‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 52 sur 111 · BLESSURES DE POITRINE · texte numérisé non relu

BLESSURES DE POITRINE

On les distingue en pénétrantes et en non pénétrantes

DES BLESSURES

(quoique cette division soit à peu près inutile dans la pratique), selon que la plèvre a été ou non intéressée ; mais comment nommer une fracture de côte , dont les fragmens auraient déchiré les plèvres et le poumon ? Serait - ce une plaie pénétrante , quoique les parois thoraciques soient intactes ? La contusion , les plaies superficielles , sont des accidens légers. L’hémorrhagie , l’inflammation et l’emphysème peuvent seuls amener du danger.

Blessures des gros vaisseaux et du cœur.

Hémorrhagie. Elle est toujours immédiatement mortelle, lorsqu’elle provient d’une blessure un peu étendue d’un gros vaisseau, tel que l’aorte, l’artère pulmonaire, les veines caves. Les plaies du cœur dans lesquelles les parois seules des ventricules sont intéressées peuvent être suivies de guérison ; on en possède de nombreux exemples , et M. Latour a ouvert à Rouen un militaire, chez lequel on trouva une balle enkystée au sommet de cet organe. Un jeune étudiant en médecine , que j’ai particulièrement connu , ayant voulu se suicider, se donna un coup de couteau à double tranchant dans la région cardiaque , et se porta ensuite plusieurs coups du même instrument sur le trajet des vaisseaux des membres. Son autopsie fit voir une plaie du ventricule gauche du cœur, dont la paroi avait été obliquement traversée ; l’hémorrhagie avait été très faible , et n’avait pu être la cause de la mort qui dépendait de l’ouverture de la veine cruralei

Fractures de la poitrine.

Celles du sternum, des premières et dernières côtes, sont aggravées par la violence de la cause qui les a produites. La commotion des organes thoraciques, les contusions et les déchirures qu’ils ont éprouvés, sont des complications fâcheuses , quelquefois mortelles.

Plaies des poumons.

Quoique l’on ait vu des balles traverser la poitrine de part en part , sans qu’il en soit résulté aucun symptôme alarmant; il est louteiois constant que, dans la grande majorité des cas , l’hémorrhagie et l’inflammation sont la suite de ces plaies , et rendent leur pronostic fort incertain. L’affection sera généralement de longue durée si le poumon est blessé profondément, s’il renferme un corps étranger, qu’il s’enflamme ou qu’il se fasse un épanchement abondant de sang dans la poitrine. Le pronostic doit être fondé sur la connaissance des symptômes , les circonstances de la plaie, l’état individuel, etc. Si l’on n’avait pas soin de prévenir l’emphysème , ou d’y remédier promptement , cette complication pourrait entraîner la mort.

Blessures du diaphragme.

La douleur qu’elles occasionent, l’inflammation qui

DES BLESSlRES.

en est la suite , et qui détermine le rire sardonique ,

- selon les auteurs , la paralysie qui dépend de la section des fibres musculaires, rendent toujours ces plaies fort graves.

Les blessures étendues de l'œsophage , du canal thoracique, des vertèbres dorsales et de la moelle épinière ,

- sont presque toujours mortelles.

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