DE L’ACCOUCHEMENT
i La recherche de la maternité est admise l’enfant qui réclamera sa mère sera tenu de prouver qu’il est identiquement le même que celui dont elle est accouchée. » (Code civil, art. 341.)
Pour résoudre avec certitude les questions sur l'accouchement que l’on peut proposer à l’homme de l’art, il faut qu’il sache 1° à quels signes on peut déterminer que l’accouchement a eu lieu; 2° quelle est la durée de ces signes; 3° s’il est possible qu’une femme accouche à son insu.
Signes cle l’accouchement.
Les signes de l’accouchement doivent être distingués en recens et en anciens; quoique ces derniers fournissent difficilement les élémens d’un jugement posi-
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tif , il ne faut cependant pas les passer sous silence , car ils peuvent être le sujet d’une question de médecine légale, comme nous eu citerons un exemple.
Signes récons. Ge sont toutes les circonstances qui accompagnent l’accouchement, aussi il est inutile de faire remarquer qu’elles peuvent présenter de grandes différences dans leur apparition , leur liaison , leur persistance et leur nature. Ordinairement les parties de la génération ont été fortement froissées, souvent contuses, quelquefois déchirées par le passage de l’enfant. De là, la rougeur et le gonflement de la vulve , sa distension, le déchirement de la fourchette et, dans quelques cas , du périnée ; l’orifice de la matrice est ouvert et permet l’introduction d'un ou deux doigts, sa lèvre postérieure est plus saillante , plus avancée , le volume de l’organe est plus grand; on s’en assure en le soulevant et en le faisant saillir au-dessus du pubis, où on le sent avec la main. La présence du placenta fournit une preuve décisive , tandis qu’à la rigueur, quelques uns des premiers signes pourraient dépendre de l’expulsion d'une mole, et que le volume de l’utérus pourrait tenir à une affection particulière de cet organe. La flaccidité des parois abdominales, les éraillures qu’elles présentent, et qui prennent le caractère de petites cicatrices linéaires indélébiles qui semblent jetées dans une foule de directions ; une ligne brunâtre qui s’étend jusqu’à l’ombilic, sont des signes auxiliaires. On doit également donner beaucoup d’attention auxécoulemcns de la vulve, à l’apparition dç la fièvre de lait, et à celle de la
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sécrétion de ce fluide. Lorsque le délivre a eu lieu, tout écoulement est suspendu ; mais bientôt s’établissent les lochies , consistant d’abord dans une perte de sang-, dont la couleur s’affaiblit , pour prendre une teinte roussâtre, à la lin du second jour. C’est ordinairement alors que s'établit la fièvre de lait, qui manque chez quelques femmes; lorsque les seins se sont gonflés, ils fournissent d’abord une humeur séreuse, qui précède la formation du véritable lait; c’est pendant ce temps que la fièvre cesse , et que les lochies reparaissent pour se continuer un mois ou six semaines; elles ont line odeur fade caractéristique , que certains auteurs ont nommée gravis odor puerperii : de sanguinolentes elles deviennent du quatrième au cinquième jour, laiteuses ou purulentes, et il est fort difficile quelquefois de les distinguer des llueurs blanches, dont tant de femmes sont atteintes après l’accouchement , ou indépendamment de cet acte. Il faut également noter que les lochies peuvent manquer ou être supprimées dans leur cours.
Signes anciens. Ils sont toujours la suite des signes récens, et consistent dans les cicatrices de l'abdomen , de la vulve, du col utérin, dont les lèvres ne sont plus lisses et polies, etc. Une fdlc voulant déterminer sou amant a l’épouser, simule une grossesse et un accouchement, mais sans parvenir à son but. Au bout de deux années de séparation, le jeune homme se reconnaît le père de l’enfant qu’il croit avoir eu , et le réclame a la fille, qui, dans l’impossibilité de le repré-
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senter, est accusée de suppression de part. Conduite devant le juge d’instruction, elle soutient qu’elle n’est jamais accouchée ; et MM. Capuron , Maygrier et Loyer- "Willermé, chargés du rapport, confirment son assertion.
Pendant combien de jours peut-on reconnaître les signes d’un accouchement récent?
On admet généralement cette possibilité pendant les dix premiers jours ; mais il est impossible de tracer des limites aussi précises. Une jeune fille primipare , accouchant d’un fœtus volomineux , peut éprouver des accidens qui seront reconnaissables bien au delà de ce terme, tandis qu’une autre femme qui aura déjà eu plusieurs enfans, accouchera d’un fœtus peu volumineux, sans qu’il en reste aucune trace au bout de quelques jours. D’ailleurs, les lochies, la sécrétion du lait , sans être des preuves absolument positives , établissent de fortes présomptions.
j U accouchement peut-il se faire à l’insu de la
mère ?
De même que le viol peut avoir lieu chez une vierge sans qu’elle en ait conscience, l'accouchement peut aussi se faire à l’insu de la femme , lorsque ses facultés sont abolies par l’ivresse, le délire, le narcotisme, l'apoplexie, etc., et d’autres causes semblables. Hippocrate rapporte l’exemple de la femme d’OJympias, qui