L'EMPOISONNEMENT
'autres traces de son action dans d’autres parties du ube digestif ; enfin l’analyse des matières et les épreues chimiques tentées sur les parties altérées sont les meilleurs moyens de lever les doutes.
Iléus (colique de miserere). Cette maladie est une ee celles qui peuvent le mieux simuler l'empoisonnement; elle débute subitement, cause de très vives dou- ■uurs abdominales, qui offrent des intermittences, et ont ordinairement bornées aux environs de l’ombilic. ia constipation est opiniâtre , les vomissemens fréquens ! ; semblables à ceux de la hernie étranglée; des maères muqueuses, teintes de bile, chymeuses et ster- Drales , sont successivement rejetées ; une circonstance îmarquable , et qui a été observée, est le vomissement es liquides injectés en lavement; on ne pourrait touf fois rien conclure de son absence. L’autopsie n’a souent démontré aucune lésion organique apercevable, ioii le nom d’iléus nerveux, de colique nerveuse.
1 Étranglement intestinal. Cet accident provoue à peu près les mêmes symptômes que l’iléus, soit l’u’il dépende d'une hernie étranglée méconnue, rétiile en masse sans débridement, ou incomplètement ëbridée et reportée dans l’abdomen , soit qu’il proenne d’un étranglement interne dont on a observé lus de douze espèces ; l’autopsie ne laisse jamais auun doute sur la cause de la mort.
Hématémèse, ou mélæna. On nomme ainsi le vodssementde sang, exhalé de la muqueuse gastrique, iiu provenant d’une cause externe, telle qu’un coup.
388 MALADIES QL'I SIMULENT L’EMPOISONNEMENT, une chute , une blessure , etc. ; dans ce dernier cas , il reste des traces de la violence ; dans le premier, l’examen du sang rejeté, qui est ordinairement d’une couleur foncée ou noirâtre, liquide ou coagulé, très abondant; le calme qui suit cette évacuation, les circonstances qui l’ont précédée, servent à éclairer le diagnostic. L’autopsie montre souvent des altérations organiques profondes , et l’on ne peut découvrir aucune trace de poison. Il résulte des considérations dans lesquelles nous venons d’entrer, sur les maladies qui peuvent simuler l’empoisonnement, et qui sont beaucoup plus nombreuses que celles que nous venons d’indiquer, qu’elles offrent des symptômes qui pourraient être produits par des substances vénéneuses, mais que cependant ils se caractérisent assez ordinairement par les circonstances qui ont précédé leur invasion, l’état antérieur du malade, leur marche cl leur succession, par le trouble sympathique des autres viscères. '
L’autopsie vient encore éclairer l’homme deTart: s’il rencontre des altérations chroniques avancées, un sac anévrismal rompu , un épanchement apoplectique , des perforations des intestins avec des traces d’ancienne phlegmasie, telles que l’engorgement tuberculeux des ganglions du mésentère , des ulcérations à différens degrés de la fin de l’intestin grêle, un étranglement interne ou une hernie étranglée méconnue, il pourra affirmer que ces altérations sont la cause de la mort.
Cependant il existe des combinaisons de circonstances si extraordinaires, les motifs des actions humaines
nt si variés et si difficiles à connaître , que le méden légiste doit prévenir toute objection : il ne doit pas rêter là ses recherches , quelle que soit sa conviction ; si, dans les cas douteux, elles sont un devoir indis- ■nnsable , ici elles sont une formalité à laquelle il doit soumettre.
règles à observer dans l’examen cadavérique des personnes empoisonnées.
(On doit se conformer aux préceptes que nous avons ablis en faisant l’histoire de l’examen cadavérique édico-iégal; mais il est ici certaines précautions que )n ne pourrait négliger sans s’exposer à voir ses reîerches frappées de nullité ; il faut recueillir toutes 'S matières contenues dans le canal intestinal, afin de -s soumettre ensuite à de nouvelles épreuves. Pour la, on place deux ligatures sur la partie supérieure P; l’œsophage , en laissant entre elles un pouce d’inter- 11e environ ; l’on répète celte opération sur l’extré- ;ité inférieure du rectum, et l'on incise alors les ormes entre les deux ligatures ; l’on détache avec soin tube digestif dans toute sa longueur, et avant d’en tire l’ouverture on examine attentivement sa surface itéricure, pour s’assurer qu’il n’exisle pas de perfoition ou de solutions de continuité accidentelles, et )n l'absterge avec une éponge. L’on ouvre ensuite œsophage, l’estomac elles intestins, en ayant soin e porter la partie que l’on observe au dessus d’un vase
de verre ou de porcelaine, dans lequel s’écoulent les liquides contenus ; on racle la muqueuse avec le dos de l’entérotome, des ciseaux ou du bistouri, ou on l’essuie avec une éponge de moyenne grosseur, afin de les recueillir complètement, et l'on note les altérations que l’on rencontre en détaillant leurs caractères, le point du tube digestif auquel elles correspondent, et l'aspect des substances qui les recouvrent, ou que l’on trouve près d’elles.
Quelquefois il arrive que des perforations ont eu lieu, soit que les parties aient été gangrenées, ulcérées, ou qu’elles aient été détruites par l’action de substances caustiques, et alors les matières renfermées dans le canal digestif se sont écoulées dans l’abdomen ; il faut , dans ce cas, placer une ou deux ligatures qui circonscrive] t l’altération , afin que l’épanchement ne se continue pas; on enlève et l’on conserve toutes les parties désorganisées, celles qui leur étaient voisines et qui ont participé à la lésion , et l’on éponge les liquides répandus dans l'abdomen, afin qu'ils ne se mêlent pas avec du sang et que l’on puisse les soumettre à des épreuves expérimentales.
On renferme alors le tube digestif dans un vase que l’on remplit d’alcool , en ayant soin de garder quelques onces de ce liquide pour s’assurer de son état de pureté, si l’on élevait quelque doute à ce sujet : e! l'officier civil appose les scellés, pour qu'il soit certain que rien n’a été soustrait ou ajouté pendant l’intervalle qui précède de nouvelles recherches; on conserve également