résulté de ces actes de violence une maladie ou inca- | ; pacitède travail personnel pendant plus de vingt jours.* ( Art. 309. )

« La peine prononcée par l’art. 309 du Code pénal i pourra être réduite aux peines déterminées par l’art. 410 du même Code, sans que l’emprisonnement puisse être au dessous de trois années. ® (Art. de la loi du 25 juin 1824. ) Cet article ne permet pas un empri- |! sonne ment de plus de cinq ans, et il limite l’amende • entre 16 et 500 fr. au plus.

* Si le crime mentionné au présent article a été coin -

mis avec préméditation et guet-apens, la peine sera des travaux forcés à temps. » ( Art. 310. )

a Lorsque les blessures ou les coups n’auront occasions aucune maladie ni incapacité de travail per son- i nel , de V espece mentionnée en l’art. 309, le coupable s sera puni d’un emprisonnement d’un mois à deux ans, et d’une amende de 6 fr. à 200 fr. S’il y a eu préméditation ou guet-apens, V emprisonnement sera de deux ans à cinq ans , et l’amende de 300 f. b ( Art. 311. )

« Les violences de l’espèce exprimée en l’art. 228, di-, |i O'igées contre un officier ministériel, un agent de la force publique ou citoyen chargé cl’un ministère de service public , si elles ont eu lieu pendant qu’ils exer- i çaient leur ministère, ou à cette occasion, seront pu- | ni s d’un emprisonnement d’un mois à six mois. ( Code pénal, art. 230. )

<r Si les violences exercées contre les fonctionnaires cl agens désignés aux articles 228 et 330, ont été la cause d’effusion de sang, blessures ou maladies, la peine t sera la réclusion ; si la mort s’ en est suivie dans les •quarante jours, le coupable sera puni de mort, ( Code j pénal, art. 231. )

« Bans le cas même où ces violences n’auraient pas causé d’effusion de sang , blessures ou maladies, les coups seron t punis de la réclusion, s’ils ont été portés i avec préméditation ou guet-apens, b ( Code pénal, art. 232. )

tes articles da Code pénal que nous venons de citer prouvent que la société, dans Je Put de protéger ses

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membres , a proportionné les peines à la gravité des sé-

vices , et qu'elle a établi des distinctions entre les bles- «I sures ou voies de fait, selon qu’elles déterminent la mort, entraînent une incapacité de travail de plus de vingt jours , ou des accidens moins graves. Mais tous les auteurs de médecine légale reconnaissent que son initention n'est pas remplie, et que, sur ce sujet, la législation est insuffisante. Heureusement que l’institut tion du jury permet quelquefois d’en pallier les vices ; nmais combien de fois aussi la conscience des jurés n’esti elle pas jetée dans l’incertitude par le texte légal , l’avveu du crime et les rapports des gens de l’art! 11 existe en elTet un grand nombre de circonstances qui sont de nature à répandre beaucoup de doutes et d’obscurité - sur l’histoire médico-légale des blessures.

1° Tous les individus ne jouissent pas de la même ^organisation ni du même degré de vitalité. Chez l’un les os du crâne sont très minces, peu résistons, et un coup qui serait sans danger pour un autre peut alors déterminer une fracture mortelle ; chez un second lymphalico-sanguin , dont les chairs sont molles et la peau blanche, le système capillaire très développé, mais sans énergie , une légère contusion occasionera des ecchymoses énormes, et même des dépôts sanguins. Un de mes amis m’en fournit dans ce moment la preuve : pour avoir eu la cuisse froissée par un homme vigoureux qui le heurta eu passant, il lui survint une énorme ecchymose de tout le membre , avec épauchemens sanguins partiels qui le forcèrent à garder le lit pendant

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plus d’un mois. Cependant il se portait parfaitement avant ; eet accident, dont sa constitution a fait toute la gravité.

En outre, il est des hommes déjà affaiblis par leur genre de vie, leurs plaisirs ou leurs privations, les maladies qu’ils ont éprouvées, les lésions plus ou moins | profondes dont ils sont atteints, et chez lesquels un faible coup, une chute, etc., détermineront la mort ou des affections longues ou très graves qui ne seraient pas survenues chez un autre individu placé dans des conditions plus favorables.

2° Une blessure qui a paru légère, et qui n’a pas empêche le blessé de se livrer à ses travaux habituels pendant les quinze ou vingt premiers jours, peut cepen- I: dant devenir mortelle; ainsi une plaie de tête par un instrument piquant : les exemples n’en sont pas rares, et les praticiens les plus habiles se sont trompés dans leur pronostic.

3° Une plaie n’aurait peut-être pas été mortelle si un homme de 1 art avait pu donner au blessé les secours necessaires : tel est le cas d’une plaie de quelque grosse artère, dont la ligature était praticable ; ou celui d’une plaie par instrument tranchant, qui aurait été guérie en quelques jours si l’on eut employé un appareil convenable.

4° Une femme qui était enceinte de deux mois reçoit un coup qui la fait avorter . Un homme affecté d’un anévrysme périt par la rupture du sac anévrysmal, à la suite d’une secousse un peu forte. Un autre meurt parce qu une vomique se rompt et l'étouffe ; dans tous les cas.

des blessures. 2*>7

celiii qui est l'auteur des violences est la cause occasionne de ces accidcns; mais doit-il être responsable des suites dangereuses qu’il ne pouvait prévoir?

Ici l’on entend deux langages, deux opinions. Les uns veulent que la société, partant de ce principe que tous Ides hommes sont doués d’une même force, d’une même i résistance et d’une même constitution , rende la peine cegale pour des lésions semblables, et qu’elle ne s’occupe ! pas de la différence des résultats; ils disent, avec le docteur BBicssy, « que le seul moyen de bien apprécier la gravité

■ J une blessure est de la considérer comme survenue chez un individu sain et exempt de toute surcause, et d'examiner quelles SOnt, en pareil cas, ses suites ordinaires et Ua terminaison naturelle. Le pronostic des blessures devrait donc sc réduire à déterminer, suivant ^

n !“ S,eSe d0 la lcsi0"- 10 1» «oie due la nature ern- I loura poui arriver a la guérison ; 2” le temps nue l’ob- ■eervation a démontré être nécessaire pour que celle rguerison soit complète. Ce système est très favorable accuse , qui ne devient responsable que de la vio- ;euce de ses actions, et nullement de leurs effets possibles. C est refuser d'admettre les responsabilités de

liÔÙr me0",’ “ ^ '°rS ü" "C dcv,ail ‘dus condamner poui meurtre par imprudence.

tue la Société Ür“,S ,JC V°Piai0a C°"lraire

C doit étendre sa protection sur tous ses nombres; que la vi» • « . • musses

oriv .«. ’ ' d un in/irillc ^ avoir autant de

" }CUV1Ue Cdle dc ^^lepïus robuste, Hiisque leurs droits sont égaux, que tel individuelles

nlSTOIRE MKDIOO-LÉGALr,

lequel on rencontrera une altération organique profonde, et certainement mortelle , dans nn laps de temps à peu près déterminé, aurait pu vivre encore quelques années, et que sa perte est*peut-êlre plus funeste à sa famille et à la société entière que celle d’un autre homme auquel son organisation assurerait une longue existence. Aussi l’opinion de Stoll, que le danger des blessures nepeut être jugé qu’ individuellement , est-elle la plus généralement adoptée, et M. Chaussier conseillc-l-il au médecin chargé du rapport de considérer toutes les circonstances d’une blessure pour en porter le pronostic; car quelque semblables que paraissent les affections , dit-il, elles diffèrent toujours en quelques points. Peut-être en portant la peine selon la gravité abstractive de la blessure , et élevant l’amende , lorsqu’elle est applicable , d’après la considération des effets conditionnels , obtient-on le résultat le plus équitable auquel on puisse parvenir dans l’application de la loi.

Toutefois M. Biessy a publié un tableau utile à consulter, de tous les genres de lésions par causes externes, avee l’indication des modes de guérison employés parla nature et du temps qu’ils exigent. Ce tableau offrira un terme de comparaison pour tous les cas individuels, et il suffira de réunir toutes les circonstances dépendant de l’âge , du sexe , de l'état de la constitution, de la complication d’une blessure , de l’existence des maladies antérieures ou actuelles , pour arriver à porter un pronostic exprimant toutes les certitudes que possède notre art. Voici ce tableau du docteur Biessy,

histoire médico-*égale.

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pu talion.

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HISTOinr MKDICO-LÉCAliïî

•Te crois que dans ce tableau M. Biessy s’est montré trop favorable à la défense, et que généralement les guérisons sont beaucoup plus longues qu’il ne les a indiquées, surtout pour les lésions des os, même en ne considérant que les cas où aucune autre condition morbide ne pourrait entraver leur marche. En outre il est des hommes qui semblent offrir la réunion des qualités les plus propres à une prompte guérison , et chez lesquels cependant celle dernière est fort retardée. Il est évident, dans ce cas, que l’effet ne peut être rapporté qu’à sa cause reconnue , qui est la blessure, et que dès lors l’auteur en doit subir les conséquences. On n’arriverà à pouvoir fixer des termes exacts de guérison qu’en prenant la moyenne d’un très grand nombre d’observations les plus semblables, et c’est un travail qui n'a pas encore été publié.

Les lois ont établi une distinction entre les coups et les blessures , selon que la peau a été entamée , ou n’a pas éprouvé de solution de continuité; mais les auteurs de médecine légale n’ont pas admis celle division , et ils ont réuni toutes les lésions externes sous le nom générique de blessures. Pour en exposer l'histoire . nous aurons à étudier, 1° les caractères différentiels de chaque genre de blessures ; 2° leur gravité selon leur siège ; 3° les nombreuses circonstances qui peuvent en retarder la guérison ; 4° les signes qui indiquent si les blessures ont été faites pendant la vie; 5° les moyens de distinguer si elles ont été volontaires.

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iccidentelles, ou le résultat d’un meurtre ; 6° enfin, eur examen juridique.

1° Caractères différentiels des lésions désignées sous le terme générique de blessures.

Ces lésions sont très nombreuses , elles ne peuvent «être partagées en simples, graves et mortelles, puisque nous les considérons ici en elles-mêmes, et qu’aiiecune d’elles, prise d’une manière générale, n’est susceptible de pronostic, celui-ci dépendant de l’organe qqui a été atteint.

En parlant des contusions , des ecchymoses , de l’entorse, de la commotion, des fractures et des luxations, des brûlures et des plaies en général, nous ne ferons que rappeler des^définitions et des descriptions concises, que l’on trouvera plus détaillées dans les ouvrages de pathologie externe : mais cette espèce de ménmento épargnera peut-être à des personnes peu versées dans l'étude de notre art, des recherches longues f*et pénibles.

Contusions. On désigne sous ce nom une blessure faite par un corps mousse et arrondi , tel que le poing, un bâton, etc., sans solution de continuité de la peau; les tissus et les capillaires sous-cutanés sont froissés ou écrasés, de sorte que l’ecchymose est toujours produite, à moins que la rapidité de la mort ne se soit opposée à l’extravasation du sang, circonstance excessivement rare. La contusion est quelquefois assez violente pour déterminer les plus grands désordres, tels

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que des fractures, la désorganisation des muscles, du vaisseaux et des nerfs, la rupture des viscères, sai] que la peau ait éprouvé aucune altération apparente i ces exemples sont assez fréquens dans les blessure par arme à feu, et ils ont servi de fondement à c préjugé , que le vent des boulets est mortel. Depa: reils faits suffisent pour démontrer combien on doi donner de soins à l’examen cadavérique , et l’avantag que l’on relire des incisions étendues et profondes pou s’assurer de l’état des parties.

Meurtrissure. Le mot meurtrissure est souvent employé a tort comme synonyme de contusion ; il dériv< de meurtre, meurtrier, meurtrir, et indique que le < oup a été porté par un adversaire ; on ne doit dont en faire usage que dans cette acception.

Plaie contuse. Lorsque la solution de continuité de la peau accompagne la contusion, la blessure prend le nom de plaie contuse, et ses bords sont inégaux et déchirés.

Ecchymoses. On nomme ainsi l’extravasion du sang dans les lames du tissu cellulaire, lorsqu’il provient de la rupture des vaisseaux capillaires, ou même d’une

véiitable exhalation intersticiellc , comme cela se remarque quelquefois dans l’épaisseur des membranes muqueuses, qui prennent alors une teinte noirâtre, souvent confondue par des observateurs inaltentifs avec celle de la gangrène. Lorsque le sang s’échappe d’un vaisseau un peu volumineux, il se répand dans le tissu cellulaire (infiltration sanguine ) , ou se rassemble en un seul loyer , soit dans une cavité naturelle , soit en-

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;tre les lames celluleuses ( épanchement sanguin). Ce dernier phénomène peut aussi reconnaître pour cause la décomposition putride : le sang, d’abord coagulé, se fluidifie en s'altérant , passe à travers les érosions des vaisseaux, et gagne les points les plus déclines: observation que l’on trouve dans les ouvrages de >M. Chaussier , et qui n’est pas sans importance pour Ida médecine légale.

La cause la plus fréquente de l'ecchymose est la confusion ; mais elle survient aussi à la suite d’efforts , de 'ssecousses violentes, dans quelques affections où la dé* 8 Milité des capillaires est extrême : l’on trouve alors de 8 Hpetits dépôts sanguins dans l’épaisseur des tissus , au >' ; milieu d’un muscle , à la surface d’un organe parenchymateux , sans que les parties voisines soient aucuneâ iment altérées. Dans l’ecchymose de cause externe, la 11 iache cutanée est d’abord rouge ou bleuâtre ; elle se conce ensuite , devient noirâtre ou plombée ; plus tard ? "bile est successivement violette et jaunâtre , puis ces ll ceintes s’étendent en s’affaiblissant et finissent par dis- 8 paraître : le point central reste toujours d’une couleur " 'li>lus intense que les parties voisines, et il est encore • noirâtre que l’on aperçoit déjà une légère teinte jaune « dans son contour , phénomène que l’on explique facilei ment par l’absorption, qui éloigne et entraîne les molé- D cules sanguines, de sorte que la coloration qu’elles : donnent aux parties voisines est en raison de leur nomi tore. M. Chaussier a ainsi exposé les phénomènes de ■ l’ecchymose; on en trouve l’explication, dit-il, dans

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la nature du sang, la disposition et les propriétés du tissu lamineux. En effet , dès que le sang cesse d’clre soumis à l’action circulatoire , il perd par le repos sa couleur vive, devient bleuâtre , et tend à se coaguler; mais comme il se fait continuellement dans les aréoles du tissu lamineux une sécrétion vaporeuse, les molécules sont successivement délayées , dispersées peu à peu par l’action tonique du tissu, dans les aréoles circonvoisines , ce qui produit en même temps la diffusion de la tache ecchymosée, et le changement de couleur que l’on y remarque, et qui disparaît chaque jour par l’absorption qui se fait continuellement. L’on conçoit par les memes raisons qu’un épanchement de sang , même profond, doit au bout de quelque temps amener une ecchymose cutanée , parce que par l’absorption les molécules de ce fluide seront transportées jusque dans 1’épaisseur de la membrane tégumentaire, et lui feront présenter les colorations successives que nous avons décrites ; elles seront seulement moins marquées, et en raison de l’éloignement du foyer sanguin.

11 ne faut pas confondre l’ecchymose avec plusieurs affections dont les caractères sont différons. C'est ainsi que quelques personnes apportent en naissant des taches rouges , livides ou violacées , qui sont toujours exactement circonscrites, et qui n’offrent pas ces tons plus pâles qui se succèdent du centre à la circonférence dans l'ecchymose. Des taches semblables, et qui ont la couleur de la lie de vin , surviennent aussi spon-

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: Lanément sur diflerens points du corps, aux mains, jux tempes , etc. , à quelques personnes , aux femmes ■ en couches, par exemple.

Il se forme chez quelques malades débilités, et à k 'instant de la mort, des congestions sanguines dans ces parties les plus déclives, qui occasionent des aaches rouges à la peau , que l'on désigne sous le nom lie lividités ; elles sput quelquefois assez étendues aux (.■esses, aux régions lombaires et dorsales, enfin dans ;es endroits sur lesquels le corps a reposé. La coloraiion en est uniforme, et lorsque l'on incise ces taches, i>n reconnaît qu'il y a congestion , mais non pas extra* laasion de sang.

Chaussier a confirmé par ses propres observations «justesse de cette remarque d'Hippocrate , qu'il surenait quelquefois, dans la pleuropneumonie et d’aurces maladies aiguës, des taches sanguines (lividités) jàr injection , dans les points de la peau eu rapport wee l'organe malade, défait est très important, parce I u’on pourrait par ignorance prendre l'effet pour la ause, et croire à une forte contusion, erreur qui se* . ait de nature à entraîner de funestes conséquences.

• jorsque les lividités, quelle que soit leur cause, sont ; i artagées en plusieurs lignes, par l’inégalité du plan . ur lequel le corps reposait , elles ressemblent dans ce

, | as aux traces que laisserait la percussion avec des ver-

I es , et on les nomme verejetures ou vibiccs , comme . 3 fout quelques auteurs modernes.

Il faudrait n’avoir jamais vu une cicatrice de vésica-

toire, une tache gangreneuse , la rougeur d’un exan-l thème cutané, pour ne pas les distinguer de l’ecchymose au premier coup d’œil, et avec la plus grande: facilité.

La sugillation n’est qu'une véritable ecchymos< aux yeux d’un grand nombre de médecins, et dès lor: c est un synonyme inutile , parce qu’il obscurcit le langage médical et en augmente inutilement les termes. Lorsque l’on remonte à l’étymologie de ce mot , on voit qu’il s’applique à l’ecchymose produit par succion (du verbe sugere), mais ce sens n’a jamais été adopté. Louis voulait qu’il exprimât ce que nous nommons ecchymose par infiltration , et Belloc , qu’il fut réservé pour désigner les ecchymoses par cause interne; mais ces acceptions n’ont pas été confirmées par l’usage.

Entorse. On nomme entorse l’extension forcée et quelquefois même la rupture de quelques uns des ligamens d une articulation , sans que les surfaces osseuses aient changé de rapport. Le coude-pied ( ou articulation tibio— tarsienne ) et le poignet (articulation radio-carpienne, en sont ordinairement le siège. On donne quelquefois à ces lésions , lorsqu’elles sont légères, le nom de foulures. Celles du membre inférieur sont beaucoup plus graves, à cause de la résistance que doit offrir l'articulation , pour supporter le poids du corps : il reste pendant long-temps de l’engorgement et de la gêne dans les mouvemens.

Commotion. C’est l’action d’une cause externe (choc, chute, etc.) qui détermine le rapprochement , l'allais-

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ssement subit des molécules d’un viscère de peu de consistance. Le cerveau est l’organe qui en est le plus - souvent le siège. Un coup donné sur la boîte osseuse la déforme à la manière d’une cloche qui vibre et oscille dans tous les sens , et la masse cérébrale pressée , affaissée au milieu de ces oscillations , perd son aactivité ou la faculté d’agir , et peut ainsi entraîner la nmort de l’individu. Littré rapporte qu’un jeune criminnel ayant été incarcéré , courut d’un bout à Lautre de ssa prison pour se frapper la tête contre le mur, et ttomba mort à l’instant ; l’autopsie montra les os du i crâne intacts , ainsi que la masse encéphalique qui était affaissée, et avait perdu beaucoup de son volume ; observation que j’ai pu encore confirmer il y a quelques jours sur un homme qui s’était précipité d’une fenêtre, cet était tombé sur la tête. Une chute sur les pieds, sur ides fesses peut également déterminer la commotion , [parce que le cerveau s’affaisse alors sur la base du < crâne, et s’y déprime. C’est dans les mêmes cas que surviennent les commotions du foie et de la moelle épinière, quoique ces dernières soient plus fréquemment produites par une chute ou un coup direct sur la région rachidienne. II est facile de concevoir que la cause qui détermine la commotion peut aussi donner lieu aux contusions, déchirures et délabremens des mênmes organes.

Fractures. On entend par fractures la solution de continuité d’un os produite par une cause qui a porté l organe au delà de son extensibilité naturelle. Celle

définition distingue la fracture de la plaie de l'os , dans laquelle la cause est censée agir en coupant les parties qu’elle louche, sans étendre son action sur celles qui les avoisine. Les fractures simples sont celles où l'os est rompu sans autres accidens que ceux qui doivent nécessairement accompagner une telle lésion.

Les fractures comjûiquées sont celles qui ont lieu très près d’une articulation dont les mouvcmcns seront abolis en totalité ou en partie; celles qui sont accompagnées de la sorlta des fragmens osseux à travers les tégumens , de la déchirure des nerfs ou de quelques gros vaisseaux , etc. , etc. ; elles sont nécessairement beaucoup plus dangereuses , et la guérison s’en obtient plus lentement, et quelquefois seulement avec des difformités incurables ; heureux encore si l'on n’est pas obligé de recourir à l’amputation.

Luxation. La luxation , telle que nous avons à la considérer ici , est le déplacement permanent , complet ou incomplet, des surfaces articulaires, produit par une cause externe. La luxation est plus ou moins dangereuse, selon l’articulation affectée, le temps qui s’est écoulé depuis qu’elle existe , les complications qui l’accompagnent , telles que la paralysie par contusion ou le tiraillement des nerfs, l’hémorrhagie, les fractures, etc. Nous examinerons les suites ordinaires de cet accident, en parlant des blessures des membres.

Brûlures. On nomme ainsi les effets du calorique sur le corps. Selon que l’action a été plus vive ou plus pio* •

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longée , les brûlures sont plus ou moins dangereuses. M. Boyer les a partagées en trois degrés.

Dans le premier, il n’existe qu’une simple irritation de la peau, qui est rouge et sensible. Lorsque les brûlures de ce premier degré sont très étendues, et occupent toute la surface du corps, elles peuvent déterminer la mort , par la violente excitation et la douleur qu’elles occasionent.

Dans le second degré, il se fait une exhalation séreuse au dessous de l’épiderme, qui est soulevé, et forme une vésicule ou cloche blanchâtre contenant un liquide limpide et transparent.

Dans le troisième degré , la peau et les tissus subjacens sont convertis en une escarre plus ou moins profonde , selon l’intensité de la brûlure. Si elle est étendue, le tlanger est très grand dans la période d’inflammation et dans celle de suppuration ; la guérison ne se fait que par une cicatrice indélébile, et quelquefois avec des difformités incurables. Pour apprécier avec justesse les dangers qui accompagnent les brûlures , il faut tenij compte de leur étendue et de leur profondeur, des parties qui en sont le siège et des circonstances individuelles.

Des plaies. On donne le nom de plaie à toute solution de continuité récente des parties molles ou dures , produite par une cause externe , et le plus souvent accompagnée d’hémorrhagie. On les distingue d’une manière générale, et en n’ayant égard qu’à leurs causes, en plaies par instrumens tranchons , piquons et con tondons; en plaies par arrachement , par morsures;

en plaies d’armes à feu. Par rapport à leur siège , on les divise en plaies de tête, plaies de poitrine , plaies de l’abdomen , etc. ; par rapport à leurs circonstances , on les dit simples , compliquées , envenimées , légères , mortelles. La gravité des plaies dépend d’une foule de causes toutes particulières, fortuites ou individuelles, sur lesquelles on ne peut pas toujours se prononcer à la première inspection. On voit des blessures qui paraissaient menacer d’une terminaison funeste se terminer promptement et sans accident. Je connais un militaire qui a reçu un coup d’épée entre les fausses côtes droites : l’arme a traversé tout le corps de droite à gauche , et est venue sortir entre les fausses côtes du côté gauche ; le foie', le colon transverse, l’estomac, la rate, le diaphragme, de gros vaisseaux, devaient ou auraient pu être lésés ; cependant ce blessé a guéri parfaitement en moins de vingt jours. Mais le pronostic n’est jamais plus difficile que dans les plaies d’armes à feu : l’escarre qui se forme sur le trajet des balles empêche souvent une hémorrhagie, qui surviendra plus tard; des os frappés peuvent se nécroser , des inflammations extrêmement violentes , des dépôts énormes , accompagner ces lésions. Dans quelques cas , ces blessures, que l’on pouvait présumer très graves, n’ont offert que peu d’accidens ; et l’on a vu des balles de fusil ou de pistolet se loger dans la substance même du cœur, dans le cerveau , le poumon , sans entraîner immédiatement la mort. L'on conçoit, d'après ces exemples , combien l'homme de l’art doit être réservé dans son pronostic.

DES BLESSURES

Etude de la gravité des blessures selon les or ganes qui en sont le siège , et selon la nature et l'étendue de la lésion.

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