MALADIES QUI SIMULENT
nouvelles lumières propres à dissiper les doul-s. L’examen des lésions que l’on peut alors observer est fort important j quoique leur absence ne monlre nullement que l’empoisonnement n’a pas eu lieu. L’étude spéciale d.es poisons nous a appris que plusieurs d’entre eux déterminaient la mort, sans laisser aucune lésion appréciable, et l’observation prouve qu’il en esl quelquefois de même de certaines substances vénéneüses, dont le contact provoque cependant une vive inflammation dans la plus grande majorité des cas; mais alors d’autres circonstances viennent éclairer le diagnostic , ce qui nous montre que l’on a souvent besoin de recourir à tous les genres d’investigations. JYos maladies sont tellement nombreuses, elles ofl'rent des phénomènes si variés, qu’il en est plusieurs qui simulent l’empoisonnement par la brusquerie de leur invasion, la rapidité de leur marche, la gravité de leurs symptômes, cLil ne sera pas sans intérêt de les indiquer en peu de mots.
Choléra-mordus. Très fréquente dans les pays chauds et la jeunesse, cette affection est beaucoup plus rare dans les climats tempérés et dans les saisons froides ; elle consiste dans une inflammation violente du tube digestif, souvent produite par l’usage des substances irritantes, un accès de colère, un changement subit de température , et elle détermine des évacuations par haut et par bas de matières d’abord muqueuses, puis teintes par la bile, brunes ou noirâtres, poisseuses; une ardeur brûlante dans l'abdomen, la prostration' et l’altération des traits du visage, quelquefois des con-
l'empoisonnement.
Irisions; on observe la petitesse du pouls, le hoquet,
: froid des extrémités; et la mort peut arriver en moins 2 vingt-quatre heures. L'autopsie démontre des traces linflammation gastro-intestinale, et les circonstances la maladie, l’absence de substances vénéneuses, eurent seules faire prononcer que l’empoisonnement ia pas eu lieu. Il est évident que nous ne parlons pas ii du choléra-morbus épidémique.
IPerforations spontanées de l’estomac. Ce rnre d’altération n’est pas extrêmement rare; tantôt ■se développe d’une manière lente et chronique, tant il survient dans un espace de temps très court, :casioné, selon l’opinion de Chaussier, par une irri— tion spéciale des solides, et une altération particulière -s sucs sécrétés, qui acquerraient une propriété dis— lvante. Les ^symptômes pourraient alors être confonms avec ceux des poisons irritons : la douleur est très ve , il y a des nausées, des vomissemens ; le pouls est tit, fréquent; les extrémités froides, la face grippée; survient quelquefois des mouvemens convulsifs, du lire, et la mort arrive en très peu de temps ; à l’aupsie, l’on reconnaît la perforation, que nous ne kuvoiis mieux décrire qu’en rappelant les paroles de laussier. » Les ulcérations et perforations de l’estorc varient par la forme , la situation et l’étendue ; elles ut ou petites et circulaires , ou assez grandes pour e l'on y puisse passer la main. Elles peuvent surve- ’ en tout point quelconque de l’estomac, mais c’est rrticulièrement à la base de cet organe, à la portion
MALADIES QUI SIMULENT qui correspond à la rate cl au diaphragme, qu'on les observe. Les alimens alors s’épanchent quelquefois dans l’abdomen , ou dans le thorax, si le diaphragme est percé ; mais le plus souvent il n’y a pas d’épanchement; la portion de l’estomac ulcérée s’est accolée aux parties voisines; si on détruit ces adhérences qui sont légères, il s'écoule de l’estomac un liquide visqueux et onctueux au toucher, sans fétidité, ayant quelquefois une odeur musquée, toujours brunâtre, et mélangé de flocons ou molécules noirâtres , comme si une poudre de charbon très fuie était délayée dans une sérosité muqueuse ; les bords sont mous, frangés, quelquefois enduits d’une ligue noirâtre plus ou moins marquée. Partout ailleurs l’estomac conserve sa forme, sa consistance ordinaire; nulle part il n’offre de trace d'engorgement, d’inflammation ; seulement les réseaux capillaires de sa membrane folliculaire paraissent être plus développés, surtout dans le voisinage de la perforation ; quelquefois elle se forme subitement en peu d’heures chez des personnes saines, le plus souvent c’est après quelques jours de maladie, et lorsqu'on ne peut aucunement soupçonner une cause de violence extérieure ou d'empoisonnement. »
Les caractères des perforations produites par les poisons irrilans peuvent offrir des différences .manifestes c’est ainsi que leurs bords, au lieu d’être amincis , coupés en biseau, frangés, sont épaissis, comme calleux, offrant des colorations diverses, selon la nature de la substance vénéneuse. Il est rare que l’on ne trouve pas