‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 51 sur 111 · BLESSURES DU COU · texte numérisé non relu

BLESSURES DU COU

Elles sont assez fréquentes , parce que les hommes qui veulent se suicider portent souvent le rasoir sur cette partie du corps. Les organes qui se rencontrent dans cette région sont d une telle importance , que leur lésion est toujours dangereuse. Les sections, déchirures, compressions de la moelle rachidienne , dans sa partie supérieure, sont mortelles. L’ouverture des artères carotides amènerait une hémorrhagie foudroyante , si l'on n’y remédiait promptement. La section des nerfs pneumogastriques n'est pas immédiatement mortelle , mais on ne l’observe jamais seule. 11 en serait de même de celle des nerfs phréniques. Les seules blessures que nous devions examiner ici sont les plaies par instrumens tranchans des régions sus et sous-hyoïdiennes ; car il est facile de juger quelles seraient les suites graves et funestes de plaies par des instrumens piquans ou conlondans , tels qu’une épée qui traverse le cou en ouvrant des vaisseaux, coupant des nerfs; une balle qui irait frapper ia colonne vertébrale en blessant le larynx et l’œsophage ; s’il restait encore quelque obscurité, elle serait éclairée par l’étude des faits su vans.

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Plaies sus-hyoïdiennes.

Leur gravité est en raison de leur profondeur : si elles

• sont superficielles, elles guérissent assez vite par ia

• simple flexion de la tète ; mais il n'en est pas ainsi lorsqu'elles intéressent les muscles qui s’attachent à l’os hhyoïde et qu’elles pénètrent dans l’arrière-bouche. Dès ltlors la base de la langue n’est plus fixée , les boissons tel la salive s'écoulent par la plaie , ou tombent dans le Mary n x et déterminent des toux suffocantes ; les artères ■ carotides externes et internes , les deux jugulaires , ainsi

que des troncs moins volumineux , peuvent être lésés.

1 La guérison, lorsqu’elle sera possible, se fera longtemps attendre , et les fonctions seront gênées , parce i‘jue les muscles coupés n’auront d’autres points fixes ,'jue la cicatrice. 11 est assez rare que des plaies aussi iiro ondes soient le résultat d’uu suicide.

Plaies de la région sous-hyoïdienne.

L’instrument tranchant peut avoir été dirigé entre l’os îyoïdc et le larynx sur ia membrane thyro-hyoïdierine. Dans ce cas, l’organe de la voix est intact; les replis hyroïdiens de ^épiglotte sont seuls coupés, ainsi que es parois latérales du pharynx , lorsque la plaie est u oloiide. On conçoit à peine comment les artères caotides ne sont pas complètement coupées , et l'on s’exdique la rareté de cet accident par le piiu de largeur

de la blessure. L’air et les aliraens sortent par la plaie; S ceux-ci peuvent tomber sur la glotte, ou pénétrer dansil la trachée-artère, et dans ces deux cas ils causent la i suffocation ou des accès de toux très pénibles; la dé- U glutition et la parole sont gênées ; la plaie se sèche , et souvent la gangrène survient à la suite d’une soif ardente et d’un sentiment de brûlure et de cuisson insupportables. Une légère hémorrhagie peut devenir mortelle par l’entrée du sang dans la trachée et l’asphyxie qui en résulte , mais ce danger est beaucoup plus à craindre lorsque le larynx est ouvert au dessous de la glotte , ou que ta trachée est divisée ; dans ce cas , la parole est impossible , mais il suffit de mettre les parties en rapport et d’empêcher l’air de passer par la plaie, pour que le blessé puisse articuler et raconter les circonstances de son accident. Un Anglais , ayant eu la gorge coupée par un assassin , échappa à de nouvelles blessures en faisant le mort: on lui rendit la parole en unissant les bords de la plaie de la trachée par quelques points de suture. Ces exemples sont très fréquens dans les fastes de l’art. Je ne connais aucune observation de guérison dans un cas de section complète de l’œsophage ; quoique l’on puisse introduire une forte sonde dans le bout inférieur de ce conduit , l’absence de l’insalivalion et des actes préparatoires de la digestion entraînerait certainement la mort.

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